Ambroise Thomas

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Ambroise Thomas

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Ambroise Thomas vers 1885

Nom de naissance Charles-Louis-Ambroise Thomas
Naissance 5 août 1811
Metz, Drapeau de l'Empire français Empire français
Décès 12 février 1896 (à 84 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur
Style Période romantique
Grand opéra, Opéra-comique
Activités annexes Professeur de composition et de fugue au Conservatoire de Paris dès 1856 en remplacement d’Adolphe Adam ; Directeur du Conservatoire de Paris (1871-1896)
Lieux d'activité Paris Drapeau de la France France
Années d'activité 1837-1889
Collaborations Thomas Sauvage, Michel Carré, Jules Barbier
Maîtres Frédéric Kalkbrenner, Pierre-Joseph-Guillaume Zimmerman, Victor-Charles-Paul Dourlen, Jean-François Lesueur
Élèves Théodore Dubois, Jules Massenet, Gaston Salvayre
Récompenses Premier Prix de Rome en 1832
Distinctions honorifiques Grand-croix de la Légion d’honneur (1894)

Œuvres principales

Charles Louis Ambroise Thomas, né à Metz le 5 août 1811 et mort à Paris le 12 février 1896, est un compositeur français, réputé au XIXe siècle pour ses opéras, notamment le célèbre Mignon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils prodige d’un violoniste de Metz, Jean-Baptiste-Martin Thomas, et d’une cantatrice, Ambroise Thomas apprend la musique avec son père en même temps que l’alphabet, pratiquant le piano et le violon. Son père meurt en 1823, laissant la famille sans ressources. Son épouse s’installe à Paris en 1827 et, l’année suivante, Ambroise intègre le Conservatoire de Paris, où il est notamment l’élève de Zimmerman, Doulen, Lesueur pour la composition, et Kalkbrenner pour la classe de piano. Il remporte le premier prix de piano en 1829, le premier prix d’harmonie en 1830 et, après une première tentative infructueuse en 1831, le Prix de Rome en 1832 avec la cantate Herman et Ketty.

Pendant son séjour en Italie à la Villa Médicis, il compose essentiellement de la musique de chambre et se lie avec Hippolyte Flandrin, qui fait son portrait et Ingres, alors directeur de l’Académie. Il voyage ensuite à Vienne, Munich et Leipzig. C’était alors, selon les souvenirs de Léon Escudier, « un jeune homme à la taille élancée, à la physionomie expressive qu’éclairaient des yeux bleus d’une douceur attrayante, à la démarche nonchalante, aux manières élégantes et polies. Ce svelte jeune homme à la voix flexible et pénétrante, ne se faisait pas trop prier quand on l’engageait à se mettre au piano. Il jouait fort bien de cet instrument, non point à la manière des virtuoses de concert en quête de bravos et n’ayant souci que d’une sonorité bruyante ; mais en poète qui sait parler au cœur et trouver de fines couleurs pour peindre ses transports et ses rêves. »

À son retour à Paris en 1837, Thomas se lance dans la composition d’opéras, qui seront tous joués. Si certains des opéras de cette période, écrits dans un style léger et mélodieux, ont du succès, aucun ne se soutient durablement au répertoire : La Double Échelle (1837), qui lui vaut les compliments d’Hector Berlioz ; Le Caïd (1849), opérette brillante qui remporte un grand succès ; Le Songe d’une Nuit d’Été (1850), fantaisie dramatique bien accueillie, où l’on rencontre Falstaff et Shakespeare lui-même mais pas Titania ni Obéron ; Raymond (1851), dont l’ouverture est restée populaire, Le Roman d’Elvire, etc. Grâce au succès du Caïd, Ambroise Thomas est triomphalement élu à l’Académie des beaux-arts en 1851, écrasant Berlioz qui n’obtient pas une seule voix.

Il a la cinquantaine passée lorsque son opéra Mignon (1866), sur un livret tiré du roman de Goethe, Wilhelm Meister (Wilhelm Meisters Lehrjahre), remporte un succès considérable après des débuts hésitants. Dès lors, Ambroise Thomas, dont la renommée était jusqu’alors restée relativement restreinte, accède au statut de compositeur majeur. En 1894, Mignon avait été représenté plus de 1 000 fois au seul Opéra-Comique et avait été présenté sur toutes les scènes d’Europe.

