Hector Berlioz
Hector Berlioz
Hector Berlioz par Pierre Petit, photographie de 1863.
| Naissance | 11 décembre 1803 La Côte-Saint-André, |
|---|---|
| Décès | 8 mars 1869 (à 65 ans) Paris, |
| Activité principale | Compositeur |
| Style | Musique romantique |
| Activités annexes | Critique musical |
| Lieux d'activité | Paris |
| Années d'activité | 1824-1869 |
| Formation | Conservatoire de Paris |
| Maîtres | Antoine Reicha Jean-François Lesueur |
| Distinctions honorifiques | Prix de Rome |
Œuvres principales
- Symphonie fantastique (1830)
- Harold en Italie (1834)
- Grande messe des morts ; Benvenuto Cellini (1837)
- Les Nuits d'été (1841)
- La Damnation de Faust (1846)
- L’Enfance du Christ (1854)
- Les Troyens (1858)
Hector Berlioz (prononcer [bɛʁ.'ljoːz][1] ; ['bɛr.ʎo] en francoprovençal[2]) est un compositeur, écrivain et critique français, né le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André (Isère) et mort le 8 mars 1869 à Paris.
Auteur entre autres de la Symphonie fantastique, il est considéré comme l'un des grands représentants du romantisme européen, bien qu'il ait récusé le terme de « romantique », qui ne signifiait rien à ses yeux (il se définissait en fait comme un compositeur classique)[réf. nécessaire]. Sa musique avait la réputation de ne pas respecter les lois de l'harmonie, accusation qui ne résiste pas à une lecture approfondie de ses partitions : on y découvre en effet que Berlioz respecte les fondements historiques de l'harmonie datant du XVIe siècle (règles régissant les mouvements contraires et conjoints), mais qu'il s'affranchit parfois des règles supplémentaires apparues plus tard et esthétiquement discutables (règles de modulation cadencielle[Quoi ?] entre autres).[réf. nécessaire]
Sommaire |
Biographie [modifier]
Hector Berlioz est issu d'une vieille famille du Dauphiné. Son père, Louis Berlioz, est médecin, et sa mère, Antoinette-Joséphina Marmion, catholique fervente.
À l'âge de six ans, Berlioz est envoyé au séminaire pour y entreprendre ses études. À la fermeture de l'établissement, en 1811, son père décide de se charger de son éducation, le destinant à une carrière de médecin. Cette éducation paternelle ne l'empêche pas de compléter sa formation avec un maître de musique qui lui enseigne le chant et la flûte. À l’âge de douze ans, il se met à composer[3]. En 1819, son père lui achète une flûte puis une guitare, et Hector prend des leçons d'un nouveau professeur. Deux ans plus tard, Hector Berlioz est promu bachelier ès lettres à Grenoble, le 22 mars 1821.
Inscrit à l’école de médecine de Paris, il quitte sa famille fin octobre et suit les cours du programme pendant une année, avant d'écrire à son père qu'il préfère l’art à la médecine : « Je sentis ma passion pour la musique s’accroître et l’emporter sur mon désir de satisfaire mon père »[4]. Il se brouille avec sa famille, fréquente l'Opéra de Paris et suit les enseignements de Jean-François Lesueur, puis d'Antoine Reicha.
Les débuts [modifier]
À une époque où sa formation musicale est encore rudimentaire, il commence à jouer de la guitare et du flageolet. Il est très tôt attiré par la vie parisienne des années de la Restauration des Bourbons, période marquée par un grand élan culturel et intellectuel [réf. nécessaire].
En 1823, il étudie la composition au Conservatoire de Paris. Il écrit la Messe solennelle en 1824 et découvre Weber, dont il se souviendra pour la Symphonie fantastique. Malgré ses échecs au concours de Rome en 1827, 1828 et 1829 (sa cantate Cléopâtre est jugée injouable par le jury en 1829), il poursuit ses études au Conservatoire, dirigé alors par le grand maître de l'époque, Luigi Cherubini, avec Antoine Reicha pour la fugue et le contrepoint, et Jean-François Lesueur pour la composition.
Au cours d'une représentation d'Hamlet, il découvre Shakespeare et tombe amoureux d'une actrice irlandaise qui joue dans la pièce, Harriet Smithson, qu'il épousera en 1833.
Il découvre aussi Goethe et son Faust : il va tout d'abord écrire sur la traduction de Gérard de Nerval, Huit scènes de Faust (1828), puis la légende dramatique La Damnation de Faust (1846).
