Émile Friant

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Émile Friant
Émile Friant, 1894.jpg

Émile Friant en 1894.
Photographie publiée dans le Scribner's Magazine.

Naissance
Décès
(à 69 ans)
Paris (Ile-de-France)
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Distinctions
Second prix de Rome de peinture (1883), médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris de 1889
Œuvres réputées
La Toussaint (1888), La Douleur (1898)

Émile Friant, né à Dieuze le [1] et mort à Paris le [2], est un peintre, graveur et sculpteur naturaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de formation[modifier | modifier le code]

Émile Friant naît à Dieuze, alors dans le département de la Meurthe. Sa famille s'établit à Nancy devant l’invasion prussienne en 1870. Il fréquente brièvement l'école professionnelle de l'Est (actuel lycée Loritz), avant d’être repéré très tôt par Théodore Devilly, directeur de l’École des beaux-arts de Nancy qu'il intègre. Son apprentissage des techniques de peintures à l’école de beaux-arts, combiné à un talent évident lui permettent d’exposer aux Salons des beaux-arts de Nancy dès 1878, alors qu’il n’est âgé que de quinze ans. Son premier autoportrait date de cette époque.

Premiers succès[modifier | modifier le code]

Émile Friant dans son atelier peignant Les Canotiers de la Meurthe[3].
Ombres portées (1891), Paris, musée d'Orsay.

Émile Friant ne quitte Nancy pour Paris que pour exposer à la capitale les sujets lorrains qu'il peint, à la suite de Jules Bastien-Lepage, et les portraits d’une société constituées de proches collectionneurs, comme les frères Coquelin. Une bourse de voyage gagnée en 1886, lui permet de visiter de nombreux pays : la Hollande, l'Italie, Malte et Tunis[4].

Émile Friant obtient plusieurs récompenses : le second prix de Rome de peinture en 1883 pour Œdipe maudissant son fils Polynice ; la médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889 à Paris pour La Toussaint lui vaut la Légion d'honneur remise en décembre. Le cursus honorum des beaux-arts lui permet de devenir professeur de dessin à l’École des beaux-arts de Paris en 1906.

Le graveur et l'institution[modifier | modifier le code]

Émile Friant s’essaye à la gravure à partir de 1883 par le biais de la pointe sèche et de l’eau-forte, techniques avec lesquelles il grave cinq plaques de cuivre (deux autoportraits, deux portraits de ses amis Victor Prouvé et Pierre Georges Jeanniot, et un sujet champêtre)[5].

À l’époque son style est parfois jugé comme trop réaliste[réf. nécessaire]. En effet, l'exactitude qui caractérise les œuvres des artistes naturalistes est proche de la précision d’une photographie, médium qui le passionnait et qui commençait à devenir d'un usage courant.

La fin du XIXe siècle marque la fin de ses succès. En effet, Émile Friant ne suit pas les évolutions stylistiques du début du XXe siècle, comme le fauvisme et le cubisme. Alors que vingt-cinq ans plus tôt il conspuait les peintres académiques, il tente désormais d’entrer à l’Institut de France.

Parallèlement à son activité de peintre, on constate que l’œuvre gravé d’Émile Friant se développe avec le changement de siècle[5]. Il renoue vers 1904 avec l’art de l’estampe. À cette date-là, il n’est plus un jeune provincial monté à la capitale mais un peintre comblé d'honneurs et doté d'une importante clientèle. L’absence de soucis pécuniaires et la mobilité entre ses domiciles parisien et nancéien que lui impose son poste de professeur et son attachement pour la Lorraine le forcent sans doute à adopter le médium de la gravure[5] plus léger que celui de la peinture à l’huile. La gravure permet alors à l’œuvre d’Émile Friant de connaître un nouveau souffle.

