Théodore Dubois

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Théodore Dubois

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Théodore Dubois, ca. 1890, Bibliothèque nationale de France.

Nom de naissance François Clément Théodore Dubois
Naissance
Rosnay, Drapeau de la France France
Décès (à 86 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Organiste, pédagogue, compositeur
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Marmontel, François Benoist, François Bazin, Ambroise Thomas
Enseignement Conservatoire de Paris
Conjoint Jeanne Duvinage
Récompenses Prix de Rome (1861)
Distinctions honorifiques Académie des beaux-arts

François Clément Théodore Dubois, né le à Rosnay (Marne) et mort le à Paris, est un organiste, pédagogue et compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1853, il entre au Conservatoire de Paris où il suit les cours de piano de Marmontel, apprend l'orgue avec François Benoist et la composition avec François Bazin et Ambroise Thomas. En 1861, il en sort après avoir obtenu toutes les récompenses et remporte le Premier Grand Prix de Rome avec la cantate Atala.

Après son séjour à la Villa Médicis, il devient d'abord, jusqu'en 1869, maître de chapelle à l'Église Sainte-Clotilde (dont il était auparavant organiste), puis à l'Église de la Madeleine, jusqu'en 1877. Il succède alors à Camille Saint-Saëns au poste d'organiste de cette église. En 1871, il est professeur d'harmonie et de composition au Conservatoire de Paris et il est élu membre de l'Académie des beaux-arts sur le fauteuil de Charles Gounod en 1894.

En 1896, il devient directeur du Conservatoire, succédant à son ancien professeur et ami Ambroise Thomas. Il y demeure jusqu'en 1905, année où il démissionne. Vers cette époque également, se développe la polémique qui suit l'exclusion de Maurice Ravel du concours d'essai au Prix de Rome[1]. La question a donc été posée d'un lien entre les deux évènements, Dubois s'étant montré hostile aux musiciens de la jeune génération, trop éloignés des conceptions qui prévalaient au XIXe siècle. En fait, il s'avère qu'il ne s'agissait pas de démission de sa part, mais de départ à la retraite, conformément au désir souvent exprimé de se consacrer plus complètement à la composition[2].

Son œuvre est considérable : plus de 500 œuvres répertoriées au catalogue de Christine Collette-Kléo (Université Paul-Valéry, Montpellier).

Sa musique, en partie produite à une époque où elle semblait déjà issue d'un siècle révolu, trouve un regain d'intérêt, grâce au Palazzetto Bru Zane (Centre de musique romantique française), à Venise.

Néanmoins, son oratorio intitulé Les Sept Paroles du Christ en Croix, a toujours été chanté, aux USA et au Canada, jusqu'à aujourd'hui, spécialement pendant la Semaine sainte.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le 20 août 1872, il épousa la pianiste Jeanne Duvinage (1843-1922), dont le père avait été second chef d'orchestre à l'Opéra-Comique, avant d'entrer dans l'administration des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Orgue de la Madeleine

Pour la scène[modifier | modifier le code]

  • La Guzla de l'émir, opéra-comique (Paris, 30 avril 1873)
  • Le Pain bis ou La Lilloise, opéra-comique (Opéra-Comique, 26 février 1879)
  • La Korrigane, ballet de Louis Mérante (Opéra, 12 janvier 1880)
  • La Farandole, ballet de Louis Mérante (Opéra-Comique, 14 décembre 1883)
  • Aben-Hamed, opéra (créé en italien - Théâtre du Châtelet, 16 décembre 1884)
  • Frithjof, opéra (1892)
  • Xavière, idylle dramatique qui se remarque par ses idées mélodiques (Opéra-Comique, 26 novembre 1895).

Musique vocale[modifier | modifier le code]

Musique pour orchestre[modifier | modifier le code]

  • Marche héroïque de Jeanne d'Arc
  • Fantaisie triomphale pour orgue et orchestre
  • Hymne nuptial
  • Méditation, Prières pour cordes, hautbois, harpe et orgue
  • Concerto-Cappricioso pour piano
  • Concerto pour piano nº 2
  • Concerto pour violon
  • Notre-Dame de la Mer, poème symphonique
  • Adonis, poème symphonique
  • Symphonie française (1908)
  • Fantasietta (1917).
  • Symphonie nº 2
  • Symphonie nº 3
  • Fantaisie pour harpe et orchestre

Musique pour orgue[modifier | modifier le code]

De nombreuses pièces pour orgue et pour harmonium, dont :

  • Dix Pièces pour orgue ou harmonium (s. d.) : 1. Entrée (sol mineur) – 2. Entrée en forme de carillon (fa majeur) - 3. Offertoire (si mineur) - 4. Offertoire (mi majeur) - 5. Élévation (ré majeur) - 6. Élévation (si majeur) - 7. Communion (sol bémol majeur) - 8. Communion (sol majeur) - 9. Sortie - Fughetta (ré majeur) - 10. Sortie (la majeur).
  • Douze Pièces pour orgue ou piano-pédalier (1889) : 1. Prélude (fa majeur) – 2. Offertoire (mi majeur) – 3. Toccata (sol majeur) – 4. Verset de Procession (ré majeur) – 5. Offertoire (mi bémol majeur) – 6. Verset-Choral (la mineur) – 7. Fantaisie (mi majeur) – 8. Méditation (mi bémol majeur) – 9. Marche des Rois Mages (mi majeur) – 10. Offertoire (mi bémol majeur) – 11. Cantilène Nuptiale (la bémol majeur) – 12. Grand Chœur (si bémol majeur).
  • Messe de Mariage - Cinq pièces pour orgue (1891) : 1. Entrée du Cortège – 2. Bénédiction Nuptiale – 3. Offertoire – 4. Invocation – 5. Laus Deo (Sortie).
  • Douze Pièces Nouvelles pour orgue ou piano-pédalier (1893) : 1. Prélude (ré mineur) et Fugue (ré majeur) – 2. Chant Pastoral (do mineur) – 3. Cortège Funèbre (fa mineur) – 4. La Fête-Dieu (do majeur) – 5. Canon (la bémol majeur) – 6. Alleluia (mi bémol majeur) – 7. Noël (la mineur) – 8. Fiat Lux (mi majeur) – 9. In Paradisum (sol majeur) – 10. Offertoire (ré mineur) – 11. Thème Provençal varié (do mineur) – 12. Marche Triomphale (mi bémol majeur).
  • Sept Petites Pièces pour orgue: Prélude en ut mineur (1898) - Cantilène religieuse - Marcietta (1900) - Interlude (1900) - Prière (1899) - Postlude-Cantique (1899) - Marche-Sortie (1900).
  • Deux Petites Pièces pour orgue ou harmonium (1910) : Petite pastorale champenoise et Prélude.

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

  • Des pièces pour piano : Chœur et Danse des Lutins, Six poèmes sylvestres, etc.
  • De la musique de chambre : trios, quatuors, quintette, nonetto, dixtuor, etc.

Ses écrits[modifier | modifier le code]

  • Notes et études d'harmonie pour servir de supplément au Traité d'harmonie de Reber, Paris, 1889.
  • Traité de contrepoint et de fugue par Théodore Dubois, Paris, Heugel, 1901.
  • Traité d'harmonie théorique et pratique, Paris, Heugel, s. d. [1921?] (Le copyright des Réalisations des basses et chants du Traité d'harmonie par Théodore Dubois (réalisations de l'auteur), Paris, Heugel, est daté de 1921). Utilisé fréquemment au Conservatoire de Paris et ailleurs.
  • Souvenirs de ma vie, par Théodore Dubois, présentés par Christine Collette-Kléo, Lyon, Symétrie et Palazzetto Bru-Zane, 2009, 228 p.
  • Journal, par Théodore Dubois, présenté par Charlotte Segond-Genovesi et Alexandre Dratwicki, Lyon, Symétrie et Palazzetto Bru-Zane, 2012, 357 p.

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Écouter une œuvre[modifier | modifier le code]

Fichier audio
In Paradisum (info)

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« In Paradisum » (nº 9 des 12 Pièces Nouvelles pour orgue, 1893). Cette pièce illustre parfaitement le style romantique à l'orgue.

Registration :

Analyse :

  • L'œuvre se divise en trois sections enchaînées. Dans la première, le thème, exposé sur le Quintaton, est accompagné par le Bourdon à la main droite, qui développe des guirlandes d'accords arpégés, sur le rythme lent de la basse de pédale.
  • La seconde section est une douce méditation sur la Voix céleste donnant une impression d'élévation.
  • La dernière section reprend le thème initial mais cette fois, une voix supplémentaire s'ajoute à la partie soliste pour donner plus d'intensité à l'exposé final.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Théodore Baker et Nicolas Slonimsky. Dictionnaire biographique des musiciens, Paris, Robert Laffont.
  • Collette-Kléo, Christine. Introduction à l’étude de Théodore Dubois (biographies-œuvres), thèse de doctorat, Montpellier, Université Paul-Valéry.
  • Jules Combarieu et René Dumesnil, Histoire de la musique : tome III XIXe siècle, Paris, A. Collin.
  • Favre, G. Compositeurs français méconnus, E. Guiraud et ses amis E. Paladilhe et Th. Dubois, Paris, La Pensée universelle, 1983.
  • Charles-Marie Widor. Notice sur la vie et les travaux de Théodore Dubois, Paris, 1924.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Note : La raison exacte de la démission du compositeur est discutée, Dubois ayant apparemment demandé sa démission en mars 1905, deux mois avant « l'affaire Ravel ».[1]
  2. Souvenirs de ma vie. Théodore Dubois et Elisabetta Teglia : Théodore Dubois, un ami "formaliste" de Théodore Gouvy extrait de sa thèse de doctorat Théodore Dubois, compositore organista nel suo tempo, 10 juin 2005 Paris IV Sorbonne et Bologna

Liens externes[modifier | modifier le code]

Partitions gratuites[modifier | modifier le code]

Précédé par Théodore Dubois Suivi par
Ambroise Thomas
Directeur du Conservatoire de musique et de déclamation
1896-1896
Gabriel Fauré
Camille Saint-Saëns
Organiste, Église de la Madeleine
1877-1896
Gabriel Fauré