L'exécution en 1828 des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck, sera une révélation, pour Berlioz. « Je venais d’apercevoir en deux apparitions Shakespeare et Weber ; aussitôt, à un autre point de l’horizon, je vis se lever l’immense Beethoven. La secousse que j’en reçus fut presque comparable à celle que m’avait donnée Shakespeare. Il m’ouvrait un monde nouveau en musique, comme le poëte m’avait dévoilé un nouvel univers en poésie. » - (Mémoires, chapitre XX)
La Symphonie fantastique [modifier]
Dès 1830, six ans seulement après la Symphonie n° 9 de Beethoven, ses études, ses influences et son génie lui permettent d'écrire la Symphonie fantastique, op. 14, qui enthousiasme Franz Liszt, mais provoque un grand scandale chez un public qui ne se rend pas compte de la portée de l'œuvre : elle va relancer la « musique à programme », ou « musique descriptive », et va s'insinuer partout dans la musique allemande (Franz Liszt et Richard Strauss), puis dans la musique française (Saint-Saëns, Dukas, Franck et d'Indy). Dès 1834, il se fait connaître comme critique dans la Gazette musicale, puis dans le Journal des débats, où il soutient son système musical, qui subordonne l'harmonie à la recherche de l'expression.
Voyages et premiers écrits [modifier]
Il remporte le prestigieux Prix de Rome en 1830 avec sa cantate Sardanapale, ce qui l'amène à vivre à l'académie de France à Rome (Villa Médicis). Il y rencontre Mendelssohn, mais l'Italie l'inspire et le déçoit tout à la fois.
En 1831 et 1832, son séjour le pousse à composer Lélio ou le Retour à la vie, Le Roi Lear ainsi que Harold en Italie (1834) pour alto et orchestre, à la demande de Paganini sur un poème de Lord Byron intitulé Childe Harold's Pilgrimage. Cette œuvre constitue une « seconde Symphonie fantastique ».
Il est engagé en 1835 comme critique musical dans le Journal des débats, où ses articles font date et lui valent de nombreuses inimitiés. Il y collabore jusqu'en 1864.
Le Requiem [modifier]
Alors qu'il était considéré dans toute l'Europe comme un héros romantique, il restait un ennemi à Paris, où la musique était avant tout affaire de politique, de pouvoir, d'alliances et de trahisons.
Ainsi, lorsqu'il obtint un contrat du ministère des Beaux-arts pour une messe des morts, les partisans du directeur du Conservatoire, Cherubini, tentèrent en vain de faire résilier le contrat. Après qu'il eut terminé l'œuvre (en moins de trois mois) et que les arrangements eurent été pris pour la création d'un concert, le Ministère annula celui-ci, sans explication.
Le Requiem eut cependant sa chance, grâce au concours d'amis bien placés. En décembre 1837, il fut joué dans la chapelle des Invalides, décorée de milliers de chandelles pour la circonstance, en présence de la famille royale, du corps diplomatique et de toute la haute société parisienne ; Berlioz avait obtenu cent quatre-vingt-dix instrumentistes, deux cent dix choristes, quatre ensembles de cuivres placés dans les coins de la chapelle, ainsi que seize timbales.
Il raconte dans ses mémoires :
« Au moment de [l'entrée des quatre orchestres de cuivres], au début du Tuba mirum qui s’enchaîne sans interruption avec le Dies irae, le mouvement s’élargit du double ; tous les instruments de cuivre éclatent d’abord ensemble dans le nouveau mouvement, puis s’interpellent et se répondent à distance, par des entrées successives, à la tierce supérieure les unes des autres. Il est donc de la plus haute importance de clairement indiquer les quatre temps de la grande mesure à l’instant où elle intervient. Sans quoi ce terrible cataclysme musical, préparé de si longue main, où des moyens exceptionnels et formidables sont employés dans des proportions et des combinaisons que nul n’avait tentées alors et n’a essayées depuis, ce tableau musical du Jugement Dernier, qui restera, je l’espère, comme quelque chose de grand dans notre art, peut ne produire qu’une immense et effroyable cacophonie.
