Le Maître et Marguerite

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Maître et Marguerite
Image illustrative de l'article Le Maître et Marguerite
Sculpture du chat Béhémoth, personnage du roman Le Maître et Marguerite, sur un mur de la Descente Saint-André, à Kiev.

Auteur Mikhaïl Boulgakov
Genre roman
Version originale
Titre original Мастер и Маргарита
Éditeur original Posev
Langue originale russe
Pays d'origine Drapeau de l'URSS Union soviétique
Lieu de parution original Francfort
Date de parution originale 1967
Version française
Traducteur Claude Ligny
Éditeur éditions Robert Laffont
Date de parution 1968

Le Maître et Marguerite est un roman de Mikhaïl Boulgakov écrit entre 1927 et 1939.

À la fois histoire d'amour, critique politique et sociale, comédie burlesque et conte fantastique, il est considéré comme l'une des œuvres majeures de la littérature russe du XXe siècle[1].

Rédaction[modifier | modifier le code]

Boulgakov entreprend la rédaction de son roman dès 1928. Il détruit une première version de l'ouvrage (en le brûlant dans un poêle) en mars 1930 après avoir été averti que les autorités avaient interdit sa pièce La Cabale des dévots. Il revient à ce roman en 1931 et termine un second manuscrit en 1936, qui contient d'ores et déjà tous les principaux épisodes de la trame finale. La troisième version est achevée en 1937. Boulgakov ne cesse de peaufiner une quatrième version avec l'aide de sa femme, jusqu'à ce qu'il soit contraint de s'arrêter quatre semaines avant sa mort en 1940. C'est sa femme qui achève son œuvre en 1940 et 1941.

Une version censurée du livre (12 % du texte y est omis et une part plus grande encore altérée) est d'abord publiée dans le magazine Moscou (no 11, 1966, et no 1, 1967). Le texte des parties mises à l'écart ou modifiées paraît clandestinement (publication dite en samizdat), accompagné des indications nécessaires pour le resituer. En 1967, la maison d'édition Posev (sise à Francfort) édite une version complétée grâce à ces extraits. En Union soviétique, la première édition complète, préparée par les soins d'Anna Saakyants et fondée sur la version datant de début 1940, paraît dans Khoudojestvennaïa Literatoura en 1973. Cette édition est demeurée l'édition de référence jusqu'en 1989, date de la dernière édition établie par la littératrice Lidiya Yanovskaïa sur la base de tous les manuscrits existants.

Intrigue[modifier | modifier le code]

L'intrigue du roman se divise en trois actions entremêlées :

Première action[modifier | modifier le code]

L'action principale du livre a lieu dans le Moscou des années 1930, où Satan se manifeste sous l'identité d'un mystérieux magicien nommé Woland, accompagné d'une troupe hétéroclite composée du valet ex-chef de chœur Fagotto (ou Fahoth, selon les traductions) alias Koroviev, du chafouin et bavard chat noir Béhémoth, du tueur Azazello et de l'impudique sorcière rousse Hella. Ce groupe prend pour cible l'élite littéraire avec son syndicat officiel, le MASSOLIT, son restaurant-QG pour les privilégiés de la Nomenklatura, la maison Griboïedov, tous ses parvenus corrompus, leurs épouses ou maîtresses, ses bureaucrates et ses profiteurs — et de façon plus générale les sceptiques et les mécréants.

Le livre débute par une discussion sur l'existence de Dieu entre le chef de la scène littéraire officielle, Berlioz, athée notoire, et un gentleman étranger très poli rencontré dans un parc (il s'agit de Woland). Celui-ci prédit à Berlioz qu'il ne se rendra pas à la réunion du MASSOLIT où il est attendu le soir même, et qu'il mourra la tête coupée. De fait, la minute d'après, Berlioz glisse sous un tramway et est décapité. Témoin de toute la scène, le jeune poète Ivan Biezdomny (dont le nom signifie « sans-logis ») tente vainement de poursuivre et capturer Woland, qu'ont rejoint Fagotto et un géant chat noir, puis d'avertir les autorités de la nature diabolique du trio, mais ne parvient qu'à se faire jeter dans un asile de fous.

