BalanceTonPorc

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Ne doit pas être confondu avec Me too.
Une manifestante brandissant un panneau arborant le hashtag #MeToo, à la marche des femmes de New-York, en janvier 2018.

#BalanceTonPorc (#MoiAussi au Canada francophone) est un hashtag qui s'est largement diffusé sur les réseaux sociaux en octobre 2017 pour dénoncer l'agression sexuelle et le harcèlement, plus particulièrement dans le milieu professionnel, à la suite d'accusations de cette nature portées contre le producteur américain Harvey Weinstein. Ce sont les deux versions francophones de la campagne MeToo, utilisée depuis 2007 en ce sens par l'activiste Tarana Burke et relancée en octobre 2017 sous forme du hashtag #MeToo (« moi aussi ») par l'actrice Alyssa Milano, qui a encouragé les femmes à partager sur Twitter leurs expériences.

Origines[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Violences liées au sexe en France[modifier | modifier le code]

Deux femmes avec des bonnets roses portent un panneau disant "What's good for women is good for the world"
Manifestantes de la marche des femmes à Washington en janvier 2017.

Les violences sexuelles commises envers les femmes et les hommes sont présentes, à différents degrés, dans tous les pays du monde. En France, une enquête menée en 2006 indique que 16 % des femmes et 5 % des hommes déclarent avoir subi des rapports sexuels forcés ou des tentatives de rapports forcés au cours de leur vie (6,8 % des femmes déclarent des rapports forcés et 9,1 % des tentatives, et respectivement 1,5 % et 3 % des hommes). Une jeune femme sur 10 de moins de 20 ans déclare avoir subi des attouchements au cours de sa vie et près d’une sur 10 (respectivement 8,9 et 8,4 %) des conversations à caractère pornographique ou des tentatives de rapport forcé. Les attouchements surviennent très majoritairement pendant l’enfance et l’adolescence : 50 % des femmes concernées les ont subis avant l’âge de 10 ans et 50 % des hommes avant l’âge de 11 ans. Près de la moitié des attouchements ont été immédiatement suivis d’une tentative de rapport forcé ou d’un rapport forcé (50 % pour les femmes, 44 % pour les hommes)[1].

Les 18 et 19 octobre 2017, un sondage réalisé auprès des seuls internautes indique qu'une femme internaute sur deux et un homme internaute sur dix auraient été victimes d'agression sexuelle (attouchements, mains aux fesses, baisers forcés…) ou de harcèlement sexuel (propos déplacés, insultes, propositions sexuelles…) au cours de leur vie[2]. La même étude précise que dans le milieu professionnel 17 % des internautes femmes et 7 % des internautes hommes auraient subi un fait de harcèlement sexuel au travail.

Les violences conjugales subies par les hommes, plus taboues, sont mal représentées par les statistiques. Les hommes en parlent moins, le déclarent moins. Quand 10 femmes sur 100 déposent plainte à la suite des violences qu’elles ont subies, seuls trois hommes sur 100 osent se tourner vers la justice, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP)[3]. Le même document de l'ONDRP précise que la nature des sévices endurés diffère selon les sexes. Les violences conjugales subies par les hommes sont beaucoup plus souvent physiques que sexuelles, et celles subies par les femmes sont plus souvent sexuelles que physiques. De plus, il est fait mention que si les femmes signalent fréquemment leur ex-partenaire comme leur tortionnaire, la grande majorité des hommes subissent l'emprise de leur partenaire de vie du moment[3].

Concernant les couples homosexuels, les résultats de l'ESG 2004 conduite par Statistiques Canada révèlent que « 15 % des gays et lesbiennes et 28 % des bisexuels, ont déclaré avoir été victimes de violence conjugale au cours de l’année 2004 par rapport à 7 % des hétérosexuels »[4]. Les résultats de l'ESG 2009 confirment cette tendance et montrent que les personnes canadiennes s'identifiant comme gays ou lesbiennes avaient deux fois plus de chances de déclarer avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire amoureux que les personnes s'identifiant comme hétérosexuelles[5]. Des données américaines[6],[7],[8] montrent également que les personnes s'identifiant comme gays, lesbiennes ou bisexuelles avaient plus de chances que les hétérosexuels de se dire victimes de violence sexuelle domestique au cours de leur vie.

