Hélène Bertaux

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Hélène Bertaux
Hélène Bertaux 1864 par Étienne Carjat BNF Gallica.jpg

Hélène Bertaux travaillant au modèle de la fontaine Herbet, photographiée par Étienne Carjat en 1864,
Paris, Bibliothèque nationale de France.

Naissance
Décès
Autres noms
Madame Léon Bertaux
Nationalité
Activité
Maître
Lieu de travail
Distinction
Officier des Palmes académiques (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées
Psyché sous l'empire du mystère
Jeune Gaulois prisonnier
Jeune fille au bain

Hélène Bertaux, plus connue sous le nom de Madame Léon Bertaux, née Joséphine Charlotte Hélène Pilate à Paris le et morte à Saint-Michel-de-Chavaignes le , est une sculptrice française et une militante pour les femmes artistes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'un milieu d'artisans modestes, proches des idées saint-simoniennes favorables à l'émancipation des femmes, Hélène Bertaux, commence sa formation très tôt aux côtés du compagnon de sa mère, le sculpteur Pierre Hébert. Elle y réalises de nombreuses sculptures de petites dimensions, telles que des pendules, très prisées à cette époque, avant de se tourner vers des œuvres d'une taille plus importante[1]. Par la suite, elle se formera auprès du sculpteur Auguste Dumont.

Marié à François Augustin Allélit (nom, sous lequel elle expose au Salon de 1849), elle s'en séparera rapidement. Dès 1854, elle signe ses œuvres du nom de « Madame Léon Bertaux », nom de son nouveau compagnon qu'elle ne pourra épouser qu'en 1866[2], après la mort de son premier mari[Notes 1], puisque le divorce était alors interdit.

Médaillée plusieurs fois au Salon, elle y sera déclarée hors concours en 1873. Lors de l'Exposition universelle de 1889, elle est la première sculptrice à recevoir une médaille d'or[3].

Son combat pour la place des femmes dans l'art[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, dans le monde de l'art, les femmes sont souvent considérées par les artistes masculins comme des muses inspiratrices et des modèles, mais rarement reconnues comme artistes[4], à part quelques exceptions comme Rosa Bonheur ou Marcello, contemporaines d'Hélène Bertaux. À cette époque, l'École des beaux-arts de Paris leur est interdite et les préjugés négatifs quant à leur capacité à produire des œuvres d'art de qualité sont encore profondément ancrés dans la société[5].

Devant les difficultés que rencontrent les femmes qui veulent se destiner à la sculpture, Hélène Bertaux décide alors d'ouvrir un atelier de dessin et de modelage en 1873, puis un atelier de sculpture en 1880. En décembre 1881, elle crée l'Union des femmes peintres et sculpteurs (UFPS), association reconnue d'utilité publique en 1892, dont elle sera la première présidente jusqu'en 1894. Le but de cette association étant de permettre aux femmes françaises et étrangères d'obtenir un véritable statut d'artiste et de créer une solidarité entre elles. Pour cela, elle met en place un Salon annuel spécifique, sans jury de sélection, et mêlant artistes débutantes et artistes reconnues. Elle en assure la promotion auprès de l'État, de la presse généraliste ou féministe, des hommes politiques et des collectionneurs.

En 1889, Hélène Bertaux va mener un combat de longue haleine pour tenter de réaliser son rêve : faire bénéficier les femmes de la qualité et de la gratuité de l'enseignement de l'École des beaux-arts de Paris, et leur permettre d'accéder au prestigieux concours du prix de Rome. Grâce à sa mobilisation et à son acharnement, les femmes artistes seront enfin admises aux Beaux-Arts[Notes 2] et pourront participer aux différentes concours, dont celui du grand prix de Rome à compter de 1903.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Psyché sous l'empire du mystère, bronze, Paris, Petit Palais.

En 1864, son travail est enfin reconnu par ses pairs masculins puisqu'elle reçoit commande d'un grand bas-relief — La Navigation —, pour le fronton de la nouvelle façade du palais des Tuileries, qui sera suivi en 1878 d'un second bas-relief — La Législation — pour le fronton du palais du Louvre sur la cour du Carrousel à Paris. En 1864, le modèle en plâtre de son Jeune Gaulois prisonnier, et sa version en marbre de 1867, lui valent deux médailles. En 1873, elle rencontre un réel succès avec sa Jeune fille au bain et est dès lors déclarée hors concours au Salon annuel. Elle connaît une véritable reconnaissance officielle lors de l'Exposition universelle de 1889 à Paris, où elle reçoit une médaille d'or de première classe pour le plâtre de sa Psyché sous l'empire du mystère[Notes 3].

Elle fait partie de la délégation de femmes françaises artistes qui, au cours de l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, exposeront volontairement dans le Woman's Building[6], bâtiment créé par l'architecte Sophia Hayden, séparé du palais officiel, des Beaux-arts.

En désaccord avec l'artiste peintre Virginie Demont-Breton, Hélène Bertaux quittera la présidence de l'UFPS en 1894, tout en restant présidente honoraire.

Elle continuera à sculpter, présentant régulièrement ses œuvres au Salon de l'UFPS jusqu'en 1897 ainsi qu'au Salon de la Société des artistes français jusqu'en 1900. Elle sera d'ailleurs la première femme admise à faire partie du jury de sélection de ce Salon en 1897.