À ce point apparaît le personnage du Maître, un auteur aigri, désespéré du rejet dont a fait l'objet son roman sur Ponce Pilate et le Christ, au point d'en avoir jeté au feu le manuscrit avant de se détourner du monde, y compris de son aimée Marguerite. Après une période de vagabondage, il se fait interner dans l'hôpital psychiatrique où échouera plus tard Biezdomny. Ladite maison de fous joue un rôle d'importance puisque, tout au long du roman, des victimes des farces de la troupe de Satan s'y trouveront enfermées.

Deuxième action[modifier | modifier le code]

La deuxième action se situe à Jérusalem, sous le gouvernement du procurateur Ponce Pilate. Il s'agit du récit que Woland fait à Berlioz et qui trouve écho dans les pages du roman du Maître. La narration est donc fragmentée mais peut être reconstituée ainsi : Ponce Pilate rencontre Yeshoua Ha-Nozri et se découvre une affinité spéciale pour cet homme et même un besoin spirituel de lui ; ce qui ne l'empêche pas de se résigner à le livrer à ceux qui veulent sa mort. Le roman du Maître traite ensuite de la nuit vernale de pleine lune où le Christ, dont le sort est scellé par Pilate, est crucifié à Jérusalem. La fin du roman du Maître traite de Mathieu Lévi, le collecteur d'impôts et disciple unique de Jésus ; de sa rencontre avec Ponce Pilate ; et de l'assassinat de Yehuda de Carioth — qui avait livré Jésus-Yeshoua — par le conseiller de Pilate, homme encapuchonné que l'on peut soupçonner au fil de la lecture d'être Woland lui-même.

Troisième action[modifier | modifier le code]

La troisième action voit le personnage de Marguerite prendre une grande importance. Satan donne un bal de minuit, qui coïncide avec la nuit du Vendredi saint. Il fait une offre à Marguerite, qu'elle accepte : devenir une sorcière douée de pouvoirs surnaturels le temps du bal, et servir à Satan de « maîtresse de maison » pour recevoir ses invités.

Alors qu'elle apprend à voler et à contrôler ses passions débridées — non sans se venger avec violence des bureaucrates qui ont condamné son amant au désespoir — en entraînant avec elle sa servante Natacha, Marguerite pénètre nue dans le monde de la nuit, survole les forêts noires et les fleuves de la Mère Russie, se baigne et, purifiée, revient à Moscou pour être l'hôte du grand bal de Satan. Debout au côté de ce dernier, elle accueille les personnages les plus tristement fameux de l'histoire de l'humanité alors qu'ils se déversent en nombre des portes de l'enfer.

Elle surmonte l'épreuve — laisser les pires brigands lui embrasser le genou et témoigner à chacun son amour de reine du bal — et pour sa peine et sa droiture elle est récompensée : Satan lui offre d'exaucer son vœu le plus cher. Elle choisit de retrouver son amant le Maître et de vivre avec lui dans la misère et l'amour. Grâce au travail de Fagotto, le Maître retrouve une nouvelle vie grâce à la possession de documents administratifs conformes. Néanmoins, ni Satan ni Dieu ne jugent ce genre d'existence digne des bons, et le couple est empoisonné par Azazello. Étant morts, les deux protagonistes sont libres de suivre Woland et quittent Moscou avec lui, alors que ses fenêtres et ses coupoles se consument dans le soleil couchant du dimanche de Pâques. L'avant-dernière scène est celle de la libération de Ponce Pilate, qui attendait depuis 2 000 ans de pouvoir rejoindre Yeshoua.

C'est vers la fin du texte que les trois actions du livre se rencontrent, puisque l'on retrouve les personnages initiaux, la fin du récit par le Maître de l'histoire de Ponce Pilate, et l'événement majeur qu'est le bal.

