Guillaume Guillon Lethière

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Guillaume Guillon Lethière
Guillaume Guillon Lethière by Louis-Léopold Boilly.jpg

Julien Léopold Boilly, Guillaume Guillon Lethière (1822),
lithographie, New York Public Library.

Naissance
Décès
Nationalité
française
Activité
Formation
Maître
Élève
Lieu de travail
Mouvement
Parentèle
Mélanie Hahnemann (fille adoptive)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Second prix de Rome en peinture de 1784

Guillaume Guillon Lethière, né à Sainte-Anne (Guadeloupe) le , et mort à Paris le , est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant naturel de Marie-Françoise Dupepaye, femme métisse libre de la Guadeloupe, et de Pierre Guillon, notaire royal à Saint-Pierre en Martinique et procureur du roi à la Guadeloupe, qui le reconnut à Paris le , ainsi que sa sœur Andrèze. Guillaume Guillon Lethière présenta dès l’enfance des dispositions pour la peinture qui décidèrent son père à l’emmener en France en juin 1774 à bord de L'Éveillé, où ils accostèrent en septembre 1774 à Bordeaux.

Placé d’abord sous le nom de « Letiers », qu’il changea plus tard en « Luthiers », parce qu'il était le troisième fils de la famille, chez Jean-Baptiste Descamps, professeur à l’école publique gratuite de dessin qu'il venait de fonder à Rouen, il fit en trois ans des progrès rapides. Il vint ensuite à Paris et entra chez le peintre du roi, Gabriel-François Doyen, chez qui il resta jusqu’en 1786. Il fréquente l'atelier de David, chez qui il ne fut jamais élève, où ses camarades le rebaptisèrent en « Lethière »[réf. nécessaire].

Le prix de Rome[modifier | modifier le code]

Erminie et les Bergers (1795), huile sur toile 102 × 119 cm, Dallas Museum of Art.

Ayant remporté le second prix de Rome en 1784 dont le sujet était La Cananéenne aux pieds de Jésus-Christ, il partit pour Rome. En 1787, il a un fils naturel, Alexandre, avec Marie-Agathe Lapôtre. Celui-ci mourra jeune des suites de blessures reçues sur un bateau engagé contre les Anglais pour libérer la Martinique, laissant lui aussi un enfant en bas âge que Lethière va élever.

Ayant été témoin des efforts tentés par d’éminents artistes pour ramener la peinture à l’étude de l’antique, il était décidé à suivre cette voie. Ses succès furent grands à Rome et ses études très remarquées en France. On distingua surtout son Brutus dont il présente l'esquisse au Salon de 1793. En 1795, s'éloignant du néo-classicisme, il présente au Salon un tableau qui peut-être considéré comme l'un des premiers témoignages du style troubadour, Erminie et les Bergers (Dallas Museum of Art) qui trouvera quelques années plus tard un véritable épanouissement dans les milieux proches de l'impératrice Joséphine.

De retour à Paris en 1792, il consolida sa réputation par de grands ouvrages, qui lui valurent d’être choisi en 1811 par la quatrième classe de l’Institut comme directeur de l’Académie de Rome. Son mandat lui ayant été renouvelé à l’expiration de son exercice, il y resta dix ans. Il s’y trouvait en 1818 lorsqu’il fut nommé membre de l’Académie des beaux-arts. Le roi refusa d’abord son approbation, mais il finit par l’accorder. Il reçoit les insigne de chevalier de la Légion d'honneur en 1818[1],[2]. Il prit en 1792 le parti de La Révolution et traça sur le papier et la toile les exploits du général Dumas[réf. nécessaire].

Le 14 décembre 1799, il épouse Zélie van Zen, née en 1763 aux Pays-Bas. Elle lui donnera un fils, Auguste, en 1796.

En 1800, il est à Madrid avec son protecteur Lucien Bonaparte, fraîchement nommé ambassadeur.

L'enseignant[modifier | modifier le code]

Au début de l'Empire, Lethière ouvre un atelier à Paris près de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au no 9 de la rue Childebert, que les élèves surnomment La Childebert, un endroit où l'on pratique à la fois l'escrime et la peinture, et où l'on refait le monde et la mode. En 1803, une rixe éclata au Café militaire de la rue Saint-Honoré, le conflit dégénéra. Lethière tue un des officiers et blesse les autres. Son atelier est fermé et il part en exil en Allemagne avec Lucien Bonaparte. Ce dernier insiste pour qu'il soit nommé à la tête de l'Académie de France à Rome. De retour de la villa Médicis en 1816, il rouvre son atelier dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, au no 9 de la rue Childebert, d’où sortirent nombre d'artistes.

Il est nommé professeur de l’École des beaux-arts de Paris le en remplacement de Étienne-Pierre-Adrien Gois[3]. Il fit quatre fois le voyage d’Italie, d’Angleterre et d’Espagne.

Le Serment des Ancêtres[modifier | modifier le code]

Le Serment des Ancêtres (1822), Port-au-Prince, palais présidentiel.

