Daniel Barenboim

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Daniel Barenboim

alt=Description de l'image Daniel Barenboim.jpg.
Naissance 15 novembre 1942 (72 ans)
Buenos Aires, Drapeau de l’Argentine Argentine
Activité principale Pianiste, chef d'orchestre
Maîtres Enrique Barenboïm (père), Edwin Fischer, Igor Markevitch, Nadia Boulanger
Conjoint Jacqueline du Pré, Elena Bashkirova
Récompenses Prix Ernst von Siemens, Prix Herbert von Karajan

Daniel Barenboim (né le 15 novembre 1942 à Buenos Aires) est un pianiste et chef d'orchestre de nationalités argentine et israélienne. En 2002, il reçoit la nationalité espagnole et, depuis janvier 2008, il est également porteur d'un passeport palestinien[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant prodige, il donne son premier concert en tant que pianiste à Buenos Aires à l'âge de sept ans. Son père est alors et restera longtemps son professeur de piano.

En 1952, il s'installe en Israël avec ses parents, juifs d'origine russe (leur nom est la graphie yiddish de l'allemand Birnbaum, « poirier »).

Très tôt, en Argentine d'abord, puis au cours de nombreux voyages, il a l'occasion de rencontrer Arthur Rubinstein et Adolf Busch, Wilhelm Furtwängler, Edwin Fischer et beaucoup d'autres grands interprètes. Il se perfectionne au piano avec Edwin Fischer et à la direction d'orchestre avec Igor Markevitch puis en 1955 avec Nadia Boulanger, dans la classe de qui, à Paris, il étudie la composition.

Au début des années 1960, il joue avec le vieux maître Otto Klemperer et enregistre avec lui ses premiers disques pour EMI : le 25e concerto de Mozart et l'intégrale des concertos de Beethoven. Puis il devient chef de l'English Chamber Orchestra en 1965 et enregistre, en dirigeant du piano, l'intégrale des concertos de Mozart, une somme que certains critiques considèrent aujourd'hui encore comme la plus belle jamais gravée. À cette période, Barenboïm est un merveilleux mozartien, tant au piano qu'à la baguette, et il mêle à un élan juvénile une profondeur extraordinaire des mouvements lents sans doute en partie acquise à la fréquentation de Klemperer.

C'est la période heureuse, celle de son amour pour la violoncelliste britannique Jacqueline du Pré, avec qui il se marie en 1967. La période aussi où il pratique assidûment la musique de chambre avec elle et ses amis les violonistes Pinchas Zukerman et Itzhak Perlman et d'autres comme Isaac Stern ou Gervase de Peyer. De nombreux disques sont gravés, en particulier de Beethoven. Un DVD garde pour la postérité une interprétation exceptionnelle du quintette « La Truite » de Schubert avec le chef d'origine indienne Zubin Mehta à la contrebasse.

Leur bonheur est de courte durée : Jacqueline est atteinte de sclérose en plaques et doit arrêter sa carrière dès 1972. Elle meurt en 1987. Au cours des dernières années de la vie de Jacqueline du Pré, Daniel Barenboim est installé à Paris avec la pianiste Elena Bashkirova, avec qui il aura eu deux enfants, David et Michael.

La carrière de Barenboim semble marquée par une sorte de boulimie inextinguible de concerts, d'enregistrements et de projets. Il est chef de l'Orchestre de Paris, de 1975 à 1989, où il crée un Chœur symphonique qu'il confie à Arthur Oldham. Après un passage éclair comme directeur artistique et musical au tout nouvel Opéra-Bastille, où Pierre Bergé le démet de ses fonctions, il part aux États-Unis diriger l'Orchestre symphonique de Chicago, poste qu'il occupe jusqu'en 2006[3], tout en menant une carrière de chef à Berlin, à la tête du Staatsoper.

En juillet 2001, pour la première fois, Barenboim parvient à diriger en Israël de la musique de Richard Wagner (on sait que ce compositeur allemand du XIXe siècle était le musicien préféré d'Adolf Hitler). En Israël, l'opposition avait été grande mais Barenboim gagne la partie : il considère que Wagner n'appartient pas aux nazis et que la musique doit l'emporter sur la politique. Pour cette dernière raison, il a, par ailleurs, créé un orchestre mêlant jeunes israéliens et jeunes palestiniens.