Par suite de ma méfiance habituelle, j’étais resté derrière Habeneck et, lui tournant le dos, je surveillais le groupe des timbaliers, qu’il ne pouvait pas voir, le moment approchant où ils allaient prendre part à la mêlée générale. Il y a peut-être mille mesures dans mon Requiem. Précisément sur celle dont je viens de parler, celle où le mouvement s’élargit, celle où les instruments de cuivre lancent leur terrible fanfare, sur la mesure unique enfin dans laquelle l’action du chef d’orchestre est absolument indispensable, Habeneck baisse son bâton, tire tranquillement sa tabatière et se met à prendre une prise de tabac. J’avais toujours l’œil de son côté ; A l’instant je pivote rapidement sur un talon, et m’élançant devant lui, j’étends mon bras et je marque les quatre grands temps du nouveau mouvement. Les orchestres me suivent, tout part en ordre, je conduis le morceau jusqu’à la fin, et l’effet que j’avais rêvé est produit. Quand, aux derniers mots du chœur, Habeneck vit le Tuba mirum sauvé : « Quelle sueur froide j’ai eue, me dit-il, sans vous nous étions perdus! — Oui, je le sais bien, répondis-je en le regardant fixement. » Je n’ajoutai pas un mot … L’a-t-il fait exprès ? Serait-il possible que cet homme, d’accord avec M. XX., qui me détestait, et les amis de Cherubini ait osé méditer et tenter de commettre une aussi basse scélératesse ? Je n’y veux pas songer… Mais je n’en doute pas. Dieu me pardonne si je lui fais injure. »
— Hector Berlioz, Mémoires, chap. XLVI.
Le Requiem valut à Berlioz un succès critique et public.
L'opéra [modifier]
En 1838, pour son entrée à l'Opéra de Paris avec Benvenuto Cellini, l'atmosphère de cabale organisée par ses adversaires conduit à l'échec des représentations. Toutefois, l'engagement de Berlioz à la bibliothèque du Conservatoire et l'estime que lui porte Paganini lui permettent d'écrire Roméo et Juliette (1839), qui enthousiasme Richard Wagner.
La période 1840-1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale, le cycle de Les Nuits d'été (sur six poèmes de Théophile Gautier: Villanelle, Le Spectre de la rose, Absence, Sur les lagunes, Au cimetière, L'Île inconnue) pour voix et piano qu'il orchestre par la suite.
Pendant cette période, il est reconnu davantage en sa qualité de chef d'orchestre que de compositeur, et il est plus apprécié à l'étranger qu'en France ; il dirige ses propres œuvres, mais aussi des œuvres de ses confrères en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Hongrie ou en Russie, et se fait accompagner par la cantatrice Marie Recio (nom de scène de Marie Martin[5]), sa nouvelle compagne. Son œuvre L'Enfance du Christ est accueillie en triomphe (1864). La période anglaise de 1847-1848 est particulièrement fertile en aventures. Berlioz dirige l'orchestre de Drury Lane à Londres, dont le chef d'orchestre est le compositeur Louis-Antoine Jullien, le roi des concerts promenades et des concerts monstres. Jullien avait sollicité la participation de Berlioz, et celui-ci le maudira après l'avoir encensé. Louis-Antoine Jullien est un fou à plus d'un titre[6].
En 1847, sur les conseils de son ami Balzac, à un moment où il était à court d'argent, comme c'était souvent le cas[7], il se rend en tournée en Russie, où il remporte un triomphe à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Il est logé chez la grande-duchesse Hélène, qui l'accueille avec faste. Aux concerts qu'il dirige dans la salle de l'Assemblée de la noblesse, il est bissé jusqu'à douze fois ! Pendant son premier bis, il s'écrie :« Je suis sauvé ! », au deuxième « Je suis riche ! »[8] Il dirige alors Roméo et Juliette, Le Carnaval romain et la Symphonie funèbre et triomphale. Il reviendra en 1867 dans ce qu'il appelle « la fière capitale du Nord ».
En 1856, il entame la composition de son « opus magnum » Les Troyens et écrit le livret inspiré par le poème épique L'Énéide, œuvre de Virgile. La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, et l'influence de Virgile et de Shakespeare est récurrente dans son œuvre. Les Troyens est achevé deux ans plus tard, mais Berlioz ne peut le faire jouer dans son intégralité, car les administrateurs sont rebutés par la durée et les moyens exigés par l'œuvre.
