Paul Landowski

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Paul Landowski
Paul Landowski 1932.jpg

Paul Landowski en 1932.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Paul Maximilien Landowski
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Élève
Mouvement
Enfants
Distinctions
Prix de Rome en 1900, Médaille d'or de sculpture aux Jeux olympiques en 1928
Site web
Œuvres réputées

Paul Landowski[1], né dans le 9e arrondissement de Paris le [2] et mort à Boulogne-Billancourt le , est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille d'artistes et formation humaniste (1875-1913)[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille française d'origine polonaise par son père, Paul Landowski est le petit-fils, par sa mère, du célèbre violoniste et compositeur Henri Vieuxtemps[3]. Il épouse en premières noces Geneviève Nénot[2] (1888-1911), fille d’Henri-Paul Nénot, dont il a deux enfants, la peintre Nadine Landowski (1908-1943) et Jean Max Landowski (1911-1943), mort pour la France. Veuf, il épouse Amélie Cruppi[2], fille de l'homme politique Jean Cruppi. Il est aussi le père du compositeur Marcel Landowski (1915-1999), qui réforma l'enseignement musical en France, et de la pianiste et artiste peintre Françoise Landowski-Caillet (1917-2007).

Paul Landowski en 1913.

Après des études secondaires au lycée Rollin, il se destine à la versification dramatique. En hypokhâgne, il découvre durant l'année 1898 auprès d'Henri Barbusse la philosophie humaniste, laquelle marquera toute son œuvre. L'année suivante, il suit, parallèlement à ses études, les cours du portraitiste Jules Lefebvre à l'Académie Julian. Il devient un expert en anatomie en suivant quotidiennement les dissections de l'École de médecine et en dessinant les planches pédagogiques du professeur Farabeuf. Il se passionne pour la boxe.

Admis en 1895 aux Beaux Arts, il y devient l'élève de Louis-Ernest Barrias. Il en sort en 1900 lauréat du prix de Rome pour son David combattant Goliath[3] et séjourne à la villa Médicis. En 1903, il participe à son premier Salon des Artistes Français. Il restera fidèle à la Société des Artistes Français durant toute sa carrière et participera à plus de trente salons[4]. En 1906, bientôt suivi par tout un milieu d'architectes, d'artistes et de mécènes, il s'installe à Boulogne-Billancourt, rue Moisson-Desroches, aujourd'hui rue Max Blondat. Il ne reste de son atelier qu'un petit musée construit après sa mort dans un coin du jardin et légué à la ville en 1982. Il accède à la célébrité dès 1909 avec une sculpture installée cinq ans plus tard sous la coupole du Panthéon, Aux artistes dont le nom s'est perdu.

La sculpture comme instrument civilisateur (1914-1938)[modifier | modifier le code]

En 1916, durant la Première Guerre mondiale[3], il participe à la bataille de la Somme et reçoit la croix de guerre. En 1917, il livre avec Bouchard à la ville de Genève les statues du Monument de la Réformation. Il réalise dans l'après-guerre plus de quatre-vingts monuments aux morts, dont :

En 1928, il participe au concours d'art des IXe Jeux olympiques d'Amsterdam et obtient la médaille d'or au concours de sculpture pour Le Boxeur. Officier de la Légion d'Honneur depuis le 8 août 1920, il est promu commandeur[3] le 30 avril 1928[7]. Reconnu comme un héros aux préoccupations humanistes, il devient dans la France pacifiste de l'après-guerre le sculpteur qui obtient le plus de commandes monumentales, à Paris ou à l'étranger :

Il est invité à la 24e exposition de la Société des artistes rouennais à Rouen en 1933.

Théoricien instrumentalisé puis relégué (1939-1962)[modifier | modifier le code]

Directeur de la villa Médicis de 1933 à 1937, il est nommé en 1939 directeur de l'École des beaux-arts de Paris où il travaille à une réforme mettant en œuvre ses conceptions de l'enseignement de l'art comme synthèse de l'architecture, de la sculpture et de la peinture.

En novembre 1941, il fait avec Paul Belmondo et André Derain le fameux « voyage à Berlin », en réalité une tournée à travers toute l'Allemagne jusqu'à Weimar. Il répond ainsi comme de nombreux autres artistes français à l'invitation d'Otto Abetz à collaborer sur le plan intellectuel au projet de Goebbels de faire émerger une nouvelle Europe[11]. En tant que directeur des Beaux Arts et en tant qu'ancien ami proche d'un Otto Abetz, lequel ne s'était à l'époque de cette amitié pas encore engagé pour le nazisme, il est en effet pressé d'agir pour ses élèves retenus prisonniers en Allemagne depuis la débâcle.

Au cours de son procès d'épuration, dont il sort comme la plupart des hauts fonctionnaires sans condamnation, il se défend en expliquant avoir reversé son cachet au Pécule des prisonniers. Il affirme avoir agi dans le but de contribuer par sa fonction au secours des prisonniers français et avoir été mu par l'espoir de faire libérer de jeunes artistes. Dans l'intimité de son journal, il confie regretter son attitude, ce que tous ne font pas, s'accusant de lâcheté et reconnaissant sa culpabilité[12].

