Augustin Pajou

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Augustin Pajou
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Adélaïde Labille-Guiard, Portrait de Pajou, sculpteur (1783),
Paris, musée du Louvre.
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Lieu de travail
Enfant
Distinction
Prix de Rome ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Augustin Pajou né le à Paris et mort dans la même ville le est un sculpteur néoclassique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pluton enchaînant Cerbère (1760), marbre, Paris, musée du Louvre.
Mercure (1780), marbre, Paris, musée du Louvre.

Fils d'un sculpteur-menuisier, Augustin Pajou grandit à Paris, dans le faubourg Saint-Antoine. Élève du sculpteur Jean-Baptiste Lemoyne (1704-1778), il est lauréat du prix de Rome en sculpture de 1748.

Le roi Louis XV lui offre son aide financière lorsqu'il étudie à l'Académie de France à Rome.

En 1761, il épouse Angélique Roumier, fille du sculpteur Claude Roumier. De leur union naissent deux enfants : Flore Catherine Pajou (1764-1841)[1] et Jacques Augustin Catherine Pajou (1766-1828) qui fut peintre d'histoire et de portraits.

Agréé à l'Académie royale à Paris en 1759, il y est reçu en 1760 avec son marbre de Pluton enchaînant Cerbère (Paris, musée du Louvre)[2]. Il est nommé professeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture le et est promu recteur le , confirmé le . Il succède à Jean-Marc Nattier et sera remplacé par Jean-Guillaume Moitte en 1809[3].

Comme son ami Charles de Wailly dont il orna la maison de la rue de la Pépinière (actuel 49, rue La Boétie), il fut protégé par le marquis de Voyer, Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson. Il œuvra ainsi en 1768-1769 au relief de la grange-écurie du château des Ormes figurant Cybèle recevant toutes les productions de la Terre, transporté par voie d'eau depuis Paris. Pajou participa parallèlement à la décoration de l'hôtel du marquis, dit hôtel d'Argenson ou Chancellerie d'Orléans. Suivant les conseils du grand anticomane Julien-David Leroy, promoteur du goût à la grecque, il réalisa les superbes cariatides en bronze et or de la salle à manger de l'hôtel. Pajou œuvra enfin au troisième grand chantier du marquis de Voyer et de son ami De Wailly : la décoration du corps central du château des Ormes entre 1768 et 1773 au moins, date du dernier contact attesté avec le marquis.

Comme De Wailly et Voyer, Pajou fut franc-maçon, faisant partie de la loge des Neuf Sœurs. Il est enterré au cimetière de Fontenay-aux-Roses.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

