Nicolas Bourriaud

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Nicolas Bourriaud, né le , est un commissaire d'exposition, historien de l'art et critique d'art français, spécialisé dans l'art contemporain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'Institut supérieur des carrières artistiques (ICART) à Paris[1], Nicolas Bourriaud commence une carrière de critique d'art au milieu des années 1980 avec des contributions régulières pour les magazines New Art International[2], Artstudio [3], Opus international, Flash Art international[4], Art press[5], etc. En 1989, il commence à collaborer à Beaux Arts magazine[6] où il tient également une chronique depuis 1998, interrompue entre 2010 et 2013 en raison de ses fonctions au Ministère de la Culture. Certains de ses écrits critiques, parus tout au long d'une période qui va de 1986 à la fin des années 1990, sont en quelque sorte la préfiguration des concepts élaborés par Bourriaud[7].

En 1992, Bourriaud fonde la revue Documents sur l'art puis cofonde en 1995 la Revue Perpendiculaire (disparue en 1999), émanation directe de la Société perpendiculaire née dans la région de Niort une dizaine d'années plus tôt[8]. En 2008, il fonde la revue Stream avec l'architecte Philippe Chiambaretta et l'éditeur Christophe Le Gac[9].

À la fin des années 1990, il commence à publier des ouvrages. Après un roman expérimental (L’Ère tertiaire), il inaugure une série d'ouvrages théoriques dont Formes de vie. Une généalogie de la modernité, Esthétique relationnelle, Postproduction, Radicant, lesquels sont traduits en plusieurs langues.

En 1996, il est le commissaire de l'exposition Traffic[10] au CAPC Bordeaux, qui révèle une nouvelle génération d'artistes autour de la notion d'esthétique relationnelle, parmi lesquels Rirkrit Tiravanija, Philippe Parreno, Gabriel Orozco, Dominique Gonzalez-Foerster, Liam Gillick, Pierre Huyghe, Maurizio Cattelan ou Vanessa Beecroft.

De 2000 à 2006, il codirige avec Jérôme Sans le nouveau Palais de Tokyo à Paris.

Proche d'Arnaud Montebourg, Nicolas Bourriaud avec Jérôme Sans et Stéphane Fouks est l'inventeur de L'Atelier, le QG de la campagne électorale présidentielle de Lionel Jospin en 2001[11].

En 2007, il est nommé à la Tate Britain au poste de Gulbenkian curator for contemporary art, responsable de la « Tate Triennial » 2009 : cette exposition est destinée à montrer, tous les trois ans, les derniers développements de l'art actuel. « Altermodern » pose comme principe la fin du post-modernisme, et l'émergence d'une modernité spécifique à l'ère de la globalisation, basée sur les notions de traduction comme génératrice de formes, et d'errance inter-culturelle.

En , il revient à Paris pour y occuper les fonctions de chef de l'Inspection de la création artistique au ministère de la Culture.

D' à , Nicolas Bourriaud dirige l'École nationale supérieure des beaux-arts (Paris)[12],[13]. Son éviction est largement commentée dans la presse[14],[15].

En , il est nommé chef de projet du futur centre d'art contemporain de Montpellier Métropole, et directeur de La Panacée. Il devient en 2017 Directeur Général de Montpellier Contemporain (MoCo), l'établissement public qui rassemble ces deux lieux et l'École Supérieure des Beaux-arts de Montpellier (MO.CO. ESBA).

En 2019 il est est le commissaire de la 16ème Biennale d'Istanbul 2019[16] Cette exposition vint compléter une trilogie consacrée aux effets de l'anthropocène sur l'art contemporain, initiée en 2014 avec la Biennale de Taipei, "The Great acceleration", et "Crash Test. La Révolution moléculaire" organisée à Montpellier, qui regroupait une génération d'artistes « qui travaille le réel à son niveau moléculaire, en organisant des connections entre la réalité physique/chimique et les cultures humaines. Ils/Elles décrivent le monde actuel (ses sociétés,ses cultures...) à partir des matières (brutes ou synthétiques) qui le composent, et non plus à partir de données purement sociales, ni même humaines. »

Commissaire d'exposition[modifier | modifier le code]

