Henri Duparc (compositeur)

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Henri Duparc

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Henri Duparc en 1880

Nom de naissance Eugène Marie Henri Fouques Duparc
Naissance 21 janvier 1848
Paris,Drapeau de la France France
Décès 12 février 1933 (à 85 ans)
Mont-de-Marsan, Drapeau de la France France
Activité principale compositeur
Style Romantisme
Mélodie
Maîtres César Franck
Élèves Jean Cras

Œuvres principales

Dix-sept mélodies

Henri Duparc, de son nom patronymique Eugène Marie Henri Fouques Duparc, né à Paris le 21 janvier 1848 et mort à Mont-de-Marsan (Landes) le 12 février 1933, est un compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Duparc, 1858, 10 ans.
Duparc, 1870, Guerre franco-prussienne de 1870.
Henri Duparc.

Duparc fait ses études secondaires au collège jésuite de Vaugirard. Son professeur de piano est César Franck, qui lui fait comprendre qu'il ne sera jamais un pianiste virtuose, mais qu'il y a en lui l'étoffe d'un compositeur. À l'image des musiciens qui lui sont contemporains, Henri Duparc répond à l'appel du temps : réconcilier, rapprocher, faire se rejoindre mélodie et parole afin que cesse l'antique différend entre le discours libre de la musique et celui, impérieusement syntaxique et sensé, du langage verbal[1]. Il y a urgence. L'Europe gronde et se déchire.

Concrètement, la guerre de 1870 blesse gravement les relations entre Français et Allemands. Dans les deux pays, la musique est prise en otage. Les inconditionnels de Wagner existent de part et d'autre du Rhin, ainsi que leurs pugnaces rivaux. Déjà l'amitié, l'émulation entre un Berlioz et un Wagner ne sont plus possibles. Les artistes se divisent, les sensibilités s'opposent.

C'est une faille, « une fêlure » comme dirait Émile Zola qui soudain passe au travers de tout le continent européen, de ses peuples et de leurs représentants. Pourtant un grand essor, philosophique, romanesque et musical s'annonçait, était en promesse. Large et puissante, l'expression de l'esprit dans toutes les disciplines, s'apprêtait à se hisser au niveau des abondantes découvertes scientifiques et technologiques, qui semblaient modifier chaque jour le destin de l'humanité. Nombreux sont les exemples. Ainsi, la quête quasi obsessionnelle d'un Gustave Flaubert à la recherche de la phrase juste, se poursuit dans les formes brèves de son disciple Guy de Maupassant. Mais la béance est là, le nouvelliste et romancier est déchiré lui aussi. Le corps et la tête semblent ne plus marcher de concert. Comme si la chair assassinait les mots. Des poètes, tel Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, un peu plus tard Antonin Artaud, ont exprimé fort justement l'extrême tension de l'époque.

Henri Duparc, plus qu'un autre, ressent physiquement l'écartèlement, l'abîme grandissant, qui s'ouvre au cœur même de sa génération. Qu'est-ce que cette maladie nerveuse — si étrange, si imprécisément diagnostiquée par les médecins — qui s'abat implacablement sur lui, entrave sa force créatrice, sinon la tragique manifestation dans la personne de ce grand compositeur, de l'effondrement général du corps nerveux de l'Occident ? Où pour le dire avec les mots qu'il affectionne : « Pourquoi n'as-tu pas dit, ô rêve, où Dieu nous mène. Pourquoi n'as-tu pas dit s'ils ne finiraient pas, l'inutile travail et l'éternel fracas dont est faite la vie, hélas la vie humaine ? » (extrait de La Vague et la Cloche, mélodie d'Henri Duparc sur une poésie de François Coppée).

« Union parfaite de la mélodie et des paroles », écrit Lucien Rebatet à propos des chansons d'Henri Duparc. N'est-ce pas ce que Nietzsche attendait de la musique ?

Composées au prix d'un effort surhumain, les dix-sept mélodies d'Henri Duparc sont d'une grâce inouïe. Véritable équilibre apollonien, d'une lumineuse clarté, le mot répond à la note, l'accord se pose avec délicatesse sur la rime. Le cycle de ses chants s'achève en 1885. Le dernier, La Vie antérieure, aura occupé l'esprit du compositeur pendant dix ans (1874-1884). Cette célèbre poésie de Baudelaire trouve son accomplissement dans la sublime mélodie que lui accorde Duparc. En dépit de sa brièveté - la durée de son interprétation n'excède guère quatre minutes -, cette œuvre a les proportions d'un vaste édifice gothique. La richesse de l'expression harmonique, le lyrisme des moindres inflexions sont extraordinaires.

Henri Duparc n'eut qu'un seul élève, Jean Cras (1879-1932), contre-amiral et compositeur, qu'il appelait affectueusement « le fils de mon âme ».

Henri Duparc a trente-huit ans (en 1885) quand la maladie nerveuse dont il est atteint depuis de nombreuses années l'empêche définitivement de composer… Il s'éteint le 12 février 1933. Bien qu'il ait détruit un grand nombre de ses compositions, ce qui nous reste de son œuvre est grandiose. D'une grande facture, sensibles et expressives, ses dix-sept mélodies ont suffi à faire de lui un compositeur d'exception.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pour piano[modifier | modifier le code]

  • feuilles volantes (1869)

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Sonate pour violoncelle et piano (1867)

Orchestre[modifier | modifier le code]

Œuvres vocales[modifier | modifier le code]

  • 17 Mélodies, dont: « Au pays où se fait la guerre », « La vie antérieure », « La vague et la cloche », « L'invitation au voyage », « Le manoir de Rosemonde », « Phidylé », « Lamento », « Sérénade Florentine » (et plusieurs autres poèmes de Jean Lahor). La moitié de ces mélodies a été orchestrée par Duparc lui-même.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir à ce sujet l'article d'Évelyne Andréani « Les rapports texte-musique ou les aventures du sens », in Analyse musicale no 9, Paris, octobre 1987
  2. Et non pas "Léonore", comme on lit parfois. Cf. http://fr.wikisource.org/wiki/L%C3%A9nore_%28B%C3%BCrger%29

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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