  • Amiens, Musée de Picardie[5] :
    • Faune ;
    • Silène ;
  • Beaune, Hospices de Beaune : Gaspard de Clermont-Tonnerre, 1767, buste en marbre.
  • Montpellier, musée Fabre :
    • La Marine : Colbert et Duquesnes, 1786, terre cuite.
    • Portrait d'un homme inconnu, 1791, buste en terre cuite.
    • Portrait de madame Jean Allut, vers 1792-1794, buste en terre cuite.
    • Portrait de Jean-Baptiste Riban, 1793, buste en terre cuite.
    • Portrait de Beauvais de Préau, 1793, buste en plâtre.
    • Portrait de Paul-François dit Paulin des Hours, 1794, buste en terre cuite.
    • Portrait d'une petite fille inconnue, 1794, buste en terre cuite.
  • Les Ormes, château des Ormes : Cybèle recevant l'offrande de toutes les productions de la Terre, 1768-1769, relief du fronton de la grange-écurie.
  • Paris :
    • Beaux-Arts de Paris :
      • La Leçon d'anatomie, pierre noire, plume, encre brune, lavis brun et estompe, H. 0,409 ; L. 0,581 m[6]. Daté de 1764, Pajou adopte pour ce dessin une composition quasi frontale dans un parti pris antiquisant et théâtral qui illustre parfaitement son goût pour le renouveau stylistique du mouvement néoclassique[7].
      • Trépied antique, pierre noire, H. 0,272 ; L. 0,204 m[8],[9].
      • Buste d'Antinoüs, pierre noire, H. 0,272 ; L. 0,210 m[8], cette étude consciencieuse nous donne à voir un art antique idéal tel que considéré par Pajou et ses contemporains[10].
      • Fragment d'un atlante canéphore, pierre noire, plume, encre brune et lavis brun, H. 0,286 ; L. 0,200 m[8], dessin qui se distingue des études dessinées de ses camarades artistes en proposant un point de vue particulier et qui suggère la prise de motif sur le vif à l'occasion d'une découverte archéologique[11].
      • Heaume étrusque, pierre noire, plume, encre brune et lavis brun, H. 0,278 ; L. 0,237 m[8], exécuté lors de son séjour à Naples en 1755, ce casque a été exhumé lors de la fouille d'Herculanum[12].
    • Bibliothèque Mazarine : Buffon, attribution, buste en terre cuite.
    • Comédie-Française : Carlin Bertinazzi, 1763, buste.
    • fontaine des Innocents : une partie de la statuaire.
    • musée de la franc-maçonnerie : Voltaire, buste.
    • musée du Louvre :
      • Pluton enchaînant Cerbère, 1760, groupe en marbre[13]
      • Mercure ou Le Commerce, 1780, statue en marbre[14]
      • Psyché abandonnée, 1790, statue en marbre[15]
      • Ariane abandonnée, 1796, statuette en terre cuite[16]
      • Fleuve, 1762, statuette en terre cuite[17]
      • Anacréon arrachant une plume aux ailes de l'Amour, vers 1750, groupe en terre cuite[18]
      • Bacchante au tambour de basque avec deux enfants (1774), groupe en pierre[19]
      • Cérès, statuette en marbre[20]
      • Diogène cherchant l'homme, 1781, bas-relief en terre cuite[21]
      • La Terre ou Le Triomphe de Cybèle, 1765-1770, bas-relief en plâtre peint. Provient du salon de l'hôtel de Voyer d'Argenson[22]
      • L'Air ou Borée enlevant Orythie, 1765-1770, bas-relief en plâtre peint. Provient du salon de l'hôtel de Voyer d'Argenson[23]
      • Le Feu ou Pluton enlevant Proserpine, 1765-1770, bas-relief en plâtre peint. Provient du salon de l'hôtel de Voyer d'Argenson[24]
      • L'Eau ou Neptune protégeant Amymone, 1765-1770, bas-relief en plâtre peint. Provient du salon de l'hôtel de Voyer d'Argenson[25]
      • Blaise Pascal, 1785, statue en marbre, de la série Les grands hommes de la France[26]. Modèle en plâtre exposé au Salon de 1781[27]
      • Buffon (1707-1788), vers 1788, statuette en terre cuite[28]
      • Portait de Madame du Barry, 1773, buste en marbre[29]
      • Allégorie à la reine Marie Leszczynska, avant 1771, groupe en marbre[30]
      • Portrait d'Élisabeth Vigée-Lebrun, 1783, buste, terre cuite[31]
      • Portrait de Natalie de Laborde, 1789, buste en terre cuite[32]
      • Portrait de Jean-Baptiste II Lemoyne, après 1778, buste en bronze[33]
      • Portrait de Pierre-François Basan, 1768, buste en terre cuite[34]
      • Bossuet, 1779, statuette en terre cuite[35]
      • Projet de monument funéraire, bas-relief en terre cuite[36]
      • Projet de monument funéraire, 1785, bas-relief en terre cuite[37]
    • Palais-Royal, fronton de la façade : Femmes et enfants avec un écusson à couronne ducale, 1765.
  • Valence, musée d'Art et d'Archéologie : Portrait d'Hubert Robert, 1787, buste en terre cuite.
  • Versailles, château de Versailles : décor de l'opéra.

