Joseph-Nicolas Robert-Fleury

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Joseph-Nicolas Robert-Fleury
Joseph-Nicolas Robert-Fleury Dagron 1880 BNF Gallica.jpg
René Dagron, Joseph-Nicolas Robert-Fleury (1880),
Paris, Bibliothèque nationale de France.
Naissance
Décès
(à 92 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Enfant
Distinctions
Commandeur de la Légion d'honneur, 1867 ; Chevalier de l'ordre de Léopold, 1887

Joseph-Nicolas Robert-Fleury, né le à Cologne et mort le , au 3, rue Mazarine, dans le 6e arrondissement de Paris, est un peintre français.

Il est le père du peintre Tony Robert-Fleury.

Biographie[modifier | modifier le code]

Disdéri, Robert-Fleury, photographie, années 1860
Baudouin s'empare de la ville d'Édesse, château de Versailles
Pillage d'une maison dans la Giudecca de Venise au Moyen Age 1851, Musée des Augustins de Toulouse
Galilée devant le Saint-Office au Vatican (1847), Paris, musée du Louvre.
Titien exécutant sa dernière œuvre (1843), Amsterdam, Stedelijk Museum

Joseph-Nicolas Robert-Fleury est le fils de Nicolas Fleury et de Joséphine Damesbarnar. Envoyé par sa famille à Paris, il devient l’élève de Gros et, après s’être perfectionné en Italie, retourne en France et débute au Salon de Paris en 1824. Sa réputation ne s'établit cependant que trois ans plus tard lorsqu’il expose Le Tasse au couvent de Saint-Onophrius.

Peintre d'histoire doté d’un talent original vigoureux et d’une imagination vive, particulièrement pour les incidents tragiques de l’histoire, il acquiert bientôt la célébrité et, en 1850, succède à François Marius Granet à l’Académie des beaux-arts. En 1855, il est nommé professeur et, en 1863, directeur de l’École des beaux-arts de Paris. L’année suivante, il se rend à Rome, où, entre les directorats de Jean-Victor Schnetz et d'Ernest Hébert, il sera directeur de l'Académie des beaux-arts pendant six mois, en 1866 et 1867[1]. Il est élevé au rang de commandeur de la Légion d'honneur en 1867.

Il épousa vers 1835 Aimée Adélaïde Prévost dont il eut un fils, Tony Robert-Fleury, qui fut également peintre et professeur de peinture[2].

Mort en mai 1890, Joseph-Nicolas Robert-Fleury est inhumé au cimetière du Père Lachaise, dans la 68e division[3]. Si son fils Tony en peignit le portrait que conserve le château de Versailles[4], ses traits nous restent également fixés par un portrait que sculpta Jean-Pierre Dantan en 1855 et que conserve le Musée Carnavalet[5], par un autre que brossa Léon Bonnat en 1865 et que conserve le musée d'Orsay[6], par quatre portraits photographiques, l'un par Charles Reutlinger en 1860 que conserve la National Portrait Gallery de Londres[7], un deuxième par André Adolphe Eugène Disdéri que conserve le Metropolitan Museum of Art de New York, un troisième par Albert Goupil que conserve le musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, un quatrième par René Dagron en 1880 que conserve la Bibliothèque nationale de France à Paris.

Depuis 1894, une rue du 15e arrondissement de Paris porte son nom.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

  • Henri IV mort transporté au Louvre après son assassinat, 14 mai 1610 (1890), musée des beaux-arts de Pau[8].
  • Henri de Navarre enfant et son chien, musée des beaux-arts de Pau.
  • L'Abjuration d'Henri IV à Saint-Denis (25 juillet 1593), musée des beaux-arts de Pau.
  • Esquisse pour Le pillage d'une maison juive au Moyen Âge, Paris, musée du Louvre.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

  • Le cardinal de Richelieu, 1831, Londres, Wallace Collection[17]
  • Charles V au monastère San Jeronimo de Yuste, 1856, Londres, Wallace Collection[17]. Au Salon de 1857, le tableau est ainsi commenté par Joseph-Nicolas Robert-Fleury : « Philippe II envoie à Charles Quint Ruy Gomez de Sylva, comte de Melio, pour le supplier de quitter la solitude du monastère, et réclame de lui des conseils dans la complication critique des affaires d'Espagne en 1587 »[18].

Collections privées[modifier | modifier le code]

  • Une lecture chez Madame de Sévigné, 1833, New York, Sotheby's[19].

