Pierre-Jean David d'Angers

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David d'Angers
David d'Angers, Pierre-Jean, Edouard Baldus, BNF Gallica.jpg

David d'Angers photographié par Édouard Baldus en 1853.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Pierre Jean DavidVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Formation
Maîtres
Élèves
Lieu de travail
Mouvement
Distinctions
Œuvres réputées
David d'Angers photographié par Henri-Charles Oulevay en 1847.

Pierre-Jean David, dit David d’Angers, né à Angers le et mort à Paris le , est un sculpteur et médailleur français.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Pierre-Jean David naît à Angers, en Anjou, le [1]. Fils d’un soldat retraité de la république qui exerçait, dans sa ville natale, la profession de sculpteur-ornemaniste, David commence ses études artistiques sous la direction de Marchand et Jean-Jacques Delusse professeurs à l’École centrale d’Angers entre 1806 et 1807.

Par contrat passé, le , avec Louis-François Allard[2], le père de David d'Angers, s'engageait à faire[3] pour l'église Saint-Rémi de Château-Gontier deux statues[4]. L'abbé Angot indique que ces deux œuvres d'art ont été enfouies en terre lors de la construction de la nouvelle église.

Son père s'oppose à la résolution de son fils de se rendre à Paris pour accomplir sa vocation et refuse de financer son départ. Après une tentative ratée de suicide, son père le laisse partir pour Paris avec quarante cinq francs collectés par sa mère et ses sœurs, et cinquante francs que lui prête son maître, Delusse.

À Paris, en 1808, David sculpte des ornements à l’arc de triomphe du Carrousel, puis il travaille sur une frise du palais du Louvre.

En 1809, il obtient une médaille à l’Académie, et est remarqué par son homonyme le peintre Jacques Louis David qui le prend sous son aile et le fait travailler dans son atelier. Il suit aussi l'enseignement des sculpteurs Augustin Pajou et Philippe-Laurent Roland. Ses ouvrages, exposés un peu plus tard au concours d’essai, lui permettent de bénéficier d'une pension de six cents francs votée par la ville d’Angers.

Premiers succès[modifier | modifier le code]

Il remporte en 1810 le second prix de sculpture, et en 1811 le grand prix de Rome avec le bas-relief Mort d’Épaminondas. Il part comme pensionnaire de l’École française à Rome. L’ouvrage couronné est envoyé par l’artiste au musée de sa ville natale, comme l’a été celui de son second prix (Othryadès). En Italie, l'art antique, Michel-Ange et Raphaël sont ses sources d'inspiration durant ses voyages et au cours de ses études.

Après son séjour à Rome, David traverse la France pour se rendre à Londres, où il rencontre l’artiste Flaxman, et travaille au monument de Wellington. David revient à Paris en 1818.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

La séance du 25 juillet 1848 à l'Assemblée nationale, concernant les clubs, caricaturée par Cham. David d'Angers est représenté à l'extrême gauche.

Le pouvoir royal lui confie l’exécution de la Statue du Grand Condé, qui figure dans la cour d’honneur du château de Versailles. En 1825, sa réputation établie, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur et, en 1826, il est élu membre de l’Institut de France et nommé, le , professeur à l’école des beaux-arts de Paris en remplacement de Jean-Baptiste Stouf. Henri Lemaire lui succèdera en 1856[5].

Il produit une quantité de monuments, tombeaux, statues, bustes, et bas-reliefs, dont le célèbre fronton du Panthéon de Paris en 1837. Dans les années 1830, il sculpte une importante série de portraits en médaillons de personnalités contemporaines dans laquelle il applique les principes de la phrénologie à un niveau esthétique[6].

Ami du poète Aloysius Bertrand, il fait éditer à titre posthume son recueil de poèmes Gaspard de la nuit en 1842.

En 1848, il est élu représentant du peuple par le département de Maine-et-Loire. Il entre à l'Assemblée nationale constituante, puis à l'Assemblée nationale législative, où il siège avec la Montagne. Mais en 1852, après le coup d'État de Napoléon III, il doit quitter la France et s'exiler en Grèce. Sa santé déclinant, il rentre en France où il meurt le au no 20 Rue d'Assas à Paris[1]. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise (39e division).

Élèves de David d'Angers[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

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En Allemagne[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

À Angers[modifier | modifier le code]

Après avoir été accueillie pendant plus de cent cinquante ans dans le réfectoire du musée des beaux-arts d'Angers, la galerie David d'Angers a été transférée en 1984 dans l'abbaye Toussaint d'Angers entièrement restructurée. C'est dans ce lieu lumineux[8] que sont présentés au public 23 statues monumentales, le modèle en plâtre du fronton du Panthéon de Paris, 44 bustes et une centaine de médaillons.

La Galerie à Angers expose la plupart des sculptures sous forme de plâtres d’atelier, qui sont l’étape préparatoire à l’œuvre définitive, celle-ci étant coulée en bronze, sculptée en marbre ou en pierre.

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À Paris[modifier | modifier le code]

Cimetière de Montmartre[modifier | modifier le code]
Cimetière du Montparnasse[modifier | modifier le code]
Cimetière du Père-Lachaise[modifier | modifier le code]
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Musée des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France[modifier | modifier le code]

Plus de cent vingt pièces : médaillons en bronze, plâtres originaux et moules originaux.

