Christian de Portzamparc

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Christian de Portzamparc
Présentation
Nom de naissance Christian Urvoy de Portzamparc
Naissance (71 ans)
Casablanca
Nationalité Drapeau de la France France
Activité(s) Architecte
Urbaniste
Formation École des beaux-arts de Paris
Œuvre
Agence Atelier Christian de Portzamparc
Réalisations Cité de la musique, Paris
Tour LVMH, New York
Philharmonie Luxembourg
Les Champs Libres, Rennes
Tour Granite, La Défense
Quartier Masséna, Paris / le Musée Hergé, Belgique, Louvain-la-Neuve, Hôtel de région, Lyon
Projets Cidade das Artes, Rio de Janeiro
Grand Paris (en cours)
Distinctions Prix de l'Équerre d'argent (1988, 1995)
Grand prix national de l'architecture (1992)
Prix Pritzker (1994)
Grand Prix de l'urbanisme (2004)

Christian de Portzamparc (Christian Urvoy de Portzamparc[1]), né le à Casablanca au Maroc, est un architecte et urbaniste français.

En 1994, il a été le premier Français à recevoir le prix Pritzker. Il a reçu en 2004 le Grand Prix de l'urbanisme[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son enfance est liée aux différentes affectations de son père, officier dans l'Armée : Casablanca au Maroc, camp militaire de Coëtquidan, Landau en Allemagne[3].

Il a épousé l'architecte brésilienne Elizabeth Jardim Neves.

Christian de Portzamparc a étudié aux Beaux-Arts de 1962 à 1969, notamment dans l'atelier d'Eugène Beaudouin. La découverte des croquis de Le Corbusier l'a poussé à s'orienter vers une spécialisation en architecture. Il s'est toutefois écarté dès cette époque de l'architecture moderniste inspirée des théories de Le Corbusier, estimant qu'on ne pouvait pas, à Paris, faire table rase du passé.

Christian de Portzamparc publie en 2003 Voir écrire, un livre d'entretiens avec l'écrivain Philippe Sollers[4]

Christian de Portzamparc est aussi le premier titulaire de la chaire de « création artistique » au Collège de France. Il a donné sa leçon inaugurale le sur le sujet : « Architecture : figures du monde, figures du temps ».

Cette notion de transformation urbaine à partir des vides habités le conduit à une recherche sur l'îlot, sur l'échelle d’une sorte de micro-urbanisme, avec la conviction que pour agir sur la question urbaine il fallait repartir de cette dimension intermédiaire entre le quartier et l'immeuble. Cette vision renouvelée qu'il appellera dans les années 1980 « îlot ouvert » se révélera d’une grande fécondité à travers nombre de projets dans différents pays et situations pour des quartiers et des petits « morceaux de ville » ou des bâtiments. Son travail se développe parallèlement sur trois thèmes majeurs : les bâtiments singuliers, les quartiers, et enfin les tours, avec leur dimension verticale et sculpturale.

Après sa première expérience de « signal vertical » pour le château d'eau, Christian de Portzamparc poursuit ses recherches sculpturales sur le thème de la verticalité, de la présence des tours dans la ville. Il conçoit en 1995 un projet de Tour à New York pour le siège de LVMH aux États-Unis. Situé sur la 57e rue, entre la 5e avenue et Madison Avenue, la tour LVMH (en) a été inaugurée le 8 décembre 1999 en présence de personnalités telles qu'Hillary Clinton. Ce bâtiment se distingue des façades lisses de Manhattan grâce à ses trajectoires fuyantes, ses lignes brisés, ses courbes et ses reliefs. Il a été longtemps considéré comme l’une des premières créations artistiques dans le ciel de Manhattan depuis longtemps[5]. Le haut de la Tour est occupé par une salle ouverte à 360 degrés, baptisée magic room. En utilisant du verre sablé de différentes tonalités, Christian de Portzamparc a résolu un problème majeur : la luminosité. En effet, la tour de 24 étages doit faire face à l’immense immeuble d’IBM situé de l’autre côté de la rue. Certains critiques y ont vu la «résurrection de l'art déco» ou «un nouvel esprit jazz postmoderniste»[6].

