Hubert Robert

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Robert.
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2016).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Hubert Robert, (né le , à Paris - mort le , dans la même ville) est un des principaux artistes français du XVIIIe siècle qui s’illustra notamment comme dessinateur, peintre, graveur, professeur de dessin, créateur de jardins et conservateur au futur musée du Louvre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hubert Robert vient d'un milieu social privilégié, il est né le 22 mai 1733[1] d'un père qui est intendant de la famille de Stainville[2]. Son éducation poussée fait qu'il sait le latin et le grec et est formé aux usages sociaux du grand monde, ce qui lui permet de s'y intégrer et s'y sentir à l'aise[2].

Durant ses études au Collège de Navarre, entre 1745 et 1751[3], l’un de ses professeurs, l’abbé Batteux, avait noté les facilités du jeune élève présentant un penchant pour le dessin, en le voyant dessiner un mousquetaire à l'arrière de sa copie de traduction de grec[1]. Après un premier apprentissage dans l’atelier du sculpteur Michel-Ange Slodtz[3] (selon l’Abecedario de Pierre-Jean Mariette), Hubert Robert bénéficie de la protection du comte de Stainville (1719-1785), futur Étienne-François de Choiseul, alors nommé ambassadeur de France à Rome, qui lui offre de voyager en sa compagnie en Italie[2].

Le séjour à Rome[modifier | modifier le code]

L'atelier de l'artiste, 1760, Städelsches Kunstinstitut

Arrivé à Rome le 4 novembre 1754, Hubert Robert ne retourne en France que le 24 juillet 1765. Grâce à l'appui du comte de Stainville, Hubert Robert obtient une place de pensionnaire à l’Académie de France à Rome[2], de 1759 à 1762, sans avoir remporté le prestigieux Prix de Rome. Il profite alors des cours de perspective donnés par le peintre Giovanni Paolo Panini (1691-1765) et du voisinage de Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), dit Piranèse[2], dont l’atelier de gravure est situé sur la via del Corso, face au Palais Mancini. Le jeune homme se lie d’amitié avec Jean-Honoré Fragonard[2] (1732-1806), pensionnaire à l’Académie depuis décembre 1756. Ensemble, ils multiplient les dessins à la sanguine réalisés sur le motif, à Rome ou dans la campagne environnante, comme Ronciglione ou Tivoli, en privilégiant les vues des jardins et palais abandonnés par leurs riches propriétaires aux effets du temps et de la nature. Ce sont précisément ces sujets pittoresques qu’apprécient les amateurs du XVIIIe siècle et qu’Hubert Robert ne cesse d’exploiter en dessin comme en peinture tout au long de sa carrière.

À Rome, Hubert Robert rencontre Louis-Jacques Durameau, Étienne de La Vallée-Poussin et Jean-Robert Ango, ainsi que des amateurs influents. Parmi ces derniers, l’abbé de Saint-Non, membre honoraire de l'Académie royale de peinture et de sculpture, emmène Hubert Robert à Naples en avril 1760 pour visiter les sites les plus célèbres de Campanie, en particulier les temples doriques de Paestum, qui ne cesseront de le fasciner bien après son retour en France.

Un peintre paysagiste[modifier | modifier le code]

Précédé par une excellente réputation de dessinateur d’architectures en ruines, Hubert Robert est de retour à Paris au mois d’août 1765. Quand il présente le 26 juillet 1766, à l'Académie royale de peinture et de sculpture, un caprice architectural, Le Port de Ripetta à Rome (Paris, Ensba, inv. MU 2625), il est agréé et reçu durant la même séance, en tant que « peintre d’architecture ». Obtenant ainsi le droit d’exposer au Salon, il présente en 1767 plusieurs peintures et dessins d’architectures en ruines salués par la critique, Diderot en tête. Sa participation sera constante au Salon jusqu’en 1798. L'artiste fréquente des « salons » plus intimes comme celui de Madame Geoffrin, tenu les lundis jusqu’en 1777, ou celui d'Elisabeth-Louise de Rohan-Chabot, au sein duquel Hubert Robert enseigne le dessin aux amateurs. Artiste à la mode, Hubert Robert développe très tôt un marché pour ses œuvres peintes et dessinées illustrant des paysages intégrant des architectures en ruines, qui se conjugue parfaitement avec la pratique du dessin en amateur. En effet, le paysage demeure un genre privilégié par les aristocrates, car son approche nécessite moins de métier que les sujets d’histoire. On notera qu’au Salon de 1787, le comte de Paroy et le marquis Turpin de Crissé, deux membres honoraires de l’Académie, exposent des œuvres imitant la manière d’Hubert Robert.