Analyse[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Le roman a fortement subi l'influence du Faust de Goethe et les thèmes de la lâcheté, de la trahison, de l'ouverture d'esprit et de la curiosité, ainsi que de la rédemption tiennent une place prépondérante.

L'interaction des éléments et des forces naturels, tels que le feu, l'eau et la destruction, est un élément essentiel du roman, auquel il convient d'ajouter les puissants contrastes entre la clarté et les ténèbres, le bruit et le silence, le soleil et la lune, les orages et la tranquillité.

De plus, il faut remarquer le parallèle complexe entre Jérusalem et Moscou tout au long du roman.

On peut faire différentes lectures de l'œuvre : roman d'humour, allégorie philosophique ou socio-politique, satire du système soviétique, ou encore de la vanité de la vie moderne en général... Le roman est aussi un roman d'initiation dont Ivan est le personnage principal.

Boulgakov recourt à des styles et des tons très variés suivant les parties. Les chapitres où l'action a lieu à Moscou ont un rythme rapide, joyeux, presque farcesque, tandis que ceux où l'action se tient à Jérusalem sont écrits dans un style réaliste.

Ce roman est, enfin, dans ce contexte de Russie soviétique, un écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme. « Je suis celui qui veut éternellement le mal mais toujours fait le bien » (épitaphe tirée du Faust de Goethe).

Le Maître et Marguerite est un roman qui interroge en premier lieu le sens de la morale. Alors que la tradition chrétienne délimite sans peine les domaines du bien et du mal, Boulgakov, à travers les deux personnages « miroirs » du Maître et de Pilate, pose la question de la réalité et de la véracité d'une telle distinction. La mort du Christ est la base de cette réflexion : Jésus est condamné à mort par le Sanhédrin alors qu'il n'est pas un criminel. Dieu accepte la mort injuste de son fils dans le but de laver les péchés humains : on trouve ici le cœur du problème posé par Boulgakov. Dieu est dès lors indirectement responsable d'une injustice se confondant ici avec le mal : la mort d'un innocent. C'est tout le problème qui se pose à Pilate : quel est le sens moral de la mort du Christ puisqu'il y a inversion des critères moraux traditionnels. Cette question du bien et du mal hante dans Le Maître et Marguerite un Pilate séduit par la personnalité de Jésus et horrifié par sa mort. Dès lors, la morale perd de son évidence et tourmente à la fois Pilate et le Maître qui fait à son tour cette découverte lors de la rédaction de son ouvrage sur le procurateur de Judée. Le Maître perd la raison, de ne plus pouvoir distinguer aussi facilement que le reste des hommes le bien et le mal.

Parallèlement, l'arrivée de Satan à Moscou tend à confirmer ce brouillage du sens moral. Ce personnage, ainsi que ses acolytes burlesques, n'est pas réellement doté des attributs moraux du Diable. Il sème certes dans son sillage folie et destruction mais le tableau qu'en fait Boulgakov est beaucoup plus nuancé. Il y a déjà la sympathie évidente que ce personnage inspire au lecteur, loin des clichés habituellement attribués au Diable ; mais, surtout, Satan agit dans un contexte bien particulier, celui de l'URSS des années 1930. Satan distille l'humour et la fantaisie dans un monde austère et triste, il introduit l'irrationnel et le mystique dans une société rongée par un rationalisme absurde et un athéisme forcé, il lutte contre l'abêtissement général, le nivellement culturel et la stagnation intellectuelle. En un sens, Satan est un opposant au régime totalitaire stalinien et à ses conséquences sur la société soviétique. On retrouve alors ici la première problématique de la confusion de la morale : Satan est-il réellement l'incarnation du mal dans l'URSS stalinienne ? Satan rime dans Le Maître et Marguerite avec humour, créativité, fantaisie, vie débridée, amour et lutte contre les méfaits de la censure, de la méfiance et du contrôle. Satan amène le chaos à la manière de Nietzsche : avec la passion de la vie et de la création.