Scénographie[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Expositions[modifier | modifier le code]

Interprétations de Robert-Fleury en gravures[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « On remarque avec justice que les toiles de Joseph-Nicolas Robert-Fleury, que tout le monde rangeait, il y a vingt ans, dans la peinture de genre, ont aujourd'hui dans nos expositions l'importance de tableaux d'histoire. Cependant, leurs dimensions sont toujours les mêmes ; mais le milieu où nous les voyons a changé. Elles disparaissaient autrefois parmi les grandes pages de figures historiques. Elles ressortent aujourd'hui dans cette foule de petits tableaux dont nous sonnes inondés. » - Edmond About[21]
  • « L'art de Joseph-Nicolas Robert-Fleury ressortit plus à la peinture de légende qu'à la peinture d'histoire. Nous rencontrons ici le style troubadour : le sombre Moyen Âge, l'Inquisition, les fastes de la Renaissance, Montaigne et Charles Quint se retrouvent pêle-mêle dans son œuvre d'une authenticité historique douteuse. Mais cette inspiration fidèle au mythe médiéval, alors en grande vogue, répertoire archéologique des plus fantaisistes, nous vaut des compositions bien échafaudées dans des gammes de tons chaleureuses. » - Gérald Schurr[22]
  • « Il fit partie du groupe romantique, mais son romantisme fut toujours d'une sagesse incapable d'effrayer le classicisme bourgeois. Il peignit des tableaux d'histoire comme Alexandre Dumas ou Victor Hugo faisaient des drames historiques, peinture et littérature toute de convention. » - Dictionnaire Bénézit[23]

Élèves[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Fossier, Les directeurs de la villa Médicis au XIXe siècle - Correspondance des deuxième et troisième directorats de Jean-Victor Schnetz et directorat de Joseph-Nicolas Robert-Fleury, Éditions L'Harmattan, 2018.
  2. Alain Garric, Joseph-Nicolas Robert-Fleury, généalogie
  3. Les amis et passionnés du Père-Lachaise, Joseph-Nicolas Robert-Fleury
  4. Château de Versailles, Portrait de Joseph-Nicolas Robert-Fleury par son fils Tony
  5. Musée Carnavalet, Portrait de Joseph--Nicolas Robert-Fleury par Jean-Pierre Dantan dans les collections
  6. Robert Rosenblum, Les peintures au musée d'Orsay, Éditions de la Martinière, 1995, œuvre reproduite en page 67.
  7. National Portrait Gallery, Portrait de Joseph-Nicolas Robert-Fleury dans les collections
  8. Musée du château de Pau, Henri IV rapporté au Louvre après son assassinat dans les collections
  9. Musée des beaux-arts de Houston, Joseph-Nicolas Robert-Fleury dans les collections
  10. Musée Magnin, Joseph-Nicolas Robert-Fleury dans les collections
  11. MUDO - Musée de l'Oise, Joseph-Nicolas Robert-Fleury dans les collections
  12. Didier Rykner, « Un tableau de Robert-Fleury acquis par le musée d'art et d'histoire du judaïsme », La Tribune de l'art, 21 juin 2015
  13. Musée des beaux-arts de Dunkerque, Joseph-Nicolas Robert-Fleury dans les collections
  14. Musée du Louvre, « Scène de la Saint-Barthélémy » dans les collections
  15. Didier Rykner, « Une toile de Joseph-Nicolas Robert-Fleury acquise par Langres », La Tribune de l'art, 26 mai 2015
  16. Musée royal des beaux-arts d'Anvers, Joseph-Nicolas Robert-Fleury dans les collections
  17. a et b Wallace Collection, Joseph-Nicolas Robert-Fleury dans les collections
  18. Dominique Lobstein, « L'image de Charles Quint dans les Salons parisiens du XIXe siècle », La Tribune de l'art, 8 novembre 2003.
  19. « Une lecture chez Madame de Sévigné », tableau de Joseph-Nicolas Robert-Fleury, film didactique. Source : YouTube. Durée : 12'31".
  20. Nicole Wild, Décors et costumes du XIXe siècle, tome 1 : À l'Opéra de Paris, B.N.F., 1987.
  21. Edmond About, Nos artistes au Salon de 1857, Hachette et Cie, 1858, page 168.
  22. Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, 1975, vol.1, page 21.
  23. Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.11, pages 766-767.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Montrosier, Peintres modernes : Ingres, Flandrin, Robert-Fleury, Ludovic Baschet, 1882.
  • Henri Delaborde, Notice sur la vie et les travaux de M. Robert-Fleury, Institut de France, Académie des beaux-arts, 31 octobre 1891.
  • Hugh Chisholm (en), Encyclopædia Britannica (en), 11e édition, Cambridge University Press, 1911.
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'amateur, vol.1, 1975.
  • Geraldine Norman, Nineteenth-century painters and painting - A dictionary, University of California Press, Berkeley et Los Angeles, 1977 (lire en ligne).
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Catherine Granger (préface de Jean-Michel Leniaud), L'Empereur et les arts - la liste civile de Napoléon III, École des chartes, Paris, 2005.
  • Sous la direction de France Nerlich et Alain Bonnet (préface de Sébastien Allard), Apprendre à peindre - Les ateliers privés à Paris, 1780-1863, Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  • François Fossier, Les directeurs de la villa Médicis au XIXe siècle - Correspondance des deuxième et troisième directorats de Jean-Victor Schnetz et directorat de Joseph-Nicolas Robert-Fleury, Éditions L'Harmattan, 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]