Rue Bonaparte

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Rue Bonaparte
La rue Bonaparte vue depuis la rue de Vaugirard.
La rue Bonaparte vue depuis la rue de Vaugirard.
Situation
Arrondissement 6e
Quartier Saint-Germain-des-Prés, Odéon
Début no 7 quai Malaquais
Fin no 58 rue de Vaugirard
Morphologie
Longueur 1 010 m
Largeur 11 m
Historique
Création XVe siècle, XVIIe siècle, 1804, 1845
Dénomination Arr. du 12 août 1852.
Ancien nom rue des Petits-Augustins
rue Saint-Germain-des-Près
rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice
Géocodification
Ville de Paris 1093
DGI 1087

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
rue Bonaparte
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La rue Bonaparte est une voie publique du 6e arrondissement de Paris. Elle est née de la réunion, décidée par un arrêté du , de trois rues ouvertes entre le XVe siècle et le XIXe siècle (rue des Petits-Agustins, rue Saint-Germain-des-Près et rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice).

La rue traverse le cœur de la rive gauche et se caractérise par un certain nombre d'hôtels particuliers et d'immeubles élégants tout en étant délimitée par la rivière d'un côté et le parc à l'autre. La rue a de nombreuses associations littéraires et contient plusieurs bouquinistes et librairies spécialisées dans les livres anciens.

Ce site est desservi par les stations de métro Saint-Sulpice, Saint-Germain-des-Prés et Mabillon.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ordonnance du 12 août 1852, prise quelques mois après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte[1], réunit trois voies existantes pour former la rue Bonaparte[2]. La rue actuelle est donc la réunion de plusieurs rues tracées à différentes époques :

  • la rue des Petits-Augustins, entre le quai Malaquais et la rue Jacob (XVIIe siècle) ;
  • la rue Saint-Germain-des-Près, entre la rue Jacob et la rue du-Vieux-Colombier (XIXe siècle) ;
  • la rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice, entre le rue du Vieux-Colombier et la rue Vaugirard (XVe siècle).

Rue des Petits-Augustins[modifier | modifier le code]

La partie nord de la rue, était naguère occupé par une rivière appelé la « Noue » qui formait alors la limite orientale du Pré-aux-Clercs. Plus tard, le cours d'eau laissera la place à un canal de 27 m de largeur que l'on appela la « Petite Seine » et qui alimenta en eau les douves de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés lorsque celle-ci fut fortifiée au XIVe siècle. Au XVIIe siècle, les fortifications de l'abbaye sont abattues, tandis que les douves et le canal sont comblés[3].

Une voie est alors tracée entre le quai Malaquais et la rue Jacob[4]. Elle est d'abord nommée petite rue de Seine, rue de la Petite Seine, chemin de la Noue. À partir de 1664, elle est désignée sous le nom de rue des Petits-Augustins, car elle desservait le couvent des Petits-Augustins (sur le site de l'École nationale supérieure des beaux-arts)[4]. La largeur minimale de la rue est fixée à 10 m par une décision ministérielle en date du 2 thermidor an V (20 juillet 1797), puis à 11 m en vertu d'une ordonnance royale du 29 avril 1839[4].

Rue Saint-Germain-des-Près[modifier | modifier le code]

En 1804, une nouvelle rue est tracée entre la rue Jacob et la place Saint-Germain-des-Prés, dans la continuité de la rue des Petits-Augustins, mais avec un axe légèrement décalé vers l'est. Elle est dénommée cour des Religieux car elle est tracée à l'emplacement des anciens jardins de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Elle est ensuite renommée successivement rue Bonaparte en 1810 et rue de la Poste-aux-Chevaux en 1815. En 1816, elle est finalement dénommée rue Saint-Germain-des-Prés. La largeur minimale de cette voie publique est fixée à 10 m par une décision ministérielle du 21 août 1817, puis l'ordonnance royale du 29 avril 1839[5].

Une ordonnance du 7 septembre 1845 ordonne le prolongement de la rue entre la place Saint-Germain-des-Prés et place Saint-Sulpice[6].

Rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice[modifier | modifier le code]

La nouvelle rue ouverte se prolonge par la rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice jusqu'à la rue de Vaugirard. Cette rue existait dès le XVe siècle sous le nom de ruelle tendant de la rue du Colombier à Vignerei. Elle longeait le clos Férou. Elle est ensuite appelé successivement rue du Verger, des Jardins-Saint-Sulpice, des Jésuites et enfin rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice en référence à une enseigne. Le 13 avril 1612, les jésuites installent leur noviciat dans l’hôtel de Mézières[7]. Après avoir progressivement acquis plusieurs maisons voisines, les jésuites occupent un vaste terrain délimité par les rues du Pot-de-Fer, Mézière, Cassette et Honoré-Chevalier. Une église est construite sur la rue du Pot-de-Fer aux frais de François Sublet de Noyers qui y est inhumé après sa mort. La première pierre est posée par Henri de Bourbon-Verneuil, abbé de Saint-Germain-des-Près. Commencée en 1630, l'église dédiée à saint François-Xavier est achevée en 1642[8]. Lorsque les jésuites sont chassés de Paris en 1763, la propriété est vendue à divers particuliers. Un vaste dépôt de farine est alors construit sur la rue Pot-de-Fer[7].

La largeur minimale de la rue est fixée à 9 m par une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII (14 août 1800) et 10 m par une ordonnance du 23 janvier 1838[9]. En 1810, une ordonnance ministérielle prévoit le prolongement de la place Saint-Sulpice jusqu'à la rue du Pot-de-Fer[10]. Afin d'accueillir les services municipaux de l'ancien 11e arrondissement un bâtiment est construit au no 8 de 1845 à mars 1849 par les architectes Philippe-Laurent Rolland et Paul-Frédéric à l'emplacement d'un ancien hôtel du duc de Charost appartenant au duc de Cossé-Brissac et acquis par la ville en 1840[11]. Le bâtiment avait lui-même succédé en 1651 à un couvent de bernardines de Sainte-Cécile. Il s'agit de l'actuelle mairie du 6e arrondissement.