Christian de Portzamparc est le premier architecte français à recevoir le Pritzker Architecture Prize en 1994, à l'âge de cinquante ans. En 2006, le Collège de France qui s’est doté d'une 53e chaire dite « de création artistique » a fait appel à Christian de Portzamparc pour être son premier titulaire.

De 2008 à 2009, Christian de Portzamparc est à la tête d'une équipe pluridisciplinaire avec laquelle il participe à la consultation sur le Grand-Paris lancée par le président de la République Nicolas Sarkozy et intitulée « Le Grand Pari(s) de l'agglomération parisienne ». Il y défend une conception "rhizomatique" de la métropole, où les territoires se relient par leurs fonctions complémentaires mais sans que cette continuité soit toujours clairement apparente.

En 2010, il est chargé par le gouvernement de Bruxelles des nouveaux développements du quartier des institutions européennes autour du Berlaymont, siège de la Commission européenne.

Par-delà la ville traditionnelle et les grands ensembles : l'îlot ouvert[modifier | modifier le code]

Les trois principaux types de blocs selon Ch. de Portzamparc
Exemple d'îlots ouverts : bâtiments de formes variées, placés en quinconce dans une trame urbaine traditionnelle

L'une des premières illustrations de ses idées est l'ensemble de logements sociaux des Hautes-Formes, dans le 13e arrondissement de Paris. Alors que deux tours devaient être construites sur cet emplacement, l'abandon de la construction d'immeubles de grande hauteur dans Paris en 1974 modifie le projet. Christian de Portzamparc décide de tracer une rue à travers le nouveau quartier et de le doter d'une petite place centrale. Il crée une série d'immeubles de taille variée, moins élevés au sud-ouest afin de faciliter l'entrée du soleil. Les ouvertures sont soignées et le plan unique est rejeté au profit de plusieurs modèles différents d'appartements suivant la position dans l'ensemble de bâtiments. Cet ensemble de logements marque la fin de l'architecture uniformisée de l'opération Italie 13.

Après cette première expérience, Portzamparc formalise peu à peu le concept de l’îlot ouvert au cours des années 1980 puis conceptualise une théorie de la ville qu'il appelle l'« âge III » (urbanisation aux formes asymétriques non figées, bâtiments autonomes et non identiques autour d’une rue traditionnelle)[7], s'opposant à l'« âge I », celui de la ville traditionnelle qui se compose autour de la rue fermée sur laquelle s'alignent des bâtiments mitoyens (le bloc haussmannien correspond à ce type d'îlot fermé) et de l'« âge II », ville de l'après-guerre jusqu'aux années 1970 issue du Mouvement moderne (bâtiments autonomes dans un plan libre sans îlot qui se décompose en réseaux et zones de fonctions)[3].

Il oppose ainsi son îlot ouvert aux deux types d'îlots qui ont dominé l'architecture depuis le XIXe siècle :

  • le bloc haussmannien qui offre une façade continue sur la rue et, à l'intérieur, se referme sur une cour intérieure.
  • le plan ouvert des grands ensembles, dans lequel les immeubles ne s'orientent plus par rapport aux rues.

L'îlot ouvert, mimétisme de l'îlot américain dans son organisation, rassemble des bâtiments autonomes autour d'une rue traditionnelle. La hauteur des immeubles est limitée sans être identique d'un bâtiment à l'autre. Les façades sont en général alignées sur rue mais sans continuité d'une construction à l'autre. Portzamparc rejette la mitoyenneté afin de créer des appartements dotés d'exposition multiples et de créer des échappées visuelles à l'intérieur de l'îlot.

Ses conceptions architecturales retiennent de l'« haussmannisme » une hiérarchisation entre espaces publics, semi-publics et privés, que l'architecture moderniste de tours et de barres sur dalle a perdue en rejetant la rue traditionnelle multi-fonctionnelle. Il ne reprend toutefois pas la rigueur et l'uniformité des façades « haussmanniennes » traditionnelles, auxquelles il préfère un certain lyrisme, un « bocage urbain » caractérisé par la diversité des constructions.

