Gustav Mahler

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Gustav Mahler

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Photographie de Gustav Mahler en 1898.

Naissance
Kaliště, Moravie, Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Décès (à 50 ans)
Vienne, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Activité principale Compositeur
Style Post-romantique
Activités annexes Chef d’orchestre
Élèves Bruno Walter, Otto Klemperer
Conjoint Alma Mahler

Gustav Mahler (prononcé [ˈɡʊstaf ˈmaːlɐ] en allemand), né à Kaliště dans l'Empire d'Autriche (aujourd'hui en République tchèque), le et mort à Vienne le , est un compositeur, pianiste et chef d'orchestre autrichien.

Plus célèbre en son temps comme chef d'orchestre, son nom reste attaché aujourd’hui à son œuvre de compositeur dont la dimension orchestrale et l'originalité musicale jettent un pont entre la fin du XIXe siècle et la période moderne. Il est l'auteur de dix symphonies (la dernière est complète au niveau de la réduction d’orchestre (en), mais son orchestration est inachevée) et plusieurs cycles de lieder.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gustav Mahler voit le jour le dans une famille juive du village de Kaliště en Bohême[1]. Ses parents, Marie et Bernhard Mahler, de milieu modeste, sont aubergistes. À la fin de la même année, la famille s’établit dans la ville d'Iglau en Moravie, où Gustav passe son enfance. Ses dons musicaux sont découverts très tôt[2]. En 1875, il est admis au conservatoire puis à l'université de Vienne, où il étudie le piano avec Julius Epstein et partage la chambre d’Hans Rott. Il suit parallèlement des conférences données par Anton Bruckner à l’université de Vienne.

Dès sa jeunesse, le mysticisme catholique attire beaucoup Mahler alors que les rituels juifs le laisseront toujours indifférent. « Il aimait l'odeur de l'encens et les chants grégoriens et ne pouvait jamais passer devant une église sans y entrer[3] ». Il se fait baptiser à Hambourg au début de 1897 mais la question juive le touche de près, notamment lorsque Cosima Wagner tente d'annuler son engagement à Vienne alors qu'elle révère et défend son mari. Selon le peintre et décorateur Alfred Roller, il ne cachera jamais son origine juive mais ne s'en vante pas particulièrement et, à la fin de son mandat à l'opéra de Vienne, il a certainement souffert de l'antisémitisme larvé ou déclaré d'une partie du public. Sa musique fut bannie sous le Troisième Reich. L'inspiration chrétienne se fait jour dans les Symphonies n° 2 et 8 alors que l'élément juif est plus difficile à cerner. « Je suis trois fois apatride ! Comme natif de Bohême en Autriche, comme Autrichien en Allemagne, comme juif dans le monde entier[3] » dit-il.

Dès 1886, sa vie sentimentale est orageuse. En novembre 1901, Gustav Mahler, alors directeur de l'opéra de Vienne et compositeur déjà célèbre, rencontre Alma Schindler (1879-1964) de 19 ans plus jeune que lui. Alma est la fille du peintre paysagiste Emil Schindler mort en 1892 ; sa mère s'est remariée avec le peintre Carl Moll, élève de Schindler. Issue d'un milieu cultivé et excellente pianiste, la jeune fille s'intéresse à l'art et étudie la composition avec Alexander von Zemlinsky, beau-frère et ancien professeur d'Arnold Schönberg. Fasciné par sa beauté et son indépendance d'esprit, Mahler l'épouse en 1902. Elle métamorphose la vie du compositeur qui rencontre, grâce à elle, des artistes éminents comme le poète dramatique Gerhart Hauptmann, les peintres Gustav Klimt et Kolo Moser ou le chef de file de l'avant-garde musicale viennoise Arnold Schönberg, dont Mahler devient le défenseur et le protecteur. Souvent sacrifiée au travail d'un mari exigeant, Alma renonce à la composition pour partager la vie intellectuelle et sensible de cet époux qu'elle considère alors « comme l'homme le plus noble, le plus pur »[4] qu'elle ait jamais connu. Deux filles naissent en 1902 et 1904, Maria et Anna. Le , l'aînée, Maria, décède, emportée par la scarlatine. Une grave crise éclate dans le couple au cours de l'été 1910 lorsque Alma, lui reprochant de ne pas faire son devoir d'époux, succombe au charme du jeune architecte Walter Gropius. Le divorce étant exclu, Mahler consulte Sigmund Freud avec lequel il effectue une discussion-promenade de quatre heures. L'entretien semble avoir été bénéfique au compositeur qui écrit à sa femme : « … Suis joyeux. Conversation intéressante… ». Alma est aux côtés de Gustav pour sa quatrième saison aux États-Unis et jusqu'à la fin de la vie de Mahler.

