Pierre Boulez

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Pierre Boulez
Pierre Boulez lors d'une conférence de presse au palais des beaux-arts de Bruxelles le 25 octobre 2004.
Pierre Boulez lors d'une conférence de presse au palais des beaux-arts de Bruxelles le 25 octobre 2004.

Naissance 26 mars 1925
Montbrison, France France
Activité principale Compositeur, chef d'orchestre
Style Musique contemporaine
Lieux d'activité Paris, France France
Années d'activité depuis 1945
Collaborations IRCAM, Orchestre symphonique de la BBC, Orchestre philharmonique de New York, Ensemble intercontemporain
Maîtres Andrée Vaurabourg, René Leibowitz

Pierre Boulez est un compositeur, pédagogue et chef d'orchestre français né à Montbrison dans la Loire le 26 mars 1925.

Il est une personnalité influente du paysage musical et intellectuel français contemporain.

Sommaire

[modifier] Le compositeur

Il étudie les mathématiques et la musique à Lyon. En 1942, il est l'élève d'Andrée Vaurabourg (femme d'Arthur Honegger) et d'Olivier Messiaen en classe d'harmonie au Conservatoire de Paris qu'il quitte avec fracas pour aller étudier le sérialisme avec René Leibowitz... avec lequel il se brouille également ! Il compose durant cette époque sa Première Sonate pour piano (1945) qui, plus encore que la Sonatine pour flûte et piano, effectue la synthèse des infuences récentes du jeune compositeur. Puis se trouvent ses cantates Le Visage nuptial et Le Soleil des eaux ainsi que la 2e sonate pour piano (1948) écrite à 23 ans, et qui reçut un bon accueil.

En 1948, il est directeur musical du Théâtre Marigny et en 1954, sa programmation d'avant-garde va devenir le Domaine musical. Il compose en utilisant les principes du sérialisme, généralisé au début des années 50 à d'autres paramètres que les hauteurs, comme dans le 1er livre des Structures en 1951, ou dans Polyphonie X qu'il a renié depuis. Mais son langage s'assouplit et en 1954, Le Marteau sans maître, appuyé sur des poèmes de René Char, n'applique déjà plus un sérialisme strict.

Bien qu'il soit abusif de parler de composition aléatoire, il introduit une part de hasard dans ses œuvres dès 1957 dans sa 3e sonate pour piano, en laissant à l'interprète le choix d'interpréter ou non certains fragments, ou de changer leur ordonnance. Dans de nombreuses compositions, il va mettre en musique des poètes français tels Stéphane Mallarmé, René Char ou Henri Michaux.

En 1960, il commence Pli selon pli et Figures-Doubles-Prismes. En 1963 il présente à la Biennale de Paris "Etude I". En 1969 il fonde l'IRCAM , une institution spécialisée dans la recherche et l'application des technologies numériques à la musique et à l'acoustique qu'il dirige jusqu'en 1991. En 1976, il prend en charge l'Ensemble intercontemporain. Il est influent pour la réalisation de la Cité de la musique à Paris.

[modifier] Le chef d'orchestre

Durant toutes ces années, il est un grand pédagogue, à Darmstadt de 1955 à 1967, et à l'université de Harvard.

Il est un des très grands chefs d'orchestre de son temps, même si ses interprétations ont parfois suscité des polémiques. En 1958, avec l'orchestre de la Südwestfunk de Baden-Baden (où il réside depuis plus de cinquante ans), avec l'Orchestre de Cleveland en 1967, l'Orchestre symphonique de la BBC de 1971 à 1975, l'Orchestre philharmonique de New York de 1971 à 1978, et l'Orchestre symphonique de Chicago en 1995, il va entreprendre une discographie très personnelle et sélective.

Son répertoire de prédilection est celui de son siècle, de Mahler jusqu'aux compositions de ses collègues contemporains, de Stockhausen à György Ligeti. Boulez est particulièrement connu pour ses interprétations du répertoire du début du XXe siècle, Claude Debussy, Maurice Ravel, Gustav Mahler, Arnold Schönberg, Igor Stravinski, Béla Bartók, Anton Webern et Edgard Varèse.

