Charles Gleyre

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Charles Gleyre
Gleyre - Self portrait.jpg

Charles Gleyre, Autoportrait, château de Versailles.

Naissance
Décès
(à 68 ans)
Paris
Nom de naissance
Marc-Charles-Gabriel Gleyre
Nationalité
Activité
Maître
Élève
Mouvement
Mécènes
Influencé par
Œuvres réputées


Charles Gleyre[1], né le à Chevilly (canton de Vaud) et mort le à Paris, est un peintre suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

John Lowell Jr. (en) durant son voyage en Égypte (1898).

Après avoir étudié à Paris chez Louis Hersent, puis à Rome où il peint son premier tableau Les Brigands romains en 1831, il part en 1834, il accompagne John Lowell Jr. (en), industriel américain et amateur d'art fortuné pour un long voyage vers la Sicile, la Grèce, l'Égypte et le Soudan, puis au Proche-Orient. Lowell défraie le coût du voyage de Gleyre en échange de dessins de sites archéologiques. Ce dernier rentre à Paris en 1837, avec un problème de santé, sa vue s'étant altérée, vraisemblablement du fait d'un trachome qui le conduit plus tard à fermer son atelier[2].

Plusieurs de ses tableaux orientalistes sont détruits lors d'un incendie au Caire en 1837.

En 1840, Le duc de Luynes lui commande une peinture murale pour son château de Dampierre, qui sera remplacée quelque temps après par une peinture de Dominique Ingres[3].

Il expose Le Soir, plus tard appelé Les Illusions perdues[4], au Salon de 1843. Peintre au dessin irréprochable, Charles Gleyre annonce les artistes symbolistes par la poésie de cette œuvre aux teintes irréelles. L'œuvre rencontre un vif succès au Salon et fera son entrée au Louvre.

Il est nommé professeur à l'École des beaux-arts de Paris en 1843, en remplacement de Paul Delaroche de qui il récupère aussi son atelier, surnommé La République[5]. Il ouvre aussi une Académie, ou atelier, au no 69 de la rue de Vaugirard[6], décrit par George du Maurier dans son roman Trilby. Sont formés dans cet atelier certains de ceux qui deviendront les peintres impressionnistes, Alfred Sisley, Claude Monet, Frédéric Bazille, Ludovic-Napoléon Lepic et Auguste Renoir, ce dernier suivant également les cours de Gleyre aux beaux-arts[7]. La plupart du temps, Gleyre est d'une grande générosité avec ses élèves : il ne leur fait payer que le loyer et les modèles. N'aimant pas blesser ses élèves, il veille avant tout à préserver la personnalité de ceux-ci.[5]

Son art prône le retour à l'antique. Il dit à Claude Monet : « Rappelez-vous donc, jeune homme, que, quand on exécute une figure, on doit toujours penser à l'antique. »[8],[9] Le soir même, Claude Monet réunit Frédéric Bazille, Auguste Renoir et Alfred Sisley et leur suggère, selon sa déclaration, de quitter l'atelier de Gleyre, ce qu'ils feront 15 jours plus tard, au printemps 1863[10]. Pour d'autres auteurs, c'est Sisley qui, indigné par le dédain de Gleyre pour le paysage, incita ses amis à quitter son atelier et à peindre dans la nature[11].