Royaume Uni[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Cachau, Les décors de l'hôtel de Voyer d'Argenson, dit Chancellerie d'Orléans (1765-1772). Recherche et analyse des trois pièces sur le jardin du Palais-Royal, étude pour le World Monuments Fund Europe, Paris, 2013.
  • Philippe Cachau, Le château des Ormes, service de l'Inventaire de Poitou-Charentes, Geste éditions, coll. « Parcours du Patrimoine », 2013.
  • James David Draper et Guilhem Scherf, Pajou. Sculpteur du Roi 1730-1809, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1997. — Catalogue d'exposition. Paris, musée du Louvre, du au , New York, The Metropolitan Museum of Art, du au du .
  • Guilhem Scherf (dir.), Augustin Pajou et ses contemporains, Paris, Louvre/La documentation française, 1999, 624 p. (ISBN 2-11-004393-8).
  • Luc Vezin, « Les belles de Pajou », Beaux-Arts, no 162, novembre 1997, pp. 64 à 69.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle épouse en 1781 le sculpteur Clodion et divorce en 1794, puis se remarie en 1796 avec Louis Pierre Martin, dit Saint-Martin (1714-1778), architecte, auteur des Réflexions en réponse de M. l’abbé d’Espagnac, touchant l’abbé Suger… ; Les établissemens de St. Louis, Roi de France, suivant le texte original et rendus dans le langage actuel avec des Notes, suivi du Panégyrique de St. Louis, 1784 ; Panégyrique de St Vincent de Paul, inst. de la Congr. de la Mission et des Filles de la Charité…, 1787. Après divers métiers, il finit sa vie à Liège comme conseiller à la Cour d'appel (cf. « Saint-Martin (Louis-Pierre) », in: M. Pérennès, Biographie universelle, tome XI, Paris, Gauthier frères, 1834, p. 219 (en ligne). L'Ami de la religion et du roi, tome 21, Paris, Adrien Le Clere, 1819, pp. 91-96 (en ligne). Amateur d'art et collectionneur, il légua plusieurs tableaux à la Ville de Paris. Ancien conseiller clerc au Châtelet (de 1781 à 1790), il est le fils de Pierre Henri Martin dit de Saint-Martin, et de Marie Françoise Vassé, et neveu par sa mère du sculpteur Louis Claude Vassé et de l'architecte Claude Bacarit (cf. Henri Herluison, Actes d'état-civil d'artistes français…, Orléans, H. Herluison, 1873, p. 284 (en ligne).
  2. « Pluton enchaînant Cerbère », notice sur cartelen.louvre.fr.
  3. Frédéric Chappey, « Les professeurs de l'École des beaux-arts (1794-1873) », Romantisme, no 93, 1996, pp. 95-101.
  4. Notice sur le site du Getty Center.
  5. http://mobile.statuedefrance.fr/30
  6. « La leçon d'anatomie, Augustin Pajou, sur Cat'zArts »
  7. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, de l’alcôve aux barricades de Fragonard à David, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2016, p.142-143, Cat. 44
  8. a b c et d « Cat'zArts - Affichage d'une notice », sur www.ensba.fr (consulté le )
  9. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Poussin, Géricault, Carpeaux ... A l'école de l'antique, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2019, p. 78-84, Cat. 17.
  10. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Poussin, Géricault, Carpeaux ... A l'école de l'antique, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2019, p. 78-84, Cat. 18.
  11. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Poussin, Géricault, Carpeaux ... A l'école de l'antique, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2019, p. 78-84, Cat. 19.
  12. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Poussin, Géricault, Carpeaux ... A l'école de l'antique, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2019, p. 78-84, Cat. 20.
  13. Notice no 4380, base Atlas, musée du Louvre
  14. Notice no 2887, base Atlas, musée du Louvre
  15. Notice no 2381, base Atlas, musée du Louvre
  16. Notice no 2390, base Atlas, musée du Louvre
  17. Notice no 2404, base Atlas, musée du Louvre
  18. Notice no 2384, base Atlas, musée du Louvre
  19. Notice no 503, base Atlas, musée du Louvre
  20. Notice no 2393, base Atlas, musée du Louvre
  21. Notice no 2382, base Atlas, musée du Louvre
  22. Notice no 2424, base Atlas, musée du Louvre
  23. Notice no 2420, base Atlas, musée du Louvre
  24. Notice no 2419, base Atlas, musée du Louvre
  25. Notice no 2422, base Atlas, musée du Louvre
  26. Notice no 2433, base Atlas, musée du Louvre
  27. Notice sur le site du musée du Louvre
  28. Notice no 2485, base Atlas, musée du Louvre
  29. Notice no 2892, base Atlas, musée du Louvre
  30. Notice no 2889, base Atlas, musée du Louvre
  31. Notice no 2402, base Atlas, musée du Louvre
  32. Notice no 2401, base Atlas, musée du Louvre
  33. Notice no 2921, base Atlas, musée du Louvre
  34. Notice no 2395, base Atlas, musée du Louvre
  35. Notice no 24642, base Atlas, musée du Louvre
  36. Notice no 24639, base Atlas, musée du Louvre
  37. Notice no 28711, base Atlas, musée du Louvre
  38. « Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais - », sur www.photo.rmn.fr (consulté le ).
  39. Archives nationales.
  40. On remarquera sur ce document la signature malhabile de l'artiste due à une maladie semblable à celle qui affectera son fils Jacques Augustin Catherine Pajou qui écrira en 1823 qu'il est « cruellement tourmenté depuis une année par un tremblement nerveux continuel et toujours existant malgré les remèdes » (Lettre conservée à l'Institut national d'histoire de l'art, Paris, cote no 9926.
  41. Notice no 2383, base Atlas, musée du Louvre.