Hubert Robert prolonge son approche du paysage dans la création de jardins. Nommé successivement dessinateur des Jardins du Roi, garde des tableaux du Roi, garde du Museum et conseiller à l’Académie, il est chargé d’aménager certaines parties des résidences royales, comme le hameau de la Reine à Trianon. Ce dernier s'inspire du hameau du parc d'Ermenonville, premier jardin anglais d'envergure sur le continent, à la conception duquel Robert participe en tant que conseiller artistique du marquis René de Girardin. Le parc de Méréville, appartenant au marquis Jean-Joseph de Laborde, peut être considéré comme celui où l'influence de Hubert Robert est la plus importante.

La Révolution Française[modifier | modifier le code]

Déclaré « suspect » par le Comité de surveillance révolutionnaire, Hubert Robert est emprisonné à Sainte-Pélagie le 29 octobre 1793, avant d’être transféré le 31 janvier 1794 à la prison de Saint-Lazare dont il est libéré le 4 août. Malgré ces vicissitudes, Hubert Robert produit des peintures sur assiettes et des dessins témoignant de la vie carcérale. Ce fut lui qui dessina le portrait de Jean-Antoine Roucher que cet infortuné poète envoya la veille de sa mort à sa femme et à sa fille. La Révolution a également entraîné la destruction de certains des travaux de Robert. Robert a conçu les décors d'un théâtre d’environ 500 places dans l’Aile neuve, à l'emplacement de l'escalier Gabriel actuel dans le Château de Versailles. Ce théâtre était destiné à servir de théâtre ordinaire de la cour, en remplacement du théâtre de la Cour des Princes, trop vétuste et trop petit. Le théâtre, construit à partir de l’été 1785 et inauguré début 1786 a été détruit sous Louis-Philippe. Une aquarelle de la conception de Robert se trouve dans les Archives nationales à Paris[4].

Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruine - Musée du Louvre

Libéré, après dix mois de détention, à la chute de Robespierre, il retrouve en 1795 son poste de conservateur au Museum, futur Musée du Louvre, qu’il ne quitte qu’à sa mise en retraite en novembre 1802. Il projette dans ses œuvres de réunir le Louvre aux Tuileries. C'est de cette période féconde que datent les nombreuses vues du Louvre, réelles ou imaginaires, où l'on peut voir, au milieu des débris d’édifices et d’arcs renversés, l’Apollon du Belvédère.

Le 15 avril 1808, il décède, sans héritiers, d’une apoplexie.

Durant les années passées en Italie, il a accumulé dessins et croquis de paysages en ruines, d’où son surnom de « Robert des ruines ». Ses peintures montrent des interprétations poétiques de paysages, des vues de Rome, de Paris et d’Île-de-France. Il a peint également des fantaisies, par exemple, la grande galerie du Louvre en ruines. Il fit aussi des croquis d’après nature (et des tableaux en atelier) de l’incendie de l’Hôtel-Dieu (en 1772), et de la démolition du pont Notre-Dame. Il exposait régulièrement aux Salons du Louvre, et aimait travailler pour les collectionneurs et les aristocrates.