Entre 1883 et 1913, et plus précisément à partir de 1904, Friant grave plus de 70 sujets différents[5]. La Première Guerre mondiale marque un ralentissement dans la production de son œuvre gravé. De la période d'après-guerre, son œuvre gravé comprend des portraits, des autoportraits, des scènes de genre, des sujets religieux et des sujets intimistes (enfance, féminité). Ses sujets féminins peuvent évoquer Paul Helleu et Anders Zorn. Émile Friant privilégie la technique de la pointe sèche qu'il ébarbe soigneusement, ce qui lui donne un aspect proche de l'eau-forte (qu’il utilise seulement pour cinq gravures) en supprimant les effets de diffusion du trait qui caractérise habituellement la pointe sèche[5].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

En 1923, il est élu membre de l’Académie des beaux-arts. Il fut membre de l'Académie de Stanislas[6]. En 1931, il est nommé commandeur de la Légion d’honneur.

En 1923, la Banque de France lui commande le dessin d'un nouveau billet de 500 francs, mais Friant s'oppose à l'interprétation en gravure de Camille Beltrand : non émise, la vignette servira de réserve[4].

Émile Friant meurt à Paris le et est inhumé au cimetière de Préville de Nancy.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Gravures[modifier | modifier le code]

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Constitué d'achats du vivant de l’artiste, de dons et du legs des fonds d'ateliers de l'artiste, le fonds d’estampes d’Émile Friant du musée des beaux-arts de Nancy forme avec ses 847 numéros le plus important conservé dans une collection publique française[5].

Peintures dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

La Douleur (1898), musée des beaux-arts de Nancy.
Au Canada
  • Hamilton, musée des beaux-arts : L'Expiation, ou La Peine Capitale, 1908.
En France

Exposition[modifier | modifier le code]


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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance sur la base Léonore.
  2. Acte de décès sur la base Léonore (où il est dit être né dans le département de la Moselle).
  3. Les Canotiers de la Meurthe, 1888, musée de l'École de Nancy.
  4. a et b « Friant et une commande de la Banque de France » par Alain Dailly, sur Fayette-Editions, 20 mai 2005.
  5. a, b, c, d, e et f Marine Kisiel, « La gravure, un pan méconnu de l'œuvre d’Émile Friant » dans les Nouvelles de l'estampe, no 235, 2011, p. 14–23.
  6. « Friant Émile », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 24 octobre 2013)
  7. « Nancy : Le tableau inédit d'Émile Friant (1881) La présentation des odalisques au sultan », L'Est Républicain, 14 juin 2016.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles de Meixmoron de Dombasle, « E. Friant », in: Extrait des mémoires de l'Académie de Stanislas (1895), Nancy, Imprimerie Berger-Levrault et Cie, 1896.
  • Arsène Alexandre, Émile Friant et son œuvre, Mulhouse-Dornach, Établissements Braun et Cie.
    Vers 1930, repris par Georges Thomas en 1946.
  • Collectif des amis d'Émile Friant, Émile Friant 1863-1932, Les discours sur la tombe d'Émile Friant, imprimé grâce à une souscription, 1933.
  • Claude Petry et Christine Peltre, Émile Friant, regard sur l'homme et l'œuvre, Nancy, Imprimerie Rubrecht, 1988.
    Catalogue de l'exposition de 1988 au musée des beaux-arts de Nancy.
  • Henri Claude, Friant, préface de Philippe Claudel, Metz, Serge Domini éditeur, 2005.
  • Philippe Claudel, Au revoir Monsieur Friant, collection « La Bleue », Paris, Stock, 2016.
  • Marine Kisiel, « Émile Friant graveur, à travers le fonds d'estampes du Musée des beaux-arts de Nancy », Péristyles, no 35, juin 2010, p. 29-38.
  • Marine Kisiel, « La gravure, un pan méconnu de l'œuvre d'Émile Friant », Nouvelles de l'estampe, no 235, été 2011, p. 14-23.
  • Charles Villeneuve de Janti (dir.), Émile Friant, le dernier naturaliste ?, avec les contributions de Michèle Leinen, Sophie Harent, Marine Kisiel, Valérie Thomas et Léa Saint-Raymond, Paris, Somogy, , 208 p.. (ISBN 978-2-757-21096-3).

Liens externes[modifier | modifier le code]