Jean-Marc Bustamante

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Jean-Marc Bustamante
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Jean-Marc Bustamante, né le à Toulouse, est un artiste français.

Professeur à l'Académie des beaux-arts de Munich et à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il est nommé en directeur de cette dernière école.[1]

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Marc Bustamante entreprend tout d’abord des études d’économie, avant de s’initier à la photographie, notamment auprès de Denis Brihat, photographe de natures mortes, puis de William Klein dont il devient l’assistant au milieu des années 1970.[2]

À partir de 1978, il réalise des photographies couleur, de grand format, qu’il intitule « Tableaux ».[3] Ce sont principalement des paysages à la lisière des villes dans la banlieue de Barcelone qui vont asseoir sa réputation.[4]

Depuis les années 1980, son travail se développe à travers un échange constant entre la sculpture, la peinture et la photographie.

En 1983, il rencontre le sculpteur Bernard Bazile avec lequel il collabore pendant trois ans, sous le nom de BazileBustamante. Sous des formes hétérogènes, ils posent à deux la question de l'objet, au-delà des disciplines.[2]

Cette expérience le conduit à développer un travail libre, très ouvert. De la photographie à l'objet, il multiplie les propositions visuelles innovantes sous toutes ses formes. Il met en place à partir du « photographique », qui reste l'essence de son travail, des dispositifs visuels.[5]

En 1997, « Something is missing » est une série de photographies prises dans différentes villes que le titre des œuvres ne permet pas d'identifier.[6] Bustamante y recherche des formes simples qui ont une résonance picturale.[7]

Plus récemment, le plexiglas devient le support privilégié de son œuvre et l'artiste révèle un profond intérêt pour la couleur.

De même, pour la Biennale de Venise 2003, où il représente la France, il transforme l’espace du pavillon, recréant un monde à la fois réel et imaginaire où le jeu des miroirs, les images flottantes, les portraits photographiques, les lieux de sculptures déplacent les limites du regard autant physiques que psychologiques.[8]

Lors de la grande exposition en 2006 au musée de Brégence, il investit les quatre étages du musée créant aussi un dispositif lumineux à l'extérieur du bâtiment. et la récente collaboration qu'il a entreprise avec l'artiste américain Ed Ruscha pour l'exposition intitulée « L'horizon chimérique » au musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg.[9]

En 2011, une exposition rétrospective de ses sculptures et photographies a lieu à la fondation Henry Moore à Leeds, ainsi qu'une présentation de ses derniers travaux à la villa Médicis à Rome et à Venise lors de la prochaine biennale. Dans les années 2012 et 2013, il intensifie la pratique de la peinture produisant plusieurs séries de peintures qu'il expose dans le monde entier.

Le , Jean-Marc Bustamante est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, section Peinture, au fauteuil précédemment occupé par Zao Wou-Ki (1920-2013).

Autres activités[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Polémique[modifier | modifier le code]

En 2005, dans un entretien avec Xavier Veilhan et Christine Macel, intitulé « La création contemporaine », Jean-Marc Bustamante avait déclaré:

« L'homme a besoin de conquérir des territoires, la femme trouve son territoire et elle y reste ; alors que les femmes cherchent un homme, un homme veut toutes les femmes. La femme, dès qu'elle a trouvé son territoire, elle y reste. Les hommes sont toujours dans la recherche de territoires vierges. »

En 2013, alors qu'il est directeur artistique du festival international d’art de Toulouse (Fiat), les féministes du groupe toulousain Famuni dénoncent ces propos et l'accusent de « sexisme, de révisionnisme et d’obscurantisme »[10].

En 2018, alors qu'il est directeur de l'école des beaux-arts de Paris depuis trois ans, deux affaires retentissent au sein de l'école. L'une est relative au harcèlement sexuel et l'autre au harcèlement à caractère racial sur les employés de ménage. Accusé de laxisme et d'inaction par un groupe d'étudiants mobilisé contre ces affaires, qui attendaient, depuis des mois, une réaction de la part du directeur, il est entarté et enfariné par ces mêmes étudiants lors d'une cérémonie.

