Henri Regnault

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Henri Regnault
Image dans Infobox.
Henri Regnault, Autoportrait avec un appui-main (vers 1863),
Cleveland Museum of Art.
Naissance
Décès
(à 27 ans)
Buzenval
Nom de naissance
Alexandre Georges Henri Regnault
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Père
Distinctions
Prix de Rome en peinture de 1866

Alexandre George Henri Regnault né le à Paris et mort le à Rueil-Malmaison[1] est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Second fils du chimiste Henri Victor Regnault, Henri Regnault commence la peinture en 1857. Il devient l’élève de Louis Lamothe, en 1861, et d'Alexandre Cabanel, en 1864, à l'École des beaux-arts de Paris après avoir été élève au lycée Henri-IV à Paris[2]. Après cinq tentatives, il obtient le prix de Rome en 1866 avec la toile Thétis apportant à Achille les armes forgées par Vulcain. Il peut donc partir en Italie et séjourner à la villa Médicis. Il profite de ses protections pour voyager[3], notamment en Espagne, en compagnie de son condisciple Auguste Laguillermie, et où son œuvre se ressent du choc de cette découverte : à Madrid, il assiste à la révolution carliste, au triomphe du général Prim, à la fuite de la reine d’Espagne Isabelle II. Il note dans des carnets ses impressions. La découverte du palais de l'Alhambra à Grenade le marque fortement.

Au Salon de 1870 son Général Prim[4] et sa Salomé sont présentés avec succès. Théophile Gautier écrit : « Prim c’est toute l’Espagne, Salomé c’est tout l’Orient. » De l’Espagne il gagne le Maroc en avec son ami le peintre Georges Clairin, où il loue une maison à Tanger. Il y peint Exécution sans jugement sous les rois maures de Grenade[5], tableau orientaliste d'une grande force expressive.

De retour en France au moment du déclenchement de la guerre de 1870, il s'engage chez les francs-tireurs avec le sculpteur Émile Joseph Nestor Carlier. Il trouve la mort à la bataille de Buzenval le , atteint à la tempe par une balle prussienne. Il comptait, après la guerre, visiter l'Inde puis s'installer à Tanger, il avait acheté avec Georges Clairin un terrain et une maison surplombant le Socco (le souk) où ils voulaient faire aménager un atelier.

Il était représenté par le galeriste Paul Durand-Ruel.

Le compositeur Camille Saint-Saëns lui dédie sa Marche héroïque (1871).

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

États-Unis
France

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque de la rue Henri-Regnault à Suresnes.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le destin d'Henri Regnault est présenté, à travers des extraits du journal intime de Geneviève Bréton, sa fiancée, en toile de fond du premier volet (« Une parisienne ») du documentaire 1870-1871. La guerre franco-prussienne réalisé par Hermann Pölking-Eiken et Linn Sackarnd (Allemagne, 2020, 3 x 55 min) diffusé par Arte[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À la bataille de Buzenval. L'emplacement du lieu de son décès est signalé par un buste de l'artiste, placé à proximité du green no 14 du golf de Saint-Cloud.
  2. Henri Delaborde, « Les Artistes à Paris pendant le siège. — Henri Regnault », Revue des Deux Mondes, Paris, t. 92,‎ , p. 178-189 (lire sur Wikisource).
  3. Henri Lapauze, Histoire de l'Académie de France à Rome, t. 2, Paris : Plon, 1924.
  4. Paris, musée d'Orsay.
  5. Musée d’Orsay.
  6. « Jean-Baptiste Biot (1774-1862) », notice no 000PE011181, base Joconde, ministère français de la Culture.
  7. Alain Constant, « 1870-1871 : la guerre franco-prussienne »: trois témoins, des archives photo et Paris bombardé, sur Arte. lemonde.fr, consulté le 18 août 2020.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Delaborde, « Les Artistes à Paris pendant le siège. — Henri Regnault », Revue des Deux Mondes, Paris, t. 92,‎ , p. 178-189 (lire sur Wikisource).
  • Henri Cazalis, Henri Regnault : sa vie, son œuvre, Paris, Alphonse Lemerre, 1872.
  • Arthur Duparc, Correspondance d'Henri Regnault, annotée et recueillie par Arthur Duparc, suivie du catalogue complet de l'œuvre d'Henri Regnault, Paris, Charpentier et Cie, 1873.
  • (en) Lucy H. Hooper, « Henri Regnault », The Art Journal, New Series, Vol. 1, 1875, pp. 377-379(en ligne).
  • Roger Marx, Henri Regnault (1843-1871), Paris, J. Rouam, 1886.
  • André Beaunier (pseudonyme de Georges Clairin), Souvenirs d'un peintre (2nd chapitre - Henri Regnault), Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasqueue éditeur (Lire sur Gallica), .
  • Sophie de Juvigny, Odile Caule, Henri Regnault, 1843-1871, Saint-Cloud, éd. musée municipal, 1991. — Catalogue de l'exposition au musée des Avelines à Saint-Cloud, du au .
  • Brigitte Olivier, Le peintre, l'amour, la mort : Henri Regnault, 1843-1871, Biarritz - Paris, Séguier-Atlantica, 2008.
  • Anne Martin-Fugier, Les couleurs et la mitraille, Paris, Le Passage, 2016. — Biographie romanesque.
  • (en) Marc Gotlieb, Deaths Of Henri Regnault, The University Of Chicago Press, 2016, 320 p. (ISBN 9780226276045).

Liens externes[modifier | modifier le code]