Berlioz compose ensuite l'opéra-comique Béatrice et Bénédict, inspiré de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, mais tombe malade après la mort de Marie, puis de son fils Louis, en 1866. Après une tournée triomphale en Russie, au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimsky-Korsakoff et Borodine, il fait un voyage à Nice en mars 1868, où il se blesse en faisant une chute. En août 1868, il effectue son dernier voyage à Grenoble, la ville de résidence de sa sœur et de sa famille. Invité par le maire Jean Vendre à l'occasion de trois journées de festivité organisées pour l'inauguration d'une statue équestre de Napoléon Ier, il préside un festival de musique. Il décède le 8 mars 1869 à Paris, 4 rue de Calais, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes » (IXe). Il est enterré au cimetière de Montmartre (avenue Berlioz, 20e division, 1re ligne), près de ses deux épouses Harriet Smithson et Marie Recio[9].
Analyse de l'œuvre [modifier]
Les thèmes beethovéniens et shakespeariens, qui s'entrecroisent dans toute la production de Berlioz, et l'attachement que témoigne le compositeur pour la musique de la période révolutionnaire et de l'Empire ont fortement marqué son œuvre, comme le prouve son admiration pour Gluck.
Berlioz est une grande figure romantique à l'humour ravageur, mais très rigoureux dans l'écriture et très exalté dans l'exécution. Son œuvre va peu à peu se dégager de la forme musicale académique de son temps pour s'orienter vers des orchestrations d'une grande richesse de timbres et de couleurs, une écriture contrapuntique toute personnelle et un penchant pour les très grandes formations orchestrales. Ses velléités de liberté le conduiront à s'affranchir des textes qu'il met en musique, au point de les écrire lui-même, comme le fit aussi Richard Wagner.
Sans tomber dans l'exagération qui prévalait à l'époque, Berlioz s'intéressa énormément à la nature des timbres. Il fut également l'ami d'Adolphe Sax, dont il encourageait fortement les travaux, notamment ceux concernant la famille des Saxophones.
Irréductible à toute école, la musique de Berlioz est d'une grande originalité. Cependant, en dépit des succès considérables remportés à l'étranger, son œuvre est restée longtemps méconnue dans son propre pays, voire mésestimée, mis à part certains extraits de la Damnation de Faust et, bien sûr, la Symphonie fantastique, qui fit l'objet d'un superbe et indémodable enregistrement de Charles Münch à la tête de l'Orchestre de Paris.
L'œuvre de Berlioz a cependant été reçue avec chaleur en Allemagne, et ce depuis les premières représentations des Troyens par Félix Mottl, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à Rafael Kubelík, qui fut l’artisan de sa résurrection dans les années 1960. Depuis, les Allemands n'ont pas hésité à organiser des congrès Berlioz dans leur pays, par exemple à Essen-Werden, en juin 2003, sous l’initiative d’Hermann Hofer et de Matthias Brzoska. Ces toutes dernières années, Les Troyens et Benvenuto Cellini sont passés dans le répertoire habituel de Dresde, Leipzig, Mannheim, Hambourg, Dortmund, Düsseldorf et Gelsenkirchen.
En France, sous la direction de Serge Baudo, Lyon a accueilli pendant quelque dix ans le festival international Hector-Berlioz. Ce festival a maintenant lieu à La Côte-Saint-André (Isère), la ville natale de Berlioz. En outre, c'est l'ouvrage lyrique Les Troyens qui a été présenté lors de l'inauguration de l'Opéra-Bastille à Paris, en mars 1990.
Œuvres [modifier]
La liste complète a été établie par D. Kern Holoman dans son catalogue thématique.
