Hubert Robert

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Hubert Robert
Élisabeth-Louise Vigée-Le Brun - Hubert Robert (1788).jpg

Hubert Robert peint par Élisabeth Vigée Le Brun - Musée du Louvre

Naissance
Décès
Nationalité
Française
Activités
Formation
Œuvres réputées

Hubert Robert, (22 mai 1733, Paris - 15 avril 1808, Paris) est un des principaux artistes français du XVIIIe siècle qui s’illustra notamment comme dessinateur, peintre, graveur, professeur de dessin, créateur de jardins et conservateur au futur musée du Louvre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant ses études au Collège de Navarre, entre 1745 et 1751, l’un de ses professeurs, l’abbé Batteux, avait noté les facilités du jeune élève, présentant un penchant pour le dessin. Après un premier apprentissage dans l’atelier du sculpteur Michel-Ange Slodtz (selon l’Adecedario de Pierre-Jean Mariette), Hubert Robert bénéficie de la protection du comte de Stainville (1719-1785), futur Étienne-François de Choiseul, alors nommé ambassadeur de France à Rome, qui lui offre de voyager en sa compagnie en Italie.

Ainsi, arrivé à Rome le 4 novembre 1754, Hubert Robert ne retourne en France que le 24 juillet 1765. Grâce à l'appui du comte de Stainville, Hubert Robert obtient une place de pensionnaire à l’Académie de France à Rome, de 1759 à 1762, sans avoir remporter le prestigieux Prix de Rome. Il profite alors des cours de perspective donnés par le peintre Giovanni Paolo Panini (1691-1765) et du voisinage de Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), dit Piranèse, dont l’atelier de gravure est situé sur la via del Corso, face au Palais Mancini. Le jeune homme se lie d’amitié avec Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), pensionnaire à l’Académie depuis décembre 1756. Ensemble, ils multiplient les dessins à la sanguine réalisés sur le motif, à Rome ou dans la campagne environnante, comme Ronciglione ou Tivoli, en privilégiant les vues des jardins et palais abandonnés par leurs riches propriétaires aux effets du temps et de la nature. Ce sont précisément ces sujets pittoresques qu’apprécient les amateurs du XVIIIe siècle et qu’Hubert Robert ne cesse d’exploiter en dessin comme en peinture tout au long de sa carrière.

A Rome, Hubert Robert rencontre également Louis-Jacques Durameau, Étienne de La Vallée-Poussin et Jean-Robert Ango notamment, ainsi que des amateurs influents. Parmi ces derniers, le membre-honoraire de l'Académie royale de peinture et de sculpture, l’abbé de Saint-Non emmène Hubert Robert à Naples en avril 1760 pour visiter les sites les plus célèbres de Campanie, en particulier les temples doriques de Paestum, qui ne cesseront de le fasciner bien après son retour en France.

Précédé par une excellente réputation de dessinateur d’architectures en ruines, Hubert Robert est de retour à Paris au mois d’août 1765. Quand il présente le 26 juillet 1766, à l'Académie royale de peinture et de sculpture, un caprice architectural, Le Port de Ripetta à Rome (Paris, Ensba, inv. MU 2625), il est agréé et reçu durant la même séance, en tant que « peintre d’architecture ». Obtenant ainsi le droit d’exposer au Salon, il présente en 1767 plusieurs peintures et dessins d’architectures en ruines salués par la critique, Diderot en tête. Sa participation sera constante au Salon jusqu’en 1798. L'artiste fréquente des « salons »plus intimes comme celui de Madame Geoffrin, tenu les lundis jusqu’en 1777, ou celui d'Elisabeth-Louise de Rohan-Chabot au sein duquel Hubert Robert enseigne le dessin aux amateurs. Artiste à la mode, Hubert Robert développe très tôt un marché pour ses œuvres peintes et dessinées illustrant des paysages intégrant des architectures en ruines, qui se conjugue parfaitement avec la pratique du dessin en amateur. En effet, le paysage demeure un genre privilégié par les aristocrates, car son approche nécessite moins de métier que les sujets d’histoire. On notera qu’au Salon de 1787, le comte de Paroy et le marquis Turpin de Crissé, deux membres honoraires de l’Académie, exposent des œuvres imitant la manière d’Hubert Robert.

Hubert Robert prolonge son approche du paysage dans la création de jardin. Nommé successivement dessinateur des Jardins du Roi, garde des tableaux du Roi, garde du Museum et conseiller à l’Académie, il est chargé d’aménager certaines parties des résidences royales, comme le hameau de la Reine à Trianon. Ce dernier s'inspire du hameau du parc d'Ermenonville, premier jardin anglais d'envergure sur le continent, à la conception duquel Robert participe en tant que conseiller artistique du marquis René de Girardin. Le parc de Méréville appartenant au marquis Jean-Joseph de Laborde peut être considéré comme le parc où l'influence de Hubert Robert est la plus importante.

