Faust (Goethe)

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Goethe en 1779
The Vision of the Rabenstein, Peter von Cornelius, 1811

Deux pièces de Johann Wolfgang von Goethe sont intitulées Faust, du nom d'un alchimiste allemand du XVIe siècle, héros d'un conte populaire et de pièces de Christopher Marlowe et Gotthold Ephraim Lessing. Goethe a travaillé sur le thème de Faust pendant une longue partie de sa vie et Faust est souvent considérée comme l'œuvre la plus importante de la littérature allemande. La première pièce, souvent appelée Faust I, a été publiée dans sa version définitive en 1808. La seconde, ou Faust II est une suite au Faust I publiée peu après la mort de l'auteur, en 1832. Elle est considérée comme beaucoup plus difficile d'accès que le premier Faust.

Goethe a déclaré que la première partie de Faust était l'œuvre « d'un être troublé par la passion, qui peut obscurcir l'esprit de l'homme ». La seconde partie révèle un monde moins soumis à la passion. Dans sa dernière version de Faust, Goethe a écrit un "Prologue" qui pose la question obsédante du salut de l'âme. L'œuvre est ainsi une parabole de l'Humanité souffrante, tiraillée entre pensée et action.

Avant le Faust I[modifier | modifier le code]

Goethe a rédigé entre 1773 et 1775 un premier texte souvent appelé Urfaust (Faust primitif). En 1790, il a fait publier un texte intitulé Faust, un fragment.

Faust I (1808)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faust. Une tragédie.

Faust y est présenté comme un homme admiré par le peuple pour sa sagesse, épris de connaissance profonde, vivante, transcendante. Accablé par l'insignifiance de son savoir et désespérant de ne rien découvrir qui puisse le satisfaire, il signe un pacte avec Méphistophélès. Celui-ci doit l'initier aux jouissances terrestres et le servir fidèlement dans ce monde. En échange de cela, Faust s'engage à lui livrer son âme dès qu'il ira dans l'autre monde, au lieu de chercher sans trêve de nouvelles jouissances, il dira paresseusement à l'instant qui passe « Arrête-toi, tu es si beau ! ». Cette pièce se rattache au courant Sturm und Drang.

La pièce se compose de 4615 vers en comptant la dédicace et les deux prologues. La dédicace et le "Prologue sur le théâtre" ne participent pas directement à l'action et ne sont pas toujours joués.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Heinrich Faust, un érudit
  • Méphistophélès, ou Mephisto, incarnation du Diable
  • Margarete, surnommée Gretchen, une jeune femme, dont Faust est amoureux
  • Marthe, voisine de Gretchen
  • Valentin, frère de Gretchen
  • Wagner, assistant de Faust
  • L'élève, qui veut étudier chez Faust
  • Sorcière, au service de Mephisto
  • Erdgeist, qui sera conjuré par Faust
  • Des étudiants à Leipzig
  • Bourgeois et gens du peuple devant les portes de la ville
  • Des sorcières, des esprits et des êtres imaginaires dans la Nuit de Walpurgis

Faust II[modifier | modifier le code]

Publiée, à titre posthume en 1832, la deuxième partie de Faust, ou Faust II, est la suite de la première. C'est toutefois une œuvre entièrement différente, par le ton adopté, par les thèmes abordés et par la date de l'écriture. Elle est l'œuvre majeure des dernières années de Goethe. Moins tourmentée, moins tournée vers l'expression des angoisses personnelles, elle aborde davantage des problèmes politiques ou sociaux.

Faust est appelé, ainsi que Méphistophélès, à la cour de l'empereur. Celui-ci manquant d'argent, Méphistophélès, comme l'aurait fait un John Law, lui suggère d'utiliser le papier-monnaie. Dans l'acte II, Faust retrouve son famulus, Wagner, qui est en train de créer un homme artificiel, homunculus. Parallèlement, Faust, officiellement pour amuser la cour, décide de ramener un temps sur terre les fantômes d'Hélène et de Pâris. Cela l'obligeant de descendre dans la demeure des divinités les plus mystérieuses jamais conçues, les "mères". Faust étant tombé sous le charme de la princesse sparte, il demande à Méphistophélès de l'amener en Grèce antique. L'acte III est tout entier construit comme une tragédie grecque. Hélène vient d'être ramenée dans le palais de Ménélas avec les captives troyennes qui forment le chœur. La Phorkyade, qui n'est autre que Méphistophélès déguisé, l'avertit que Ménélas, ivre de vengeance, projette de la tuer. Puis il l'amène au château fort moyennâgeux dont le seigneur n'est autre que Faust. Hélène et Faust vivent heureux dans des cavernes situées à proximité de la mer, et ont un fils, Euphorion, "fruit de l'amour le plus beau" (Goethe avait songé à Byron en le créant). Or Euphorion chute et meurt. En conséquence, Hélène quitte Faust en se dissolvant progressivement. Le climat est tout entier différent à l'acte IV. Faust est sur une montagne et chante sa déception amoureuse. Méphistophélès arrive et lui rapporte que les féodaux se sont révoltés contre l'empereur et qu'une grande bataille s'organise. Grâce à l'aide de ses démons, Méphistophélès anéantit l'armée des féodaux, et l'empereur en reconnaissance offre une terre à Faust. L'acte V voit un Faust, rallié aux méthodes d'exploitation modernes et capitalistes de la terre, tentant d'obtenir la propriété de Philémon et Baucis. Ceux-ci refusent, ses hommes outrepassant ses ordres les tuent et détruisent leur habitation. Faust, meurtri par ce qui a été fait, voit quatre divinités lui rendre visite, Pauvreté, Dette, Détresse et Souci, et cette dernière le résigne à accepter la mort. Il meurt mais Marguerite, en rachetant son âme, l'arrache des mains de Méphistophélès.

Vi veri universum vivus vici[modifier | modifier le code]

C'est une expression latine qui signifie « par le pouvoir de la vérité, j'ai, de mon vivant, conquis l'univers ». Cette phrase a été rendue célèbre avec le film V pour Vendetta et est attribuée (à tort) à Goethe dans Faust. Elle fut également l'un des hiéronymes du mage Aleister Crowley.

Traductions et éditions[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs traductions notables en français du Faust de Goethe, par exemple celle de Gérard de Nerval, parue en 1828, ou encore le Faust de Goethe illustré par Delacroix, Paris, aux éditions Diane de Selliers.

Art[modifier | modifier le code]

Ary Scheffer : Faust et Marguerite, deux toiles en pendant, 1848, coll. Musée de la vie romantique, Paris

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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