En 1976, il est invité à diriger la Tétralogie de Wagner à l'occasion du centenaire de sa création, au Festival de Bayreuth, représentations qui feront date, avec la mise en scène de Patrice Chéreau. Après les saisons de 1967/1968 et 1970, il revient à Bayreuth en 2004 pour diriger Parsifal dans la mise en scène controversée de Christoph Schlingensief. En 1979, il crée à l'Opéra de Paris Lulu, d'Alban Berg, dans la version complétée par Friederich Cerha, avec Teresa Stratas dans le rôle titre. En 1984, il collabore avec Frank Zappa et dirige l'Ensemble Intercontemporain pour l'exécution de trois compositions du guitariste.


[modifier] Compositions

Le fait que de nombreuses compositions de Boulez soient en permanence « inachevées » (3e sonate, Livre pour quatuor), qu'elles aient subi de nombreux remaniements (Pli selon pli, ...explosante-fixe...), qu'elles aient été reniées par leur auteur (Polyphonie X) rend l'établissement d'un catalogue un peu compliqué... Mais certains estiment qu'il est passionnant d'entendre une même œuvre sous ses différents aspects.

Cette manière qu'a Boulez de réviser ses pièces donne souvent l'impression d'un manque de sûreté dans l'acte compositionnel alors que c'est exactement l'inverse :

dans les Leçons de musique (disponibles aux éditions Christian Bourgois) qu'il donna au Collège de France de 1976 à 1995, Pierre Boulez explique qu'il se donne des règles pour le plaisir de les transgresser. Ainsi, les contraintes qu'il se donne (liées aux langages dodécaphoniques, sérielles, etc...) incitent son imagination à prendre des chemins que peut-être elle n'aurait pas pris sans elles ; ce qui lui permet précisément de ne pas s'enfermer dans un système c'est à dire de "traverser l'écran" pour faire allusion à l'article que le philosophe Michel Foucault écrivit en 1982 à propos du compositeur[1]. Cette démarche est également influencée par celle d'un Paul Klee auquel Boulez consacra le livre Le pays fertile en 1989 (éditions Gallimard). D'autre part, lorsqu'il fait une nouvelle version, cela ne veut pas dire que l'ancienne est ratée mais qu'elle contient un potentiel de développement qu'il juge utile de (ou dommage de ne pas) poursuivre. Par analogie, on peut dire que Boulez voit chaque œuvre comme une cellule vivante dans une boîte de Petri ; elle est susceptible d'évoluer, mais pour une étape donnée de la composition, on a quand même une cellule entière dans la boîte et pas simplement une ébauche de cellule. Autrement dit, l'avant-dernière version ou l'avant-avant dernière version de telle ou telle partition était quand même une oeuvre en soi. Répons en est un très bon exemple : cette œuvre a connu de multiples versions et a même donné naissance à deux pièces « satellites » intitulées Dérive 1 et Dérive 2, cette dernière ayant également connue plusieurs remaniements.

En fait, derrière tout ça se trouve une question plus fondamentale qui a toujours intéressé Boulez : qu'est-ce au juste qu’une œuvre « achevée » ? Boulez ne considère pas ses partitions comme des reliques sacrées et les changements qu’il y opère sont moins des corrections que des approfondissements. Il a besoin de poursuivre sa quête intérieure mais c'est aussi la partition qui lui renvoie des idées, dans un jeu de va-et-vient.