Musique symphonique [modifier]
- 1830 : Symphonie fantastique, épisode de la vie d’un artiste, op. 14
- 1831 : Le Roi Lear, pour orchestre
- 1834 : Harold en Italie, symphonie à programme avec alto principal
- 1839 : Roméo et Juliette, symphonie pour mezzo-soprano, ténor, basse, chœur et orchestre
- 1840 : Grande symphonie funèbre et triomphale
- 1841 : Rêverie et Caprice, pour violon et orchestre
- 1843–1844 : Le Carnaval romain, ouverture pour orchestre
Musique lyrique [modifier]
- 1826–1833 : Les Francs-juges, partition incomplète
- 1834–1837 : Benvenuto Cellini
- 1841–1847 : La Nonne sanglante, œuvre inachevée (à ne pas confondre avec l'opéra-homonyme de Charles Gounod créé en 1854)
- 1846 : La Damnation de Faust, légende dramatique, destinée au concert
- 1856–1858 : Les Troyens
- 1860–1862 : Béatrice et Bénédict
- 1823 : Estelle et Némorin, partitions perdues
Musique chorale et vocale [modifier]
- 1824 : Messe solennelle, retrouvée en 1992 alors que Berlioz prétendait l'avoir détruite
- 1827 : La Mort d’Orphée, cantate
- 1828 : Herminie, cantate
- 1829 : Le Ballet des ombres
- 1829 : Cléopâtre, cantate
- 1830 : Sardanapale, cantate
- 1831–1835 : Le 5 mai
- 1832 : Le Retour à la vie, deuxième partie de l'Épisode de la vie d’un artiste, plus tard (en 1855) intitulée Lélio ou le Retour à la vie, op. 14b
- 1837 : Grande messe des morts ou Requiem
- 1840–1841 : Les Nuits d'été
- 1849–1851 : Tristia
- 1850–1854 : L’Enfance du Christ, trilogie sacrée
- 1849–1855 : Te Deum
Discographie sélective [modifier]
Dans les années 1960 et 1970, à une époque où Berlioz était surtout connu pour la Symphonie fantastique, Colin Davis va œuvrer, après son compatriote, sir Thomas Beecham, pour la réhabilitation de Berlioz en enregistrant une grande partie de ses compositions. John Eliot Gardiner a marché sur ses traces.
En France, divers chefs d'orchestre se sont également consacrés à Berlioz. Mentionnons Georges Prêtre, Pierre Boulez, Michel Plasson, Jean-Claude Casadesus, Jean-Paul Penin ou encore Marc Minkowski, qui ont pris le relais de leurs prestigieux aînés Pierre Monteux, Charles Munch, Jean Fournet et André Cluytens.
Cantates [modifier]
- Cantates du Prix de Rome : Herminie, Cléopâtre, Sardanapale, La Mort d'Orphée, Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus (dir.).
Œuvres symphoniques [modifier]
- Ouvertures : Carnaval romain, Le Corsaire, Les Francs-juges, Le Roi Lear, Waverley, orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.) ;
- Ouvertures : Carnaval Romain, Benvenuto Cellini, Waverley, Beatrice et Benedict, Le Roi Lear, Les Francs-juges, Les Troyens à Carthage, Le Corsaire, orchestre symphonique de Montréal, Charles Dutoit (dir.) ;
- Symphonie fantastique, orchestre symphonique de Paris, orchestre symphonique de San Francisco et orchestre philharmonique de Vienne, Pierre Monteux (dir.) ;
- Symphonie fantastique, orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, Colin Davis (dir.) ;
- Symphonie fantastique, orchestre symphonique de Boston, Charles Münch (dir.) ;
- Symphonie fantastique, orchestre philharmonique de New York, Dimitri Mitropoulos (dir.) ;
- Symphonie fantastique, orchestre symphonique de Detroit, Paul Paray (dir.) ;
- Symphonie fantastique, orchestre symphonique de San Francisco, Michael Tilson Thomas (dir.) ;
- Harold en Italie, William Primrose (alto), Orchestre philharmonique royal, sir Thomas Beecham (dir.) ;
- Harold en Italie, Wolfram Christ (alto), orchestre philharmonique de Berlin, Lorin Maazel (dir.) ;
- Roméo et Juliette, chœur du conservatoire de Nouvelle-Angleterre et orchestre symphonique de Boston, Seiji Ozawa (dir.).
Mélodies [modifier]
Opéras [modifier]
- Benvenuto Cellini, chœur de Covent Garden, orchestre symphonique de la BBC, Colin Davis (dir.) ;
- Benvenuto Cellini, chœur de Radio France, Orchestre national de France, John Nelson (dir.) – Premier enregistrement de la version originale dite « Paris I » ;
- Les Troyens, chœur et orchestre de Covent Garden, Colin Davis (dir.) – Premier enregistrement mondial de l'œuvre ;
- Les Troyens version intégrale, chœur et orchestre symphonique de Montréal, Charles Dutoit (dir.) ;
- Les Troyens, Monteverdi choir, Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner (dir.) ;
- La Damnation de Faust, chœur et orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.) ;
- La Damnation de Faust, chœur et orchestre symphonique de Chicago, sir Georg Solti (dir.) ;
- L'Enfance du Christ, chœur John Alldis, orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.).
