Iannis Xenakis

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Iannis Xenakis

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Iannis Xenakis en 1975.

Naissance 29 mai 1922
Braïla, Roumanie Roumanie
Décès 4 février 2001 (à 78 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale compositeur
Style électroacoustique
Activités annexes architecte
Site internet www.iannis-xenakis.org

Yannis Xenakis, ou Iannis Xenakis (en grec moderne : Γιάννης Ξενάκης ou Ιάννις Ξενάκις), né le 29 mai 1922 à Braïla en Roumanie et mort le 4 février 2001 à Paris, est un compositeur, architecte et ingénieur d'origine grecque, naturalisé français, marié à l'écrivaine Françoise Xenakis, avec qui il a eu une fille, la peintre et sculptrice Mâkhi Xenakis. Il est architecte et collabore avec Le Corbusier pour créer le Pavillon Philips, maintenant détruit. Il est le premier européen à utiliser un ordinateur pour composer de la musique et il a créé la musique "stochastique".

Biographie[modifier | modifier le code]

Réfugié politique en France en 1947, il travaille d’abord comme ingénieur chez Le Corbusier et conçoit notamment une grande partie du couvent de la Tourette (1957) ainsi que le pavillon Philips (1958). Soutenu par Olivier Messiaen, il poursuit parallèlement ses recherches musicales et parvient en l’espace de quelques années, à synthétiser musique, architecture et mathématiques afin de créer une musique nouvelle constituée de masses sonores construites grâce aux mathématiques ; Métastasis (1954) en est l’œuvre emblématique. Il réalise également les Polytopes, spectacles de sons et de lumières qui marqueront son époque (Montréal, Persépolis, Cluny, Diatope…).

Avec plus de 150 partitions, l’œuvre demeure monumentale. Douze ans après la disparition de Iannis Xenakis, le monde musical est loin d’avoir fini d’évaluer l’importance de son héritage.

Il s'intéresse aussi dans le champ de la musique acoustique à une nouvelle spatialisation en plaçant les musiciens de manière inhabituelle, parmi le public, par exemple, ou réitérant des procédures antiques autour ou à distance du public. Nombre de ces expériences ont fait preuve de leur efficacité, le plus souvent à leur époque, au festival international d'art contemporain de Royan dont il fut l'un des plus brillants et surprenants habitués.

Xenakis créa en 1976 une interface graphique, l'UPIC, avec laquelle il relie le monde visuel du graphisme et le monde sonore de la musique[1].

Il fut lauréat du Prix de Kyoto en 1997[2].

Iannis Xenakis réussit, en utilisant des procédures qui auraient pu faire de ses œuvres des productions totalement déshumanisées, ce tour de force de proposer une musique le plus souvent très lyrique et souvent aussi extrêmement émouvante. Nuits, L'Orestie et ses toutes dernières œuvres qui sont assez proches, curieusement, dans leur simplicité volontaire, de l'esprit des dernières œuvres de Liszt. C'est probablement autour de ce constat que s'est construit le « mystère Xenakis ».

Musique et architecture[modifier | modifier le code]

Dès 1954, Iannis Xenakis crée Metastasis pour 61 instruments ; c’est la première musique entièrement déduite de règles et de procédures mathématiques. Pour son créateur, il s’agit de mettre en pratique une relation directe entre musique et architecture, combinaison certes peu commune, mais qui pour l’assistant de Le Corbusier va de soi.

Il mettra à profit cette combinaison en utilisant les mêmes règles de construction dans l’élaboration des plans du pavillon Philips pour l’exposition universelle de Bruxelles en 1958 ; dans ce pavillon seront émises par des haut-parleurs, dans le même concert, des œuvres d'Edgar Varèse (Poèmes électroniques) et de Xenakis (concret PH pour parabole-hyperbole). Mais cette intrusion d’une pensée mathématique dans l’élaboration de formalismes ne peut encore bénéficier de l’outil ordinateur pour élaborer ses représentations.

Musique stochastique[modifier | modifier le code]

En 1956, fut publiée une théorisation de la musique stochastique, qui s’appuie entre autres sur la théorie des jeux de John von Neumann. Le hasard n’y est déjà plus une simple chance ; chez Xenakis, contrairement à la troisième sonate de Boulez ou aux autres œuvres « ouvertes », contrairement à Cage, et à sa démission du compositeur, la probabilité est entièrement calculée, les règles explicitées (voir Achorripsis ou ST/10-1 en 1961). Le processus global est prévisible, même si les événements qui le composent sont aléatoires. Par cette philosophie de la création, Xenakis essaie de se rapprocher des phénomènes biologiques et des événements du monde vivant. Dans Achorripsis, les partitions sont programmées en FORTRAN et les hauteurs, durées, densités et vitesses de glissement des notes sont des variables aléatoires suivant l'une des lois suivantes[3]:

Pour réduire le hasard, Xenakis simule des marches aléatoires dont le pas suit lui-même une loi de Xenakis, ou est l'exponentielle d'une variable aléatoire de Xenakis[4].

