Joseph-Marie Vien

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec son fils et élève, Joseph-Marie Vien dit Vien le jeune (1761-1848), également peintre
Joseph-Marie Vien
JMVien.jpg

Portrait de Joseph-Marie Vien par Joseph-Siffrein Duplessis (1784), Paris, musée du Louvre.

Naissance
Décès
(à 92 ans)
à Paris
Nationalité
Activité
Formation
Maîtres
Élèves
Mouvement
Distinction
Œuvres réputées
La Douce Mélancolie (1756), La Marchande à la toilette (1763).

Joseph-Marie Vien, né à Montpellier le 18 juin 1716 et mort à Paris le 27 mars 1809, est un peintre, dessinateur et graveur français, précurseur du néoclassicisme.

Il est le père du peintre Joseph-Marie Vien le jeune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un simple serrurier, Vien étudia quelque temps chez un peintre de portraits nommé Legrand et chez Jacques Giral, puis fut employé dans une manufacture de faïences. Monté à Paris en 1740, il fut, dès lors, élève de l’Académie royale, dan l’atelier de Charles-Joseph Natoire, où il est conseillé par Parrocel, et protégé par le comte de Caylus, « antiquaire » et théoricien du retour à l’antique[1].

En 1743, il remporte le prix de Rome et part, le 21 décembre 1744, pour la Ville éternelle où il rencontrera Duplessis, alors élève dans l’atelier de Pierre Subleyras, et avec qui il restera lié. Là, découvrant les peintures antiques dégagées des ruines d’Herculanum, il se passionna par l’art antique et, modifiant ses idées sur la peinture, se mit à peindre des tableaux dans un style plus sévère que ceux qu’on faisait alors, mais qui ne fut pas apprécié du public alors habitué à la petite manière libertine de Boucher alors à la mode[2]. Tentant d’allier imitation de la nature et des maitres anciens[1], il est considéré, avec Pompeo Batoni, comme un des précurseurs du néoclassicisme en peinture[3].

le protégé du comte de Caylus eut la plus grande peine à entrer à l’Académie royale de peinture et de sculpture, où on l’accusait de mauvais gout[2]. Lorsque, l’année suivant son retour à Paris en 1750, il voulut se faire agréer, avec son Embarquement de sainte Marthe[4], dont le succès fut cependant considérable[5], on jugea les œuvres qu’il présentait insuffisantes ; on l’accusait d’imiter trop simplement la nature[5]. En 1754, il faillit de nouveau être refusé lorsqu’il présenta à l’Académie, comme morceau de réception, son Dédale dans le Labyrinthe attachant les ailes à Icare, qui sera son premier sujet mythologique conservé. Boucher, qui savait apprécier un art différent du sien, déclara, à cette occasion, qu’il ne reparaitrait plus à l’Académie si Vien n’y était pas admis[5].

Bientôt il se trouva surchargé de travaux et fonda une école où il forma un nombre prodigieux d’élèves, dont Louis-François Cassas, Pierre Chasselat, Philippe Chéry, Henri-Pierre Danloux, Philibert-Louis Debucourt, Balthasar Anton Dunker, Étienne-Barthélémy Garnier, Alexandre Kucharski, Gabriel Lemonnier, Louis Morel d'Arleux, Pierre Peyron, Jean-Baptiste Regnault, Jean-Pierre Saint-Ours, Jean-Joseph Taillasson, François Valentin, François-André Vincent, Adolf Ulrik Wertmüller, Philipp Friedrich von Hetsch (de) ou Anton Losenko (it), mais c’est Jacques-Louis David, qui allait vraiment créer la nouvelle école à ses théories[6]. C’est, en effet, l’élève qui a poussé jusqu’à la dernière rigueur le mouvement de retour vers l’antiquité commencé dans l’École française par Vien avec un héroïsme qui a dépassé l’antiquité élégante, un peu froide et parfois mièvre de ce dernier[1], et c’est pour cette raison qu’on l’a placé, lui et son maitre, au rang des restaurateurs du grand art[2]. En 1763, sa Marchande à la toilette, appréciée par Diderot, le rend célèbre[1].