Bâtiments et personnalités[modifier | modifier le code]

Le no 5 rue Bonaparte.
Entrée de l'École des beaux-arts.
Le no 38 rue Bonaparte.
Le no 70 rue Bonaparte.

Du quai Malaquais à la rue Jacob[modifier | modifier le code]

  • no 2-4 : anciennement rue de la Petite-Seine: emplacement supposé de la première maison dont disposèrent, à Paris, les cinq frères de Saint-Jean-de-Dieu, communément appelés frères de la Charité, appelés à Paris en 1602 pour soigner les pauvres. Quelques années plus tard, Marguerite de France la réquisitionna. Les frères s'établirent alors dans leur seconde maison aménagée dans l'ancien hôtel de Sansac attenant à l'ancienne chapelle de Saint-Pierre (ou des Saints-Pères) où ils fondèrent l'hôpital de la Charité (détruit en 1935)[12],[13] ;
  • no  5 : portail monumental sur rue avec vantaux, façades cour et jardins, décoration intérieur de deux salons du XVIIIe siècle ( Inscrit MH (1926)). Le maréchal Hubert Lyautey y vécut de 1911 à 1934. Le peintre Edouard Manet y naquit en 1832 ;
  • no  7 : porte sur rue et vantaux du XVIIIe siècle ( Inscrit MH (1927)) ;
  • no  9 : les façades sur cour et jardins ( Inscrit MH (1926)) ;
  • no  12 : en 1946, s'ouvrit ici la galerie d'objets d'art M.A.I. qui fut vendue beaucoup plus tard, déménagea et ferma définitivement en 1991 ;
  • no  12 rue des Petis-Augustins : demeure de Pierre-Jean-Baptiste Auguis ;
  • n° 13 : les peintres André Derain et André Dunoyer de Segonzacy habitèrent ; le libraire-éditeur franco-russe Jacques Povolozky y était établit de 1911 à 1938, s'adjoignant la galerie La Cible à partir de 1919, devenue la galerie Pierre (Loeb) de 1924 à 1927 (puis transférée au 2 rue des Beaux-Arts).
  • no  14 : entrée sur la cour d'honneur de l'École des beaux-arts de Paris (Logo monument historique Classé MH (1972)). Monuments classés : façade du château d'Anet (Logo monument historique Classé MH (1914)), portique du château de Gaillon et portiques, sculptures (Logo monument historique Classé MH (1921)), restes de l'hôtel de la Trémoille (Logo monument historique Classé MH (1914)), arcades de l'hôtel Torpanne (Logo monument historique Classé MH (1956)) ;
  • no  15 : de la rue des Petits-Augustins, H. Nicolle Libraire stéréotype 1808 ;
  • no  16 : Académie nationale de médecine (Logo monument historique Classé MH (1992))
  • no  18 : en 1878-1880, la revue La Chanson consacrée aux goguettes, à la chanson et aux chansonniers, est domiciliée à la librairie tenue par son directeur-gérant Auguste Patay ;
  • no  19 : hôtel particulier ( Inscrit MH (1993)). C'est ici qu'emménage le peintre Amédée Jullien avec sa femme et leur fille en 1861 ;
  • no  21 : résidence de l'architecte et designer Eileen Gray, de 1907 jusqu'à sa mort en 1976.

De la rue Jacob à la rue du Vieux-Colombier[modifier | modifier le code]

De la rue du Vieux-Colombier à la rue de Vaugirard[modifier | modifier le code]

Sites particuliers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires de la société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, p. 18.
  2. ordonnance du 12 août 1852
  3. Dictionnaire historique des rues de Paris, Jacques Hillairet, éditions de Minuit, p. 209-212.
  4. a, b et c Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 38 [lire en ligne]
  5. Ibid., p. 252 [lire en ligne]
  6. ordonnance du 7 septembre 1845
  7. a et b Jacques Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris, Paris, Furne et Cie, 1837, volume 4, p. 336-337.
  8. Jacques Bins de Saint-Victor, Tableau historique et pittoresque de Paris, Carié de la Charie, 1827, p. 277-279 [lire en ligne].
  9. Félix et Louis Lazare, op. cit., pp. 571-572 [lire en ligne]
  10. Félix et Louis Lazare, op. cit., p. 625 [lire en ligne]
  11. L'Illustration, t. XIV, 1849, p. 32, [lire en ligne].
  12. Jacques Antoine Dulaure : Histoire physique, civile et morale de Paris, depuis les premiers temps historiques, Guillaume, Paris, 1824, p. 16 en ligne
  13. Adolph Bery: Topographie historique du vieux Paris, Paris, Imprimerie nationale, 1885, p. 218. en ligne
  14. Plaque commémorative sur la façade.
  15. Manuel Cornejo et Dimitra Diamantopoulou, Spéranza Calo-Séailles, une Grecque à Paris et Antony. Une cantatrice et artiste oubliée, texte en ligne[réf. nécessaire].
  16. Jean-Baptiste Roques, « Euro RSCG, quatre garçons dans le temps », Vanity Fair n°5, novembre 2013, pages 176-185.
  17. parisrevolutionnaire.com
  18. Sadi de Gorter, Forissier, Éd. La Bibliothèque des Arts, Paris, p.40. (ISBN 2-85047-083-X)
  19. « "Sous le chapeau", par Andras Lapis », parisdansmonoeil.com,‎ (consulté le 6 octobre 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]