Attirance sexuelle liée à une position hiérarchique[modifier | modifier le code]

Une enquête de l'institut IFOP datée de du 26 juin 2018 dévoile qu'en France les hommes (19 %) seraient plus nombreux que les femmes (5 %) à avoir eu une relation sexuelle avec un collègue de position hiérarchique inférieure, et que les femmes (16 %) seraient plus nombreuses que les hommes (10 %) à avoir eu une relation sexuelle avec un supérieur hiérarchique[9].

De plus si les femmes seraient (30 %) presque aussi nombreuses que les hommes (36 %) à avoir fantasmé sur un collègue, elles seraient presque autant à avoir fantasmé sur un collègue (30 %) qu'à avoir tenté une séduction (27 %). IFOP en conclut qu'il s'agit là d'un « signe que le - passage à l’acte - leur est plus facile, peut - être en raison de signaux plus lisibles pour elles. »[9]

Actions précédentes[modifier | modifier le code]

Des campagnes de témoignages sur les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel avaient déjà eu lieu sur les réseaux sociaux les années précédentes, par exemple YesAllWomen (en) en 2014[10],[11].

Contexte politique mondial[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, la campagne victorieuse de Donald Trump à l'élection présidentielle de 2016, face à la première femme candidate Hillary Clinton, avait suscité un début de mobilisation pour protéger les droits des femmes[12],[13]. Ainsi, dès le lendemain de son investiture, la marche des femmes rassemble plusieurs centaines de milliers de personnes à Washington, D.C. et ailleurs dans le monde le 21 janvier 2017[14]. C'est une des plus grandes manifestations de l'histoire américaine d'après Time[15].

Début de la campagne[modifier | modifier le code]

Article connexe : Affaire Harvey Weinstein.

La campagne Me too est lancée en 2007 par Tarana Burke pour dénoncer les violences sexuelles, notamment à l'endroit des minorités visibles[16],[17].

En octobre 2017, après la publication des enquêtes accusant le producteur américain Harvey Weinstein d'agressions sexuelles, l'actrice américaine Alyssa Milano propose de la reprendre sous forme de hashtag pour partager des témoignages de violences sexuelles et sexistes dans différents milieux[11],[18],[19]. Le 14 octobre, la journaliste française Sandra Muller propose sur Twitter le mot-dièse francophone #balancetonporc[20] pour que « la peur change de camp », il est repris 200 000 fois en quelques jours[21]. La journaliste s'est inspirée du titre d'un article sur Harvey Weinstein paru dans Le Parisien[22].

Contenu des témoignages[modifier | modifier le code]

Les messages portant l'un des mots-dièses de la campagne font état de « violences sexuelles de tous types, allant de l’interpellation salace au harcèlement, à l’agression ou au viol[23] ». Les victimes évoquent des faits survenus au travail, dans le cadre familial et à l'école[11]. Elles indiquent parfois leur âge au moment des faits, montrant la jeunesse des victimes de ces pratiques[11]. Les milieux professionnels décrits comptent aussi bien le monde du divertissement que la politique, la finance, le sport et les nouvelles technologies[12]. Selon le philosophe Thomas Schauder, le nombre et la diversité des témoignages indiquent que le problème n'est pas causé par des individus isolés mais constitue un fait social collectif pouvant être étudié et susceptible d'évoluer[24].

Après les accusations portées contre Harvey Weinstein, de nombreuses célébrités sont nommément accusées de comportement inapproprié[23], dont en France Tariq Ramadan qui fait l'objet de plaintes pour viol[25], Jean Lassalle[26],[27] et Claude Lanzmann[28],[29].

Diffusion dans le monde[modifier | modifier le code]

Le hashtag #MeToo s'est diffusé dans 85 pays[30], dont l'Inde, le Pakistan et le Royaume-Uni.

La variante française est une des rares à encourager les utilisateurs à partager les noms des personnes accusées[31]. Dans les régions francophones du Canada, principalement au Québec, la campagne se fait sous le hashtag « #MoiAussi »[32]. En Italie, les femmes affichaient des histoires de harcèlement et les agressions sous le hashtag #QuellaVoltaChe (qui se traduit littéralement en « #LaFoisOù »)[33],[34]. En espagnol, c'est « #YoTambién ».