Le , Charles Gleyre meurt à Paris d'une rupture d'anévrisme[12]. Il est enterré au cimetière du Montparnasse, mais une semaine plus tard, son corps est réclamé par le Conseil d'état Vaudois pour l'inhumer dans le cimetière de Chevilly, son village natal en Suisse. La famille du peintre regrette rapidement cette inhumation presque anonyme dans un petit cimetière de village et décide, vingt ans plus tard, de faire construire un tombeau digne de la réputation de l'artiste. Dans ce dessein, elle obtient en 1896 du gouvernement vaudois de faire transférer les cendres de Charles Gleyre au cimetière de La Sallaz à Lausanne. En 1947 ce cimetière étant désaffecté, le corps de Charles Gleyre est ré-inhumé dans sa tombe de Chevilly[13].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
  • Boston, musée des beaux-arts :
    • Femme turque (Mme Langdon), Smyrne, 1834, crayon, plume et aquarelle ;
    • Intérieur du Temple d'Amon à Carnac, 1835, crayon, aquarelle.
En France
En Suisse
  • Bâle, Kunstmuseum :
    • Penthée poursuivi par les Ménades, 1864, huile sur toile ;
    • La Charmeuse, huile sur toile.
  • Lausanne, musée cantonal des beaux-arts :
    • Femme turque (Dudo Narikos), Smyrne, 1840, huile sur toile, 41 × 33 cm ;
    • Étude pour la danse des bacchantes , 1848-1849, dessin, crayon noir ;
    • Trois Fellahs, 1835, huile sur toile ;
    • La Danse des bacchantes, 1849, huile sur toile ;
    • Le Déluge, 1856, huile sur toile ;
    • Les Romains passant sous le joug, 1858, huile sur toile ;
    • Le Coucher de Sapho, 1867, huile sur toile ;
    • Le Matin (le Paradis terrestre), 1869-1874, esquisse, huile sur toile ;
    • Le Retour de l'Enfant prodigue, 1873, huile sur toile ;
    • Minerve et les Grâces, 1866, huile sur toile.
  • Neuchâtel, musée d'art et d'histoire : Hercule aux pieds d'Omphale, 1862, huile sur toile.

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1840 : Saint Jean sur l'Ile de Patmos.
  • 1843 : Les Illusions perdues ou Le Soir.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • « Charles Gleyre et la Suisse romande », musée historique de Lausanne, du 23 septembre au 31 décembre 1994.
  • « Charles Gleyre, le génie de l'invention », musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, du 7 octobre 2006 au 7 janvier 2007. 278 œuvres exposées, dessins, peintures.
  • « Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti », Paris, Musée d'Orsay, du 10 mai au 11 septembre 2016.

Élèves[modifier | modifier le code]

Un tableau représente Les quarante trois portraits de peintres de l’atelier de Charles Gleyre (Paris, Petit Palais)[14],[15].

  • Charles Gleyre a formé environ 600 artistes. Leur période d'apprentissage dans son atelier sont parfois mentionnées :

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Marc-Charles-Gabriel Gleyre.
  2. Philippe Lanthony, Les yeux des peintres, p. 122. (en ligne).
  3. Émile Zola, Salons, recueillis, annotés et présentés, p. 56 (voir cahiers-naturalistes.com).
  4. Paris, musée du Louvre.
  5. a et b Jean-Louis Ferrier, L'aventure de l'Art au XIXème siècle, Chêne, , 928 p. (ISBN 978-2-84277-836-1), p. 532
  6. Benoît Noël, Jean Hournon, Parisiana: la capitale des peintres au XIXème siècle, p. 134
  7. (en) Richard Shone, Sisley, Phaidon Press, 1998, p. 9 (ISBN 0714830518 et 9780714830513).
  8. Orsay, le goût d'une époque, Florence et Jean-Pierre Camard, 1990 (Time-life)
  9. Fabrice Midal, Comment la philosophie peut nous sauver : 22 méditations décisives, p. 62 (en ligne).
  10. Gustave Geffroy, François Blondel, Théodore Duret, Alfred Sisley, p. 9-10 (en ligne).
  11. Nathalia Brodskaia, Impressionnisme et le post impressionnisme, p. 256 (en ligne).
  12. La Chronique des arts et de la curiosité, p. 187
  13. Au cimetière du Calvaire à la Sallaz.
  14. (en) « Delaroche’s and Gleyre’s Teaching Ateliers and Their Group Portrait William Hauptman », in Studies in the History of Art National Gallery of Art, Volume 18, Washington.
  15. parismuseescollections.paris.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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