Le musée de Valence, le musée du Louvre, la bibliothèque municipale de Besançon et le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg conservent une importante collection de dessins et de peintures d’Hubert Robert.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Hubert Robert, Deux paysannes devant une statue. 25 avril 1771
Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, Musée du Louvre
Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, Musée du Louvre

Concepteur[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Catherine Sahut, Le Louvre d'Hubert Robert, dossier no 18 du Département des Peintures, Paris, RMN, 1979.
  • Jean de Cayeux, Les Hubert Robert de la collection Veyrenc au musée de Valence, Valence, 1985 (catalogue raisonné).
  • Jean de Cayeux et Michel Serres, Hubert Robert et les jardins, Herscher,‎ (ISBN 978-2733501443)
  • Jean de Cayeux, Hubert Robert, Paris : Fayard, 1989.
  • Philippe Huisman, L'Aquarelle Française au XVIIIe Siècle
  • Sarah Catala, Les Hubert Robert de Besançon, Milan : Silvana Editoriale, 2013 catalogue raisonné des dessins, peintures et gravures de la bibliothèque municipale et du musée des beaux-arts et d'archéologie et de Besançon.
  • Guillaume Farout (dir.), Hubert Robert, 1733-1808 - Un peintre visionnaire, Somogy et Musée du Louvre éd.,‎ (ISBN 978-2757210642)[10].
  • Guillaume Faroult, Catherine Voiriot et Sarah Catala, Hubert Robert (1733-1808) : Un peintre visionnaire; Album, Somogy éditions d'art, coll. « COEDITION ET MU »,‎ (ISBN 978-2757210659)

Expositions[modifier | modifier le code]

Sa tombe au cimetière d'Auteuil.
  • Hubert Robert Drawings & Watercolors, Washington, National Gallery of Art, 1978-1979 par Victor Carlson.
  • J.H. Fragonard e H. Robert a Roma, Rome, Villa Médicis, 1990-1991 par Jean-Pierre Cuzin et Catherine Boulot.
  • Hubert Robert et Saint-Pétersbourg - Les commandes de la famille Impériale et des Princes russes entre 1773 et 1802, Valence, musée des beaux-arts, 1999 dir. : Hélène Moulin-Stanislas.
  • Hubert Robert, Paris, musée du Louvre, 2006 par Jean-François Méjanès.
  • Hubert Robert - Un orateur dans les ruines, Belfort, musée des beaux-arts, 2014-2015 par Sarah Catala.
  • Hubert Robert, 1733-1808 - Un peintre visionnaire, Musée du Louvre, du 9 mars au 30 mai 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) André Rueff, « Hubert Robert », Art & Life, vol. 11, no 1,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e et f Guillaume Faroult et Manuel Jover, « Hubert Robert : Le retour au Louvre », Connaissance des Arts, no 748,‎ , p. 72-77
  3. a et b Encyclopédie de l'art, Paris, Librairie générale française,‎ (ISBN 978-2-253-13025-3), p. 871
  4. Une impression couleur d'un détail de la conception est montrée dans Huisman.
  5. Communiqué de presse de l'exposition consacrée au peintre au musée du Louvre, du 9 mars au 30 mai 2016.
  6. Acquisition par le musée du Louvre en novembre 2012. Le tableau a appartenu à Joseph-Alexandre de Ségur, fils naturel de l'artiste ((source : Guillaume Faroult, Un Hubert Robert sans les ruines in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, mars/avril/mai 2013, n° 23, page 12).
  7. Tableau peint vraisemblablement à Rome. L'œuvre est proche du tableau éponyme de Giovanni Paolo Panini, conservée au Musée d'art et d'histoire de Narbonne. Alexandre considérait Achille comme un modèle et se présentait comme son descendant par sa mère Olympias, princesse d'Egire (source :Grande Galerie - Le Journal du Louvre, sept./oct./nov./ 2011, no 17).
  8. Petit tableau traité dans un clair-obscur très rembranesque par un Hubert Robert peu habituel et plus connu pour ses vues de Paris ou ses paysages de ruines antiques.
  9. Bénédicte Savoy, Patrimoine annexé, Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 2003, t. I, p. 327 (En ligne)
  10. Avec la collaboration de Catherine Voiriot (Catalogue de l'exposition éponyme au Musée du Louvre du 9 mars au 30 mai 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]