Académie de Saint-Luc

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'académie romaine, voir Accademia di San Luca.

L'Académie de Saint-Luc est à l'origine, à Paris, la confrérie charitable associée à la Communauté des maîtres peintres et sculpteurs de Paris, qu'elle finit par supplanter, ou avec laquelle elle a fini par se confondre. Elle a été fondée en 1391, réformée entre 1655 et 1668, puis supprimée en 1777 avec les autres communautés d'arts et métiers par l'Édit dit de Turgot de 1776[1].

Elle s'inspirait des corporations de métiers artistiques présentent en Italie qui étaient appelées « Compagnie des peintres de Saint-Luc » depuis 1339, par exemple, à Florence ((it) Compagnia dei pittori fiorentini di San Luca), ou Guilde de Saint-Luc dans toute l'Europe, entre autres en Flandres.

Histoire[modifier | modifier le code]

En France, les premiers statuts de cette Communauté des peintres et tailleurs d'images furent dressés le 13 août 1391 par le Prévôt des marchands de Paris. Ils furent confirmés par des lettres patentes de Charles V[2], puis de Charles VII en 1430, d'Henri III en 1583, de Louis XIII en 1622.

La fondation de l'« Académie de Saint-Luc » en tant que telle est beaucoup plus tardive, elle est, sur le modèle romain, due à Simon Vouet qui avait fréquenté l'Académie Saint Luc de Rome. Professeur et peintre de Louis XIII, il a formé Le Sueur, Le Brun et Mignard, ainsi que des professeurs qui eurent beaucoup de succès comme François Perrier et Jacques Blanchard.

En 1648, l'Académie royale de peinture et de sculpture est fondée sous l'impulsion de Mazarin : elle n'aura de cesse d'imposer son privilège, lequel est officialisé en 1664 et 1668. Peu après, l'ancienne communauté de métier des peintres prend également le nom d'« académie », ou « Académie de dessin » par des lettres patentes du jeune Louis XIV en 1655. Dix ans plus tard, elle doit s'effacer au profit de l'Académie royale. La création de l'Académie royale de peinture et de sculpture dirigée par Charles Le Brun en concurrence avec l'ancienne organisation des métiers, a fait sortir les meilleurs peintres et sculpteurs de leur statut de corps de métier du bâtiment pour leur donner un statut proche de celui des officiers royaux, qui deviendra celui d'artiste[3].

En 1704, elle est de nouveau autorisée à exposer, avec mise à disposition de la chapelle de Saint-Symphorien qu'elle a fait réparer et embellir ; cette liberté rendue est complétées par une déclaration du 17 novembre 1705 qui l'autorise à ouvrir une école de dessin et de peinture, et à distribuer chaque année, le jour de la Saint Luc, deux médailles d'argent aux élèves qui se seraient distingués par leur progrès. L'Académie Saint-Luc organisait également des concours, des prix et des expositions (salons) dans différents lieux de Paris.

En 1732, l'Académie Saint-Luc des artistes de Paris interdit aux artisans toute copie d'œuvres sans autorisation.

Dans L'Almanach historique et raisonné des architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et ciseleurs de Paris, publié en 1776 par Delalain, la notice est rédigée par Lebrun : « Cette académie occupe près de Saint-Denis-de-la Chastre une maison où elle tient son bureau, dans lequel les amateurs comme les étrangers peuvent voir les chefs-d'œuvre des premiers artistes français, tels que Le Brun, Le Sueur, Mignard, Blanchard et autres, que l'on conserve soigneusement, ainsi que les chefs-d'œuvre des artistes modernes. On ne refuse à qui que ce soit cette douce satisfaction. il y a chaque jour, dans une salle, école publique où des professeurs enseignent tout ce qui concerne la peinture et la sculpture, la perspective, l'architecture et la géométrie. L'Académie doit à la bienfaisance dont M. le Marquis de Paulmy l'honore, quatre médailles, dont deux d'or et deux d'argent, que ce généreux seigneur distribue lui-même aux élèves qui ont montré au concours le plus de talent. »

En 1776, les élèves de Saint-Luc se sont réunis à ceux de l'Académie royale de peinture qui, pour les recevoir, a obtenu une seconde salle au Louvre consacrée à l'étude des modèles.

En 1777, toutes les communautés de métier ayant été supprimées, elle disparaît, et se trouve ensuite rétablie avec la protection du marquis d’Argenson, qui en était le protecteur depuis 1729.

Expositions[modifier | modifier le code]

L'Académie de saint-Luc a exposé :

Au XVIIe siècle
Au XVIIIe siècle
  • en 1751,1752,1753, 1756, 1762, 1764 et 1774.

Liste de membres[modifier | modifier le code]

Peintres qui ont exposé à l'Académie de saint-Luc[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edit… Portant suppression des communautés d'Arts et métiers ci-devant établies dans les villes du ressort du Parlement de Paris, et création de nouvelles communautés dans celles desdites villes dont l'État arrêté au Conseil [Le 25 avril 1777]
  2. Jules de Gaulle, Charles Nodier, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, 1840.
  3. Nathalie Heinich, Du peintre à l'artiste.
  4. Anne-Rosalie Boquet était la fille de Blaise Boquel, évantailliste à Paris, et de Marie-Rosalie Hallé, de la famille du peintre Noël Hallé (1711-1781). Elle était la petite fille de Nicolas-François Boquet, peintre du roi, et elle avait pour oncles Louis-René Bocquet, dessinateur de costumes de l'Opéra, inspecteur des Menus Plaisirs, et Antoine Deville, receveur du Marc d'or. Le 8 septembre 1777, elle devient la troisième épouse de Louis Filleul, concierge du Château de La Muette, à Paris.
  5. Inventaire après le décès de Jean-Baptiste Lechantre[1].
  6. biographie de Emil Kren and Daniel Marx.
  7. Fils d'un maître tailleur d'habits de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, épouse Marie-Joseph-Julie Montseignat, qui lui donne deux fils.
  8. Henri Martin, Histoire de la Bibliothèque de l'Arsenal, Paris, Plon et Nourrit, 1900, page 216.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Explication des Ouvrages de Peinture et de Sculpture de Messieurs de l'Académie de Saint-Luc, par M. Eisen, peintre de cette Académie et de celle des beaux-arts de Rouen, Paris, 1751
  • Jules Guiffrey, Livrets des expositions de l'Académie de Saint-Luc à Paris pendant les années 1751, 1752, 1753, 1736, 1762, 1764 et 1774, avec une notice et une table, (1915), Librairie des Arts et Métiers, Nogent-le-Roi, 1991, Réédition par Jacques Laget.
  • Nathalie Heinich, Du peintre à l’artiste. Peintres et académiciens à l’âge classique, collection « Paradoxe », Paris, Minuit, 1993, (ISBN 9782707314543).
  • Jérôme de La Gorce, dir. La Condition sociale de l'artiste. XVIe – XXe siècle, Paris, 1987.