C’est durant sa dernière visite aux États-Unis, où il dirige l'orchestre philharmonique de New-York, qu’il contracte une infection généralisée le . Le , il donne son dernier concert (programme de musique italienne)[5]. Gravement malade, il quitte New-York pour être traité pendant une semaine à Paris. Perdu, il demande à retourner à Vienne, où il décède d'une endocardite le (à 50 ans), laissant inachevée sa Dixième symphonie (seul l’Adagio initial sera achevé). Le dernier mot qu’il prononce, un doigt levé dirigeant un orchestre invisible, est : « Mozart ! » (« mon petit Mozart ») adressé à Alma. Il est enterré dans la capitale autrichienne, au cimetière de Grinzing.

Une amie proche et dévouée, et sa compagne de longue date, l'altiste Natalie Bauer-Lechner, garda un journal intime qui dépeint une image unique de la vie personnelle, professionnelle et créatrice de Mahler. Elle enregistra dans son journal plusieurs des déclarations du composeur sur la musique, la littérature, la philosophie et sa vie (y compris un aperçu exclusif de la structure, la forme et le contenu de sa troisième symphonie)[6],[7],[8].

Carrière[modifier | modifier le code]

Gustav Mahler, 1907.

La première composition importante de Mahler, Das klagende Lied opus 1, qu’il présente au prix Beethoven en 1880 en tant qu’opéra, est un échec. Il la transforme ultérieurement en cantate. Ce revers l'incite à orienter sa carrière vers la direction orchestrale. Il débute à Bad Hall cette même année puis dirige à Ljubljana, Olomouc, Cassel et à l'opéra allemand de Prague où ses interprétations de Mozart, Beethoven et Wagner lui valent ses premiers triomphes.

En 1886, il est engagé à l'opéra de Leipzig comme assistant d'Arthur Nikisch. Après les Lieder eines fahrenden Gesellen, il compose sa Symphonie n° 1 et les Lieder aus « Des Knaben Wunderhorn » pendant ses vacances d’été à Steinbach-am-Attersee.

Nommé à l'Opéra royal de Budapest en 1888, il y crée sa Première Symphonie en 1889. L'exceptionnelle qualité de ses interprétations est à l'origine de l'enthousiasme de Johannes Brahms, pour qui « un tel niveau est inconcevable à Vienne ».

Nommé premier chef à l’opéra de Hambourg en 1891, il y reste jusqu'en 1897. C'est son premier poste de longue durée.

En 1897 Mahler, avec l'aide de Brahms et du critique Hanslick, devient directeur artistique du prestigieux opéra de Vienne (il s'est converti en partie pour pouvoir obtenir ce poste dont les juifs étaient alors exclus dans la pratique[9]). Il y débute avec Lohengrin le .