Jean-Marc Bustamante répond aux accusations d’inactivité en soulignant les actions prises par l’Académie sous sa direction, telles que la création d’une charte de bonne conduite, ainsi que la mise en place d’une cellule d’écoute au sein de l’école.[11] Suite à l'incident, la Ministre de la culture, Françoise Nyssen, décide de ne pas prolonger son mandat.[12] Jean-Marc Bustamante déclare plus tard n’avoir pas été soutenu par la Ministre dans cette affaire.[12]

En septembre 2018, le dessinateur de BD et professeur à l’École des Beaux-Arts Joann Sfar défend Bustamante. Il affirme que la création de forums de dénonciation anonymes par l'administration plutôt que l’action d'encourager les étudiants à utiliser le système de travailleurs sociaux de l'école n’a fait qu’exacerber plutôt que de résoudre le problème.[13]

Sfar écrit que la gestion de l’affaire par le ministère a été un numéro de communication, que les étudiants, les enseignants et l’école continuent à payer cher aujourd’hui. Il ajoute «notre administration a encouragé des élèves toute l'année dernière à agresser le directeur. Puis quand ils ont fini par le recouvrir de farine, les étudiants sont punis par la même administration».[13]

Collections publiques (sélection)[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1977
  • 1982
    • Galerie Baudoin Lebon, Paris
  • 1984
  • 1986
  • 1987
    • BazileBustamante, galerie Micheline Szwajczer, Anvers
  • 1988
    • Galerie Ghislaine Hussenot, Paris
  • 1989
  • 1990
    • Musée Haus Lange, Krefeld, catalogue[15]
    • Stiching De Appel, Amsterdam, catalogue[16]
    • Landshappen 1978-1982, galerie Paul Andriesse, Amsterdam
    • Paysages, intérieurs, ARC, Musée d’art moderne de la ville de Paris, Paris, catalogue[17]
    • Locus Solus Gallery, Genoa
  • 1991
    • Marta Paz Gallery, Madrid
    • Œuvres récentes / Stationnaire II, galerie Ghislaine Hussenot/Samia Saouma, Paris
  • 1992
  • 1993
    • Donald Young Gallery, Seattle
    • The Renaissance Society at the University of Chicago, catalogue
    • Art Gallery of York University, Toronto, catalogue
    • Galerie Sollertis, Toulouse
    • Karlheinz Meyer Gallery, Karlsruhe
    • Tableaux 1978-1982, musée départemental de Rochechouart, catalogue[19]
    • A World at Time, CRG Gallery, New York
  • 1994
    • Tableaux & Stationnaire, Frac Languedoc-Roussillon, galerie d’Eole, Montpellier
    • Gallery Shimada, Tokyo
    • Des arbres de Noël, galerie Ghislaine Hussenot, Paris
    • Tableaux 1978-1983, Kunsthalle Bern, Berne, catalogue[20]
    • A world at a time, Kunstmuseum, Wolfsburg, catalogue
    • Un monde à la fois, Synagogue, Delme, L’aquarium, école des beaux-arts de Valenciennes
  • 1995
    • Rijksmuseum Kröller-Müller, Otterlo, installation permanente de Serena dans le parc du musée, catalogue
    • Un monde à la fois, chapelle du Collège, Carpentras[21]
    • Moderna Galerija Ljubljana
  • 1996
    • Antoni Estrany Gallery, Barcelone
    • Drei Skulpturen, galerie Max Hetzler, Berlin
    • Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris, catalogue
  • 1997
    • Something is missing, Anadiel Gallery, Jérusalem
    • Matthew Marks Gallery, New York
    • Villa Arson, Nice
    • Bob Van Orsouw Gallery, Zurich
    • "Fotografie, galerie Max Hetzler, Berlin
    • Galerie Vera Munro, Hambourg
    • Gallery Shimada, Tokyo
    • Seomi Gallery, Seoul
  • 1998
    • Galerie Xavier Hufkens, Bruxelles
    • Centre culturel français, Turin
    • Recent sculptures, Shimada Gallery, Tokyo
    • Something is missing, The Tate Gallery, Londres
  • 1999
  • 2000
    • Inédits, Tableaux 1978-1982, Gallery Xavier Hufkens, Bruxelles
    • Bob van Orsouw Gallery, Zürich
    • Vera Munro Gallery, Hambourg
    • Early Works, Matthew Marks Gallery, New York
    • Neues Kunstmuseum, Lucerne, catalogue
  • 2001
    • Donald Young Gallery, Chicago
    • Deichtorhallen, Hambourg, catalogue
    • Tim Taylor Gallery, Londres
    • Max Hetzler Gallery, Berlin
    • Œuvre recentes, galerie Daniel Templon, Paris
  • 2002
    • Obra recent, Galeria Estrany de la Mota, Barcelone
    • Galerie Paul Andriesse Amsterdam
    • Yokohama Museum of Art, Japon, catalogue
    • The Yamaguchi Prefectural Museum of Art, Japon, catalogue
    • Centro de Arte de Salamanca, Salamanque, catalogue
    • Continents, 1993, galerie Nathalie Obadia, Paris
    • Matthew Marks Gallery, New York
  • 2003
    • Pavillon français, 50e Biennale de Venise, catalogue
    • Private Crossing, Centro de Arte de Salamanca, Salamanque, catalogue
    • Galerie Thaddaeus Ropac, Salzbourg
    • Gallery Timothy Taylor, Londres
    • Galerie Karlheiz Meyer, Karlsruhe
  • 2004
    • Galerie Vera Munro, Hambourg
  • 2006
  • 2007
  • 2008
  • 2009
    • Pedigree, galerie Filomena Soares, Lisbonne, catalogue
    • Éditions et multiples 1992-2009, galerie Sollertis, Toulouse, catalogue
  • 2010
    • Rétrospective, Fondation Ekaterina, Moscou, catalogue
  • 2011
    • Dead Calm, Fruitmarket Gallery, Édimbourg, catalogue
    • Henry Moore Foundation, Leeds, catalogue
    • Take something hot and cool it down, galerie Timothy Taylor, Londres, catalogue
    • Galerie Vera Munro, Hambourg
    • Galerie Thaddaeus Ropac, Salzbourg
  • 2012
    • Villa Medicis, Rome, catalogue
    • Galerie Thaddaeus Ropac, Paris
    • Galerie Walter Storms Munich
    • Rétrospective, Alcala 31 « Calma Blanca », Madrid, catalogue
  • 2014
    • Galerie Bârbel Grässlin, Francfort, catalogue
    • Galerie Juana de Aizpuru, Madrid

