Guy de Pourtalès

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Le comte Guy de Pourtalès, né à Berlin le et mort à Lausanne le , est un écrivain neuchâtelois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de huguenots français réfugiée à Neuchâtel, Guy de Pourtalès passe son enfance et sa jeunesse à Genève et à Vevey, avant de mener des études scientifiques au Gymnase de Neuchâtel et à la Realschule de Karlsruhe. Il délaisse rapidement le milieu scientifique pour entreprendre des études de lettres à Bonn et Berlin, où il développe sa culture musicale. Ce cosmopolitisme européen détermine la pensée et l’œuvre de l’écrivain marquée par son amour pour la musique. En 1905, il se fixe à Paris, tout en gardant avec la Suisse des liens de famille et d’amitié.

La publication de La Cendre et la Flamme (1910) et de Solitude (1913), ses collaborations à la Nouvelle Revue française, à la Revue hebdomadaire et la fondation de la Société littéraire de France l’engagent dans la carrière littéraire, interrompue par la Première Guerre mondiale.

Première Guerre mondiale[1][modifier | modifier le code]

Réintégré sur sa demande dans ses droits de citoyen français en 1912, Guy de Pourtalès est incorporé dans l’armée française et mobilisé en août 1914. Affecté au dépôt de Chartres où il est engagé comme automobiliste (fraîchement réintégré, il n'a pas suivi le service militaire nécessaire à l'intégration dans une unité combattante), il se fait ensuite muter auprès des troupes anglaises du Havre, où sa tâche d'automobiliste est doublée d'une mission d'interprète. Dès janvier 1915 il est versé dans l'état-major d'une brigade d'artillerie au front à Armentières d'où il est évacué quelques mois plus tard pour raisons de santé (une pleurésie attribuée a posteriori aux éventuelles conséquences de l'attaque aux gaz sur Ypres, qui lui vaudra d'être décoré de la Croix de guerre à la fin du conflit). Après une longue convalescence, Guy de Pourtalès est à nouveau affecté comme aspirant-officier interprète à une unité anglaise en campagne (hôpital mobile). Il est ensuite engagé par le bureau de la Propagande du ministère des Affaires Étrangères où il crée une section Suisse. Démis de ses fonctions en raison de sa parenté allemande, il est réintégré dans l'armée où il est affecté comme interprète au camp du Valdahon qui accueille les artilleurs américains en formation.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Revenu à la vie civile, Guy de Pourtalès traduit Mesure pour Mesure, Hamlet et La Tempête de William Shakespeare, puis il se consacre à son œuvre de biographe et de romancier, dont une partie importante est regroupée sous le titre L’Europe romantique (8 volumes, à savoir six biographies — consacrées à Liszt, Chopin, Louis II, Nietzsche et Berlioz — et deux romans — Montclar et Marins d’eau douce) . Il partage alors son temps entre Paris et Étoy. Gravement atteint dans sa santé, c’est en Suisse qu’il assiste aux débuts de la Seconde Guerre mondiale. La défaite de la France et la mort de son fils, Raymond, tombé sur le front de Flandre, le touchent énormément.

La Fondation Guy de Pourtalès a été créée en 1984. Les archives et la bibliothèque de l’écrivain sont conservées à l'Institut européen de l'Université de Genève (Coppet).

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • La Cendre et la Flamme, éditions Juven, 1910
  • Solitudes, roman, éditions Grasset, 1913
  • À mes amis Suisses, Crès, 1916
  • Deux contes de fées pour les grandes personnes, Paris, Société littéraire de France, 1917
  • Odet de La Noue, soldat et poète huguenot de la fin du XVIe siècle, Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, 1918-1919
  • Marins d’eau douce, Paris, Société littéraire de France, 1919
  • La parabole des talents, 1923
  • De Hamlet à Swann, essais de critique, Gallimard, 1924, essai
    Réédité en 1932
  • La vie de Franz Liszt, Gallimard, 1925, biographie
  • Chopin ou le poète, Gallimard, 1926, biographie
  • Montclar, Gallimard, 1926, roman
  • Louis II de Bavière ou Hamlet Roi, Gallimard, 1928, biographie
  • Trilogie Shakespearienne, traduction de Hamlet, Mesure pour Mesure et la Tempête, Gallimard, 1929
  • Nietzsche en Italie, Bernard Grasset, 1929
  • Florentines, Gallimard, 1930
  • Nous, à qui rien n’appartient. Voyage au pays Khmer, Flammarion, 1931, essai
  • Wagner, histoire d’un artiste, Gallimard, 1932, biographie
  • La Pêche miraculeuse, Gallimard, 1937, Grand prix du roman de l'Académie française
  • Berlioz et l’Europe Romantique, Gallimard, 1939, biographie
  • Correspondances. Tome 1 : 1909-1918, Slatkine, 2006
  • Correspondances. Tome 2 : 1919-1929, Slatkine, 2011

Prix[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Informations tirées de JAKUBEC, Doris, DELACRETAZ, Annel-Lise et BOUVIER, Renaud, "Guy de Pourtalès, Correspondances I, 1909-1918", Genève : Editions Slatkine, 2006, 595 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]