Merry-Joseph Blondel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Blondel.
Merry-Joseph Blondel
Portrait of Merry-Joseph Blondel.jpg

Portrait de Merry-Joseph Blondel
à Rome en 1809 par Ingres[1].

Naissance
Décès
(à 71 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Formation
Maîtres
Élèves
Mouvement
Distinction
Prix de Rome en peinture de 1803
Œuvres réputées
Énée portant son père Anchise
Énée portant son père Anchise, huile sur toile, 1803.

Merry-Joseph Blondel, né le 25 juillet 1781 à Paris, et mort le 12 juin 1853, est un peintre néoclassique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Plus jeune fils du peintre et décorateur, membre de l’Académie de Saint-Luc, Joseph-Armand Blondel et de Marie-Geneviève Marchand, il entre chez un notaire à l’âge de 14 ans[2]. Après un premier apprentissage, deux plus tard, à la manufacture de porcelaines Dihl et Guerhard, où il est l’élève d’Étienne Charles Leguay[3], il étudie la peinture auprès de Jean-Baptiste Regnault[4]. En l’espace d’un an, il remporte le prix du meilleur torse, celui de la figure la plus expressive et plusieurs autres qui lui valent le surnom de « Monsieur Cinq-Prix » parmi ses condisciples[2]. Son Énée portant son père Anchise lui vaut le prix de Rome en peinture de 1803[4] mais personne n’étant envoyé à Rome cette année-là, il devra attendre 1809 avant de pouvoir partir, avec le soutien de Regnault[2].

De 1809 à 1812, il passe trois ans à la villa Médicis à Rome au lieu des quatre en usage[2]. En 1809, Ingres, alors à la villa Médicis pour sa 3e année, y exécuta son portrait[1]. De retour à Paris, il mit successivement plusieurs tableaux aux expositions publiques du Louvre[4]. Il obtint une médaille d’encouragement en 1816[4], remporta une médaille d’or pour sa Mort de Louis XII au Salon de 1817 et la légion d’honneur en 1824[4].

Il entama alors une carrière de décorateur et obtint de nombreuses commandes d’État. En 1827 et 1828, il fut chargé de grands travaux à exécuter au Louvre, notamment celui de la galerie d’Apollon et dans le grand escalier, dans la salle Henri II, et dans les anciennes salles du Conseil d’État au premier étage de l’aile Lemercier (actuellement Département des objets d’art). Le plafond de la grande salle représente la France recevant la charte constitutionnelle. Également au Louvre, Blondel a peint une autre composition, La France victorieuse à Bouvines, pour la salle de la donation Thiers et, dans la salle de Henri II, la dispute de Minerve et de Neptune[4]. Un troisième plafond, dans la salle de la donation Camondo, représente La France reçoit de Louis XVIII la charte constitutionnelle, au milieu des rois législateurs et des jurisconsultes français. En 1938, les trois compartiments du plafond que Blondel avait peint pour la salle Henri II du Palais du Louvre furent déposés et remplacés en 1953 par une composition de Georges Braque[5].

Dans la salle du palais Brongniart, il a peint plusieurs camaïeux[4]. Dans la galerie de Diane au château de Fontainebleau, il a peint 21 tableaux relatifs à la déesse de la chasse et, dans le salon qui est auprès, plusieurs compartiments où se trouvent des scènes en rapport à cette déesse[4]. Il a également œuvré à Notre-Dame de Lorette et Saint-Thomas-d’Aquin[2]. C’est à partir de ses dessins que Joseph Dufour réalisa la série Psyché de papier peint panoramique en 1815[6],[7],[8].

Proche de Charles Percier, architecte et décorateur, un des principaux représentants et inventeurs du style Empire, il en fit un premier portrait en 1839, repris ensuite dans une version agrandie commandée en 1840 par le roi Louis-Philippe, pour le musée historique de Versailles[9], nous laissant une de ses rares représentations connues avec celle par Robert Lefèvre. Il peint Napoléon visitant le Palais-Royal, conservé dans la salle des pas perdus au Palais-Royal, alors siège du Tribunat[10]. En 1840, il réalisa la série de tableaux Richard Cœur de Lion, Raymond IV de Toulouse, Jean de Joinville, etc. dans la salle dite des Croisades au musée national de Versailles et de Trianon[11].

En 1825, Blondel, qui avait été nommé au poste de professeur à l’École des beaux-arts de Paris l’année précédente[2], se vit préférer Ingres, lorsqu’il tenta d’intégrer l’Académie des beaux-arts. Il devra attendre 1832 avant d’être reçu[2]. Après avoir été exposés à Paris, plusieurs des tableaux de Blondel furent envoyés dans les musées ou dans les églises de Dijon, Toulouse, Bordeaux et Rodez[12]. L’un de ses derniers ouvrages, un tableau de chevalet représentant Michel-Ange aveugle cherchant à reconnaitre la beauté des formes du torse antique au toucher, sujet traité précédemment en sculpture par Pierre-Charles Bridan, a été exposé au salon de 1831[4]. En mars 1839, remarié à la fille du portraitiste Pierre-Maximilien Delafontaine, Blondel prit le chemin de Rome où, Ingres, alors directeur de l’École, l’accueillit, avec sa jeune femme, pendant les 4 mois que dura son séjour[2]. En mai, il entreprit un voyage dans les Marches et l’Ombrie, dont il ramena une série de croquis, aujourd’hui conservés au musée Ingres de Montauban[2]. En 1841, lorsque s’acheva la mission d’Ingres à la villa Médicis, Blondel sollicita son poste, mais se vit préférer Jean-Victor Schnetz[2].