Ambroise Thomas vers 1865
Portrait d’Ambroise Thomas
par André Marcel Baschet (1896)

Son opéra suivant, Hamlet (1868), d’après la tragédie de Shakespeare, lui apportera une renommée internationale. La musique de Thomas n’est évidemment guère adaptée au sujet, mais l’œuvre renferme quelques-uns de ses meilleurs morceaux, notamment la scène de l’esplanade, tout le rôle d’Ophélie, et un ballet particulièrement brillant. L’interprétation de Jean-Baptiste Faure et de Christine Nilsson contribue au succès de l’ouvrage et le compositeur est le premier musicien à recevoir, des mains de Napoléon III, la cravate de commandeur de la Légion d’honneur.

  1. Thomas était devenu professeur de composition au Conservatoire de Paris en 1856, prenant la succession d’Adolphe Adam et comptant notamment Massenet, Édouard Colonne, Théodore Dubois, Albert Bourgault-Ducoudray, Albert Lavignac, Francis Thomé parmi ses nombreux élèves. À la mort d’Esprit Auber en 1871, Thomas lui succède à la tête du Conservatoire. Il cesse alors de composer à l’exception de Françoise de Rimini (1874), qui ne réussit pas, et du ballet La Tempête (1889), toujours d’après Shakespeare, donné à l’Opéra de Paris. Pendant son directorat, il s’oppose aux influences germaniques. S’il attribue la classe d’orgue à César Franck en 1872, il bataille contre la nomination de Gabriel Fauré. A sa mort, il est remplacé par Théodore Dubois, et Fauré ne sera nommé Directeur qu'à la démission de ce dernier, en 1905. Toujours sous sa direction, Jean-Vital Jammes (Ismaël) est nommé Professeur de déclamation lyrique, puis révoqué sans explications deux ans plus tard.

En dehors de ses opéras, Ambroise Thomas a composé quelques pièces de musique sacrée ainsi que de musique symphonique et instrumentale, dont un intéressant Quatuor à cordes op.1. En 1887, il présida la commission placée auprès du ministre de la Guerre qui fut chargée d’établir une version officielle de La Marseillaise. La version ainsi arrangée fut jouée dans les cérémonies officielles jusqu’en 1974.

« Il y a deux espèces de musique, la bonne et la mauvaise. Et puis il y a la musique d’Ambroise Thomas », a dit Emmanuel Chabrier : on peut dire en effet que la musique d’Ambroise Thomas n’est ni bonne ni mauvaise ; légère, facile, mélodieuse, elle était avant tout faite pour plaire au public bourgeois du Second Empire. Le compositeur était, écrit Alfred Bruneau, « le dernier représentant de la longue génération de producteurs rapides qui, pendant un demi-siècle, alimentèrent avec une fécondité infatigable et peut-être excessive nos théâtres lyriques. Jeté dans la vie militante au temps facile des Auber et des Adolphe Adam, le doux chantre de Mignon, qui n’était point un novateur, n’eut d’autre ambition que de suivre la route indiquée par la mode. » Notons toutefois un vrai talent d’orchestrateur, un réel sens mélodique, et une bonne connaissance des voix qui a amené ces dernières années de très grands interprètes (tels Natalie Dessay ou Thomas Hampson) vers sa musique qui mérite sans doute une réévaluation.

Ambroise Thomas a participé au mouvement musical et populaire de masses des orphéons. Pour eux, il a composé une Marche des Orphéons[1]. Ce ne fut pas sa seule composition orphéonique. La première collection des Soirées Orphéoniques[2] de 1860 publient trois chœurs pour quatre voix d'hommes, le premier et le dernier sur des paroles de Adolphe-Gustave Chouquet : Les traineaux, La vapeur et Le Tyrol. En 1860, 137 sociétés chorales regroupant 3000 orphéonistes traversent la Manche et remporte un triomphe auprès du public en chantant au Crystal Palace à Londres. Leur concert s'achève par deux œuvres créées spécialement pour la circonstance, sur des paroles de J.-F. Vaudin : La Nouvelle Alsace, musique de Jacques-Fromental Halévy, et France ! France !, musique d'Ambroise Thomas. D'autres œuvres orphéoniques furent probablement écrites par Ambroise Thomas et restent à retrouver.