  • 12 notations pour piano (1946), ensemble de courtes pièces faisant douze mesures (le chiffre 12 se référençant au dodécaphonisme. Quatre (I-IV) de ces pièces ont été élargies et orchestrées en 1978, les huit autres (V-XII) en 1984
  • Sonatine pour flûte et piano (1946)
  • 1re sonate pour piano (1946)
  • 2e sonate pour piano (1948)
  • Le soleil des eaux pour voix et orchestre (1950-1965)
  • Structures pour deux pianos, livre I
  • Livre pour quatuor à cordes (1949) (orchestré partiellement sous le nom de Livre pour cordes)
  • Polyphonie X pour orchestre (1951)
  • Le Marteau sans maître pour voix et cinq instruments (1954)
  • 3e sonate pour piano (1956-1957)
  • Poésie pour pouvoir pour récitant, orchestre et bande magnétique (1958)
  • Le visage nuptial pour voix et orchestre
  • Pli selon pli pour soprano et orchestre (1957-1962, importante révision de Improvisation III en 1989), constitué de Don, Improvisations sur Mallarmé I-III et Tombeau.
  • Structures pour deux pianos, livre II (1956-1961)
  • Domaines (1968) versions pour clarinette seule et pour clarinette et ensemble
  • Figures-Doubles-Prismes pour orchestre (1957-1968)
  • Éclat/Multiples
  • Rituel in memoriam Bruno Maderna (1974-1975) pour orchestre en huit groupes
  • Messagesquisse (1976-1977) pour violoncelle solo et six violoncelles, dédié à Paul Sacher
  • Répons pour six solistes, orchestre et dispositif électronique (1981-1988)
  • ...explosante/fixe... œuvre « ouverte » à la mémoire d'Igor Stravinski, ayant existé sous diverses versions depuis 1972, la dernière en date étant pour flûtes, orchestre et dispositif électronique 1991-1993
  • Cummings ist der Dichter pour chœur et orchestre
  • Notations pour orchestre (dérivées des Notations pour piano) I-IV (1980) et V-XII (1984)
  • Dérive pour 6 instruments (1984)
  • Incises pour piano (1994/2001)
  • sur Incises (1996/1998) pour 3 pianos, 3 harpes et 3 percussions-claviers
  • Dialogue de l'ombre double pour clarinette et dispositif électronique (1985)
  • Mémoriale pour ensemble (1985) (dérivé de ...explosante-fixe...)
  • Anthèmes pour violon seul (1991) (dérivé également de ...explosante-fixe...)
  • Anthèmes 2 (1997) pour violon et dispositif électronique
  • Dérive 2 pour onze instruments (1988/2006)

[modifier] Discographie sélective

[modifier] Bibliographie

[modifier] Ouvrages de Pierre Boulez

  • Eclats 2002, Entretiens avec Claude Samuel, Mémoire du livre.
  • Jalons (pour une décennie) : dix ans d'enseignement au Collège de France (1978- 1988). Textes réunis et présentés par J.J. Nattiez, préface posthume de Michel Foucault, Paris, Christian Bourgois, Coll. Musique/Passé/Présent, 1989, 452 p.
  • Leçons de musique, en trois tomes : I - Imaginer, II - Regards sur autrui, III - Enseignements au Collège de France, Christian Bourgois
  • Le pays fertile - Paul Klee, Gallimard.
  • Par volonté et par hasard, Le Seuil.
  • Penser la musique aujourd'hui.1963

[modifier] Ouvrages sur Pierre Boulez

  • Véronique Puchala, Pierre Boulez : à voix nue, Lyon, Symétrie, 2008
  • Dominique Jameux, Pierre Boulez, Fayard
  • Entretiens avec Michel Archimbaud par P. Boulez (Poche - 24 novembre 1980)
  • Incidences...Pierre Boulez par Philippe Gontier (MF editions-2006)
  • Meston, Olivier, Eclat de Pierre Boulez, Edition Michel De Maule, Paris, p.60
  • Nattiez, Jean-Jacques, Répons et la crise de la "communication" musicale contemporaine, Répons Boulez, Actes Sud Papiers, p.23-43
  • Piencikowski, Robert, René Char et Pierre Boulez, 'Esquisse analytique du Marteau sans maître, Publications de la société Suisse de Musicologie, Verlag Paul Haupt Bern und Stuttgart, p.193-267.
  • Stoïanova, Ivanka, "La troisième sonate de Boulez et le projet Mallarméen du Livre", Musique en jeu, no.16, 1974, p.9-28.
  • Stoïanova, Ivanka, "narrativisme, téléologie et invariance dans l'oeuvre musicale. A propos de Rituel de Pierre Boulez", Musique en jeu, novembre 1976, 25:19, p.14-31.

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Michel Foucault : Pierre Boulez, l'écran traversé
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Colin Davis
Chef principal, Orchestre symphonique de la BBC
1971–1976
Rudolf Kempe
George Szell
Directeur musical, Orchestre philharmonique de New York
1971–1978
Zubin Mehta
Aucun
(création de l'orchestre)
Chef principal, Ensemble InterContemporain
1976–1978
Michel Tabachnik
Rudolf Serkin
Prix Ernst von Siemens
1979
Dietrich Fischer-Dieskau
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