En Israël, le hashtag hébreu « גםאנחנו# » (#NousAussi) a commencé à se répandre le 18 octobre, à la une du journal Yediot Aharonot[35]. Au Japon, le mouvement est présent mais de faible ampleur[36]. En février 2018, Shiori Itō est à l'origine du mouvement #We Too Japan, déclinaison de #MeToo au Japon[37]. Le mot-dièse est traduit en arabe en Tunisie, en Égypte et à Dubaï[10].

Liste des hashtags alternatifs suivant les langues et les pays[modifier | modifier le code]

Impact de la campagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet Weinstein.

Le mouvement est original dans l'histoire du féminisme car il mobilise de très nombreuses femmes sans émaner d'une structure militante[23]. Il ouvre des débats dans l'espace privé, menant des femmes à raconter à leurs proches des agressions subies[44]. La démarche va parfois jusqu'à aborder le sujet dans le monde du travail, voire à s'engager dans des associations militantes comme Osez le féminisme ![44].

Les témoignages dénoncent une atmosphère et des agressions omniprésentes, faisant s'interroger de nombreux hommes sur leur silence coupable jusque-là[45]. Le nombre des témoignages fait réagir même des hommes qui agissaient déjà contre le sexisme au quotidien, tant dans le cadre amical que professionnel[46].

Suites[modifier | modifier le code]

Le Parlement Européen a convoqué une session directement en réponse à la campagne MoiAussi, après qu'elle a donné lieu à des accusations d'abus au Parlement et dans des bureaux de l'Union Européenne à Bruxelles, selon Cecilia Malmstrom, le Commissaire Européen pour le Commerce[47]. Au Royaume-Uni, où un scandale touche de nombreux parlementaires (en), la première ministre Theresa May a demandé au président de la chambre des communes de prendre des mesures pour mettre fin à ces comportements et encourager les victimes à les dénoncer[48].

À Montréal, la police met en place une ligne téléphonique dédiée aux cas de harcèlement sexuel, qui reçoit 463 appels en moins de trois semaines, dont 98 mènent à ouvrir un dossier d'agression sexuelle[49]. En France, les plaintes pour violences sexuelles déposées auprès de la gendarmerie augmentent de 30 % en octobre 2017[13].

En Espagne, des artistes et des associations ont rejoint le mouvement[50]. Ils transcendent progressivement les noms des références dans le monde de la politique et des affaires[51].

En Suède, après la formation d'un groupe de discussion grâce au hashtag #metoo, 456 actrices signent le 9 novembre un ensemble de témoignages anonymes dans le Svenska Dagbladet, provoquant des réactions de la ministre de la Culture Alice Bah Kuhnke et du théâtre dramatique royal Dramaten[52]. D'autres groupes de centaines, voire milliers de femmes leur emboîtent le pas, touchant tous les secteurs d'activité, y compris l'Église de Suède. Le premier ministre Stefan Löfven parle de « rompre la dépendance aux schémas patriarcaux », tandis que la responsabilité collective des hommes et l'éducation des garçons sont citées pour arrêter les agressions envers les femmes[53].

Afin de donner une visibilité au mouvement en dehors des réseaux sociaux, des manifestations sont organisées dans plusieurs villes de France le , rassemblant jusqu'à 2 500 personnes à Paris[27]. En France, les plaintes pour agressions sexuelles connaissent une progression de 31,5 % au quatrième trimestre 2017 (+ 18 % pour les viols) par rapport à la même période de 2016, cette hausse étant interprétée non comme une recrudescence de faits commis mais comme une moindre résignation à laisser les agressions sans suite[54].

Des actrices américaines lancent le le mouvement Time's Up (« il est temps » ou « c'est fini » en anglais), pour soutenir financièrement les victimes de harcèlement et agressions sexuels au travail[55]. En un mois, le fonds a levé 20 millions de dollars et reçu un millier de demandes d'aide[56].

Le 12 mai 2018, la chanteuse israélienne Netta Barzilai remporte le concours Eurovision de la chanson 2018 avec sa chanson Toy, inspirée du mouvement #meToo[57].

Propositions de politiques publiques[modifier | modifier le code]

Parmi les pistes proposées pour éviter à l'avenir les actes dénoncés par le hashtag, figurent en bonne position l'éducation des jeunes générations[58],[59], la sensibilisation contre le harcèlement sexuel au travail et le renforcement du financement des associations de soutien aux victimes de violences sexuelles[60].