Il met en œuvre le concept d'îlot ouvert à une grande échelle dans le cadre de l'opération Paris Rive Gauche. La réalisation des plans-masse (dimensions et emplacement des constructions) et la conception précise des bâtiments sont confiées à d'autres architectes, dans le cadre des règles de construction que fixe Christian de Portzamparc. Son objectif est de donner au quartier un caractère basé sur l'alternance de hauteurs, de couleurs, de matériaux et de styles architecturaux. Il utilise la métaphore de la « nature-morte »[8], qui combine de manière harmonieuse des objets différents les uns des autres.

Études et chantiers en cours[modifier | modifier le code]

2003-2008 Hôtel Renaissance Wagram à Paris
2001-2009 Musée Hergé, Louvain-la-Neuve en Belgique
1984-1995 La cité de la musique de Paris
Photo Nicolas Borel
1997-2003 Ambassade de France à Berlin
1995-1999 La tour LVMH de New York
1994-1999 Palais des congrès de Paris

Architecture[modifier | modifier le code]

  • 2011-2013 : Logements, hôtels, bureaux, commerces - Les Arènes, Casablanca (Maroc)
  • 2011-… : Stade Arena 92, Nanterre[9]
  • 2010-… : Ministère de l’agriculture, Paris
  • 2010-2016 : Hôtel, logements, bureaux - Olayan, Beyrouth (Liban)
  • 2009-2014 : CasArts, Casablanca (Maroc)
  • 2010-2014 : Logements, commerces - Beaumartin, Bordeaux
  • 2010-2014 : Logements - ZAC de l’Amphithéâtre Porte Sud, Metz
  • 2010-2014 : Bureaux - La Fabrique, Bordeaux
  • 2009-... : Tour Bruxelles Victor, Bruxelles (Belgique)
  • 2008-2014 : Logements et hôtel - Les Tresums, Annecy
  • 2008-2012 : Logements - boulevard Macdonald, Paris
  • 2005-2013 : Tour One57, Logements et hôtel - ManhattanNew York (États-Unis)
  • 2002-2014 : Tour de logements « 400 Park Avenue », Manhattan – New York (États-Unis)

Urbanisme[modifier | modifier le code]

  • 2011-... : Place du Grand Ouest, Massy
  • 2011-... : Wacken Europe, Strasbourg
  • 2011 : Grenoble Presqu’île, Grenoble
  • 2010-... : Grand Roissy
  • 2010-... : EURALENS
  • 2010-... : Quartier Michelet, Paris-La Défense
  • 2009-... : ORSA
  • 2009-... : Pôle Métropolitain du Bourget, Grand Paris
  • 2009-... : Rue de la Loi, Bruxelles (Belgique)
  • 2009-... : Atelier International du Grand Paris
  • 2008-... : Grenoble-Esplanade, Grenoble
  • 2006-... : Riverside Center, Manhattan – New York (États-Unis)
  • 2005-2012 : Logements, commerces, bureaux - Euronantes quartier Tripode, Nantes
  • 1995-... : Aménagement urbain du secteur Masséna Seine Rive Gauche, Paris
  • 1991- 2012 : Aménagement des « Jardins de La Lironde » et construction sur deux îlots, Montpellier

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Principaux prix, distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

  • 2010 Belgian Building Awards, pour le Musée Hergé de Louvain-la-Neuve
  • 2006 Titulaire de la 53e chaire dite de « Création Artistique » au Collège de France
  • 2005 MIPIM Award - pour la restructuration du bâtiment pour Le Monde à Paris
  • 2004 Grand Prix de l'urbanisme - remis par le Ministre français de l'équipement, des transports, de l’aménagement du Territoire, du Tourisme et de la Mer
  • 2001 Business Week – Architectural Record Award pour la Tour LVMH à New York
  • 1998 Membre d’honneur AIA remis par l’Institut Américain d’Architectes
  • 1995 Prix de l'Équerre d'argent - pour la Cité de la Musique – Conservatoire de Musique et Danse
  • 1994 Le Prix Pritzker - remis par la Fondation HYATT
  • 1993 - today Member of the National French Arts Commission
  • 1993 Grand prix national de l'architecture - remis par le Ministère Français de l’Urbanisme et de Transports
  • 1992 Médaille d’Argent - remis par l’Académie française d'architecture
  • 1990 Grand Prix d’Architecture de la Ville de Paris - remis par le Maire de Paris
  • 1989 - Commandeur des Arts et des Lettres - remis par le Ministre Français de la Culture
  • 1988 Prix de l'Équerre d'Argent - pour École de danse de l'Opéra de Paris
  • 1975 Pan VII - remis par le Ministère Français de l’Urbanisme et de Transports

Christian de Portzamparc est Commandeur des Arts et Lettres, Officier de l'ordre national du Mérite, Chevalier de la Légion d'honneur et membre d’honneur de l’American Institute of Architects (A.I.A.).

