Orléanisme

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Armoiries de la France (1831-1848)

L’orléanisme est un mouvement politique français, apparu au XIXe siècle et qui se décline sous deux formes, en deux périodes distinctes :

  • L'orléanisme pur ou primitif (1830-1883) : qui désignait les partisans de la maison d'Orléans et du régime de la monarchie de Juillet et qui s’est parfois appliqué aux courants politiques de la droite modérée.

Il s'oppose au mouvement légitimiste, partisan des Bourbons d'Espagne et au bonapartisme, partisan de la Maison Bonaparte.

« Orléanisme » sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Parler d'orléanisme sous l'Ancien Régime est anachronique dans le sens où la notion n'apparaît qu'en 1830. Cependant, pour certains historiens, l'orléanisme puise ses fondements dans les rapports qu'ont entretenus les ducs d'Orléans, premiers princes du sang, et la haute aristocratie confrontée aux affaires du royaume depuis la Régence. Depuis la mort de Louis XIV en 1715, suivie de la Régence confiée à Philippe, duc d’Orléans, une coterie s’était organisée autour de la branche d’Orléans ; une opposition à l’absolutisme qui réunit alors de grands aristocrates. Le courant « orléaniste » se développa face à la royauté, puis s'estompa.

Durant la Révolution de 1789, le duc d’Orléans, Philippe Égalité, fut même pressenti par certains (Mirabeau, Sieyès, Choderlos de Laclos) pour prendre le pouvoir, dans la mesure où il paraissait constituer un compromis entre l’Ancien Régime et les idées de la Révolution.

Orléanisme sous la Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

L'orléanisme est surtout le nom donné au mouvement d'adhésion à Louis-Philippe et à la branche d'Orléans en général. Il correspond à une vision politique intégrant les acquis révolutionnaires de 1789, mais souhaitant l'exercice des libertés et la canalisation réaliste des poussées sociales intempestives dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle. L'orléanisme fut d'abord un courant touchant au libéralisme conservateur. Après 1830, les orléanistes s'opposent donc aux légitimistes, pour lesquels la Révolution a brisé l'ordre monarchique multiséculaire ; c'est l'origine du destin parallèle de deux des droites — la troisième étant la droite bonapartiste — selon René Rémond.

En 1830, le fils de Philippe Égalité, Louis-Philippe, fait figure de dernier recours après le renversement de la branche aînée des Bourbon et fonde la monarchie de Juillet, régime modéré qui permet à la grande bourgeoisie d’accéder enfin au pouvoir.

Le courant politique de l’orléanisme ne saurait se résumer à une sorte de dynastie. L’orléanisme est d’abord une conception assez moderne et laïcisée de la monarchie qui n’est plus de droit divin et qui, ce qui est le plus fondamental, trouve son origine dans la volonté populaire. Le serment prêté à la Charte remplace le sacre. C’est un véritable régime constitutionnel inspiré du modèle anglais (qui a conservé le sacre) et qui remplace un régime dominé par l’autorité du Roi en monarque absolu. L’orléanisme s’appuie dès lors sur le Parlement avec une formation en système bicaméral. Avec les répressions des insurrections ouvrières, comme celle des canuts de Lyon en 1831, et en assurant les intérêts de la bourgeoisie d’affaires, l’orléanisme, alors considéré comme « modéré », glisse vers le conservatisme.

"Orléanisme-Fusioniste"[modifier | modifier le code]

Durant les premières années de la IIIe République, les orléanistes jouent un rôle politique important. Ils soutinrent Adolphe Thiers puis le maréchal de Mac-Mahon, comme chef d’État. Face aux légitimistes, qui soutiennent le comte de Chambord et qui prônaient un retour à l’Ancien Régime, les orléanistes soutenaient le comte de Paris, comme successeur au trône de France.

Le ralliement, en 1883, de la majeure partie des royalistes français au comte de Paris, fit perdre la notion primitive d'orléanisme qui ne fut ravivée qu'après la Seconde Guerre mondiale, pour désigner, au sein du royalisme français, les partisans de la maison d'Orléans, à côté des « légitimistes », partisans des Bourbons d'Espagne.

Sous la Ve République, l’historien René Rémond plaça le président Valéry Giscard d'Estaing dans la tradition orléaniste, au premier sens du terme (le bonapartisme et le légitimisme étant les deux autres traditions)[1].

Plus généralement, René Rémond a considéré que la droite libérale était une héritière idéologique de l'orléanisme.[réf. nécessaire]

Le parlementarisme orléaniste est également un terme employé par le constitutionnaliste Maurice Duverger pour qualifier le régime politique de la Ve République. Il se réfère ainsi à un régime qui, bien que parlementaire, offre un « grand pouvoir réel » au chef de l’État[2].

Succession orléaniste depuis la mort de Louis-Philippe Ier[modifier | modifier le code]

"Orléanistes purs"[modifier | modifier le code]

"Orléanistes-fusionistes"[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain-Gérard Slama, « Vous avez dit bonapartiste ? », in L'Histoire no 313, octobre 2006, p. 60-63.
  2. Maurice Duverger, « Les institutions de la Ve République », Revue française de science politique, no 1, 1959.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel de Broglie, L'Orléanisme : la ressource libérale de la France, Perrin, 2003. (ISBN 2262002169)
  • Jérôme Grondeux, Histoires des idées politique en France au XIXe siècle, La Découverte, 1998, 122 p.
  • Henri de Lourdoueix, La Révolution c'est l'orléanisme, Chez Dentu. (ASIN B0000DR8U1)
  • Hubert Néant, La Politique en France. XIXe et XXe siècles, Paris, Hachette, 1991, 222 p.
  • Lucien-Anatole Prévost-Paradol, La France nouvelle (1865 ; référence majeure de l'orléanisme).
  • Hervé Robert, L'Orléanisme, Presses Universitaires de France (PUF), coll. Que sais-je ?, 1992. (ISBN 2130450350)
  • Dominique Barjot, Jean-Pierre Chaline, André Encrevé, La France au XIXe siècle, 1814-1914, PUF, 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]