Il passe les dix années suivantes à Vienne et y acquiert une réputation de perfectionniste. Une analyse de ses relations avec les membres de l'orchestre confirme chez Gustav Mahler une tendance à obtenir d'eux le meilleur, jusque dans les plus petits détails. On dit par ailleurs qu'il imposa au public l'obligation d'assister à la représentation des opéras en leur entier sans quitter sa place, ce qui laisse supposer que l'on pouvait ne pas suivre cette règle jusque-là. À la Wiener Hofoper, il s'impose dans les opéras de Mozart, Beethoven et Wagner, entre autres, mais ne dédaigne pas non plus les répertoires italien, français et russe et veilla aussi à présenter des œuvres contemporaines. Pendant cette période, il alterne la direction pour neuf mois de l’année et la composition le reste du temps – principalement à Maiernigg, où il possède une petite maison sur le Wörthersee – il y compose ses symphonies de la deuxième à la huitième.

La même année, il se découvre une maladie de cœur et perd son emploi à Vienne, après avoir défendu ses propres œuvres. Ce triple coup du sort, Mahler l’a involontairement anticipé quelques mois auparavant quand il compose le finale de sa sixième symphonie, ce finale comporte en effet, trois puissants et terribles coups de marteau censés symboliser trois coups du destin frappant fatalement un héros et le précipitant dans un gouffre de désespoir sans fond comme l’exprime la poignante fin de l’œuvre[réf. nécessaire]. Alors que sa quatrième symphonie a reçu un accueil assez favorable, il lui faut attendre 1910 pour rencontrer un vrai succès public avec la huitième symphonie à la création de laquelle assistent, le 12 septembre à Munich, les plus grands artistes et écrivains de l'époque, dont Thomas Mann.

Mahler, en butte à quelques attaques antisémites, reçoit une offre pour diriger le Metropolitan Opera à New York. Il y dirige la saison de 1908 mais est ensuite écarté au profit d’Arturo Toscanini. Il revient à New York l’année suivante pour y diriger l’orchestre philharmonique de New York. De cette période date l’achèvement de Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre) et de sa dernière symphonie achevée, la neuvième.

Analyse[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Esthétique[modifier | modifier le code]

Signature de Gustav Mahler

La musique de Mahler est ancrée dans la tradition austro-allemande, celle de Jean-Sébastien Bach, de la première école de Vienne de Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven et Franz Schubert et de la génération romantique, Robert Schumann, Johannes Brahms et Felix Mendelssohn, mais surtout de Franz Liszt et d’Anton Bruckner, dont les vastes symphonies à thématiques métaphysico-existentielles anticipent les siennes. Cependant l’influence décisive de son œuvre fut Richard Wagner, le seul selon lui dont la musique possédait réellement un « développement » (cf. Forme sonate).

La musique de Mahler combine des influences romantiques – comme le fait de donner des titres à ses symphonies, ou de leur associer des programmes – avec l’utilisation de la musique populaire viennoise ou autrichienne et l’art contrapuntique, en utilisant les ressources de l’orchestre symphonique. Le résultat de sa recherche pour étendre son univers musical fut qu’il développa la forme symphonique au point d’en faire éclater le moule formel. Une symphonie se devait d’être, dans ses termes, un univers entier. De ce fait, Mahler fut confronté à des difficultés dans la présentation de ses œuvres et eut tendance à en réviser sans fin les détails d’orchestration.

On divise généralement ses symphonies selon trois périodes :

  1. La première période, marquée par son interprétation des poèmes du recueil Des Knaben Wunderhorn et parsemée de mélodies venant de sa propre mise en musique de ces mêmes poèmes, comprend les quatre premières symphonies.
  2. Dans la deuxième période, comprenant les trois symphonies suivantes, l’expression devient plus sévère, plus tragique. Elle impressionna le public viennois tout autant qu’elle influença d’autres compositeurs.
  3. La dernière période est marquée par une importance croissante de la polyphonie et comprend la symphonie n° 8 dite « des mille », la neuvième symphonie, la dixième, inachevée, ainsi que le cycle de lieder avec orchestre Das Lied von der Erde (le Chant de la terre).

