Victor Massé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Massé.

Victor Massé

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Victor Massé en 1875.

Naissance 7 mars 1822
Lorient , Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Décès 5 juillet 1884 (à 62 ans)
Paris, Drapeau français France
Activité principale Compositeur
pédagogue
Style opéras, opérettes.
Collaborations Jules Barbier et Michel Carré
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Zimmermann, Halévy
Enseignement Conservatoire de Paris
Famille Philippe Gille (beau-fils)
Récompenses Prix de Rome en 1844
Distinctions honorifiques Académie des beaux-arts (1872)

Œuvres principales

Victor Massé, né le 7 mars 1822 à Lorient[1] (Morbihan) et mort le 5 juillet 1884 à Paris[1], est un compositeur et professeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entre au Conservatoire de Paris à l'âge de douze ans et étudie le piano avec Zimmermann et la composition avec Halévy. Il fut prix de Rome en 1844[1]. Chef des chœurs à l'Opéra de Paris en 1860[1], il fut professeur de composition au Conservatoire de Paris de 1866 à 1880[1]. Bien qu'une rue porte toujours son nom dans le 9e arrondissement de Paris, il est aujourd'hui tombé dans un oubli presque complet.

Il composa près de vingt opéras, opéras-comiques et opérettes. Cependant, trois de ses œuvres sont encore connues (au moins de nom) : Galathée (1852)[2], les Noces de Jeannette (1853)[2], qui fut un triomphe pour son époque et dont le rôle-titre fut créé par Caroline Miolan-Carvalho. Enfin, Paul et Virginie (1876) qui connut une renommée mondiale[2].

Tombe de Victor Massé au cimetière Montmartre
Tombe de Victor Massé au cimetière Montmartre

En 1872, il a été élu à l'Académie des beaux-arts, où il succède à Daniel-François-Esprit Auber.

Il eut deux filles dont une épousa Philippe Gille, journaliste et librettiste d'opéras d'où le pianiste Victor Gille.

Il est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris (section 26, avenue Hector-Berlioz). Charles Garnier fut l'architecte de son tombeau.

Évocation dans la littérature[modifier | modifier le code]

Si la musique de Victor Massé n'est guère tenue en estime aujourd'hui, il faut croire que ce sentiment était déjà partagé par certains de ses contemporains. En témoigne cet extrait de Du côté de chez Swann de Proust ; le personnage de Swann (grand bourgeois très cultivé) s'irrite de ce que sa maîtresse Odette de Crécy (demi-mondaine absolument dénuée de goût en matière artistique) souhaite aller voir un opéra de Victor Massé intitulé Une nuit de Cléopâtre, opéra qu'il juge consternant :

« Ce n'est pas de la colère, pourtant, se disait-il à lui-même, que j'éprouve en voyant l'envie qu'elle a d'aller picorer dans cette musique stercoraire. C'est du chagrin, non pas certes pour moi, mais pour elle ; du chagrin de voir qu'après avoir vécu plus de six mois en contact quotidien avec moi, elle n'a pas su devenir assez une autre pour éliminer spontanément Victor Massé ! »

Ceci n'empêche pas le même Marcel Proust de s'enthousiasmer au plus haut point pour "Le Sire de Vergy" de Claude Terrasse, partition pourtant moins inspirée que Les Noces de Jeannette. À propos du Sire de Vergy, Proust déclare en effet avoir applaudi si fort lors d'une représentation qu'il en a donné, sans le faire exprès, une gifle à son voisin.

Quant à Richard Wagner, il ne cache pas son admiration pour la musique des Noces de Jeannette, tout en déclarant n'en éprouver guère pour celle de Cosi fan tutte de Mozart.

On peut trouver sur internet une lettre adressée par Jules Verne à Massé dans laquelle il lui demande de bien vouloir lui envoyer deux places pour La Fiancée du Diable, opéra-comique de 1854.

Saint-Saëns consacre des développements sur Victor Massé dans son livre Portraits et Souvenirs dans lequel il explique que les premiers accords de l'ouverture des Noces de Jeannette correspondent aux notes égrenées par le clocher de l'église de Sceaux, ville traversée par Victor Massé pour se rendre chez son librettiste Jules Barbier, lequel passait l'été à Aulnay près de la Vallée aux loups à Châtenay-Malabry.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Chambre gothique, opéra (1849)
  • La Chanteuse voilée, (1850, livret de Scribe et Leuven)
  • Galathée (1852, livret de Barbier et Carré),
  • les Noces de Jeannette (1853, livret de Barbier et Carré),
  • La Fiancée du diable, (1854, livret de Scribe et H. Romand),
  • Miss Fauvette, (1855, livret de Barbier et Carré),
  • Les Saisons, (1855, livret de Barbier et Carré),
  • La Reine Topaze, (1856, livret de Lockroy et Battu),
  • Les Chaises à porteurs, (1858, livret de Dumanoir et Calirville),
  • La Fée Carabosse, (1859, livret de Lockroy et Cogniard),
  • Fior d'Aliza, (d'après Lamartine 1866),
  • Le Fils du brigadier, (1867, livret de Labiche et Delacour),
  • Paul et Virginie (1876, livret de Barbier et Carré),
  • Une nuit de Cléopâtre, (1885, livret de Barbier).
  • 3 recueils de mélodies : Chants bretons, Chants du soir et Chants d'autrefois[2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Camille Saint-Saëns,"Portraits et Souvenirs", société d'édition artistique, 1900, p. 98-101.
  • Volker Dehs. Jules Verne entre Léo Delibes, Halévy et Victor Massé. Revue Jules Verne 24, Jules Verne et la musique, 2007, p. 97-102.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 707
  2. a, b, c et d Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 874