École nationale supérieure des beaux-arts[modifier | modifier le code]
Musée Carnavalet[modifier | modifier le code]
Musée de la franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]
Musée du Louvre[modifier | modifier le code]
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Musée d'Orsay[modifier | modifier le code]
Musée de la vie romantique[modifier | modifier le code]

Autres lieux publics parisiens[modifier | modifier le code]

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À Rouen[modifier | modifier le code]


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En Grèce[modifier | modifier le code]

En Suisse[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Célestin Port (édition révisée par Jacques Levron, Pierre d'Herbécourt et Cécile Souchon), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou : D-M, t. 2, Angers, H. Siraudeau, , 2e éd. (notice BnF no FRBNF34649310, lire en ligne), p. 13-14.
  2. Médecin et fabricien de la paroisse.
  3. Pour la somme de 550 francs.
  4. « Qui auront chacune 7 pieds 8 pouces de hauteur, y compris le soc qui n'aura que 6 pouces de haut, lesquelles statues seront de pierre, l'une représentera Saint-Remy, évêque, et l'autre Saint-Sébastien, et elles seront conformes au dessin que j'ai présenté audit Louis Allard, si ce n'est que la chappe de Saint-Remy ne sera point relevée et le bras qui la tient sera un peu relevé et plié. La soutane sera de couleur rouge, le rochet blanc, dont le bas sera ainsi que le bout des manches en forme de dentelles ; l'étoile avec une frange au bas, dorée, avec un ruban qui l'attache, d'où pendront deux glands dorés ; la chappe et l'étoile de couleur violette, l'orfroy en or, la lisière de la chappe, la barette et la croix dorée ; la mitre fond blanc, les filets dorés, la croix dorée et le bandeau, les coins ou glands de la mitre dorés, les gants violets, un anneau à la main droite […] La statue de Saint-Sébastien sera également conforme au dessin, elle sera peinte en couleur de chair, la ceinture blanche ainsi que les trois flèches, l'arbre couleur d'écorce. Les statues seront peintes à l'huile,recouvertes d'un beau vernis. » L'artiste s'obligeait en outre à les placer lui-même, dans le courant de septembre, de chaque côté du grand autel, sur un cul-de-lampe qu'il se chargeait de raccommoder.
  5. Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873) », Romantisme, n°93, 1996, pp. 95-101.
  6. Thierry Laugée et Inès Villela-Petit, David d'Angers, les visages du romantisme, Éditions Gourcuff-Gradenigo, 2012.
  7. (en) « Reverchon, François Joseph Charles (born 1829), Engraver, draughtsman, medallist », notice du Dictionnaire Bénézit référencée dans la base Oxford Index.
  8. Le toit de cet ancien lieu de culte a été aménagé en verrière.
  9. Notice no 2176, base Atlas, musée du Louvre
  10. Notice no 2161, base Atlas, musée du Louvre
  11. Notice no 2366, base Atlas, musée du Louvre
  12. Notice no 2171, base Atlas, musée du Louvre
  13. Notice no 555, base Atlas, musée du Louvre
  14. Notice no 557, base Atlas, musée du Louvre
  15. Notice no 11288, base Atlas, musée du Louvre
  16. Notice no 2180, base Atlas, musée du Louvre
  17. Notice no 2208, base Atlas, musée du Louvre
  18. Notice no 552, base Atlas, musée du Louvre
  19. Notice no 2364, base Atlas, musée du Louvre
  20. Notice no 2174, base Atlas, musée du Louvre
  21. Notice no 2172, base Atlas, musée du Louvre
  22. Notice no PM76001638, base Palissy, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

La tombe de David d'Angers, Paris, cimetière du Père-Lachaise.
  • Roger Aubouin, David d’Angers ou la discipline de l’horizon, Goupil Page d'aide sur l'homonymie, Laval, 1913.
  • Charles Louis Huart, Charles Philipon, Galerie de la presse, de la littérature et des beaux-arts, Paris, Aubert, 1839.
  • Emmanuel Schwartz, Les sculptures de l’école des beaux-arts de Paris. Histoire, doctrines, catalogue, école nationale supérieure des beaux-arts, Paris, 2003.
  • Antoinette Le Normand-Romain, Mémoire de marbre - La sculpture funéraire en France, 1804-1914, Mairie de Paris, bibliothèque historique de la Ville de Paris, Paris, 1995.
  • Henry Auguste Jouin (ill. A. Durand), David d'Angers- sa vie, son œuvre, ses écrits et ses contemporains, Paris, E. Plon, (OCLC 1950519)
  • Inès Villela-Petit, « David d'Angers, les visages du romantisme », dans Chroniques de la Bibliothèque nationale de France, n° 61, janvier-mars 2012, p. 23.
  • Thierry Laugée et Inès Villela-Petit, David d'Angers, les visages du romantisme, éditions Gourcuff-Gradenigo, 2012. Catalogue de l'exposition du musée des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France, du 22 novembre 2011 au 25 mars 2012.
  • Barbès et les hommes de 1848, colloque de Carcassonne organisé en novemvembre 1998 par l'Association Les Audois, les Archives départementales de l'Aude et l'Université de Toulouse-Le Mirail; sous la direction de Sylvie Caucanas et Rémy Cazals. (ISBN 2-9510970-26)
  • « Pierre-Jean David d'Angers », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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