Plaintes[modifier | modifier le code]

À la suite de l'engouement qui suivit la mise en ligne du hashtag #BalanceTonPorc, le nombre de plaintes pour harcèlement sexuel ou agressions sexuelles augmente provisoirement de 20 à 30 % à Paris, avant de revenir quatre mois plus tard au niveau d'avant la création du hashtag[61].

Parmi ces plaintes, Henda Ayari accuse Tariq Ramadan de l'avoir violée et menacée, celui-ci est poursuivi dans le cadre de l’affaire Tariq Ramadan[62].

À l'inverse, la forte augmentation - 10 000 sur les 39 000 enregistrées en France entre janvier et août 2018 - des plaintes de femmes pour coups et blessures volontaires, en premier lieu dans la sphère familiale, est attribuée à une « libération de la parole » rendue possible par l'effet #Me too[63].

Le 10 janvier 2018, l'initiatrice du mouvement #BalanceTonPorc, Sandra Muller, est poursuivie en justice par Eric Brion, directeur général de la chaîne Equidia. Elle l'accusait de harcèlement dans les premiers hashtags de ce nom[64],[65]. Tout en reconnaissant avoir « effectivement tenu des propos déplacés envers Sandra Muller, lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée, mais à une seule reprise », il réclame « le droit à la vérité et à la nuance. » Il demande 50 000 euros de dommages et intérêts, des publications judiciaires et 10 000 euros de frais d’avocat[66],[67].

Le 25 septembre 2019, Sandra Muller est condamnée pour diffamation à 15 000 euros de dommage et intérêt. Le 13 octobre 2017, elle avait écrit le tweet « .#balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent [sic] sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends », tout en faisant suivre ce message d'un autre qui contenait l'identité de la personne qu'elle accusait[68]. Ce jugement est conforme à la plaidoirie des avocats de l'accusation, qui estimaient que l'expression « Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. » relève de la « drague lourde » et de « propos déplacés », mais pas de harcèlement[69].

Pour le tribunal ; Sandra Muller a tenu des « propos diffamatoires — le délit de harcèlement étant constitué par « une répétition ou une pression grave » », elle « a manqué de prudence dans son tweet, notamment en employant des termes virulents tels que “porc pour qualifier le demandeur et “balance”, […] l’exposant ainsi à la réprobation sociale; elle a dépassé les limites admissibles de la liberté d’expression, ses propos dégénérant en attaque personnelle[70] ».

Le 19 août 2018, le quotidien The New York Times révèle que Asia Argento aurait payé 380 000 dollars à Jimmy Bennett. Le jeune homme accusait l'actrice italienne, tête de proue du mouvement #MeToo, de l'avoir agressé sexuellement dans une chambre d'hôtel en Californie le 9 mai 2013, alors qu'il n'avait que 17 ans. Le versement aurait été effectué suivant un calendrier accepté par les deux parties en avril 2018[71].

Le 13 août 2018, le quotidien The New York Times révèle qu'en mai 2018 l'université de New-York a reconnu la philosophe féministe Avital Ronell coupable de harcèlement sexuel sur un de ses élèves, Nimrod Reitman. Cette condamnation fait suite à une enquête de onze mois diligentée par l'université dans le cadre du Title IX, un amendement qui impose aux universités d'enquêter sur les harcèlement sexuels qui ont lieu dans leurs établissements. Le journal titre son article « qu'advient-il de #MeToo lorsque l'accusée est une féministe ? » et note que pour défendre l'agresseuse présumée, nombre de soutiens utiliseraient les mêmes techniques que celles dénoncées par le courant féministe : intimidation de la victime, remise en cause de sa parole, minimisation de la gravité de l'acte reproché, mise en avant des conséquences d'une plainte sur la carrière de l'auteur(e) de l'agression. Il est aussi reproché à la victime d'utiliser contre la militante féministe le Title IX qui est considéré comme un outil féministe[72],[73].

