Château de Gaillon

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Château de Gaillon
Image illustrative de l'article Château de Gaillon
Le Châtelet (pavillon d'entrée)
Période ou style Renaissance, XVIIIe et XIXe siècles
Type Château
Destination initiale Résidence d'été des archevêques de Rouen
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1965)
 Inscrit MH (1996)[1],[2],[3]
Coordonnées 49° 09′ 40″ N 1° 19′ 48″ E / 49.161209, 1.32993449° 09′ 40″ Nord 1° 19′ 48″ Est / 49.161209, 1.329934
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Haute-Normandie
Département Eure
Commune Gaillon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Gaillon

Le château de Gaillon est un château de la Renaissance, bâti sur l'emplacement d'un château médiéval, situé sur la commune de Gaillon dans le département français de l'Eure. Il fait l’objet de plusieurs protections au titre des monuments historiques[1].

Historique[modifier | modifier le code]

La forteresse devenue résidence d'été[modifier | modifier le code]

En 1192, au terme d'un accord conclu entre Philippe Auguste, roi de France, et Jean sans Terre, roi d'Angleterre et duc de Normandie, Gaillon passe sous la domination du roi de France, au même titre que le Vexin normand et quelques autres places fortes, dont Évreux. Jean sans Terre n'est qu'un roi suppléant pendant la captivité de son frère Richard Cœur de Lion. Dès sa libération et son retour en terre normande en 1194, ce dernier défait le Capétien à Fréteval et récupère quelques-unes de ses possessions. Mais il perd Gaillon et Vernon, au terme d'un traité avec Philippe. C'est pourquoi il consolide ses positions en faisant construire Château-Gaillard aux Andelys, sur l'autre rive de la Seine. Ce n'est cependant qu'en 1204, après la chute de la place forte et la conquête de toute la Normandie qui s'ensuit, que Gaillon est définitivement rattachée au domaine royal français.

Le château de Gaillon, forteresse à la frontière du duché de Normandie avec le domaine royal, est saisi un moment, en 1196, par Philippe Auguste, lors du traité de Gaillon. En 1196, Philippe Auguste confie la défense du château de Gaillon au chef mercenaire Lambert Cadoc et à ses troupes. Il lui en fait don en 1197 pour le remercier de ses faits de guerre. Le château entre définitivement dans le domaine royal en 1200, par le traité du Goulet[4]. Lambert Cadoc est seigneur de Gaillon de 1197 à 1220[5],[6]. À cette date, Philippe Auguste reprend le château par la force et jette Lambert Cadoc en prison[7].

En 1262, Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, obtient le château du roi Louis IX en échange des moulins de Rouen et de 4 000 livres. Le château devient la propriété perpétuelle des archevêques et leur résidence d'été.

Un château Renaissance[modifier | modifier le code]

Il faut attendre 1454 pour que l'archevêque Guillaume d'Estouteville embellisse le château, par la construction de l'« Ostel Neuf »[8].

Georges d'Amboise, deuxième archevêque à réaliser d'importants travaux sur le château, va le transformer jusqu'à devenir un château Renaissance. Émerveillé par l'art et l'architecture en Italie, il choisit Gaillon pour réaliser son « palais italien ». La transformation s'opère en deux étapes. De 1502 à 1506, Georges d'Amboise a recours à des constructeurs du Val de Loire.

De 1506 à 1509, le château de Gaillon devient le premier château de la Renaissance en France. Georges d'Amboise fait appel à de nombreux artistes italiens et rouennais. Ainsi, en 1509, une fontaine monumentale en marbre de Carrare sculpté est acheminée d'Italie pour être placée dans la cour d'honneur.

Le neveu de Georges d'Amboise, Georges II, continue son œuvre en terminant la chapelle[9].

Les constructions continuent pendant de nombreuses années, visant à embellir la château. C'est d'ailleurs à cette époque qu'il est désigné comme « le plus beau et le plus superbe lieu qu'il y ait dans toute la France[10] ».

Jacques Nicolas Colbert fait construire par Mansart le pavillon Colbert, orangerie de style classique. Au XVIIIe siècle, la fontaine, au centre de la cour d'honneur, est en mauvais état en raison d'un manque d'entretien. Nicolas de Saulx-Tavannes la fait détruire. Son bassin (quatre mètres de diamètre) et son socle sont alors transportés au château de Liancourt, propriété des La Rochefoucauld en Picardie ; puis transférés dans le château de La Rochefoucauld, en Angoumois, dont ils ornent encore l'esplanade sud.

