Roger-Henri Expert
| Roger-Henri Expert | |
| Présentation | |
|---|---|
| Naissance | Arcachon (Gironde) |
| Décès | (à 72 ans) Cérons (Gironde) |
| Nationalité | |
| Activités | Architecte, enseignant à l'ENSBA |
| Diplôme | 1912 |
| Formation | École des beaux-arts de Bordeaux École nationale supérieure des beaux-arts, ateliers Umbdenstock et Redon |
| Élèves | Jean Balladur, Claude Ferret |
| Œuvre | |
| Réalisations | Fontaine du Trocadéro Église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus de Metz |
| Distinctions | Second Grand Prix de Rome (1912) Membre de l'Académie des beaux-arts (1954) |
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Roger-Henri Expert, né le à Arcachon (Gironde), mort le à Cérons (Gironde), est un architecte français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Fils de négociant, il fait ses études secondaires au collège Saint-Elme à Arcachon[1], puis suit des études à l'École municipale des beaux-arts de Bordeaux en peinture, à partir de 1903, et en architecture, à partir de 1905. En 1906, grâce à une bourse, il rejoint l'École des beaux-arts de Paris, dans les ateliers de Gustave Umbdenstock, puis de Gaston Redon[2]. En 1912, il obtient à la fois son diplôme d'architecte et le second grand Prix de Rome.
Il revient dans cette école en 1922, en tant qu'enseignant puis chef d'atelier en 1934, et ce jusqu'en 1953. Il y a notamment pour élèves Jean Balladur ou Claude Ferret.
Il s'associe à son ami André Granet pour créer un cabinet qui s'adresse à une riche clientèle. En 1921, il est nommé Architecte des bâtiments civils et palais nationaux. Il est à ce titre responsable des bâtiments de la manufacture des Gobelins et du musée du Louvre. Il est ensuite architecte en chef de l'Observatoire et du Panthéon.
En 1926, il dessine les plans de cinq villas à Pyla-sur-Mer et au Moulleau, sur le bassin d'Arcachon, dont les lignes élégantes préfigurent l'ambassade de France à Belgrade (1928). Il fait appel au sculpteur Carlo Sarrabezolles pour les éléments décoratifs (le groupe Liberté - Égalité - Fraternité), comme il l'a fait pour l'hôtel de ville de Reims, la fontaine du Trocadéro au palais de Chaillot (1937), ou l'aménagement du pont-promenade du paquebot Normandie. Toujours impeccablement vêtu, d'une élégance très british, il a toujours privilégié la collaboration de ses amis artistes (« la bande à Expert », souvent originaires, comme lui, de la région bordelaise).

On lui doit, avec André Granet, les féeries lumineuses de l'Exposition coloniale internationale de 1931[2]. Les réalisations des deux architectes sont, a posteriori, décrites dans le rapport général comme « la plus belle des attractions nocturnes de l'Exposition ».
En 1939, il réalise avec Pierre Patout le pavillon de la France à l'Exposition universelle de New York.
Il est sollicité en 1946 pour conduire la reconstruction du Vieux-Port de Marseille[3]. Son projet, marqué par plusieurs grandes tours de 14 étages[4], est d'abord accepté par la municipalité mais par la suite vivement critiqué, jugé trop irrespectueux du site historique[3]. Il est finalement dessaisi du projet en 1948 au profit d'André Leconte qui sera lui-même évincé définitivement par Fernand Pouillon. Les deux tours en U situées au centre du quartier, ramenées à 7 et 8 étages, sont des traces de son projet[3].
La Banque de l'Afrique occidentale lui confie entre 1950 et 1955 la réalisation à Dakar de son siège social, vaste paquebot qui structure monumentalement la place Protet, cœur du plateau de Dakar et future place de l'Indépendance[5].
Il est élu au 1er fauteuil de la section architecture (à la place d'Auguste Perret) de l'Académie des beaux-arts en 1954.
Il meurt le au château de Calvimont, à Cérons. Ses obsèques sont célébrées à la basilique Notre-Dame d'Arcachon et il est inhumé au cimetière municipal (carré 15). Après l'inauguration d'une rue portant son nom, la municipalité d'Arcachon reçoit son épée d'académicien en 1957[2].
Principales réalisations
[modifier | modifier le code]- 1924-1930 : villas Téthys (inscrites MH), Canopé, Lyside et Vert Logis à Pyla-sur-Mer, commune de La Teste-de-Buch, ainsi que Kypris au Moulleau, commune d'Arcachon (Gironde)[6],[2]
- 1924-1927 : hôtel de ville de Reims[2]
- 1927-1928 : bâtiments rue d'Ulm de l'École nationale supérieure des arts décoratifs dans le 5e arrondissement de Paris
- 1925-1928 : casino, actuel Atrium à Dax
- 1928-1932 : hôtel Splendid, actuellement Grand Hôtel Mercure Splendid à Dax (inscrit MH)
- 1928 : hôtel particulier dit maison d'Haussy, 30 avenue de Flandres dans l'actuelle commune de Villeneuve-d'Ascq (inscrite MH)
- 1928-1933 : hôtel de la légation de France, actuelle ambassade de France à Belgrade[2]
- 1931 : ateliers extérieurs des Beaux-Arts de Paris, 1 rue Jacques-Callot dans le 6e arrondissement de Paris[7],[8] (inscrit MH[9])
- 1932-1934 : groupe scolaire situé au 10 rue Küss dans le 13e arrondissement de Paris (inscrit MH)
- 1934 : immeuble du Service du nivellement général de la France au 39 ter rue Gay-Lussac dans le 5e arrondissement de Paris, menacé de destruction en 2023[10].