Influence[modifier | modifier le code]

Le Maître et Marguerite a inspiré de nombreux auteurs et musiciens.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 1971: Le metteur en scène polonais Andrzej Wajda a réalisé le film Pilatus und Andere pour la chaîne de télévision allemande ZDF, basé sur la partie publique du roman[2],[3].
  • 1972: Le metteur en scène serbe Aleksandar Petrović a réalisé la production italo-yougoslave Il Maestro e Margherita. Inspiré du roman, la différence principale est que le maître dans le film a un nom réel (Nikolaï Afanasijevitch Maksoudov), tandis que dans le livre original il reste intentionnellement anonyme[4],[5].
  • 1992: Le metteur en scène britannique Paul Bryers a réalisé le film Incident in Judaea pour la chaîne de télévision britannique Channel 4, basé sur la partie biblique du roman, avec des acteurs comme John Woodvine, Mark Rylance, Lee Montague and Jim Carter[6],[7].
  • 1994: Le metteur en scène russe Iouri Kara a réalisé le film Master i Margarita. Bien que beaucoup d’acteurs russes bien connus étaient présents (dont Mikhaïl Oulianov), et bien que la bande sonore a été composée par le célèbre compositeur russe Alfred Schnittke, le film n’a pas pu être distribué pendant 17 ans. Seulement en mars 2011, le film a été représenté pour la première fois dans les cinémas russes[8],[9].
  • 1996: Le metteur en scène russe Sergueï Desnitski et son épouse, l'actrice Vera Desnitskaïa ont réalisé le film Master i Margarita. Ils ont été déçus par les réactions des médias russes, et ont décidé que le film ne soit jamais montré[10].
  • 2005: Le metteur en scène hongois Ibolya Fekete a réalisé un film de 26 minutes, intitulé A Mester és Margarita. Ce film, avec quelques célèbres acteurs russes et hongrois comme Sergueï Grekov, Grigori Lifanov et Regina Miannik, a été diffusé par MTV Premier le 5 octobre 2005[11],[12].
  • 2008: Le metteur en scène italien Giovanni Brancali a réalisé le film Il Maestro e Margherita. L’histoire n’était pas située dans la ville de Moscou dans les années 1930, mais dans la ville contemporaine de Florence en Italie[13].
  • 2013: Le producteur américain Scott Steindorff prépare le film The Master and Margarita. Beaucoup de noms de réalisateurs et d'acteurs possibles ont déjà été évoqués, en particulier dans la presse russe, mais le seul nom qui peut être confirmé en ce moment, est celui de Caroline Thompson (La Famille Addams, Edward aux mains d'argent, Black Beauty), qui travaille sur le scénario[14].

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

  • 1989: Le metteur en scène polonais Maciej Wojtyszko a réalisé Mistrz i Małgorzata, une série télévisée de 4 épisodes[15],[16].
  • 1989: Le metteur en scène russe Aleksandre Dzekoune a adapté sa pièce de théâtre Master i Margarita pour la télévision. Comme le suggère le sous-titre - Chapitres du roman - le film ne couvre pas l'ensemble du roman. Seuls 21 chapitres ont été adaptés dans une mini-série[17].
  • 2005: Le metteur en scène russe Vladimir Bortko a réalisé Master i Margarita, une série télévisée en dix épisodes incluant les acteurs Vladislav Galkin, Kirill Lavrov et Aleksandr Abdulov. Elle est devenue la série TV la plus réussie à la télévision russe. La bande sonore a été composée par Igor Korneliouk[18],[19].