Analyses et critiques[modifier | modifier le code]

Pour Marie Allibert, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! : « Ce que [le succès du hashtag] montre aussi, c'est l'incapacité de la police et de la justice à prendre en charge ces cas-là. Si les femmes pouvaient porter plainte simplement, sans que ce soit traumatisant pour elles, elles le feraient. Mais si elles n'arrivent pas à le faire et qu'elles préfèrent parler sur Twitter, c'est parce que c'est très, très dur encore aujourd'hui de porter plainte[74],[75]. »

Pour l'humoriste et animateur Tex, « l’histoire de Balance ton porc c’était si vraiment on vous tape, parlez-en, mais ça c’était valable pour, on va dire, 2 %. Et c’est les 98 autres pour cent qui se sont jetés dans la brèche… C’est catastrophique Balance ton porc, et c’est catastrophique dès le départ »[76]. Il affirme plus tard que #BalanceTonPorc « C’est la fin de notre liberté. Balancer, ça veut dire trahir. On balance pas. A l’école, ceux qui balançaient, on les chopait dans un coin et on leur pétait la gueule. »[77]

Pour l'actrice Laetitia Casta qui dit «ne pas être d'accord avec cette idée de #balancetonporc», elle considère que «ce n'est pas dans l'agressivité que l'on va faire avancer les choses», ni «dans la haine de l'homme».

Le hashtag #meToo (États-Unis, Royaume-Uni) se voit reprocher de faire porter la responsabilité de dénoncer le harcèlement et les abus sexuels aux victimes, ce qui pourrait constituer un nouveau traumatisme[78],[79],[80],[81]. Certains estiment que le hashtag inspire lassitude et indignation, plutôt qu'une communication émotionnellement dense[82],[83].

En France, l'utilisation du mot « balance » est parfois prise comme un appel à la délation et critiquée à ce titre[45]. Ainsi, Le Canard enchaîné exprime son respect pour les femmes qui ont trouvé le courage de parler publiquement du harcèlement qu'elles ont subi, mais tient à souligner la crainte que l'étalement de ce type de propos sur la plateforme de réseau social plutôt que devant un tribunal ne transforme Twitter en jury populaire : « Inviter à "balancer", avec tous les risques de dérives et de dérapages que l'on sait, ce n'est pas dénoncer à la justice, c'est dans une logique de vengeance justicière, livrer des hommes à la vindicte populaire »[84]. De même, les réactions rapides des employeurs et des médias à des accusations non étayées par une enquête portent atteinte à la présomption d'innocence[85]. De plus, l'incitation à dénoncer l'agresseur fait courir aux victimes le risque d'une attaque en diffamation[21], dont Sandra Muller fait les frais deux ans après avoir lancé le mouvement en accusant un homme de harcèlement[86].

L'usage du mot « porc » est lui aussi critiqué en ce qu'il encouragerait une forme de déshumanisation des auteurs d'agression, qui mènerait à créer un rapport de domination et renforcer la « guerre des sexes »[87],[85]. L'intérêt marchand des médias et de la publicité dans la création d'une atmosphère ultrasexualisée comme dans la diffusion d'accusations non vérifiées est lui aussi pointé du doigt[85],[87].

Le journaliste et écrivain Aymeric Caron, également militant des droits des animaux, regrette aussi cette utilisation négative du mot « porc », considérée comme spéciste. Il propose les expressions alternatives #balancetonharceleur ou #balancetonweinstein[88].

Certaines personnes pensent que la dénonciation du harcèlement de rue rend difficile, voire honteuse, la pratique de la drague dans les espaces ouverts, ce qui pourrait à terme réduire les occasions de mixité sociale qu'elle représente[89].

La militante américaine Tarana Burke a d'abord reproché au mouvement d'ignorer le travail des femmes noires dans la création d'un dialogue sur les agressions sexuelles. Cependant, elle a salué tous ceux qui ont participé au mouvement et a remercié Alyssa Milano d'avoir reconnu son mouvement initial[90].

La journaliste Joanna Williams du magazine Spiked (en) dénonce l'hypocrisie du mouvement #MeToo à la suite des révélations sur les viols collectifs de Telford en mars 2018 soit, le pire scandale d'abus sexuels sur des enfants et des adolescentes de Grande-Bretagne. Pour la journaliste, le silence des commentateurs sur le viol des filles de la classe ouvrière est assourdissant[91].

L'artiste Tom Connan explique quant à lui dans le journal L'Obs qu'il est nécessaire de ne pas exclure du combat les hommes, eux aussi victimes de harcèlement sexuel[92].

En France, certaines femmes des quartiers populaires se sentent par ailleurs exclues de ce mouvement de libération de la parole, qu'elles considèrent élitiste[93].

Pour le réalisateur Roman Polanski, visé par des accusations, #MeToo est « une hystérie collective, du genre de celles qui arrivent dans les sociétés de temps à autre »[94].