  • "Courts-métrages immobiles", Biennale de Venise, 1990
  • "Il faut construire l'Hacienda" (avec Éric Troncy), CCC Tours, 1992
  • "Aperto", Biennale de Venise, 1993
  • "Traffic", Capc Bordeaux, 1996
  • "Joint Ventures", Basilico Fine arts, New York, 1996
  • "Le Capital : tableaux, diagrammes et bureaux d'études", CRAC Sète, 1999
  • "Contacts: relations, bricolage et travaux de consommation", Kunsthalle Fribourg, 2001
  • "Postproduction : sampling, displaying and programming", San Gemignano, 2001
  • "Touch", San Francisco Art Institute, 2002
  • "GNS : global navigation system", Palais de Tokyo, Paris, 2003
  • "Playlist", Palais de Tokyo, 2004
  • "Tetsumi Kudo / Michel Blazy", Palais de Tokyo, 2004
  • "Stock zéro : prologue", MNAC Bucarest, 2004
  • "Thomas Hirschhorn : 24 h Foucault", Palais de Tokyo, 2004
  • Biennale de Moscou (avec H.U. Obrist, D. Birnbaum, I. Boubnova, J. Backstein, R. Martinez), 2005 et 2007
  • Biennale de Lyon (avec J. Sans) : "Expérience de la durée", 2005
  • "Translation" (la collection Dakis Joannou mise en scène par M/M), Palais de Tokyo, 2005
  • "Are you experienced?" (avec P. Falcone), Pescara, Bucarest et Budapest, 2006
  • "Estratos", Murcia, 2008
  • "Altermodern", Tate Britain, Londres, 2009
  • "Monodrome", Biennale d'Athènes 2011, avec Xenia Kalpatsoglou et Poka-Yo
  • "L'Ange de l'histoire", Palais des Beaux-arts, 2013
  • "Cookbook", Palais des Beaux-arts, 2013
  • "The Great Acceleration", Biennale de Taipei, 2014
  • "Threads (A phantasmagoria about distance), Biennale de Kaunas, Lituanie, 2015.
  • "Wirikuta", MECA Aguascalientes, Mexique, 2016.
  • "Retour sur Mulholland Drive", La Panacée, Montpellier, 2017.
  • "John Bock", La Panacée, Montpellier, 2017.
  • "Tala Madani", La Panacée, Montpellier, 2017.
  • "Sâadane Afif", La Panacée, Montpellier, 2017.
  • "Jacques Charlier : une rétrospective", La Panacée, Montpellier, 2017.
  • "Crash Test : la révolution moléculaire", La Panacée, Montpellier, 2018.
  • "Gianfranco Baruchello : une rétrospective", Villa Arson, Nice.

• "The Seventh Continent", 16e Biennale d'Istanbul, 2019.

Publications[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel de l'ICART
  2. "La Tragédie de l'absence", in New Art International, oct. 1986, no 1, p. 72.
  3. "L'Héritage de l'indifférence", in Artstudio, automne 1987, no 6, p. 28-37.
  4. "Giancarlo Politi, Helena Kontova : 20 ans de Flash Art", in Galeries Magazine, décembre 1987-janvier 1988, no 22, p. 50-51 & p. 134.
  5. "Laurent Joubert : la légende noire", in Art press, mai 1988, no 125, p. 38.
  6. "Erik Dietman", "Dokoupil", "Opalka", in Beaux-Arts Magazine (Spécial FIAC), 1989, p. 44-45, p. 46-47, & p. 50-51.
  7. Voir notamment "Notes on radicantity", in New Art International, mai 1989, no 3, p. 25-27 et "L'Idéologie comme décor et l'art comme invention", in Documents sur l'art, mars 1992, no 0, p. 16-21.
  8. Voir l'ouvrage Société perpendiculaire. Rapport d'activités 1985-2000, éditions Images Modernes, Paris, 2002.
  9. Éditions Archistorm, Monografik.
  10. (en) « Best in Show: 1996–2000 | Frieze », sur Frieze (consulté le 28 août 2020)
  11. Denis Pingaud, l'impossible défaite cité par Guy Benhamou, Arnaud Montebourg l'ambition à tout prix, Stock
  12. La Tribune de l'art, 31 octobre 2011
  13. Voir sur connaissancedesarts.com.
  14. Beaux-Arts : un vaudeville où l'on croise Gayet, Holtz, Pellerin et bien d'autres, tempsreel.nouvelobs.com, 8 juillet 2015
  15. Fleur Pellerin, Nicolas Bourriaud, Julie Gayet : la guerre est déclarée?, valeursactuelles.com, 8 juillet 2015
  16. , intitulée "Le Septième continent", en référence aux masses de plastique flottant dans les océans. Nicolas Bourriaud commissaire de la Biennale d’Istanbul 2019
  17. Lire la critique de Pierre Marcelle, Libération, 25 septembre 1997.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]