Premier homme de couleur à s’imposer dans le monde de la peinture occidentale, Lethière a peint un tableau représentant Alexandre Pétion et Jean-Jacques Dessalines, intitulé le Serment des ancêtres et signé « Lethière, né à la Guadeloupe », qu’il offrit à la nouvelle République d’Haïti.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
En France
  • Abbeville, musée Boucher-de-Perthes : Saint Louis visitant les victimes de la peste dans la plaine de Carthage, 1822, huile sur toile.
  • Bordeaux, musée des beaux-arts : Saint Louis visitant les pestiférés dans les plaines de Carthage, huile sur toile.
  • Dijon, musée des beaux-arts : Déposition de croix, huile sur toile.
  • Lille, palais des beaux-arts : La Mort de Virginie, huile sur toile.
  • Paris :
    • église Saint-Roch :
      • La Madeleine aux pieds de Jésus-Christ, huile sur toile ;
      • L’Apparition du Christ à Marie-Madeleine, 1805, huile sur toile.
    • musée du Louvre :
      • Académie d’homme, de profil à droite, assis, la jambe gauche repliée, dessin ;
      • Étude d’armes en faisceau, dessin ;
      • Étude d’ensemble pour le tableau La Mort de Virginie, dessin ;
      • Étude d’homme nu, un poignard à la main, pour le tableau La Mort de Virginie, dessin ;
      • Étude du groupe de Virginie, pour le tableau La Mort de Virginie, dessin ;
      • Exécution des fils de Brutus, dessin ;
      • Groupe de personnages autour d’un oiseau sur un perchoir, dessin ;
      • Paysage avec des rochers et des arbres, dessin ;
      • Brutus condamnant ses fils à mort, 1801, huile sur toile ;
      • La Mort de Virginie, huile sur toile ;
      • La Victoire et le génie des arts, huile sur toile ;
      • Philoctète dans l’île déserte de Lemnos, gravissant les rochers pour avoir un oiseau qu’il a tué, huile sur toile.
  • Pointe-à-Pitre, musée Saint-John Perse : Philoctète dans l'île de Lemnos, huile sur toile.
  • Toulouse, église Saint-Jérôme : Allégorie de la croix, 1788, huile sur toile.
  • Versailles, musée de l'Histoire de France :
    • Héroïque fermeté de Saint Louis à Damiette, 1250, huile sur toile ;
    • Joséphine de Beauharnais, impératrice des Français (1763-1814), huile sur toile ;
    • Marie-Anne Élisa Bonaparte, grande-duchesse de Toscane (1777-1820), 1806, huile sur toile ;
    • Préliminaires de la paix signes à Leoben, avril 1797, huile sur toile ;
    • La Surprise du pont du Danube, 14 novembre 1805, huile sur toile ;
    • Traité de Leoben, avril 1797, huile sur toile.
  • Vizille, musée de la Révolution française : La Patrie en danger, huile sur toile.
En République d’Haïti
  • Port-au-Prince, palais présidentiel : Le Serment des Ancêtres, 1822, huile sur toile.
En Russie

Estampes[modifier | modifier le code]

  • Saint-Benoît de Palerme ou Saint-Benoît le Maure, gravure d'après Lethière reproduite dans le catéchisme à l'usage des hommes de couleurs de l'abbé Grégoire.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Descriptive synopsis of the Roman gallery, (in the Egyptian Hall, Piccadilly,) with its magnificent decorations; consisting of antique marbles, jasper, agate, &c. in vases, tablets, and tazzas; and superb pictures of the ancient and modern masters; including the great and celebrated picture of The judgment of Brutus upon his sons; painted by the president of the academy at Rome, Paris, London Museum, (OCLC 4525794).
  • Séance publique […] du 1er octobre 1831, Paris, Firmin-Didot, (OCLC 799689650).
  • Le Médicament, Paris, A. Parent, (OCLC 432155958).

Galerie[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Digital Collection-Lethière, [Guillaume, Guillon ; Membre de la Légion d'honneur.
  2. « Cote LH/1621/27 », base Léonore, ministère français de la Culture
  3. François-Joseph Heim lui succèdera (Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873) », Romantisme , no 93, 1996, p. 95-101).
  4. Contribution de la Guadeloupe à la pensée française, 1936.
  5. Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l'école française au XIXe siècle, Paris, Madame Vergne, 1831, 709 p.
  6. Contribution de la Guadeloupe à la pensée française, 1936, sur Wikisource.
  7. Musée des peintres de Barbizon : Théodore Rousseau et la critique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Debret, Funérailles de M. Guillon Lethière : le mardi 24 avril 1832 (discours), Paris, Institut royal de France, (OCLC 879777151).
  • Quatremère de Quincy, Notice historique sur la vie et les ouvrages de M. Lethière, Paris, 1837? (OCLC 28658631).
  • Alexandre Privat d'Anglemont, « La Childebert », in Paris anecdote, Paris, P. Jannet Libraire, 1854, pp. 171 à 198.
  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 30, Paris, Firmin-Didot, 1859, p. 1011-1012.
  • Charles Lefeuve, Histoire de Paris, rue par rue, maison par maison, Paris, 1875.
  • Bruno Foucart (introduction), Geneviève Capy et G.-Florent Laballe (texte), Guillaume Guillon Lethière, peintre d'histoire 1760-1832, Savigny-sur-Orge, Association des amis de Guillaume Guillon Lethière, (OCLC 28737394).
  • Geneviève Capy et G.-Florent Laballe, "Le Serment des ancêtres" de Guillaume Guillon-Lethière, peintre d'histoire, 1760-1832 : Fort-Delgrès, Basse-Terre, 18 avril au 28 mai 1998 (exposition), Savigny-sur-Orge, Association des amis de Guillaume Guillon Lethière, (OCLC 586307795).
  • Arlette Sérullaz, Guillaume Guillon dit Lethière, suite de douze dessins inédits pour La Mort de Virginie[réf. incomplète].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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