Mahler était obsédé par l’héritage de Beethoven. Tout en étant terrifié à l’idée d’écrire une symphonie qui portât le numéro neuf, il déclarait que chacune de ses propres symphonies était une « neuvième », avec autant d’impact et d’importance que celle de l’Ode à la joie. Peu de compositeurs ont à ce point mêlé leur vie personnelle et leur œuvre. Le manuscrit de la dixième symphonie de Mahler comporte des notes destinées à sa femme, qui avait une liaison avec Walter Gropius, et d’autres références autobiographiques.

Ces aspects conduisirent à considérer sa musique, encore longtemps après sa mort, comme emphatique, voire enflée. Claude Debussy, qui avait quitté ostensiblement la salle lors de la première de la 2e symphonie à Paris, avait déclaré : « Ouvrons l’œil (et fermons l’oreille)… Le goût français n’admettra jamais ces géants pneumatiques à d’autre honneur que de servir de réclame à Bibendum. »

Pourtant, quelle que soit la durée de ces œuvres, ou l’effectif requis pour leur exécution, elles constituent toujours une démonstration d’orchestration magistrale, ce que même les détracteurs de sa musique, à l’époque, étaient contraints de reconnaître. Même dans des œuvres se contentant d’un orchestre « minimal » (comme sa 4e symphonie), la délicatesse de l’orchestration, son inventivité, le fait que les timbres soient partie intégrante de la composition font de Mahler un héritier direct d'Hector Berlioz.

Mahler avait toujours cherché à innover et à étendre le genre symphonique, mais il était aussi un artisan minutieux, ce qui se voit dans ses méthodes de travail méticuleuses, dans la planification ordonnée de ses œuvres et dans ses études des maîtres antérieurs.

Mahler, grand maître d’un romantisme crépusculaire qu’il fait entrer dans la modernité, chaînon manquant entre Bruckner et Schönberg, est un compositeur qui a synthétisé la leçon de ses maîtres (Beethoven, Wagner, Bruckner) en portant le langage symphonique classique à un point de non-retour qui ne lui survivra pas. Certes, les Français des années 1900 n’appréciaient pas vraiment son œuvre. C’était peu visionnaire, mais bien caractéristique d’une époque où la musique française et la musique allemande se livraient une guerre ouverte. La quatrième symphonie qui comporte une partie vocale (Ilse Eerens), fut sifflée à sa création en 1901 et ne fut acceptée par le public qu’en 1904 à Amsterdam.

Écoute[modifier | modifier le code]

Dietrich Fischer-Dieskau
Berliner Philharmoniker (dir. Rudolf Kempe)
(1955)
Kindertotenlieder (Gustav Mahler)
I. Nun will die Sonn' so hell aufgehn
II. Nun seh' ich wohl, warum so dunkle Flammen
III. Wenn dein Mütterlein
IV. Oft denk' ich, sie sind nur ausgegangen
V. In diesem Wetter, in diesem Braus

Compositions marquantes[modifier | modifier le code]

SYMPHONIES
Titre Surnom Tonalité Composition Création Mouvements Orchestration Durée
Symphonie n° 1 « Titan » ré majeur 1888-1896 à Budapest 4 (certaines versions comprennent le mouvement « Blumine » écarté par Mahler.) Orchestre 50 minutes environ
Symphonie n° 2 « Résurrection » do mineur 1888-1894 à Berlin 5 Orchestre, contralto, soprano, chœur 80–85 minutes
Symphonie n° 3 ré mineur 1893-1896 ) Krefeld 6 Orchestre, alto, chœurs 90 minutes environ
Symphonie n° 4 sol majeur 1899-1900 à Munich 4 Orchestre, soprano 55 minutes environ
Symphonie n° 5 do dièse mineur 1901-1902 à Cologne 5 Orchestre 70 minutes environ
Symphonie n° 6 « Tragique » la mineur 1903-1904 à Essen 4 Orchestre 75–85 minutes
Symphonie n° 7 « Chant de la nuit » mi mineur 1904-1905 à Prague 5 Orchestre 80–85 minutes
Symphonie n° 8 « Symphonie des mille » mi bémol majeur 1906-1907 à Munich 2 Orchestre, solistes, chœurs 80–85 minutes
Symphonie n° 9 ré majeur 1909-1910 à Vienne 4 Orchestre 80–85 minutes
Symphonie n° 10 « Inachevée » fa dièse majeur 1910 à Vienne 5 (les cinq ont été composés par Mahler mais seul le premier est orchestré, les quatre autres mouvements ont été complétés et orchestrés par plusieurs musiciens mais c'est la version de Deryck Cooke qui est la plus plébiscitée) Orchestre 25 minutes (premier mouvement seul) ou 75–80 minutes (les cinq).
ŒUVRES VOCALES
Titre Traduction Texte Composition Chants Durée
Das klagende Lied Le chant plaintif Gustav Mahler 1878-1880

