Jules Lefebvre

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Jules Lefebvre.
Jules Lefebvre dans son atelier entre 1885 et 1890, photographie anonyme, New York, Frick Collection.
Sépulture de Jules LEFEBVRE - Cimetière Montmartre

Jules Lefebvre[1], né à Tournan-en-Brie le 14 mars 1834 et mort à Paris le 24 février 1912, est un peintre français, professeur à l'École des beaux-arts de Paris et à l'Académie Julian.

Biographie[modifier | modifier le code]

Venant de Seine-et-Marne, la famille de Jules Lefebvre s'établit à Amiens vers 1836. Son père y exerce la profession de boulanger. L'enfant fréquente l'école communale de dessin où son professeur, Joseph Fusillier, remarque son talent.

Jules Lefebvre entre à l'École des beaux-arts de Paris en 1852 dans l'atelier de Léon Cogniet. Son père n'ayant pas les moyens de l'entretenir à Paris, il fait appel à la ville d'Amiens qui lui alloue des subventions afin qu'il puisse se consacrer tout entier à la peinture.

Il remporte le grand prix de Rome en 1861 avec une peinture intitulée La Mort de Priam[2]. Il expose soixante douze portraits dans les Salons parisiens entre 1855 et 1898. En 1891, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts.

Enseignant à l'Académie Julian, professeur réputé et sympathique, il a de nombreux élèves, dont le peintre paysagiste d'origine écossaise William Hart, des peintres américains tels que Childe Hassam, Frank Weston Benson, Edmund Charles Tarbell et John Noble Barlow (en), ainsi que les peintres français Georges Rochegrosse, Gaston Darbour, Adolphe Déchenaud et Camille Bourget, le sculpteur français Paul Landowski, le portraiste Gustave Brisgand et le peintre belge Fernand Khnopff.

Il est connu principalement pour ses nus féminins, genre dans lequel il rivalise avec William Bouguereau. Il fait sensation en 1868 avec une Femme couchée. Son œuvre la plus célèbre est sans doute La Vérité, une femme nue sortant d'un puits portant un miroir à bout de bras (Paris, musée d'Orsay). Parmi ses meilleurs portraits figurent ceux de M. L. Reynaud et celui du Prince impérial (1874).

Il a également peint les plafonds de l'hôtel Vanderbilt à New York, de la cour de cassation, et du salon des Lettres à l'hôtel de ville de Paris[3].

Il reçoit de nombreuses décorations, dont une médaille de première classe au Salon de 1878 et la médaille d'honneur en 1886. Il est également commandeur de la Légion d'honneur[4].

Il meurt des suites d'une longue maladie le 24 février 1912, dans son hôtel de la rue La Bruyère à Paris. Les articles de presse parus à cette occasion reflètent à la fois le respect du à un artiste reconnu et une certaine condescendance envers un artiste académique passé de mode. Le Gil Blas est cependant le plus sévère : « Jules Lefebvre était un grand mauvais peintre. Et ses élèves s'étonnaient qu'un patricien mou, lâche, inconsistant, fût en même temps un homme exigeant, autoritaire et roide dans les formes [...]. La carrière de Jules Lefebvre fut d'ailleurs laborieuse. » On a pu redécouvrir ce peintre à l'occasion de la restauration en 2013 de Lady Godiva, tableau monumental peint en 1890 conservé au Musée de Picardie à Amiens, et ce jugement paraît aujourd'hui bien sévère.

Il est inhumé au cimetière Montmartre, 14e division, chemin Saint-Éloy, il repose avec son épouse Louise Deslignières sœur de Geneviève Deslignières (1852-1940) épouse de Paul Taffanel et de Marcel Deslignières, (1847-1914) architecte et sa fille Yvonne Lefebvre, (1874-1920) épouse de Georges-Frédéric Rötig (1873-1961), élève de Jules Lefebvre, aquarelliste français, peintre animalier, né au Havre, prix Rosa Bonheur en 1913, et son fils Maurice, sculpteur, (1885-1911)

Sa tombe œuvre de l'architecte Samson est ornée d'un buste et d'un bas-relief en marbre, « la Vérité », du statuaire Ernest Dubois

Cependant lors de l'inauguration du monument relatée dans Le Gaulois du 15 juin 1913, on lit : « L'histoire de ce monument est des plus émouvantes. Il fut commencé, voici trois ans, par M. Maurice Lefebvre, fils du célèbre peintre, un jeune sculpteur de grand talent que la mort impitoyable a ravi prématurément à l'art. A cette époque, la santé de Jules Lefebvre inspirait les plus vives inquiétudes, et Mme Jules Lefebvre, pressentant la fin prochaine de son mari, avait demandé au jeune statuaire de préparer le monument de son père. L'œuvre était presque terminée lorsque, soudainement, le jeune artiste tomba malade et mourut, précédant de quelques mois son père au tombeau. Deux amis du maître, M. Ernest Dubois, qui fut le professeur de M. Maurice Lefebvre, et l'architecte Samson, se chargèrent, dans une pieuse et touchante pensée, de mettre à point le monument inachevé. C'est ce monument qui a été inauguré en présence seulement de la famille Lefebvre et de quelques intimes. ». Le buste serait l’œuvre de Maurice Lefebvre et non d'Ernest Dubois, buste réalisé en 1909;

Œuvres[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand Bertaux, Les Artistes picards, études sur MM. Hippolyte Bertaux, Louis Debras, Jules Lefebvre, Francis Tattegrain : peintres ; Emmanuel Fontaine, statuaire. Première série, Paris, E. Lechevalier, 1894, 33 p.
  • Dictionnaire biographique des hommes du Nord : Nord, Ardennes, Aisne, Somme, Pas-de-Calais et Oise. I, Les contemporains, Paris, Henry Carnoy, [1894], p. 57, portr.
  • Arsène Alexandre, Les morts d'hier : M. Jules Lefebvre, dans Le Figaro, 25 février 1912.
  • Mort du peintre Jules Lefebvre, dans Le Petit parisien, 25 février 1912, portr.
  • Mort de Jules Lefebvre, dans Gil Blas, 25 février 1912, portr.
  • Mort de Jules Lefebvre, dans L'Aurore, n° 5212, 25 février 1912.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né « Jules Joseph Lefebvre ».
  2. a, b et c « La Mort de Priam », notices d'œuvres, sur Cat'zArts, Beaux-arts de Paris, l'école nationale supérieure (consulté le 26 août 2014) et « Notice no 50510011474 », base Joconde, ministère français de la Culture
  3. Le Petit parisien du 25 février 1912.
  4. « Notice no LH/1546/82 », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. Catalogue de la 27e Exposition de 1885 à Amiens, p.23.

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