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Max Colard, Claire Moulène, « Les Inrocks - L'artiste Jean-Marc Bustamante à la tête des Beaux-arts de Paris », sur Les Inrocks, (consulté le 3 septembre 2015).
  2. a b c et d Vincent Noce, « Jean-Marc Bustamante - Artiste », Le Journal Des Arts,‎ (lire en ligne)
  3. Jacinto LAGEIRA, « Jean-Marc Bustamante - Cristallisations - Oeuvres 1978-2011 », sur actes-sud.fr (consulté le 27 novembre 2020)
  4. artnet, « Jean-Marc Bustamante », sur artnet.fr (consulté le 27 novembre 2020)
  5. Bernard Comment, « Jean-Marc Bustamante: derrière le miroir », sur artpress.com (consulté le 27 novembre 2020)
  6. « Jean-Marc Bustamante », sur citations.savoir.fr/, (consulté le 1er décembre 2020)
  7. « Exposition personnelle de Jean-Marc Bustamante », sur ekaterina-fondation.ru, (consulté le 1er décembre 2020)
  8. Flammarion, « Jean-Marc Bustamante », sur paris-art.com (consulté le 27 novembre 2020)
  9. Thierry Magnier, « L’Horizon chimérique de Jean-Marc Bustamante et Ed Ruscha », sur paris-art.com, (consulté le 27 novembre 2020)
  10. Voir sur ladepeche.fr du 17 juin 2013.
  11. Emmanuelle Lequeux, « Des étudiants enfarinent le directeur des Beaux-Arts de Paris », Le Monde,‎
  12. a et b Emmanuelle Lequeux, « Jean-Marc Bustamante quitte la direction des Beaux-Arts de Paris », Le Monde,‎
  13. a et b Valérie Duponchelle, « Beaux-Arts de Paris : Joann Sfar dénonce une dérive politique du ministère de la Culture », sur Le Figaro, (consulté le 30 novembre 2020)
  14. Textes de Alain Cueff et Ulrich Loock.
  15. Textes de Julian Heynen.
  16. Textes de Saskia Bos.
  17. Textes de Alain Cueff et Suzanne Pagé.
  18. Sans l'accord de Jean-Marc Bustamante.
  19. Publié en 1994 ; texte de Jacinto Lageira.
  20. Texte de Jacinto Lageira.
  21. Exposition prévue en octobre mais censurée et annulée par la municipalité.

Liens externes[modifier | modifier le code]