1896-1899

3 parties 60–70 minutes
Lieder aus der Jugendzeit Chants de jeunesse

Trois Lieder, Cinq Lieder et Neuf premiers Wunderhorn Lieder

Gustav Mahler

Richard Leander

Tirso de Molina

1880-1883 17 40–45 minutes
Lieder eines fahrenden Gesellen Chants d'un compagnon errant Gustav Mahler 1884-1885 4 15–20 minutes
Lieder nach Gedichten aus »Des Knaben Wunderhorn« Lieder sur des poèmes du « Knaben Wunderhorn » 1888-1894 13 55–60 minutes
Rückert-Lieder Rückert-Lieder Friedrich Rückert 1901-1902 5 17–23 minutes
Kindertotenlieder Chants pour des enfants morts Friedrich Rückert 1901-1904 5 25–30 minutes
Das Lied von der Erde Le Chant de la Terre Li Bai, Meng Haoran, Wang Wei et Qian Qi traduits et adaptés par Hans Bethge 1908-1909 6 65–70 minutes

N.B :

  • Le Chant de la Terre est considéré par son auteur comme une symphonie en six mouvements. C'est donc autant une œuvre symphonique qu'une œuvre vocale
  • Die Drei Pintos (Les Trois Pintos). Cet opéra en trois actes et d'une durée de deux heures et demie, sur un livret de Theodor Hell d'après Carl Seidel fut à peine esquissé par Carl Maria von Weber. Soixante ans plus tard, Mahler reconstitua les esquisses, compléta la partition et l'orchestra en 1887. L'énorme travail accompli par Mahler pour achever l'opéra et s'approprier le style de Weber justifie qu'on inclut cette œuvre dans sa production.
  • Le Symphonisches Präludium (Prélude symphonique) en do mineur de 1875-1876, souvent attribué à Mahler ou à Rudolf Krzyzanowski, un autre élève de Bruckner, est selon Cohrs de la plume de Bruckner. Selon ce musicologue, il ressort clairement de son analyse stylistique que le matériel musical de ce mouvement symphonique en forme d'ouverture est bien de Bruckner, notamment car certaines de ses idées anticipent même des idées de la 9e Symphonie, que personne ne pouvait déjà connaître en 1876[10].

L’héritage de Mahler[modifier | modifier le code]

Le rôle charnière de Mahler entre la période romantique et la période moderne n’est pas sans rappeler le rôle qu’avaient joué Haydn et Beethoven pour la musique romantique. Ses compositions eurent une influence décisive sur les compositeurs Alexander von Zemlinsky, Arnold Schönberg, Alban Berg, Anton Webern, Dmitri Chostakovitch ainsi que sur les chefs d’orchestre Bruno Walter et Otto Klemperer, qu’il a tous les deux aidés dans leur carrière.

Ses mélodies, parfois à la limite de la rupture, son goût des grands intervalles expressifs, ses modulations abruptes, l’utilisation d’accords dissonants sur des points clefs quand le programme le requiert, quitte à violer quelque peu la conduite des voix du contrepoint classique, ont rendu possible le grand saut vers l’atonalité[11]. Parmi ses autres innovations, on trouve l’introduction d’autres instruments dans l’orchestre (guitare, mandoline, glockenspiel), ainsi que l’extension de la section des percussions.

En tant que chef d’orchestre, sa technique et ses méthodes ont survécu jusqu’à notre époque. Célèbre pour avoir dit que « la tradition, c’[est] la paresse (ou de la négligence) », il exigeait un intense travail de répétitions avant un concert, ce qui conduisait à des tensions avec les orchestres qu’il dirigeait, quelle que pût être par ailleurs l’amélioration du résultat final.

« Mon temps viendra » disait Mahler face aux difficultés qu’il rencontrait pour faire accepter ses œuvres et c’est en effet ce qui se produisit vers les années 1960, notamment grâce à Leonard Bernstein, puis, plus tard, en 1971, grâce à l’illustration musicale du film de Luchino Visconti, adaptation de la nouvelle de Thomas Mann Mort à Venise, par l'utilisation de l’Adagietto de la 5e symphonie, ce qui va engendrer un véritable engouement pour sa musique et sortir définitivement son œuvre tout entière du purgatoire relatif dans lequel elle était confinée depuis sa mort.

En 2011, le musée d'Orsay consacre une exposition à Gustav Mahler grâce à des prêts des archives du Musikverein de Vienne ainsi que de la Médiathèque Musicale Mahler de Paris[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Le nom de Gustav Mahler a été repris par Rolf Habisreutinger pour baptiser un stradivarius. C'est peut-être l'instrument de musique ayant la plus grande valeur[13].
  • La Principauté de Monaco, pour commémorer le centième anniversaire de sa mort, a émis un timbre-poste à son effigie, dessiné par Cyril de La Patellière et gravé par Claude Andreotto.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Les ouvrages d'Henry-Louis de La Grange représentent une somme mahlérienne.

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

Ouvrages en allemand[modifier | modifier le code]

  • Wolfgang Johannes Bekh : Gustav Mahler, oder die letzten Dinge, Almathea, 2005;
  • Jens Malte Fischer : Gustav Mahler, der fremde Vertraute, Biografie, Zsolnay, 2003;
  • Constantin Floros : Gustav Mahler, Wiesbaden, 1985;
  • Christian Glanz : Gustav Mahler, Holzhausen Verlag, 2001;
  • Stefan Hanheide : Mahlers Visionen vom Untergang. Interpretationen der Sechsten Symphonie und der Soldatenlieder, Universität Osnabrück, 2004;
  • Erich Partsch et Oska Pausch : die Ära Gustav Mahler, Böhlau, 1997;
  • Henry-Louis de La Grange & Günther Weiss : Ein Glück ohne Ruh'-Die Briefe Gustav Mahlers an Alma. Siedler Verlag, 1995, 575 p.;
  • Ferdinand Pfohl, Gustav Mahler, Eindrücke und Erinnerungen aus den Hamburger Jahren. (Éd. Knud Martner), Verlag der Musikalienhandlung Karl Dieter Wagner, Hambourg, 1973;
  • Wolfgang Schreiber : Gustav Mahler, Rowohlt Taschenbuch, Reinbek, 1971;
  • Bruno Walter : Gustav Mahler, Noetzel Florian, 2001 (réédition).