Musique religieuse [modifier]
- Messe solennelle, chœur et orchestre de la Philharmonie nationale de Cracovie, Jean-Paul Penin (dir.).
- Création française et premier enregistrement mondial (Accord-Universal, Radio-France et France-Télévision, Basilique de Vézelay, 7 octobre 1993) ;
- Messe solennelle, Monteverdi Choir, Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner (dir.) ;
- Requiem - Grande messe des morts, orchestre symphonique de Boston, Charles Münch (dir.) ;
- Requiem - Grande messe des morts, orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, Charles Münch (dir.) ;
- Requiem - Grande messe des morts, chœurs et orchestre symphonique d'Atlanta, Robert Spano (dir.) ;
- Requiem - Grande messe des morts, chœurs du Festival Tanglewood et orchestre symphonique de Boston, Seiji Ozawa (dir.) ;
- Requiem - Grande symphonie funèbre et triomphale, orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.) ;
- Te Deum, orchestre symphonique de Londres, Claudio Abbado (dir.).
Hommages [modifier]
- Musée Hector Berlioz, maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André, dans le Dauphiné.
- Une médaille à l'effigie de Berlioz a été réalisée en 1897 par le peintre et graveur polonais Wincenty Trojanowski. Un exemplaire de la médaille est conservé au musée Carnavalet (ND 0156).
- Un billet de 10 francs Berlioz a été émis de 1974 à 1978.
- Le film La Symphonie fantastique (1942) de Christian-Jaque, avec Jean-Louis Barrault dans le rôle de Berlioz, est considéré par de nombreux critiques comme un pied de nez à l'occupant nazi pour son exaltation de la grandeur passée de la France, sous couvert d'une biographie romancée.
- Le chaton musicien du long-métrage d'animation des studios Disney, Les Aristochats (1970), se prénomme Berlioz en hommage au compositeur (le second, peintre, a été appelé Toulouse en l'honneur de Henri de Toulouse-Lautrec).
- Sous l'impulsion du politicien Georges Frêche, la programmation de l'Opéra national de Montpellier est répartie à partir de 1990 entre l'Opéra Comédie et la grande salle du palais des congrès Le Corum, renommée Opéra Berlioz.
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
Membre de l'Académie des beaux-arts et critique musical, Berlioz a laissé plusieurs ouvrages :
- Le Voyage musical en Allemagne et en Italie (1843-44) ;
- Publié sous forme de feuilleton dans le Journal des débats en 1843, puis en recueil en août 1844, avant d'être intégré aux Mémoires en 1870.
- Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernes (1843-44) ;
- Publié pour la première fois en 1843, puis dans une version révisée en 1855 avec l'ajout de L’Art du chef d’orchestre.
- Études sur Beethoven, Gluck et Weber (1844) ;
- Les Soirées de l'orchestre (1852)[10] ;
- Les Grotesques de la musique (1859)[11] ;
- À travers chants (1862)[12] ;
- Mémoires (1870, posthume)[13].
Cette œuvre critique est regroupée et rééditée depuis trente ans en France : les Mémoires, puis la Correspondance générale en huit tomes chez Flammarion, publiés sous les auspices de l’association nationale Hector-Berlioz ; la Critique musicale en dix tomes, en cours chez Buchet-Chastel sous la direction d’Yves Gérard et Marie-Hélène Coudroy.