Dessins animés[modifier | modifier le code]

  • 2002: Les animateurs français Clément Charmet et Elisabeth Klimoff ont rélisé une animation du premier et troisième chapitre du ‘’Maître et Marguerite’’ basé sur le roman graphique de Jean-François Desserre[20].
  • 2010: Le réalisateur israélien Terentij Oslyabya a réalisé un dessin animé The master and Margarita, chapter 1. Son film suit littéralement chaque mot du roman[21],[22].
  • 2012: Le réalisateur de dessins animés Rinat Timerkaev prépare le long métrage d'animation Master i Margarita. Sur son blog[23], Timerkaev tient ses suiveurs régulièrement informés de l'avancement de ses plans[24].

Beaucoup d'étudiants d'écoles d'art ont été inspirés par Le Maître et Marguerite pour faire des courts métrages d'animation. Une liste complète est disponible sur le site-web Master & Margarita[25].

Bandes dessinées et romans graphiques[modifier | modifier le code]

  • 1998: Le roman a été adapté pour un roman graphique par le dessinateur russe Rodion Tanaïev[26].
  • 2002: Le roman a été adapté pour un roman graphique par le dessinateur français Jean-François Desserre[27].
  • 2005: Le roman a été adapté pour un roman graphique par les dessinateurs russes Askold Akishine et Misha Zaslavsky[28].
  • 2008: Le roman a été adapté pour un roman graphique par les dessinateurs Andrzej Klimowski et Danusia Schejbal[29].
  • 2013: L'auteur autrichien/français de bandes dessinées Bettina Egger a raconté l'histoire de Mikhaïl Boulgakov et Le Maître et Marguerite en dans le roman graphique Moscou endiablé, sur les traces de Maître et Marguerite . Elle entremêle l'histoire du Maître et Marguerite avec l'histoire de la vie de Mikhaïl Boulgakov et avec sa propre exploration des sources du roman à Moscou[30].
  • La bande dessinée Zero Absolu par Bec et Marazano illustre plusieurs scènes du roman, insérées dans un récit de science fiction.

Théâtre[modifier | modifier le code]

De 1971 à 1977, les adaptations théâtrales du Maître et Marguerite furent toutes réalisées en Pologne. Comme elles ne pouvaient pas être intitulées Le Maître et Marguerite, elles ont été mises en scène comme La magie noire et ses secrets révélés (Cracovie, 1971), La magie noire (Katowice, 1973), Avez-vous vu Ponce Pilate? (Wrocław, 1974), et Patients (Wroclaw, 1976) [31].

Le roman a été adapté sur scène par plus de 500 compagnies de théâtre dans le monde entier. Une liste complète de toutes les adaptations de théâtre est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[32].

En juillet 2012, le metteur en scène britannique Simon McBurney a présenté en ouverture du Festival d'Avignon, dans la cour d'honneur du palais des papes, une adaptation théâtrale de 3h30. Dans le journal Libération, le metteur en scène explique son choix : « À la fin du bal, Marguerite fait un vœu : libérer Frida l’infanticide de son cauchemar. Et son acte de compassion mène à la libération du Maître, même si cela passe par sa mort. Et cela permet aussi de libérer Ponce Pilate de sa culpabilité. Et par la même occasion, cela nous libère de notre façon de penser, nous qui croyons que rien n’existe en dehors de l'économie et ne voyons pas que c’est du totalitarisme[33]. » Pour représenter la séance où Marguerite vole nue dans les rues de Moscou, il utilise la rétroprojection et projette sur les murs du palais des papes des images de la ville de Moscou[34].

Musique[modifier | modifier le code]

Une centaine de compositeurs, chanteurs et auteurs-compositeurs ont été inspirés par Le Maître et Marguerite dans leurs œuvres. Tous ensemble, ils ont produit quelque 250 chansons ou pièces de musique à ce sujet.

Rock 'n Roll[modifier | modifier le code]

Quelque 25 groupes et artistes rock, parmi lesquels The Rolling Stones, Patti Smith, Franz Ferdinand et Pearl Jam ont été inspirés par le roman pour écrire des chanson à ce sujet. Une liste complète est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[35].