Hélène Bertaux sera promue officier de l'Instruction publique avant de mourir en 1909, quasi oubliée, à Saint-Michel-de-Chavaignes (Sarthe), au château de Lassay[Notes 4]. Elle y est inhumée dans le cimetière communal.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

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Jeune Gaulois prisonnier (1867), marbre, musée des beaux-arts de Nantes.
En France 

Éditions en fonte[modifier | modifier le code]

Les statues des quatre saisons — Le Printemps, L'Été, L'Automne et L'Hiver — ont été éditées en fonte par la fonderie Durenne et diffusées en France (Savigny-sur-Orge, Montier-en-Der, Fleurance, Saint-Dizier), au Portugal (dans les jardins du Palácio de Cristal à Porto[13],[14]) et au Chili (au parc Isadora Cousiñ à Lota[15],[16],[17],[18] et sur la plaza de Armas à Santiago de Chile[19],[20],[21],[22]).

Salons[modifier | modifier le code]

Liste établie d'après les catalogues des salons[23].

  • Salon de l'Académie des beaux-arts :
    • 1849 : Portrait de Mlle Gabrielle de V… (sous le nom de son premier mari « Allélit ») ;
    • 1857 : Portrait de M. P. de B… ;
    • 1861 : L'Hiver ; Pour les pauvres, s'il vous plaît ;
    • 1863 : Assomption de la Vierge ; Fontaine Herbet, maquette en plâtre ;
    • 1864 : Jeune Gaulois prisonnier, statue en plâtre ;
    • 1865 : L'Amour dominateur ;
    • 1867 : Jeune Gaulois prisonnier, statue en marbre ;
    • 1866 : Les Caresses fatales ;
    • 1868 : Saint Mathieu, plâtre ;
    • 1873 : Jeune fille au bain, plâtre  ;
    • 1874 : Jeune Gaulois prisonnier, statue en bronze ;
    • 1875 : Le Printemps, bronze :
    • 1876 : Une jeune Fille au bain, marbre ;
    • 1880 : Portrait de M. Émile Cardon.
  • Salon des artistes français :
    • 1881 : Sophie Arnould, buste en marbre ; Louise Belloc, buste en marbre.
    • 1882 : Portrait de M. de Marc Buttet du Bourget ;
    • 1885 : François Boucher, buste en marbre ;
    • 1889 : Psyché sous l'empire du mystère, statue en plâtre ;
    • 1900 : En Égypte, statue en marbre.
  • Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs de 1882 à 1897.
  • Exposition universelle de Chicago de 1893 : Psyché sous l'empire du mystère, statue en bronze.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit.
  • Édouard Lepage, Une conquête féministe - Mme Léon Bertaux, Paris, Imprimerie française J. Dangon, 1911. Réédition en 2009, Soleil en livres (ISBN 978-2-7466-0610-4).
  • Sophie Jacques, La statuaire Hélène Bertaux (1825-1909) et la tradition académique – Analyse de trois nus, Mémoire de maîtrise en histoire de l'art, Québec, Université Laval, 2015. 173 p. (en ligne sur Archimède).
  • Pauline Craven, Récit d'une sœur, Paris, Librairie Didier et Cie, 1866 (en ligne sur Gallica).
    Récit de l'histoire de son frère Léon et de son épouse Hélène Bertaux, tous deux sculpteurs.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le 7 juillet 1865.
  2. Partiellement dès 1896-1897, et pleinement en 1900.
  3. Cette oeuvre est conservée au musée de Sète, musée Paul-Valéry. Hélène Bertaux fut la première sculptrice à obtenir une telle récompense à l'occasion d'une exposition.
  4. Acheté en 1897.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Édouard Lepage, Une conquête féministe - Mme Léon Bertaux, Paris, Imprimerie française J. Dangon Soleil en livres., 1911. réédition en 2009, 214 p. (ISBN 978-2-7466-0610-4)
  2. « Acte de mariage Bertaux-Pilate, 7 juin 1866, Paris 11e », sur Archives départementales de Paris, page 4, acte n°42 (consulté le 11 novembre 2017).
  3. Mathilde Huet, « Hélène Bertaux (1825-1909). », sur la base Joconde, (consulté le 11 novembre 2017).Notice rédigée à l'occasion du centenaire de son décès.
  4. Caterine Gonnard et Elisabeth Lebovici, femmes artistes/artistes femmes, Paris, Hazan, (ISBN 978 2 7541 0206 3)
  5. [PDF] Biographie d'Hélène Bertaux sur vpah.culture.fr.
  6. (en) World's Columbian Exposition, 1893 : Official catalogue : pt. XIV, woman's building, Chicago, 1893 (en ligne).
  7. « Fontaine Herbet – Amiens (fondue) », notice sur e-monumen.net.
  8. Sophie Jacques, La statuaire Hélène Bertaux (1825-1909) et la tradition académique – Analyse de trois nus, Québec, Université de Laval,
  9. « Les quatre saisons – le printemps – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  10. « Les quatre saisons – l’été – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  11. « Les quatre saisons – l’automne – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  12. « Les quatre saisons – l’hiver – Fleurance », notice sur e-monumen.net
  13. « L’Été – Palácio de Cristal – jardins – Porto », notice sur e-monumen.net
  14. « L’Hiver – Palácio de Cristal – jardins – Porto », notice sur e-monumen.net
  15. « Le Printemps d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  16. « L’Été d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  17. « L’Automne d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  18. « L’Hiver d’Hélène Bertaux – Parque Isidora Cousiño – Lota », notice sur e-monumen.net
  19. « Le Printemps – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  20. « L’Été – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  21. « L’Automne – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  22. « L’Hiver – Municipalidad – Santiago de Chile », notice sur e-monumen.net
  23. Pierre Sanchez (dir.), Catalogues : Salon de l'Académie des beaux-arts, Salon de la Société des artistes français, Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs., Dijon, L'Échelle de Jacob, 1999-2014
  24. disponible sur Gallica « Bénouville 1864 ; Berlioz 1864 ; Bertaux 1864 ; Bertaux 1864 »]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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