- Hector Berlioz, Mémoires, Flammarion, Paris, 1991, (ISBN 2-08-212539-4) ;
- Hector Berlioz, De l'instrumentation, coll. « Les Inattendus », Le Castor Astral, Paris, 1994, 169p. (ISBN 978-2859202279) ;
- Hector Berlioz, Critique musicale, Buchet-Chastel, Paris, 1997 (6 tomes) ;
- Hector Berlioz, Les Soirées de l'orchestre, Gründ, 1998, 649p. (ISBN 978-2700021028) ;
- Hector Berlioz, Correspondance générale, coll. « Harmoniques », Flammarion Lettres, Paris, 2001 (8 tomes)
Ouvrages sur Berlioz [modifier]
- Georges de Massougnes, Hector Berlioz (1803-1869): Son œuvre, Calmann Levy, Paris, 1919 ;
- Claude Ballif, Berlioz, coll. « Solfèges », Seuil, Paris, 1979, (ISBN 978-2-02-000249-3) ;
- François Piatier, Benvenuto Cellini de Berlioz ou le Mythe de l'artiste, collection « Les Grands Opéras », Aubier, Paris, 1979, (ISBN 2-7007-0160-7) ;
- (en) Dallas Kern Holoman, Catalogue of the Works of Hector Berlioz, Bärenreiter, Kassel, 1987 (ISBN 3-7618-0449-0) ;
- Henri Barraud, Hector Berlioz, coll. « Les Indispensables de la musique », Fayard, Paris, 1989, 506p. (ISBN 978-2213024158) ;
- (en) Dallas Kern Holoman, Berlioz, Cambridge MA, Harvard University Press, 1989, (ISBN 0-674-06778-9) ;
- David Cairns, Hector Berlioz. La Formation d'un artiste (1803 - 1832), vol.1, Fayard, Paris, octobre 2002, traduit de l'anglais par Dennis Collins, 720p. (ISBN 2-213-61249-8) ;
- David Cairns, Hector Berlioz. Servitude et Grandeur (1832 - 1869), vol.2, Fayard, Paris, octobre 2002, traduit de l'anglais par Dennis Collins, 954p. (ISBN 2-213-61250-1) ;
- Pierre-Jean Rémy, Berlioz, le roman du romantisme, Albin Michel, Paris, 2002 (ISBN 2-253-11349-2) ;
- Christian Wasselin et Pierre-René Serna, Cahier Berlioz, n° 77, éditions de L'Herne, Paris, janvier 2003 (ISBN 2-85197-090-9) ;
- Christian Wasselin, Berlioz : Les Deux Ailes de l'âme, Gallimard, Paris, janvier 2003 (ISBN 2-07-076522-9) ;
- Catherine Massip et Cécile Reynaud (dir.), Berlioz, la voix du romantisme, catalogue de l'exposition donnée à la Bibliothèque nationale de France en 2003 et 2004, BnF/Fayard, Paris, septembre 2003 (ISBN 2-213-61697-3) ;
- Pierre Citron (dir.), Cécile Reynaud, Jean-Pierre Bartoli, Peter Bloom, Dictionnaire Berlioz, Fayard, Paris, octobre 2003 (ISBN 2213615284) ;
- Christian Wasselin, Berlioz ou le Voyage d'Orphée, éditions du Rocher, Paris, octobre 2003 (ISBN 2-268-04795-4) ;
- Pierre-René Serna, Berlioz de B à Z, éditions Van de Velde, Paris, juin 2006 (ISBN 2-85868-379-4).
Notes et références [modifier]
- Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 103.
- « Berlioz ne rime pas avec myxomatose », La Voix des Allobroges, 12 octobre 2010.
- Hector Berlioz, Correspondance générale, tome V, Flammarion.
- Hector Berlioz, Correspondance générale, op. cit.
- Hector Berlioz par Tom S. Wotton sur Google Books
- Michel Faul, Louis Jullien : Musique, spectacle et folie au XIXe siècle, Atlantica, 2006 (ISBN 2351650387), particulièrement le chapitre 6 (cf. Site de Louis Jullien).
- « Vous avez eu l’obligeance de m’offrir votre pelisse, soyez assez bon pour me l’envoyer demain rue Provence 41, j’en aurai soin et je vous la rapporterai fidèlement dans quatre mois. Celle sur laquelle je comptais me paraît beaucoup trop courte et je crains surtout le froid aux jambes. » Hector Berlioz à Honoré de Balzac, septembre 1847. Cité in Correspondance intégrale, réunie et annotée par Roger Pierrot, Garnier, Paris, 1969, p. 776
- (ru) A. N. Tchesnokova Les Étrangers à Saint-Pétersbourg et leurs descendants, éditions Satis, Saint-Pétersbourg, 2003, p. 191
- Tombe de Berlioz au cimetière de Montmartre.
- Texte disponible également en ligne
- Texte disponible en ligne
- Texte disponible en ligne
- Texte disponible en ligne
Liens externes [modifier]
- (fr) Œuvres de Hector Berlioz sur le projet Gutenberg
- (fr) Association nationale Hector-Berlioz
- (fr) Musée Hector-Berlioz
- (fr) Site sur Hector Berlioz (avec en particulier tous les textes littéraires)
- Partitions libres de Berlioz dans International Music Score Library Project
- Jean-Paul Penin, « Les Premières Armes du jeune Berlioz » in Revue internationale d'études musicales sur la Messe solennelle
- Messe solennelle sur le site Berlioz 2003
- Notices d’autorité : Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
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