Musique populaire[modifier | modifier le code]

Quelque 25 groupes et artistes de musique populaire, parmi lesquels Igor Nikolayev, Valery Leontiev, Zsuzsa Koncz, Larisa Dolina et Linda]] ont été inspirés par le roman pour écrire des chanson à ce sujet. La chanson Margarita de Valery Leontiev a été utilisée pour réaliser le tout premier clip vidéo russe en 1989. Une liste complète est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[36].

Les bardes russes[modifier | modifier le code]

Beaucoup de bardes russes, parmi lesquels Alexander Rosenbaum, ont été inspirés par le roman pour écrire des chanson à ce sujet. Tous ensemble, ils ont fait quelque 200 chansons sur des thèmes et des personnages du Maître et Marguerite. Une liste complète est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[37].

Musique classique[modifier | modifier le code]

Une dizaine de compositeurs de musique classique, parmi lesquels Dmitri Smirnov (en) et Andreï Petrov ont été inspirés par le roman pour écrire des symphonies et des fantaisies musicales à ce sujet. Une liste complète de leurs œuvres est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[38].

Opéra et comédies musicales[modifier | modifier le code]

Une quinzaine de compositeurs, parmi lesquels York Höller, Alexandre Gradski et Sergueï Slonimski ont écrit des opéras et des comédies musicales sur le thème du Maître et Marguerite. Une liste complète des compositeurs est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[39].

Bandes sonores[modifier | modifier le code]

Trois compositeurs, Ennio Morricone, Alfred Schnittke et Igor Korneliouk ont écrit des bandes sonores pour des films sur Le Maître et Marguerite[40].

Autres genres musicaux[modifier | modifier le code]

Cinq compositeurs et artistes alternatifs, parmi lesquels Simon Nabatov, ont été inspirés par le roman pour présenter diverses adaptations. Une liste complète des artistes est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[41].

Roman photo[modifier | modifier le code]

Une adaptation singulière fut la réalisation d'un roman-photo, par Jean-Daniel Lorieux (2008), à partir d´une idée et du financement d'Evgueny Yakovlev. Isabelle Adjani y incarne Marguerite.

Traduction française[modifier | modifier le code]