Pour Alain Finkielkraut, dans un entretien au Figaro, « L’un des objectifs de la campagne #BalanceTonPorc était de noyer le poisson de l’islam : oubliée Cologne, oubliée la Chapelle-Pajol, oubliés les cafés interdits aux femmes à Sevran ou Rillieux-la-Pape : on traquait le sexiste là où il était une survivance honnie et l’on couvrait du voile pudique de la lutte contre les discriminations les lieux où il façonnait encore les mœurs[95]. »

Tribune « Nous défendons une liberté d'importuner... »[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le 14 décembre 2017[96], Catherine Millet fait part à Peggy Sastre et Abnousse Shalmani de la phrase prononcée par l'éditrice de Sarah Chiche : « Aujourd'hui, La Vie sexuelle de Catherine M. ne pourrait plus être publié. » Cette phrase va les décider à écrire une tribune dénonçant un féminisme qui voudrait reléguer les femmes au « statut d'éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l'emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie »[97].

Publication[modifier | modifier le code]

La tribune est publiée le par le quotidien du Monde sous le titre « Des femmes libèrent une autre parole », intitulé modifié dans la version web du journal en « Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». La tribune est signée par plus de cent femmes dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie et Élisabeth Lévy. Le texte dénonce notamment #balancetonporc, traduisant selon les signataires un excès de puritanisme et accuse les réseaux sociaux d'avoir permis « une campagne de délations »[98].

Analyses[modifier | modifier le code]

Pour certains, cette tribune oppose deux clans de femmes qui co-existent en France : un courant de femmes issu de milieux privilégiés et pas forcément féministes qui revendique la liberté d'expression dans le domaine de l'art, et des féministes réunies autour du hashtag #metoo qui dénoncent une forme de pouvoir masculin[99],[100].

Pour d'autres, il s'agit d'un conflit de générations[101] où certains perçoivent en France la cohabitation de plusieurs perceptions du féminisme[102] qui s'opposeraient dans un combat idéologique autour de la définition même du féminisme[103]. Dans l'émission Stupéfiant ! du 22 janvier 2018, la réalisatrice Maïwenn appelle à respecter tous les points de vue[104].

La militante féministe Caroline de Haas est à l'origine d'une tribune cosignée par une trentaine de militants féministes répondant à la tribune des 100 femmes où elles estiment que « les signataires de la tribune mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence […] [Elles] se trompent. Ce n’est pas une différence de degré entre la drague et le harcèlement mais une différence de nature […] [Elles] parlent de l’éducation à donner aux petites filles pour qu’elles ne se laissent pas intimider. Les femmes sont donc désignées comme responsables de ne pas être agressées. Quand est-ce qu’on posera la question de la responsabilité des hommes de ne pas violer ou agresser ? »[105]. En février 2018, Caroline De Haas affirme qu'« un homme sur deux ou trois est un agresseur » sexuel[106], ce qui provoque un tollé [107],[108].

Par la suite, Brigitte Lahaie, l’une des signataire de la tribune, publie un livre intitulé "Le bûcher des sexes", avec une phrase en bandeau : "Ni tous des porcs, ni toutes des pures" où elle affirme que « On revient dans une société où il y a des femmes qui sont biens, et des femmes qui sont pas biens », en insistant sur la dangerosité, selon elle, d’avoir comme image que « toutes les femmes sont des victimes, et que tous les hommes seraient des agresseurs" » [109].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

L'album Brol (2018) d'Angèle contient une chanson féministe intitulée Balance ton quoi, en référence explicite au mouvement « Balance Ton Porc ». Le clip, sorti en avril 2019, est réalisé par Charlotte Abramow. On y aperçoit notamment l'acteur Pierre Niney et l'ancienne actrice pornographique Nikita Bellucci[110].

Le nom de l'émission de télévision française Balance ton post !, animée par Cyril Hanouna sur C8 depuis le 21 septembre 2018, fait également référence au mouvement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Me too (hashtag) » (voir la liste des auteurs).

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  3. a et b Leila Marchand, « Hommes battus : des chiffres pour comprendre une réalité méconnue », Le Monde, (consulté le 1er décembre 2017)
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  6. Walters, Mikel L.; Chen, Jieru; Breiding, Matthew J. (January 2013). National Intimate Partner and Sexual Violence Survey: An overview of 2010 findings on victimization by sexual orientation.cdc.gov (Centers for Disease Control and Prevention). [1] (visité le 22 février 2016)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]