En mai 2006, il est nommé principal chef invité de la Scala de Milan, poste qu'avaient occupé avant lui, notamment, Arturo Toscanini et Herbert von Karajan.

Il a également créé en collaboration avec Edward Saïd une fondation visant à promouvoir la paix au Proche-Orient par la musique classique, initiative lui ayant attiré de violentes critiques en Israël. Ceci s'est concrétisé en un atelier musical et un orchestre israélo-arabe : l'Orchestre Divan occidental-oriental.

Doté d'un grand charisme, d'un contact ouvert et chaleureux, il s'est également consacré à l'enseignement faisant bénéficier de ses conseils de jeunes talents devenus depuis des têtes d'affiche, tels Hélène Grimaud, Lang Lang… dans des masters class, dont certaines, filmées et régulièrement diffusées par les chaînes musicales, sont des modèles du genre.

En 2006, il est lauréat du prestigieux Prix Ernst von Siemens, considéré comme le « Nobel de la musique ».

Son répertoire immense s'étend de Bach, dont il a gravé une des plus puissantes versions des Variations Goldberg, à la musique contemporaine dont il est un ardent défenseur. Ainsi a-t-il créé de nombreuses œuvres de Pierre Boulez ou Henri Dutilleux, par exemple. Il est aussi un grand chef d'opéra, notamment à Bayreuth, où il dirige pendant les vingt dernières années du XXe siècle, mais aussi à Édimbourg et dans de nombreux autres festivals.

Excellent accompagnateur de lieder, il a donné des concerts et enregistré de nombreux disques avec Janet Baker notamment, mais surtout avec Dietrich Fischer-Dieskau, avec qui il a gravé en particulier des lieder de Mozart (chez EMI) et des intégrales de Brahms, de Liszt et d'Hugo Wolf (chez Deutsche Grammophon).

En mars 2007, il est élevé au rang de Commandeur de la Légion d'honneur par Jacques Chirac qui a souligné son engagement pour la paix au Proche-Orient.

En 2007, il est nommé « Messager de la paix » des Nations unies.

Il a été choisi pour diriger le célèbre Concert du nouvel an à Vienne en 2009 puis à nouveau en 2014, organisé chaque année par l'Orchestre philharmonique de Vienne dans sa fameuse salle du Musikverein.

Dans les années 2000, il interprète de nouveau en concert l'intégrale des trente-deux sonates pour piano de Beethoven, choisissant chaque année une grande capitale (Buenos Aires, New York, Vienne, Berlin, Milan, Londres). Entre 2009 et 2011, et alors qu'il est célébré depuis plus de cinquante ans comme interprète des concertos de Mozart et de Beethoven, il joue comme pianiste et lors de grandes tournées, les deux concertos pour piano et orchestre de Chopin et de Liszt.

Il reçoit des mains de Nicolas Sarkozy les insignes de Grand officier de la Légion d'honneur en février 2011. À l'automne de la même année, il devient, et jusqu'en 2016, directeur musical de la Scala de Milan, dont il était déjà premier chef invité.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Une vie en musique, Belfond,‎ 1992, 242 p. (ISBN 978-2714428837)
  • Parallèles et Paradoxes : Explorations musicales et politiques, Le Serpent à plumes,‎ 2003, 239 p. (ISBN 978-2842614249)
  • La musique éveille le temps (trad. Dennis Collins), Fayard,‎ 2008, 208 p. (ISBN 978-2213636597)
  • Dialogue sur la musique et le théâtre, Paris, Éditions Buchet/Chastel,‎ 2010 (ISBN 978-2283024508)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Israeli pianist Barenboim takes Palestinian passport » (consulté le 4 février 2008)
  2. « Article de RFI avec une interview de Barenboïm (document sonore de 3 minutes) » (consulté le 11 mars 2008)
  3. Il y conserve toutefois le titre de chef honoraire à vie.

Liens externes[modifier | modifier le code]