  • Édition originale en français : 1968 chez Robert Laffont, collection Pavillons, traduit du russe par Claude Ligny (avec une introduction de Sergueï Ermolinsky)
  • Claude Ligny, révisé par Marianne Gourg, dans Mikhaïl Boulgakov, éd. Robert Laffont, collection « Bouquins », 1993. Édition préfacée par Marianne Gourg et Laure Troubetzkoy (ISBN 2-221-07398-3).
  • Le Maître et Marguerite, texte intégral précédé d'une introduction de Sergueï Ermolinski, traduit du russe par Claude Ligny, éd. Le Grand Livre du mois, 2002 (ISBN 2-7028-6933-5)
  • Françoise Flamant, in Boulgakov. « Le Maître et Marguerite » et autres romans. Œuvres, II, éd. Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », no 505, 2004 (ISBN 2-0701-1389-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Bibliothèque idéale le classe parmi les dix œuvres majeures de la littérature russe.
  2. (en) Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  3. Jan Vanhellemont, « Andrzej Wajda - Pilatus und andere – Ein Film für Karfreitag », Site web Le maître et Marguerite
  4. (en) Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  5. Jan Vanhellemont, « Aleksandar Petrović - Il Maestro e Margherita », Site web Le maître et Marguerite
  6. (en) Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  7. Jan Vanhellemont, « Paul Bryers - Incident in Judea », Site web Le maître et Marguerite
  8. (en) Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  9. Jan Vanhellemont, « Iouri Kara - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  10. Ibid., « Sergey Desnitsky - Master i Margarita »
  11. (en) Mester és Margarita (2005)/combined Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  12. Jan Vanhellemont, « Ibolya Fekete - A Mester és Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  13. Ibid., « Giovanni Brancale - Il Maestro e Margherita »
  14. Ibid., « Stone Village Productions - The Master and Margarita »
  15. (en) Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  16. Jan Vanhellemont, « Maciej Wojtyszko - Mistrz i Malgorzata », Site web Le maître et Marguerite
  17. Ibid., « Aleksandr Dzekun - Master i Margarita »
  18. (en) Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  19. Jan Vanhellemont, « Vladimir Bortko - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  20. Ibid., « Jean-François Desserre - Le maître et Marguerite »
  21. (en) Le Maître et Marguerite sur l’Internet Movie Database
  22. Jan Vanhellemont, « Terentij Oslyabya - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  23. Rinat Timerkaïev, « Подробности о новом анимационном проекте "Мастер и Маргарита" », Live Journal
  24. Jan Vanhellemont, « Rinat Timerkaïev - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  25. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans les dessins animés »
  26. Ibid., « Rodion Tanaïev - Master i Margarita »
  27. Ibid., « Jean-François Desserre - Le maître et Marguerite »
  28. Ibid., « Askold Akishine and Misha Zaslavsky - Le maître et Marguerite »
  29. Neel Mukherjee, « The Master and Margarita: A graphic novel by Mikhail Bulakov », The Times Online,‎ 9 mai 2008
  30. Jan Vanhellemont, « Bettina Egger - Moscou endiablé, sur les traces de Maître et Marguerite », Site web Le maître et Marguerite
  31. Ibid., « Le Maître et Marguerite - Arts de la scène »
  32. Ibid., « Adaptations théâtrales du Maître et Marguerite »
  33. René Solis, « Goethe n'était pas assez délirant », Libération,‎ 5 juillet 2012 (lire en ligne)
  34. Jean-Marie Wynants, « Simon McBurney enflamme Avignon », Le Soir,‎ 9 juillet 2012 (lire en ligne)
  35. Jan Vanhellemont, « The Master and Margarita dans le rock & roll », Site web Le maître et Marguerite
  36. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans la musique populaire »
  37. Jan Vanhellemont, « Le Maître et Marguerite et les bardes russes », Site web Le maître et Marguerite
  38. Ibid, « Le Maître et Marguerite dans la musique classique »
  39. Jan Vanhellemont, « Le Maître et Marguerite dans les opéras et comédies musicales », Site web Le maître et Marguerite
  40. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans les bandes sonores »
  41. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans les autres genres de musique »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A. C. Wright, « Satan in Moscow: An Approach to Bulgakov's The Master and Margarita », PMLA, vol. 88, no 5,‎ octobre 1973, p. 1162-1172 (lire en ligne)
  • (en) Pierre S. Hart, « The Master and Margarita as Creative Process », Modern Fiction Studies,‎ Summer 1973, p. 169–178
  • (en) Edythe C. Haber, « The Mythic Structure of Bulgakov's 'The Master' », Russian Review, vol. 34, no 4,‎ octobre 1975, p. 382–409 (lire en ligne)
  • (en) Kevin Moss, « Bulgakov's Master and Margarita: Masking the Supernatural and the Secret Police », Russian Language Journal, vol. 38, no 129–30,‎ 1984, p. 115–131
  • (en) Ursula Reidel-Schrewe, « Key and Tripod in Mikhail Bulgakov's Master and Margarita », Neophilologus journal, vol. 79, no 2,‎ avril 1995, p. 273–282
  • Marianne Gourg, Étude sur « Le Maître et Marguerite », ENS Éditions (École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud), coll. « Feuillets »,‎ 1999
  • Ginette Michaud, « Écrire malgré la censure au moyen du fantastique : Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov », dans De Sophocle à Proust, de Nerval à Boulgakov : essai de psychanalyse lacanienne, ERES,‎ 2008 (ISBN 9782749209609), p. 221-229
  • Marianne Gourg, « Gogol et Le Maître et Marguerite », Revue de littérature comparée, no 331,‎ mars 2009, p. 359-370 (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :