Guy de Pourtalès

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Le comte Guy de Pourtalès, né à Berlin le 4 août 1881 et mort à Lausanne le 12 juin 1941, est un écrivain franco-suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de huguenots français réfugiée à Neuchâtel, Guy de Pourtalès passe son enfance et sa jeunesse à Genève et à Vevey, avant de mener des études scientifiques au Gymnase de Neuchâtel et à la Realschule de Karlsruhe. Il délaisse rapidement le milieu scientifique pour entreprendre des études de lettres à Bonn et Berlin, où il développe sa culture musicale. Ce cosmopolitisme européen détermine la pensée et l’œuvre de l’écrivain marquée par son amour pour la musique. En 1905, il se fixe à Paris, tout en gardant avec la Suisse des liens de famille et d’amitié.

La publication de La Cendre et la Flamme (1910) et de Solitude (1913), ses collaborations à la Nouvelle Revue française, à la Revue hebdomadaire et la fondation de la Société littéraire de France l’engagent dans la carrière littéraire, interrompue par la Première Guerre mondiale.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Réintégré sur sa demande dans ses droits de citoyen français en 1912[1], Guy de Pourtalès est incorporé dans l’armée française et mobilisé en août 1914[2]. Affecté au dépôt de Chartres où il est engagé comme automobiliste (fraîchement réintégré, il n'a pas suivi le service militaire nécessaire à l'intégration dans une unité combattante), il se fait ensuite muter auprès des troupes anglaises du Havre, où sa tâche d'automobiliste est doublée d'une mission d'interprète[3]. Dès janvier 1915 il est versé dans l'état-major d'une brigade d'artillerie au front à Armentières d'où il est évacué quelques mois plus tard pour raisons de santé (une pleurésie attribuée a posteriori aux éventuelles conséquences de l'attaque aux gaz sur Ypres, qui lui vaudra d'être décoré de la Croix de guerre à la fin du conflit). Après une longue convalescence, Guy de Pourtalès est à nouveau affecté comme aspirant-officier interprète à une unité anglaise en campagne (hôpital mobile). Il est ensuite engagé par le bureau de la Propagande du ministère des Affaires Étrangères où il crée une section Suisse. Démis de ses fonctions en raison de sa parenté allemande, il est réintégré dans l'armée où il est affecté comme interprète au camp du Valdahon qui accueille les artilleurs américains en formation.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Revenu à la vie civile, Guy de Pourtalès traduit Mesure pour Mesure, Hamlet et La Tempête de William Shakespeare, puis il se consacre à son œuvre de biographe et de romancier, dont une partie importante est regroupée sous le titre L’Europe romantique (8 volumes, à savoir six biographies — consacrées à Liszt, Wagner, Chopin, Louis II, Nietzsche et Berlioz — et deux romans — Montclar et Marins d’eau douce . Il partage alors son temps entre Paris et Étoy, au bord du lac Léman. En 1924, il est l'un des signataires de la pétition plaidant la cause d’André Malraux après sa condamnation lors de l'"Affaire d'Angkor". D'un voyage au Siam et au Cambodge, où il effectue un reportage pour un quotidien français, il rapporte un récit de voyage, Nous, à qui rien n'appartient (1931). En 1937 paraît ce qui deviendra son oeuvre la plus cèlèbre, par la suite régulièrement rééditée, La pêche miraculeuse, qui lui vaut le Grand prix du roman de l'Académie française. Gravement atteint dans sa santé, c’est en Suisse qu’il assiste aux débuts de la Seconde Guerre mondiale. La défaite de la France et la mort de son fils, Raymond, tombé sur le front de Flandre, le touchent énormément. Au début de l'année 1941, il séjourne dans une clinique à Montana, mais, son état de santé s’aggravant, il redescend à Lausanne à la fin du mois de mars. Guy de Pourtalès s'éteint à l'hôpital Nestlé à Lausanne le 12 juin 1941. Il est inhumé à Etoy.

Postérité[modifier | modifier le code]

La Fondation Guy de Pourtalès a été créée en 1984. Les archives et la bibliothèque de l’écrivain sont conservées au Centre de recherches sur les lettres romandes (Université de Lausanne).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

1976, La pêche miraculeuse, réalisation Pierre Matteuzzi, mini-série TV, 360 minutes,

Prix[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Information tirée de Jakubec, Doris, Delacretaz, Annel-Lise et Bouvier, Renaud, "Guy de Pourtalès, Correspondances I, 1909-1918", Genève : Editions Slatkine, 2006, 595 p.
  2. Son parcours militaire a fait l'objet d'une infographie basée sur son journal intime.
  3. Pétermann, Stéphane (dir.), Grandjean, Martin et Vuattaz, Daniel (éds.), "Guy de Pourtalès, Journal de la Guerre 1914-1919", Editions Zoé, Genève, 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]