Son projet ambitieux d'un Temple de l'Homme ne se réalisera pas mais un des éléments est réutilisé en 1953 pour faire la monumentale Porte de la Faculté de Médecine qui se voit rue des Saints-Pères à Paris. En 1954, six ans avant sa mort, Le Retour éternel qui orne le colombarium du Père-Lachaise à Paris réaffirme comme un testament nietzschéen ses préoccupations humanistes. À sa mort, il laisse également deux œuvres littéraires, l'une publiée de son vivant, Peut-on enseigner les Beaux-Arts ?[13], et l'autre qui ne le sera, partiellement, qu'après sa mort, son Journal, témoignage personnel et fascinant sur le métier de sculpteur qu'il a rédigé depuis avant la Première Guerre mondiale jusqu'à la fin de sa vie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le projet d'un Temple de l'Homme[modifier | modifier le code]

Le Temple de l'Homme, auquel Paul Valéry a donné son nom, est le projet « océanique », au sens de Romain Rolland, d'un lieu de méditation accueillant manifestations publiques, spectacles et congrès internationaux. Comprenant bibliothèque et cinéma, il a été élaboré en collaboration avec les architectes Taillens, Bigot et Laprade et n'a pas été réalisé. Présenté en 1925 à l'Exposition des Arts décoratifs de Paris, il a été envisagé en 1932 pour prolonger l'axe des Champs-Élysées entre la porte Maillot et La Défense. Le projet sera constamment travaillé jusqu'en 1950.

Deux portes monumentales, la Porte de la Science et la Porte de Psyché, ouvrent sur les statues des Fils de Caïn au milieu d'un parvis encadré de deux cents mètres de Mur de Prométhée, Mur des Religions, Mur des Légendes, Mur des Hymnes, chacun haut de huit mètres et décoré de bas-reliefs représentant les grandes figures de la Science, de la Philosophie, de l’Héroïsme, de la Poésie.

La Porte de la Science est aujourd'hui visible à l'entrée de la nouvelle faculté de médecine de Paris, no 45 rue des Saints-Pères, et le groupe des Fils de Caïn aux Tuileries. L'Hymne à l'Aurore, conservé au musée des Années Trente, était destiné au Mur des Hymnes.

« L'idée centrale qui domine toute ma production, c'est l'influence du Temple vers lequel tout l'œuvre tend, et qui projette sur elle sa lueur. Toute idée, aussi abstraite soit-elle, est pensée sculpturalement. »

— Paul Landowski, 3 décembre 1931[14].

Sculptures[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Institutions établies en sa mémoire[modifier | modifier le code]

  • Le musée-jardin Paul-Landowski[21], situé au no 14 rue Max-Blondat à Boulogne-Billancourt, à l'emplacement de l'atelier du sculpteur qui y travailla jusqu'à sa mort en 1961.
  • L'Espace multimédia Landowski, situé avenue André-Morizet à Boulogne-Billancourt, héberge notamment le musée des Années Trente.
  • Le collège Paul-Landowski, situé au no 94 rue Escudier à Boulogne-Billancourt. Architecte : G. Merlet, 1981.

Élèves[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Né Paul Maximilien Landowski.
  2. a, b et c Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 9/1107/1875 ; mariages : en 1907 avec Geneviève Nénot, puis en 1913 avec Amélie Cruppi (consulté le 8 mai 2012)
  3. a, b, c et d « Paul Landowski, le statuaire de Douglas Haig » dans La Violette, publication des Compagnons de la Violette, n° 11, 1er semestre 2007, p. 28-31 (ISSN 1287-7670)
  4. Trente et un catalogues du Salon des Artistes Français de 1903...1923...1960.
  5. memorial14-18.paris.fr.
  6. Les Fantômes.
  7. Brevet de la légion d'Honneur.
  8. memorial14-18.paris.fr.
  9. memorial14-18.paris.fr.
  10. memorial14-18.paris.fr.
  11. R. O. Paxton, O. Corpet, C. Paulhan, Archives de la vie littéraire sous l'Occupation, Taillandier, 2009.
  12. Laurence Bertrand Dorléac, L'Art de la défaite (1940-1944), Paris, Éditions du Seuil, 1993, p. 294.
  13. La Baudinière, 1948.
  14. Paul Landowski. Le Temple de l'homme, Paris, Paris musées, , 304 p. (ISBN 2-87900-450-0), p.56
  15. morez1900.net.
  16. kahnplus.com.
  17. pagesperso-orange.fr.
  18. morez1900.net.
  19. Catalogues Gallica Univers des Arts, hors-série n°1, juin 1996 Calalogue du Salon des Artistes Français de 1923
  20. Vue satellite des Fantômes sur Google Map
  21. Les amis du musée Paul-Landowski

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Paul Landowski, le temple de l'homme, [catalogue de l'exposition du Petit Palais du 7 décembre 1999 au 5 mars 2000], Éditions Paris-Musées, 1999.
  • Thomas Compère-Morel, Paul Landowski, La pierre d'éternité, [catalogue de l'exposition éponyme présentée à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne], Éditions Somogy, 2004.
  • Michèle Lefrançois, Landowski, l'Œuvre sculpté - Catalogue raisonné, Éditions Créaphis, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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