Artiste fécond[11], Blondel n’a jamais réussi à briser le moule de son époque, mais il a œuvré au sein de son école avec habileté et assurance[2]. Il fut, comme bien d’autres de ses contemporains, touché par l’esprit du romantisme, l’expression du déchaînement des passions et des éléments naturels. Il demeure l’un des meilleurs représentants de la peinture d’histoire de la première moitié du XIXe siècle.

En janvier 1913, l’homme d’affaires suédois Mauritz Hakån Björnström-Steffansson, survivant du naufrage du Titanic, a déposé une plainte contre la White Star Line, demandant réparation à hauteur de 100.000 $ (équivalant à 2,4 millions de 2014) pour le préjudice financier résultant de la perte de ce tableau, montant qui reflète le statut artistique important de Blondel à cette époque et en fait, de loin, la perte la plus importante de ce naufrage[13].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Graphite, 1809. 17.6 x 14 cm. Signé et daté en bas à gauche : Ingres / a rome 1809. The Metropolitan Museum of Art, New York. Legs de Grace Rainey Rogers, 1943. 43.85.8 New York only N54 Provenance : Merry-Joseph Blondel (1781-1853), Paris ; Mme Merry-Joseph Blondel, née Louise-Émilie Delafontaine, sa veuve, Paris, jusqu’à 1882 ; Mme Alfred Wittersheim, née Louise-Émilie Blondel, sa fille, jusqu’à 1920 ; Mlle Marie Wittersheim, sa fille, sa vente, Paris, Hôtel Drouot, salle 1, 22 février 1934 ; acquis d’un collectionneur inconnu par la Galerie Wildenstein à Paris, 1936 ; acquis chez Wildenstein & Co., New York, par Mrs. Grace Rainey Rogers (1867-1943), New York, 1940 ; son legs au Metropolitan Museum of Art, New York, 1943. Lire en ligne. Consulté le 14 juin 2015.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Philip Conisbee, Gary Tinterow et Hans Naef, Portraits by Ingres : image of an epoch, New York, Metropolitan Museum of Art,‎ , 596 p. (ISBN 978-0-87099-890-4, lire en ligne).
  3. Régine de Plinval de Guillebon, La Porcelaine à Paris sous le Consulat et l’Empire : fabrication, commerce, étude topographique des immeubles ayant abrité des manufactures de porcelaine, Genève, Droz, 1985, 239 p., p. 28.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Étienne Achille Réveil et Jean Duchesne, Musée de peinture et de sculpture : Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l’Europe, Paris, Audot,‎ .
  5. Nadine Pouillon, Isabelle Monod-Fontaine, Braque : œuvres de Georges Braque, 1882-1963, Paris, Centre Georges Pompidou, 1982, 223 p., p. 212.
  6. (fr) « Notice no 07660015859 », base Joconde, ministère français de la Culture
  7. (fr) « Notice no 07660015861 », base Joconde, ministère français de la Culture
  8. (fr) « Notice no 07660015860 », base Joconde, ministère français de la Culture
  9. J. Bauer, Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, Paris, Armand Colin, 1935, p. 84.
  10. Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, no 29, Paris, Éditions du CTHS, 2002, (ISSN 0997-5322), p. 161.
  11. a et b Paule-Cécile Minot, Versailles à travers ces grandes familles, no 29, Paris, Éditions du CTHS, 2002, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1994, 228 p., (ISBN 978-2-72330-490-0), p. 42.
  12. Répertoire d’art et d’archéologie, vol. 59-60, Université de Paris. Bibliothèque d’art et d’archéologie, Comité international d’histoire de l’art, Comité français d’histoire de l’art, 1955, p. 269.
  13. (en) « Titanic Survivors Asking $6,000,000 », New York Times, jeudi 16 janvier 1913, p. 28.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Philip Conisbee, Gary Tinterow et Hans Naef, Portraits by Ingres : image of an epoch, New York, Metropolitan Museum of Art,‎ , 596 p. (ISBN 978-0-87099-890-4, lire en ligne).
  • Régine de Plinval de Guillebon, La Porcelaine à Paris sous le Consulat et l’Empire : fabrication, commerce, étude topographique des immeubles ayant abrité des manufactures de porcelaine, Genève, Droz, 1985, 239 p.
  • Étienne Achille Réveil et Jean Duchesne, Musée de peinture et de sculpture : Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l’Europe, Paris, Audot,‎ .
  • Désiré Raoul Rochette, Funérailles de M. Blondel : Discours de M. Raoul-Rochette le lundi 13 juin 1853, Paris, Didot, 1853, 8 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :