Pierre Monteux

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Pierre Monteux

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Pierre Monteux, vers 1912

Naissance 4 avril 1875
Paris, Drapeau de la France France
Décès 1er juillet 1964 (à 89 ans)
Hancock, Maine, États-Unis
Activité principale Chef d'orchestre
Activités annexes Violoniste
Descendants Claude Monteux (flûtiste)

Pierre Benjamin Monteux, né à Paris (9e) le 4 avril 1875[1] et mort à Hancock (Maine, États-Unis), le 1er juillet 1964, est un chef d'orchestre français naturalisé américain en 1942.

Biographie[modifier | modifier le code]

Membre d'une famille juive séfarade originaire du Comtat Venaissin, Pierre Monteux étudie le violon dès l'âge de six ans. Trois ans plus tard, il entre au Conservatoire de Paris. En 1896, il obtient le premier prix de violon, la même année que Jacques Thibaud. De quatorze à dix-sept ans, poussé par son frère aîné, il travaille comme deuxième violon aux Folies Bergères.

À dix-sept ans, il rejoint le Quatuor Geloso au poste d'altiste et voyage ainsi dans la France entière, mais aussi en Belgique, en Suisse, en Italie, en Allemagne et en Autriche. À la même époque, il fréquente également les jeunes Pablo Casals, Georges Enesco et Alfred Cortot, avec lequel il effectue une tournée de concerts et noue une solide amitié.

Tout en restant au sein du quatuor jusqu'en 1911, il est de 1893 à 1912 alto solo aux Concerts Colonne, l'orchestre parisien le plus réputé de l'époque. C'est avec Édouard Colonne que Monteux apprend, à son poste d'altiste, l'essentiel de sa technique de direction. Il participe à la création de divers ouvrages, dont celle, à l'Opéra-Comique, de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (il est l'assistant d'André Messager).

Après une courte période militaire, il obtient un poste de direction au Théâtre de l'Odéon, où il donne des œuvres de Bizet, Pierné ou Bruneau.

À partir de 1902, chaque été, il est également violoniste dans l'orchestre du Casino de Dieppe, où, pour la saison 1904, on lui propose de diriger de grandes œuvres du répertoire lyrique, de la musique de ballet et des œuvres symphoniques qui seront les bases de son large répertoire. En 1906, il y obtient un premier poste de chef titulaire.

Les danseurs du Sacre du printemps en costumes.

En 1911, il est engagé par Serge Diaghilev à la tête de l'orchestre des Ballets russes, en remplacement de Gabriel Pierné, et donne la première de Petrouchka d'Igor Stravinski (13 juin 1911). Puis, sous sa baguette, se succèdent les chefs-d'œuvre : Prélude à « l'Après-midi d'un faune » de Debussy (29 mai 1912), Daphnis et Chloé de Ravel (8 juin 1912), Le Sacre du printemps de Stravinski (29 mai 1913). Tout au long de sa carrière, Monteux sera particulièrement apprécié pour la qualité de ses interprétations des musiques française et russe.

Durant la saison 1913-1914, il crée à l'Opéra de Paris Le Rossignol de Stravinski et dirige la première européenne du Coq d'or de Rimski-Korsakov. En 1914, il est mobilisé et participe à la première bataille de la Marne. En 1916, les Ballets Russes doivent partir en tournée aux États-Unis. Après d'âpres discussions avec les autorités militaires, et grâce à l'intervention de Cortot, un sursis permet à Monteux d'accompagner la troupe aux États-Unis, où il séjournera jusqu'en 1924.

Invité pour deux saisons au Metropolitan Opera de New York, il y dirige plusieurs œuvres du répertoire français, ainsi que la première américaine du Coq d'or. À partir de 1919, il réorganise l'Orchestre symphonique de Boston, qui se trouvait privé de ses musiciens allemands et sujet à des conflits syndicaux, ce qui lui vaut une réputation de « bâtisseur d'orchestre ». Ces deux périodes contribueront fortement à l'immense prestige du maestro aux États-Unis.

Germaine, Denise et Pierre Monteux, vers 1919.

En 1924, de retour en France, il dirige à nouveau l'orchestre des Ballets Russes, puis accepte la codirection de l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam à l'invitation de Willem Mengelberg. En 1929, il se voit confier la direction de l'Orchestre symphonique de Paris, créé l'année précédente ; il en sera le chef permanent jusqu'en 1938. Dès la première année, il crée (avec Wanda Landowska en soliste) le Concert champêtre pour clavecin et orchestre de Poulenc (3 mai 1929) et la Troisième Symphonie de Prokofiev (17 mai 1929)

En 1934, Monteux, de retour aux États-Unis pour une série de concerts à Los Angeles, se voit proposer, à la suggestion d'Otto Klemperer, la direction de l'Orchestre symphonique de San Francisco, poste qu'il conservera de 1934 à 1952. En 1937, il participe, à New York, à la fondation de l'Orchestre symphonique de la NBC, qu'il prépare pour Arturo Toscanini.

Pierre Monteux, en 1933.

En 1942, il adopte la citoyenneté américaine. En 1943, il fonde une école de direction d'orchestre à Hancock, dans le Maine, où il s'est installé avec sa troisième épouse, la cantatrice Doris Hodgkins. Lorin Maazel, Neville Marriner sont passés par cette école. Au début des années 1950, il eut aussi pour élève à San Francisco le jeune André Previn, qui y faisait alors son service militaire.

Pour son quatre-vingtième anniversaire, Igor Stravinski lui dédie son Greetings Prelude.

En 1961, à quatre-vingt-six ans, il accepte la direction du prestigieux Orchestre symphonique de Londres.

Il meurt en 1964 à Hancock, entouré des membres de sa famille. Sa veuve est décédée en 1984.

Il est le père du flûtiste et chef d'orchestre Claude Monteux.

Contrairement à Furtwängler ou Toscanini, il laisse quantité d'enregistrements stéréophoniques, techniquement irréprochables.

Il fait partie des très rares artistes français à avoir été honorés par une étoile au Hollywood Walk of Fame de Los Angeles.

Rimsky-Korsakov, Scheherazade, Suite Symphonique, op. 35 - 1 : La mer et Sinbad le marin

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Philippe Mousnier, Pierre Monteux, Paris, L'Harmattan, 1999. (ISBN 2-7384-8404-2)
  • John Canarina, Pierre Monteux, Maître, New York, Amadeus Press, 2003. (ISBN 1-57467-082-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 9/697/1875 (consulté le 4 juillet 2012)

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