Le dernier archevêque résidant à Gaillon est Dominique de La Rochefoucauld.

Un centre pénitentiaire[modifier | modifier le code]

En 1793, le château est pillé. Par décret du , il devient propriété de l'État à la suite de son achat par Napoléon Ier pour 90 000 francs. Les architectes Dubut et Croust sont appelés pour transformer le château en centre pénitentiaire. Il est alors détruit aux trois quarts. La prison, inaugurée le , voit ses travaux d'aménagement terminés en 1824. De 1824 à 1868, le château de Gaillon ne cesse d’accueillir des délinquants, et notamment des mineurs. La nouvelle centrale pénitentiaire s’affirme rapidement comme l’un des plus grands centres de détention de France[11]. L’explosion du nombre de mineurs incarcérés est particulièrement sensible à partir de 1840 et l’envoi d’une circulaire du ministre Duchâtel. À cette époque, la centrale accueille plus d’une centaine de jeunes délinquants par an, souvent originaires de Paris et de sa banlieue, ainsi que de Rouen[12]. Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1]. À partir du , la prison sépare les enfants des adultes. En 1876, à l'emplacement des jardins hauts, est construit le premier établissement de France destiné aux déficients mentaux et aux épileptiques. En 1901, la prison est fermée, les détenus sont transférés dans d'autres prisons. L'armée vient occuper les lieux en 1902.

La « Renaissance » du château[modifier | modifier le code]

En 1925, le château est vendu aux enchères. Le terrain au nord-ouest, partie de l’ancien parc, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1]. L'État le rachète le . Une longue procédure judiciaire s'engage[13]. Le , l'acquisition est officialisée. Georges Duval, architecte en chef des monuments historiques, commence une étude pour la restauration de l'édifice. Les travaux commencent en 1977. Les éléments conservés à l'École des Beaux-Arts de Paris reviennent au château.

Les parcelles des anciens jardins, les restes de la clôture, ainsi que les vestiges archéologiques présents ou futurs font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

En septembre 2009, naît l'Association pour la Renaissance du Château de Gaillon (ARC). Active dès sa fondation, ayant à son côté la municipalité de Gaillon, elle se bat pour la réouverture du château au public et pour son rayonnement.

En été 2011, le château ouvre ses portes au public, renforcé d'une nouvelle exposition, réalisée par l'ARC, et d'une maquette du château tel qu'on aurait pu le voir au XVIe siècle.

Architecture[modifier | modifier le code]

Il s'agit du premier château de style Renaissance en France (1500-1509), suivi du château de Blois. Il est notamment un exemple majeur de la transition entre le gothique flamboyant (dit aussi « tardif ») et le style Renaissance.

Aujourd'hui l'aspect du château résulte en grande partie de son passé pénitentiaire, cependant le Pavillon d'entrée (Voir photo haut de page) reste un exemple remarquable de l'architecture de la Renaissance française.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Notice no PA00099427 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Notice no PA27000001 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Notice no IA00017666 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. André Châtelain, Châteaux forts et féodalité en Île-de-France, du XIe au XIIIe siècle, sur books.google.fr, Nonette, Créer, 1983, p. 213.
  5. Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, Société des amis de la Bibliothèque nationale et des grandes bibliothèques de France, 1860, lire en ligne
  6. Marie Casset, Les Évêques aux champs, sur books.google.fr, Universités de Rouen et du Havre, Presses universitaires de Caen, 2007, p. 316.
  7. Deville, Comptes de dépenses de la construction du château de Gaillon, 1850, lire en ligne
  8. De cet hôtel sont aujourd'hui conservés le Pavillon d'Estouteville et la Tourelle d'Estouteville.
  9. Aujourd'hui ne subsiste que la "chapelle basse", la "chapelle haute" ayant été détruite à la Révolution
  10. Extrait d'une lettre rédigée par Bonaventura Mosti en 1508. Yves Bottineau-Fuchs, Georges 1er d'Amboise : un prélat normand de la Renaissance, sur books.google.fr, Rouen, PTC, 2005, p. 98.
  11. "Les mineurs en Justice à la centrale pénitentiaire de Gaillon au XIXe siècle", Antoine Vlastuin, 2003.
  12. "Jeunes, déviances et identité : 18e-20e siècle", Jean-Claude Vimont (sous la direction de), 2009.
  13. « Le château de Gaillon », sur ville-gaillon.fr, 2015.

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]