Il a une importante activité pédagogique à la tête des Élèves protégés en 1771[1], devient directeur de l’Académie de France à Rome de 1775 à 1781, et est nommé premier peintre du roi le 17 mai 1789, peu de temps avant la suppression de ce titre. Les dernières années de Vien furent pleines de vicissitudes car la Révolution le ruina mais, quoique octogénaire, il ne se découragea pas et prit part à un concours ouvert par le gouvernement en 1796, et obtint le prix[5]. L’avènement de l’Empire améliora sa situation et il est couvert d’honneurs par Napoléon Bonaparte. Il est nommé sénateur en 1799, comte de l’Empire en 1808 et commandeur de la Légion d’honneur. À sa mort en 1809, Napoléon lui fait l’honneur de funérailles nationales au Panthéon, où il est le seul artiste peintre à reposer.

François Boucher, son contemporain, le décrit comme un bon peintre mais un peu froid. D’un dessin correct qui cherche la fermeté et d’un coloris assez solide, ses peintures sont assez consciencieuses, mais froides[5]. S’il n’est pas étonnant que cette « froideur » néoclassique ait déplu au maitre du rococo, il n’en reste pas moins que Vien ne sut pas toujours donner l’élan et la grandeur que les théories de son style préféré imposaient. Y étant parvenu, David reste, à juste titre, plus connu que son maitre qui ne reste plus connu que comme son véritable précurseur. Diderot a jugé ainsi cet artiste, cité par Honoré de Balzac dans Sarrasine pour la beauté de son tableau Adonis[7], à qui l’on doit 179 tableaux : « Vien a de la vérité, de la simplicité, une grande sagesse dans ses compositions[8]. »

Sa femme, Marie-Thérèse Reboul, et son fils, Joseph-Marie Vien dit Vien le jeune, étaient également peintres.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

En France
  • Musée national du château de Fontainebleau : La Marchande d’amours, 1763
  • Musée de Grenoble : L’Enlèvement de Proserpine, 1762
  • Paris, musée du Louvre :
    • Hermite endormi (1753)
    • Dédale dans le labyrinthe attachant les ailes à Icare, 1754
    • Jeunes Grecques parant de fleurs l’Amour endormi, 1773
    • Les Adieux d’Hector et d’Andromaque, 1786
  • Paris, École militaire, chapelle Saint-Louis : Saint Louis remet la régence à sa mère
  • Paris, église Saint-Roch : Saint Denis préchant, 1767
  • Musée des beaux-arts de Reims : Anachorète endormi
  • Église Sainte-Marthe de Tarascon :
    • L’Embarquement de sainte Marthe, 1751
    • Sainte Marthe recevant le Jésus-Christ à Béthanie, 1747
    • Funérailles de sainte Marthe, 1748
    • La Résurrection de Lazare, 1747
    • L’Agonie de sainte Marthe, 1748
    • L’Arrivée de sainte Marthe en Provence, 1748
    • La Prédication de sainte Marthe, 1748
  • Dijon, Musée Magnin : Vue inspirée par le forum romain
Aux États-Unis
À Porto Rico

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e René Démoris, Florence Ferran, La Peinture en procès : l’invention de la critique d’art au siècle des Lumières, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2001, (ISBN 978-2-87854-214-1), 419 p., p. 409.
  2. a, b et c Étienne Achille Réveil, Louis Ménard, René Joseph Ménard, Musée de peinture et de sculpture ; ou, Recueil des principaux tableaux statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l’Europe, vol. 7, Paris, Ve A. Morel & Cie, 1875, p. 93.
  3. Société de l’histoire de l’art français (France), CNRS, Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, F. de Nobele, 1972, (ISSN 0301-4126), p. 210.
  4. Tableau présenté au Salon de 1753.
  5. a, b, c, d et e Roger Raymond Peyre, Histoire générale des beaux-arts, Paris, Charles Delagrave, 1895, 821 p., p. 805.
  6. Le succès retentissant de son Serment des Horaces, au Salon de 1785, est un fait d’autant plus considérable que le mérite de l’œuvre ne suffit pas à l’expliquer. Il indique le changement du gout public et marque une époque dans l’histoire de la peinture. Voir Peyre, op. cit.
  7. Oliver Bonard, La Peinture dans la création balzacienne : invention et vision picturales de « La maison du chat-qui-pelote » au « Père Goriot », Genève, Droz, 1969, 191 p., p. 78.
  8. Salon de 1761.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thomas W. Gaehtgens et Jacques Lugand, Joseph-Marie Vien, peintre du roi : 1716-1809, Arthena, Paris, 1988. Avec un choix de textes du peintre.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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