Julien Tiersot

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Julien Tiersot

Julien Tiersot, né à Bourg-en-Bresse (Rhône-Alpes) le et mort à Paris le , est un musicologue, ethnomusicologue et compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il se passionne d'abord pour la musique populaire française, sur laquelle il écrit un ouvrage, Histoire de la chanson populaire en France, en 1889. Il cherche à construire une histoire de cette musique en la rattachant à des origines savantes. Ce rapprochement est très mal vu par ses contemporains.

La même année, lors de l'Exposition universelle de Paris, il découvre le gamelan javanais à travers des danses qu'il note et publie aussitôt Promenades musicales à l'exposition, Les danses javanaises. Il prend alors conscience de la valeur des musiques non européennes, lesquelles sont elles aussi « la manifestation de la nature humaine ». Il découvre qu'elle peut aussi accepter une musique classique, aussi savante que celle de l'Occident, et une musique populaire. Il s'intéresse ainsi aux musiques japonaises, chinoises, javanaises, indiennes et d'Asie centrale, aux musiques arabes, arméniennes, amérindiennes du Canada et à celle des noirs de Louisiane. Il s'intéresse donc à ce qui deviendra plus tard l'ethnomusicologie, qu'il appelle ethnographie musicale dans ses notes (1905-1910).

Ses recherches aboutissent a de nombreuses controverses, car à l'époque où l'on cherche à établir une hiérarchie entre les différentes ethnies, Julien Tiersot pose la question : « La musique des peuples éloignés par l'espace n'a-t-elle pas les mêmes droits que celle des peuples éloignés par le temps ? », dans la préface des Notes d'ethnographie musicale, d'abord publiées en 1905, puis en 1910. Ses ouvrages dépassent le cadre de la musique et prennent une grande importante sociologique.

À partir de 1895, et jusqu'en 1900, il recueille environ 450 chansons populaires des Alpes françaises avec des variations selon le lieu, atteignant ainsi plus de 1 200 partitions. Il fait paraître Chansons populaires recueillies dans les Alpes françaises en 1903, contenant 227 de ces mélodies.

Curieux de tout, et très actif, il s'intéresse aussi à divers compositeurs classiques tel que la famille Couperin, Jean-Sébastien Bach, Hector Berlioz et Bedřich Smetana.

En 1917, Arthur Honegger écrit Le Chant de Nigamon, poème symphonique basé sur trois thèmes iroquois qu'il trouve dans Notes d'ethnographie musicale de Julien Tiersot.

Choix de publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la chanson populaire en France, 1889
  • Promenades musicales à l'exposition, Les danses javanaises, 1889
  • Chants populaires pour les écoles, poèmes de Maurice Bouchor, 1897
  • Chansons populaires recueillies dans les Alpes françaises, 1903 Texte en ligne
  • Hector Berlioz et la société de son temps, 1904
  • Notes d'ethnographie musicale, 1905-1910
  • La Musique dans la comédie de Molière, 1921
  • Les Couperin, 1926
  • Smetana, 1926
  • Musique aux temps romantiques, 1930
  • La Chanson populaire et les écrivains romantiques, 1934
  • J. S. Bach, 1934
  • Lettres françaises de Richard Wagner, 1935

Partitions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]