Déclaré « suspect » par le Comité de surveillance révolutionnaire, Hubert Robert est emprisonné à Sainte-Pélagie le 29 octobre 1793, avant d’être transféré le 31 janvier 1794 à la prison de Saint-Lazare dont il est libéré le 4 août. Malgré ces vicissitudes, Hubert Robert produit des peintures sur assiettes et des dessins témoignant de la vie carcérale. Ce fut lui qui dessina le portrait de Jean-Antoine Roucher que cet infortuné poète envoya la veille de sa mort à sa femme et à sa fille. La Révolution a également entraîné la destruction de certains des travaux de Robert. Robert a conçu les décors d'un théâtre d’environ 500 places dans l’Aile neuve, à l'emplacement de l'escalier Gabriel actuelle dans le Château de Versailles. Ce théâtre était destiné à servir de théâtre ordinaire de la cour, en remplacement du théâtre de la Cour des Princes, trop vétuste et trop petit. Le théâtre était construit à partir de l’été 1785 et inauguré début 1786. Il était détruit sous Louis-Philippe. Une aquarelle de la conception de Robert est dans les Archives Nationales à Paris[1].

Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruine - Musée du Louvre

Libéré, après dix mois de détention, à la chute de Robespierre, il retrouve en 1795 son poste de conservateur au Museum, futur Musée du Louvre, qu’il ne quitte qu’à sa mise en retraite en novembre 1802. Il projette sur ses œuvres de réunir le Louvre aux Tuileries. C'est de cette période féconde que datent les nombreuses vues du Louvre, réelles ou imaginaires où l'on peut voir, au milieu des débris d’édifices et d’arcs renversés, l’Apollon du Belvédère.

Le 15 avril 1808, il décède sans héritiers d’une atteinte d’apoplexie.

Durant les années passées en Italie, il a accumulé dessins et croquis de paysages en ruines, d’où son surnom de « Robert des ruines ». Ses peintures montrent des interprétations poétiques de paysages, des vues de Rome, de Paris, et d’Île-de-France. Il a peint également des fantaisies, par exemple la grande galerie du Louvre en ruines. Il fit aussi des croquis d’après nature (et des tableaux en atelier) de l’incendie de l’Hôtel-Dieu (en 1772), et de la démolition du pont Notre-Dame. Il exposait régulièrement aux Salons du Louvre, et aimait travailler pour les collectionneurs et les aristocrates.

Le musée de Valence, le musée du Louvre, la bibliothèque municipale de Besançon et le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg conservent une importante collection de dessins et de peintures d’Hubert Robert.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Hubert Robert, Deux paysannes devant une statue. 25 avril 1771
Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, Musée du Louvre
Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, Musée du Louvre

Peintures :

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Une impression couleur d'un détail de la conception est monté dans Huisman.
  2. Acquisition par le musée du Louvre en novembre 2012. Le tableau a appartenu à Joseph-Alexandre de Ségur, fils naturel de l'artiste ((source : Guillaume Faroult, Un Hubert Robert sans les ruines in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, mars/avril/mai 2013, n° 23, page 12).
  3. Tableau peint vraisemblablement à Rome. L'œuvre est proche du tableau éponyme de Giovanni Paolo Panini, conservée au Musée d'art et d'histoire de Narbonne. Alexandre considérait Achille comme un modèle et se présentait comme son descendant par sa mère Olympias, princesse d'Egire (source :Grande Galerie - Le Journal du Louvre, sept./oct./nov./ 2011, n°17).
  4. Petit tableau traité dans un clair-obscur très rembranesque par un Hubert Robert peu habituel et plus connu pour ses vues de Paris ou ses paysages de ruines antiques.
  5. Bénédicte Savoy, Patrimoine annexé, Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 2003, t. I, p. 327 (En ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Catherine Sahut, Le Louvre d'Hubert Robert, dossier n°18 du Département des Peintures, Paris, RMN, 1979.
  • Jean de Cayeux, Les Hubert Robert de la collection Veyrenc au musée de Valence, Valence, 1985 [catalogue raisonné].
  • Jean de Cayeux, Hubert Robert et les jardins, Paris : Herscher, 1987.
  • Jean de Cayeux, Hubert Robert, Paris : Fayard, 1989.
  • Philippe Huisman, L'Aquarelle Française au XVIIIe Siècle
  • Sarah Catala, Les Hubert Robert de Besançon, Milan : Silvana Editoriale, 2013 [catalogue raisonné des dessins, peintures et gravures de la bibliothèque municipale et du musée des beaux-arts et d'archéologie et de Besançon].

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Hubert Robert Drawings & Watercolors, Washington, National Gallery of Art, 1978-1979 [par Victor Carlson].
  • J.H. Fragonard e H. Robert a Roma, Rome, Villa Médicis, 1990-1991 [par Jean-Pierre Cuzin et Catherine Boulot].
  • Hubert Robert et Saint-Pétersbourg - Les commandes de la famille Impériale et des Princes russes entre 1773 et 1802, Valence, musée des beaux-arts, 1999 [dir. : Hélène Moulin-Stanislas].
  • Hubert Robert, Paris, musée du Louvre, 2006 [par Jean-François Méjanès].
  • Hubert Robert - Un orateur dans les ruines, Belfort, musée des beaux-arts, 2014-2015 [par Sarah Catala].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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