- 1937 : fontaines et bassins du jardin du Trocadéro dans le 16e arrondissement de Paris
- 1937-1954 : église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus de Metz (classée MH)[11]
- 1937-1955 : centre national d'enseignement technique, actuelle École normale supérieure de Cachan (début du projet, achevé par André Remondet)
- 1938 : réalisation du pavillon français de l'exposition internationale de New York avec le peintre Jean Dupas
- 1946-1949 : décoration intérieure de l'ambassade de France à Londres
- 1946-1952 : immeubles d'habitation des tours du Vieux-Port de Marseille
- 1950-1955 : siège de la Banque de l'Afrique occidentale, place de l'Indépendance à Dakar (Sénégal)
Galerie de réalisations
[modifier | modifier le code]-
Hôtel de ville de Reims (1924-1927).
-
Groupe scolaire situé au 10 rue Küss dans le 13e arrondissement de Paris (1932-1934).
-
Pavillon de la Métropole, exposition coloniale de 1931.
-
Hôtel Splendid (Dax).
Élèves
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Expert Roger Henri (1882-1955) », dans Dictionnaire des Architectes, Encyclopaedia Universalis, coll. « Les Dictionnaires d'Universalis », , 2366 p. (ISBN 9782852291416)
- « 150 ans d’histoire au cimetière d’Arcachon », sur Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, (consulté le ).
- Jean-Lucien Bonillo, Architectures de la reconstruction à Marseille : Le quartier du Vieux-Port, 1940-1960 (Catalogue de l'exposition tenue du 2 juin au 11 aout 2007 à Marseille), Archives départementales des Bouches-du-Rhône, , 32 p., p. 15-18.
- ↑ On peut voir une maquette du projet dans le film Voilà Marseille (film de propagande du maire communiste sortant Jean Cristofol lors des élections d'octobre 1947), à la minute 16:37.
- ↑ Raphaëlle Saint-Pierre, Revue AMC, Paris, Editions du Moniteur, 2024 n° 327 (ISBN ISSN 0998-4194[à vérifier : ISBN invalide]), Pages 67 à 76.
- ↑ Voir le site sur les villas de Roger-Henri Expert à Pyla-sur-Mer, près d'Arcachon.
- ↑ « École | Site Callot | », sur paris-malaquais.archi.fr (consulté le )
- ↑ Jean Margerand (ill. Roger-Henri Expert, photogr. Studio Jyska), « Les Ateliers extérieurs d'Architecture de l'École Nationale supérieure des Beaux-Arts », La Construction Moderne, no 45, , p. 666 à 672 (lire en ligne).
- ↑ Ministère de la Culture, « Immeuble (Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts) », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Didier Rykner, « Disparition de Paris : un bâtiment Art déco et plusieurs arbres », latribunedelart.com, 20 septembre 2023.
- ↑ Voir la Fiche technique sur le site du Patrimoine du XXe siècle.
- ↑ Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts de Paris (1800-1968) et AGORHA - Bases de données de l'Institut national d'histoire de l'art, Bonis, Marcel, (lire en ligne)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Roger-Henri Expert, 1882-1955, Paris, Éditions du Moniteur, , 238 p. (ISBN 2-281-15080-1)
- Institut français d'architecture, Archives d'architecture du vingtième siècle, p. 166-171, Pierre Mardaga éditeur, Liège, 1995 (ISBN 2-87009-446-9)
- Michel Boyé, Arcachon raconté par ses rues et ses lieux-dits, Société historique et archéologique d'Arcachon et du pays de Buch, 2001.
- Les illustres de Bordeaux : catalogue, vol. 1, Bordeaux, Dossiers d'Aquitaine, , 80 p. (ISBN 978-2-84622-232-7, présentation en ligne)
- Pierre Maurer et Raphaëlle Saint-Pierre, Roger-Henri Expert. Le dessin et la lumière, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Carnets d'architectes », , 176 p. (ISBN 9782757709054)
- Revue AMC N° 327 Nov 2024.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Fiche biographique, bibliographie, présentation et inventaire des archives », sur ArchiWebture, base de données du Centre d'archives de l'Institut français d'architecture, Cité de l'architecture et du patrimoine (consulté le ).
- Fiche sur l'architecte à l'occasion des Célébrations nationales 2005 pour le cinquantenaire de sa mort.
- Cité de l'architecture et du patrimoine : Biographie de Roger-Henri Expert
- Architecte français du XXe siècle
- Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XIXe siècle
- Enseignant à l'École nationale supérieure des beaux-arts
- Prix de Rome en architecture
- Pensionnaire de la Villa Médicis
- Académie des beaux-arts (France)
- Naissance en avril 1882
- Naissance à Arcachon
- Décès en avril 1955
- Décès à 72 ans
- Décès à Cérons
- Personnalité inhumée à Arcachon