Ouvrages en anglais[modifier | modifier le code]

  • Jonathan C. Carr : Gustav Mahler, Overlook TP, 1999;
  • Henry-Louis de La Grange : Gustav Mahler (1860-1901), éditions Doubleday, 1973, 982 p. (Vol. 1);
  • Henry-Louis de La Grange : Vienna, The Years of Challenge (1897-1904), Oxford University Press, 1995, 882 p. (Vol. 2);
  • Henry-Louis de La Grange : Vienna, Triumph and disillusion (1904-1907), Oxford University Press, 2000, 1000 p. (Vol. 3);
  • Henry-Louis de La Grange : A New Life Cut Short (1907-1911), Oxford University Press, 2008, 1758 p. (Vol. 4);
  • Henry-Louis de La Grange : Gustav Mahler, Letters to his Wife, Traduit en anglais par Antony Beaumont. Cornell University Press, 2004, 431 p.;
  • Stuart Feder : Gustav Mahler, a life in crisis, Yale University Press, 2004;
  • Norman Lebrecht : Mahler Remembered, Faber and Faber, 1987.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald Harwood : Mahler’s Conversion, Faber Publishing, 2001;
  • Francis Huster : Putzi, 1991;
  • Francis Huster : Mahler, 2000.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Édition complète (coffret de 18 CD) [Édition limitée], Compilation avec différents chefs d'orchestre dont Abbado (n° 6), Bernstein (n° 5), Boulez (n° 4), Chailly (n° 10), Giulini (Das Lied), Haitink (n° 3), Karajan (n°. 9), Kubelik (n° 1), Mehta (n° 2), Sinopoli (n° 7), Solti (n° 8). Deutsche Grammophon, ASIN : B003BZC2RU
  • Les Œuvres complètes (coffret de 17 CD), EMI Classics, ASIN : B003D0ZNWY
  • Les Symphonies (coffret de 11 CD) [Édition de collection]. Leonard Bernstein. Deutsche Grammophon, ASIN : B0033QC0WY.

Entamée la saison dernière, l'intégrale menée par Daniele Gatti et l'Orchestre national de France se poursuit au Châtelet avec les Symphonies n° 6, 7 et 8.Les 9e et 10e, achevées par Derick Cooke ainsi que Le chant de la Terre sont annoncés pour 2011-2012.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henry-Louis de La Grange 2007, p. 11
  2. Henry-Louis de La Grange 2007, p. 13
  3. a et b Alma Mahler-Werfel & Alexis Tautou (Traducteur), Journal intime, Rivages, 2010 (ISBN 978-2-743-62036-3).
  4. Alma Mahler, Ma vie, Hachette, 1985 (ISBN 978-2-010-11239-3)
  5. « Mahler’s Last Concert »
  6. « Souvenirs de Gustav Mahler : Mahleriana - Mahler, Gustav - Fiche du livre », sur www.bibliotheques.cergypontoise.fr (consulté le 18 novembre 2013)
  7. « Souvenirs de Gustav Mahler : Mahleriana - BnF catalogue général - Notice bibliographique », sur www.catalogue.bnf.fr (BnF) (consulté le 18 novembre 2013)
  8. (en)Allan Kozinn, « Chaste Ascetic? A Letter Details Mahler’s Love Life », sur www.nytimes.com,‎ 26 juillet 2013 (consulté le 18 novembre 2013)
  9. « Gustav Mahler - Le temps advenu de Gustav Mahler », sur www.espritsnomades.com (consulté le 20 juillet 2010)
  10. Benjamin-Gunnar Cohrs: Symphonisches Präludium – Composed by Anton Bruckner?, 2006/rev.2010 (en)
  11. Le coin du musicien : Mahler
  12. * (fr) Présentation de l'exposition "Gustav Mahler" au musée d'Orsay, sur L'Intermède.com
  13. (fr) « Voici le Stradivarius le plus cher du monde - L'instrument - un violon alto - a pu être évalué 15 millions d'euros. Un disque révèle sa sonorité exceptionnelle. », sur www.lefigaro.fr (consulté le 20 juillet 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


Précédé par Gustav Mahler Suivi par
Wilhelm Jahn
Directeur, Opéra d'État de Vienne
1897–1907
Felix Weingartner
Hans Richter
Chef principal, Orchestre philharmonique de Vienne
1898–1901
Joseph Hellmesberger, Jr.
Vassili Safonov
Directeur musical, Orchestre philharmonique de New York
1909–1911
Josef Stransky