Hélène Bertaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article ayant un titre homophone, voir Hélène Berthaud.
Hélène Bertaux
Hélène Bertaux 1864 par Étienne Carjat BNF Gallica.jpg

Hélène Bertaux travaillant au modèle de la fontaine Herbet, photographiée par Étienne Carjat en 1864,
Paris, Bibliothèque nationale de France.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Joséphine Charlotte Hélène Pilate
Nationalité
Activité
Maître
Œuvres réputées
Psyché sous l'empire du mystère
Le Printemps, L'Été, L'Automne, L'Hiver

Hélène Bertaux, plus connue sous le nom de Madame Léon Bertaux, née Joséphine Charlotte Hélène Pilate à Paris le 4 juillet 1825, et morte à Saint-Michel-de-Chavaignes le 20 avril 1909, est une sculptrice française et une militante des droits des femmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle débute son activité artistique en 1837 aux côtés du compagnon de sa mère, le sculpteur Pierre Hébert. Elle y réalise de nombreuses sculptures de petites dimensions, telles que des pendules, très prisées à cette époque, avant de se tourner vers des œuvres d'une taille plus importante[1]. Mariée puis séparée de son premier mari, elle signera ses œuvres, dès 1854, sous le nom de « Madame Léon Bertaux », du nom de son second mari, Léon Bertaux (mort en 1915), qu'elle épouse en 1866, après la mort de son premier mari en 1865.

Son combat pour la place des femmes dans l'art[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, dans le domaine de l'art, les femmes sont souvent considérées, par les artistes masculins, comme des muses inspiratrices et des modèles, mais rarement reconnues comme artistes, à part quelques exceptions, comme Marie d'Orléans ou Rosa Bonheur, contemporaine d'Hélène Bertaux. À cette époque, l'École des beaux-arts leur est interdite et les préjugés négatifs quant à leur capacité à produire des œuvres d'art de qualité sont encore profondément ancrés dans la société[1].

Devant les difficultés que rencontrent les femmes qui veulent se destiner à la sculpture, Hélène Bertaux décide alors d'ouvrir un atelier de dessin et de modelage en 1873, puis une école de sculpture réservée aux femmes françaises et catholiques en 1881 dans sa demeure[2]. Elle crée l'Union des femmes peintres et sculpteurs en décembre 1881, association bientôt reconnue d'utilité publique, et dont elle sera la première présidente jusqu'en 1894. Le but de cette association est d'organiser un salon annuel et de faire la promotion de la production artistique des femmes.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Psyché sous l'empire du mystère, bronze, Paris, Petit Palais.

Elle expose régulièrement au Salon annuel et reçoit de nombreuses commandes. Sa série de quatre statues décoratives des Quatre saisons sont éditées en fonte par la fonderie Durenne avant 1868 ; le modèle original de L'Automne, conservé dans le parc du Jard à Saint-Dizier, étant plus dénudé que sa variante éditée et diffusée de par le monde[3]. En 1864, son travail est enfin reconnu par ses pairs masculins puisqu'elle reçoit commande d'un grand bas-relief (La Navigation) pour le fronton de la nouvelle façade du palais des Tuileries, suivi en 1878 d'un second bas-relief (La Législation) pour le fronton du palais du Louvre sur la cour du Carrousel. La même année, elle rencontre un vif succès avec sa Jeune fille au bain. La consécration vient lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889 où elle reçoit une médaille d'or de première classe pour le plâtre de sa Psyché sous l'empire du mystère[4].

Elle fait partie de la délégation de femmes françaises artistes présentées à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, regroupées dans le Woman's Building[5].

En 1894, elle quitte l'Union des femmes peintres et sculpteurs, pour se consacrer entièrement à son rêve de toujours : faire bénéficier les femmes de la qualité et de la gratuité de l'enseignement de l'École des beaux-arts de Paris. Grâce à sa mobilisation et à son acharnement, les femmes y seront enfin admises dès 1897 (pleinement en 1900) et pourront participer au concours du prix de Rome à compter de 1903[2].

Parallèlement à cette lutte, elle continue à sculpter, présentant encore une œuvre au Salon de 1900.

Elle passera les derniers jours de sa vie à Saint-Michel-de-Chavaignes (Sarthe), au château de Lassay, acheté en 1897, où elle mourra en 1909. Elle est inhumée dans le cimetière communal. Hélène Bertaux avait été promue officier de l'Instruction publique.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
L'Automne, statue en fonte, Saint-Dizier, parc du Jard.
Au Chili
  • Santiago de Chile, plaza de Armas :
    • Le Printemps, statue en fonte[6] ;
    • L'Été, statue en fonte[7] ;
    • L’Automne, statue en fonte[8] ;
    • L'Hiver, statue en fonte[9] ;
  • Lota, parc Isadora Cousiño :
    • Le Printemps, statue en fonte[10] ;
    • L'Été, statue en fonte[11] ;
    • L’Automne, statue en fonte[12] ;
    • L'Hiver, statue en fonte[13] ;
En France
Au Portugal
  • Porto, jardins du Palácio de Cristal :
    • L'Été, statue en fonte[23] ;
    • L'Hiver, statue en fonte[24].

Salons[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Pauline Craven, Récit d'une sœur, [récit de l'histoire de son frère Léon et de son épouse Hélène Bertaux, tous deux sculpteurs], Paris, Librairie Didier et Cie, 1866 (en ligne sur Gallica).
  • Édouard Lepage, Une conquête féministe - Mme Léon Bertaux, Imprimerie française, Paris, 1911. Réédition en 2009, (ISBN 2746606100))
  • Sophie Jacques, La statuaire Hélène Bertaux (1825-1909) et la tradition académique – Analyse de trois nus, Mémoire de maîtrise en histoire de l'art, Québec, Université Laval, 2015. 173 p. ( en ligne sur Archimède).

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie d'Hélène Bertaux
  2. a et b Investissement d'Hélène Bertaux pour défendre la cause des femmes dans l'art
  3. a et b « Les quatre saisons – L’Automne – Montier-en-Der (volée) », notice sur e-monumen.net
  4. La consécration pour Hélène Bertaux
  5. (en)« French Women Painters: 1893 Chicago World's Fair and Exposition » par K.L. Nichols, sur arcadiasystems.org, en ligne.
  6. « Le Printemps – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  7. « L’Été – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  8. « L’Automne – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  9. « L’Hiver – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  10. « Le Printemps d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  11. « L’Été d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  12. « L’Automne d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  13. « L’Hiver d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  14. « Fontaine Herbet – Amiens (fondue) », notice sur e-monumen.net
  15. « Les quatre saisons – le printemps – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  16. « Les quatre saisons – l’été – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  17. « Les quatre saisons – l’automne – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  18. « Les quatre saisons – l’hiver – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  19. « Les quatre saisons – Le printemps – Montier-en-Der », notice sur e-monumen.net
  20. « Les quatre saisons – L’Eté – Montier-en-Der (volé) », notice sur e-monumen.net
  21. « Automne – Le Jard – Saint-Dizier », notice sur e-monumen.net
  22. « Fontaine (l’été) – Savigny-sur-Orge (détruit) », notice sur e-monumen.net
  23. « L’Été – Palácio de Cristal – jardins – Porto », notice sur e-monumen.net
  24. « L’Hiver – Palácio de Cristal – jardins – Porto », notice sur e-monumen.net
  25. « Bénouville 1864 ; Berlioz 1864 ; Bertaux 1864 ; Bertaux 1864 », en ligne sur Gallica

Liens externes[modifier | modifier le code]