Il fut membre de l'Académie de Stanislas[3].

Œuvres lyriques[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • La double échelle, opéra comique en 1 acte, livret de Planard, créé à l’Opéra-Comique le 23 août 1837
  • Le perruquier de la Régence, opéra comique en 3 actes, livret de Planard et Duport, créé à l’Opéra-Comique le 30 mars 1838
  • Gipsy, 1839
  • Carline, opéra comique en 3 actes, livret de Brunswick et de Leuwen, créé à l’Opéra-Comique le 24 février 1840
  • Le comte Carmagnola, opéra en 2 actes, livret d’Eugène Scribe, créé à l’Académie Royale de Musique le 19 avril 1841
  • Le guerillero, opéra en 2 actes, livret de Théodore Anne, créé à l’Académie Royale de Musique le 22 juin 1842
  • Angélique et Médor, opéra bouffe en 1 acte, livret de Thomas Sauvage, créé à l’Opéra-Comique le 10 mai 1843
  • Mina ou Le ménage à trois, opéra comique en 3 actes, livret de Planard, créé à l’Opéra-Comique le 10 octobre 1843
  • Le Caïd, opéra bouffe en 2 actes, livret de Thomas Sauvage, créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849
  • Le Songe d’une nuit d’été, opéra comique en 3 actes, livret de Rosier et de Leuven, créé à l’Opéra-Comique le 20 avril 1850
  • Raymond ou le secret de la Reine, drame lyrique en 3 actes, livret de Rosier et de Leuven, créé à l’Opéra-Comique le 5 juin 1851
  • La Tonelli, opéra comique en 2 actes, livret de Thomas Sauvage, créé à l’Opéra-Comique le 30 mars 1853
  • La cour de Célimène, opéra comique en 2 actes, livret de Rosier, créé à l’Opéra-Comique le 11 avril 1855
  • Psyché, opéra comique en 3 actes, livret de Michel Carré et Jules Barbier, créé à l’Opéra-Comique le 26 janvier 1857
  • Le carnaval de Venise, opéra comique en 3 actes, livret de Thomas Sauvage, créé à l’Opéra-Comique le 9 décembre 1857
  • Le roman d’Elvire, opéra comique en 3 actes, livret d’Alexandre Dumas et de Leuven, créé à l’Opéra-Comique le 24 février 1860
  • Mignon, tragédie lyrique en 3 actes et 5 tableaux, livret de Michel Carré et Jules Barbier, créé à l’Opéra-Comique le 17 novembre 1866
  • Hamlet, opéra en 5 actes, livret de Michel Carré et Jules Barbier, créé à l’Opéra Le Peletier (Paris) le 9 mars 1868
  • Gille et Gillotin - Gillotin et son père, opéra-comique en un acte, livret de Thomas Sauvage, créé à l’Opéra-Comique le 22 avril 1874[4]
  • Françoise de Rimini, créé à la salle Ventadour (Paris) le 14 avril 1882
  • La Tempête, ballet, 1889
  • Le panier fleuri, 1939

3 ballets, de la musique orchestrale, de la musique de chambre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la rubrique Bulletin orphéonique, Le Petit Journal, 14 mai 1906, page 5, 5e colonne est mentionnée la Marche des Orphéons, d'Ambroise Thomas.
  2. Soirées orphéoniques. Collections de chœurs approuvés par la Commission du chant de la ville de Paris pour les orphéons de France. Première collection. 1860, Léon Escudier, Paris. Bibliothèque de l'Université de Rochester.
  3. (fr) « THOMAS Charles Louis Ambroise », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013)
  4. Partition de Gille et Gillotin

Liens externes[modifier | modifier le code]