En 1957, apparurent les premières pièces électroniques stochastiques : les Diamorphoses. Pour la première fois, ces théories bénéficièrent d’un soutien technique et de la confiance à la composition avec un ordinateur IBM (Xenakis travaillait en collaboration avec Arnaud de Chambure). Cette pièce, qui fut aussi la première écrite par Xenakis au GRM, représente une des premières réalisations abouties dans ce domaine de la composition « calculée ».

Iannis Xenakis vers 1970.
Plaque commémorative au 9, Rue Chaptal, dans le 9e arrondissement de Paris.

Musique et espace[modifier | modifier le code]

Xenakis, d'abord avec les Polytopes — spectacles sons et lumières proposés dans différents lieux de 1967 à 1978 —, puis pour le Diatope à l'inauguration du Centre Georges-Pompidou, est revenu au concept qui lui est cher de mariage entre l'architecture et la musique. Les Polytopes et le Diatope (ces deux noms viennent des mathématiques) tentent de réunir les dimensions spatiales particulières propres aux arts sonores avec celles plus habituelles du visuel et de la kinesthésie[5].

Dans son manifeste musiques formelles, Xenakis dessine des surfaces réglées et des nuages de points sur des partitions, et se sert du résultat comme bloc de construction pour faire de la musique stochastique.

Algorithme[modifier | modifier le code]

Iannis Xenakis est l'auteur de l'algorithme Gendy qui est intégré à Csound[6].

Œuvres (liste partielle)[modifier | modifier le code]

  • Metastasis (Metastaseis B') (1953-1954), pour un orchestre de 61 instrumentistes
  • Pithoprakta (1955-1956), pour un orchestre de 50 instrumentistes
  • Achorripsis (1956-1957), pour 21 instrumentistes
  • Diamorphoses (1957), musique concrète (première exécution : Groupe de recherches musicales de l’ORTF, sous la direction de Pierre Schaeffer)
  • Concret PH (Parabole-Hyperbole) (1958)
  • Orient-Occident (1960), musique pour bande extraite du film homonyme d’Enrico Fulchignoni
  • Eonta (1963), pour piano, 2 trompettes et 3 trombones ténors
  • Oresteïa (1965-1966), sur des textes d'Eschyle, suite pour chœur d'enfants, chœur avec accessoires, et 12musiciens
  • Terretektorh (1965-1966), pour 88 musiciens dispersés dans le public
  • Medea (1967), musique de scène sur des textes de Sénèque, pour un chœur d'hommes et cymbales, et cinq musiciens
  • Nomos Alpha (1966), pour violoncelle seul.
  • Polytope de Montréal (1967), spectacle de lumière et sons pour 4 orchestres identiques de 15 musiciens
  • Nuits (1967), en sumérien, assyrien, grec ancien et autres phonèmes, pour 12 voix mixées et chœur
  • Nomos Gamma (1967-1968), pour 98 musiciens dispersés dans le public
  • Anaktoria (1969), pour un ensemble de 8 musiciens
  • Synaphaï (1969), pour piano et 86 musiciens
  • Persephassa (1969), pour six percussionnistes. Les Percussions de Strasbourg ont été les interprètes de la création
  • Kraanerg (1968-1969), musique de ballet, pour orchestre et bande sonore
  • Persepolis (1971), pour lumière et sons (bande magnétique)
  • Cendrées (1973), pour un chœur mixte de 72 chanteurs (ou 36 chanteurs) chantant des phonèmes de Iannis Xenakis et 73 musiciens
  • Evryali (1973), pour piano seul
  • N'Shima (1975), sur des mots d'hébreu et phonèmes, pour 2 mezzo-sopranes (ou altos) et 5 musiciens
  • Empreintes (1975), pour 85 musiciens
  • Psappha (1976), pour percussions seules (instruments variables)
  • Dmaathen (1976), pour hautbois et percussion
  • Khoai (1976), pour clavecin
  • Kottos (1977), pour violoncelle seul
  • Jonchaies (1977), pour un orchestre de 109 instrumentalistes
  • La Légende d'Eer (1977), musique électronique du Diatope (parvis du Centre Pompidou)
  • Pléïades (1978), pour 6 percussionnistes
  • Pour Maurice (1982), pour baryton et piano
  • Shaar (1983), pour un grand orchestre à cordes
  • Jalons (1986), pour un ensemble de 15 musiciens
  • Keqrops (1986), pour piano seul et un orchestre de 92 musiciens
  • Kassandra (Oresteïa II) (1987), pour baryton (avec amplification) jouant d'un psaltérion à 20 cordes et de percussions
  • Rebonds (a + b) (1987-1989), pour percussions seules
  • La Déesse Athéna (Oresteïa III) (1992), pour baryton et un ensemble mixte de 11 instruments
  • Omega (1997), pour percussion solo et 13 musiciens. La dernière œuvre de Xenakis

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Graphical audio synthesis and upic, HighC.org
  2. Iannis Xenakis, Radio France
  3. Musiques formelles, Annexe
  4. Musiques formelles, chapitre IV
  5. Iannis Xenakis, Cinemode, 18 mars 2013
  6. en ligne de Csound