Les Troyens

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Les Troyens est un opéra en cinq actes d’Hector Berlioz sur un livret du compositeur, inspiré de l’Énéide de Virgile. Il fut joué pour la première fois (bien que mutilé de ses deux premiers actes et sous le titre Les Troyens à Carthage) le 4 novembre 1863, au Théâtre Lyrique à Paris[1], sous la direction d'Adolphe Deloffre. La première partie, “La prise de Troie“ fut créée le 5 décembre 1890, dans une version allemande, sous la direction de Felix Mottl à Karlsruhe à l'occasion de la première représentation intégrale des Troyens en deux soirées (la seconde partie, "les Troyens à Carthage" fut jouée le lendemain, 6 décembre).

Sommaire

[modifier] L’œuvre

L’échec de Benvenuto Cellini en 1838 a poussé Berlioz à rechercher d’autres formes d’expression que l'opéra. Il faudra attendre presque vingt ans pour qu’il en écrive un autre, poussé en cela par l’amie de Franz Liszt, la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein.

Œuvre composée entre 1856 et 1858, Les Troyens a connu de grosses difficultés pour être monté. L’opéra a dû être divisé en deux parties inégales et intitulées a posteriori: La Prise de Troie, d’une heure et demie, et Les Troyens à Carthage, de deux heures et demie. Berlioz n’a vu de son vivant que cette dernière partie, représentée au Théâtre-Lyrique de Paris le 4 novembre 1863. La première partie sera donnée en version de concert en 1879. L’intégrale presque complète a été donnée pour la première fois à Karslruhe les 6 et 7 décembre 1890. Parmi les raisons invoquées pour la division comptent la longueur de l’œuvre (quatre heures) bien que certains opéras de Wagner atteignent cette durée, et l’importance des moyens mis en œuvre, avec le fameux cheval mais aussi les effectifs orchestraux et choraux. Lors des répétitions qui conduiront à la première représentation, l’originalité de la partition avait décontenancé les interprètes, à qui le directeur du théâtre, Carvalho, avait de surcroît laissé peu de temps afin de pouvoir rentrer plus vite dans ses frais. L'œuvre Les Troyens à Carthage ne rencontra pas l'insuccès; elle est même critiquée très positivement par Clément et Larousse dans le Dictionnaire des opéras de 1905, à l'article intitulé paradoxalement « Les Troyens » alors qu'il ne s'agit encore que de l'épisode carthaginois.

La première parisienne date de 1921 seulement, mais dans une version abrégée. La première véritable intégrale en une seule soirée est celle donnée en 1957 à Covent Garden à Londres. Elle a été suivie de l'enregistrement de 1969 fait par Colin Davis, édition qui reste de référence encore actuellement (même si la version plus complète de Charles Dutoit est sortie en 1994, en intégrant le prélude des Troyens à Carthage placé au début de l'acte III).

Le rôle féminin principal est, aux actes I et II, Cassandre et, aux actes III, IV et V, Didon. Souvent, lors des représentations, la même chanteuse chante les deux rôles. Cela a été le cas de Régine Crespin dont il reste un disque d'extraits enregistré en 1965 sous la direction de Georges Prêtre. Le cinquième acte est aussi appelé l’acte de Didon; divisé en trois tableaux, il contient le monologue « Ah, ah, je vais mourir » et l’air « Adieu, fière cité » à la fin du deuxième tableau. La mort de Didon et ses imprécations contre Rome sont parmi les pages les plus célèbres de l’opéra.

Le rôle masculin principal est celui d’Énée, dont l’entrée, « Du peuple et des soldats », est une des plus spectaculaires du répertoire: le ténor arrive en courant et raconte la mort de Laocoon en chantant une phrase à la tessiture exigeante. Son duo avec Didon à l'acte IV, « Nuit d'ivresse et d'extase infinie », est le morceau qui a été le plus salué, et ce dès les premières représentations.

Hector et Andromaque apparaissent tous deux de manière originale dans l’opéra. Andromaque apparaît avec son fils Astyanax pendant l’acte I, pour une pantomime pendant que chante le chœur. Hector quant à lui apparaît sous la forme d’un spectre au premier tableau de l’acte II ; il engage Énée à partir de Troie et à fonder Rome (« Ah !… fuis, fils de Vénus »).

[modifier] Les personnages

  • Énée (ténor)
  • Cassandre (mezzo-soprano)
  • Didon, reine de Carthage (soprano)
  • Anna, sa sœur (contralto)
  • Narbal, ministre de Didon (basse)
  • Ascagne, fils d'Énée (soprano)
  • Panthée (basse)
  • Chorèbe, fiancé de Cassandre (baryton)
  • Iopas, (ténor)
  • Hylas, un marin (ténor)
  • L'ombre d'Hector (basse)
  • Priam, roi de Troie (basse)
  • chœurs de Troyens et de Carthaginois

[modifier] La prise de Troie

  • Acte I
  • Acte II

[modifier] Les Troyens à Carthage

  • Acte III
  • Acte IV
  • Acte V

[modifier] Discographie sélective

[modifier] Notes et références

  1. Détruit par le feu de la Commune en 1871 ce théâtre fut reconstruit à l'identique en 1874 et rebaptisé plusieurs fois depuis. Situé à la Place du Châtelet, le Théâtre Lyrique se nomme aujourd'hui Théâtre de la Ville.

[modifier] Liens externes


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