Livres et publications[modifier | modifier le code]

Livres monographies :

  • Catalogue d’Exposition « Rêver la ville », Sophie Trelcat, Paris, Le Moniteur, 2007
  • Architecture : figures du monde, figures du temps, Leçons inaugurales au Collège de France, Collège de France/Fayard, Paris, 2006
  • Voir écrire, Christian de Portzamparc & Philippe Sollers, Paris, Folio Gallimard, 2005
  • Christian de Portzamparc, écrit par Gilles de Bure, édité par Terrail, 2003
  • Christian de Portzamparc, entretien avec Y. Futagawa, G.A. Document extra 04 / in Studio Talk interview with 15 architects (Tokyo, A.D.A edita, 2002)
  • Christian de Portzamparc, écrit par Riccardo Florio, édité par Officina Edizioni, 1997
  • Christian de Portzamparc G.A.Document, 1996
  • Christian de Portzamparc Disegno e forma dell’architettura per la città, R.Florio (Roma, Officina Edizioni, 1996)
  • Généalogie des formes écrit par Christian de Portzamparc, édité Dis Voir, 1996
  • Christian de Portzamparc, édité par Arc en Rêve / Birkhauser, 1996
  • Scènes d'Atelier, édité par Centre Georges Pompidou, 1996
  • Christian de Portzamparc, écrit par Jean Pierre Le Dantec, édité par Le Regard, 1996
  • Christian de Portzamparc Urban situations, édité par Gallery MA - Tokyo - Japan 1991
  • Christian de Portzamparc, édité par Le Moniteur, 1984 – 1987

Livres sur un projet :

  • La philharmonie de Luxembourg, entretien avec C. de Portzamparc, M. Brausch. (Luxembourg, Fonds d’Urbanisation et d’Aménagement du Plateau de Kirchberg, 2003)
  • La tour LVMH, entretien avec C. de Portzamparc « Portzamparc ou l’esprit des lieux». «Christian de Portzamparc The LVMH Tower », J. Giovannini, F.Rambert, (Connaissance des Arts hors série, Paris, 1999)
  • De la danse - école du ballet de L’Opéra de Paris, C. de Portzamparc (Paris, Les éditions du Demi-Cercle, 1990)
  • La cité de la musique, M. Bleuse, P. Boulez, S. Goldberg, J-C. Casadesus, O. Messiaen, P. Sollers, H. Tonka, C. de Portzamparc (Paris, Champ Vallon, 1986)
  • Rue des Hautes Formes, C. de Portzamparc (Paris, Régie immobilière de la ville de Paris, RIVP, 1979)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « NomFam » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), mai 2013
  2. Le Grand-prix de l’urbanisme 2004 : Christian de Portzamparc, Logement.gouv.fr, juillet 2004
  3. a et b Dominique Simonnet, « Une ville doit se ressentir physiquement », sur lexpress.fr,‎
  4. Emmanuelle Caille, La Teinturerie, D'A, 11 novembre 2003
  5. Fabrice Rousselot, Signé Portzamparc, le nouveau siège américain de LVMH marque le retour dans la «Grosse Pomme» d'une architecture audacieuse, Libération, 13 décembre 1999
  6. (en) Julie V. Iovine, / Designing The Nouveau Building On the Block, The New York Times, 15 décembre 1999
  7. Christian de Portzamparc, « Âge III, la ville ouverte », Urbanisme, no 325,‎ juillet-août 2002, p. 18-25
  8. Cours au Collège de France, 3 mars 2006.
  9. Émile Vast texte, Olivier Ravoire, photo, L'Arena sera un cœur vivant, dans HDS mag, mai-juin 2015, n°41, p.36-37.
  10. "Christian de Portzamparc, éclaireur du nouveau Lyon", Le Monde, 25/05/2011