Zoltán Kodály

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Dans le nom hongrois Kodály Zoltán, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français Zoltán Kodály, où le prénom précède le nom.

Zoltán Kodály

Description de cette image, également commentée ci-après

Zoltán Kodály vers 1930.

Naissance 16 décembre 1882
Kecskemét, en Autriche-Hongrie Flag of Austria-Hungary (1869-1918).svg
Décès 6 mars 1967 (à 84 ans)
Budapest, en Hongrie Drapeau : Hongrie
Activité principale Compositeur et pédagogue
Activités annexes Ethnomusicologue
Lieux d'activité Budapest
Années d'activité 1897-1963
Collaborations Béla Bartók
Formation Académie de musique Franz-Liszt et Université de Budapest
Maîtres Hans von Koessler, Charles-Marie Widor
Enseignement Académie de musique Franz-Liszt
Élèves Ferenc Fricsay, György Kósa, Tibor Varga, Lili Kraus, Tamás Vásáry, Erzsébet Szőnyi

Zoltán Kodály (en hongrois : Kodály Zoltán, qui se prononce [ˈkodaːj ˈzoltaːn]), né le 16 décembre 1882 à Kecskemét dans l'Empire austro-hongrois et mort le 6 mars 1967 à Budapest en Hongrie, était un compositeur, ethnomusicologue et pédagogue en musique. Il a notamment donné son nom à une méthode d'enseignement de la musique, codifiée par des disciples de sa pensée pédagogique nommée plus tard la méthode Kodály.

Biographie[modifier | modifier le code]

Zoltán Kodály a passé la majeure partie de son enfance à Galánta et Nagyszombat (maintenant Trnava, Slovaquie). Il est issu d'une famille de musiciens dont le père jouait du violon et aimait organiser des rencontres avec des amis afin de faire de la musique de chambre ; quant à sa mère, elle jouait aussi un peu de piano. Kodály reçoit une formation générale, tout en prenant des leçons de piano, d'alto et de violoncelle. Il prendra des leçons d'orgue avec Charles-Marie Widor lors de son séjour à Paris en 1906.

À l'âge de 16 ans, il compose une messe. Il entre alors à l'Université de Budapest, tout en étudiant la composition à l'Académie de musique de Budapest avec Hans von Koessler. Il y rencontre Béla Bartók, qui restera son plus fidèle ami jusqu'à sa mort en 1945. Avec Bartók, il va recueillir (sur des rouleaux de cire), mettre en forme et publier une quantité considérable de chants traditionnels nationaux. Sa thèse de doctorat en ethnomusicologie achevée en 1906 (Structure strophique dans le chant traditionnel hongrois) montre bien l'intérêt de plus en plus grand qu'il porte à la musique traditionnelle. Bien que profondément ancré dans ses racines musicales hongroises, Kodály est également un précurseur formel notamment avec l'écriture de la Sonate pour violoncelle seul en 1915 qui explore un nouveau champ technique dans l'utilisation de cet instrument. Cette œuvre reste une des plus connues du compositeur. En 1919, Kodály est nommé directeur assistant de l'Académie de musique de Budapest. Certains de ses élèves, dont le compositeur hongrois György Ránki, étudieront avec lui l'ethnomusicologie.

La collaboration riche entre les deux compositeurs hongrois nourrira de nombreuses critiques à l'égard de Kodály qui sera entre autres suspecté de plagiat des travaux de Bartók. Ce dernier, le niera vigoureusement et défendra Kodály, comme en 1921 en écrivant :

«Depuis quelque temps certains cercles musicaux n'ont d'autre but que de me monter contre Zoltán Kodály. Ils voudraient faire croire que l'amitié qui nous unit est utilisée par Kodály pour son propre compte. C'est un mensonge des plus stupides. Kodály est un des compositeurs majeurs de notre temps. Son art, comme le mien, possède des racines doubles : il a jailli du sol paysan hongrois et de la musique française moderne [Debussy]. Mais quoique notre art ait puisé sa source dans ce sol commun, nos œuvres ont été entièrement différentes dès le premier jour... Il est possible que la musique de Kodály soit moins agressive [que la mienne], il est possible que sa forme soit plus proche de certaines traditions, il est également possible qu'elle exprime calme et méditation plutôt que des 'orgies débridées'. Mais c'est précisément cette différence essentielle qui, trouvant à s'exprimer dans sa musique en une manière de penser complètement nouvelle et originale, rend son message si précieux...»[1].

En 1923, il compose une de ses œuvres chorales majeures ; le Psalmus Hungaricus, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'union de Buda et de Pest : c'est un immense succès dans son pays, ainsi qu'en Europe et aux États-Unis. En 1925, un concert de ses œuvres pour chœur d'enfants le révèle comme un maître incontesté du contrepoint vocal.

En 1942, il entame sa Missa Brevis pour solistes, chœur et Orgue, dont il écrira une partie dans sa cave en 1944 alors que Budapest est sous les bombes soviétiques. Elle sortira finalement en 1948[2].

En 1946-47, il se rend aux États-Unis, en Angleterre et en Russie pour diriger des concerts de ses œuvres. Il recevra le Prix Kossuth à trois reprises (1948, 1952 et 1957). Kodály composera également de la musique de chambre (Quatuors à cordes, Sonates pour violoncelle, etc.), et des œuvres symphoniques remarquables (Háry János, Soir d'été, etc.).

Kodály a créé une œuvre chorale très importante. Il utilise notamment des chansons, des contes, des ballades et des mélodies populaires. Celles-ci reprennent des scènes de vie paysanne, des thèmes bibliques ou héroïques avec l'accent magyar. Il développera de nombreuses méthodes d'enseignement de la musique, dont on parle encore aujourd'hui sous le terme de méthode Kodály, initiant les jeunes enfants au chant et à la tradition chorale. Kodály restera sans doute comme le créateur de l'art choral du XXe siècle.

Parmi ses élèves, figurent Ferenc Fricsay, György Kósa, Tibor Varga, Lili Kraus, Tamás Vásáry, Erzsébet Szőnyi.

Tombe de Zoltán Kodály au cimetière de Farkasrét à Budapest

Compositions[modifier | modifier le code]

  • Avant 1897
Ave Maria, pour chant et orgue (manuscrit perdu)
Ave Maria, pour chant et orchestre à cordes (manuscrit perdu)
Fragment de Messe, pour chœur mixte et orgue (manuscrit perdu)
  • 1897
Ouverture en ré mineur, pour orchestre (manuscrit perdu)
  • Avant 1900
Trio en mi bémol majeur, pour deux violons et alto
Ave Maria, pour chœur mixte et orgue
Stabat Mater, pour chœur d'hommes
  • 1902
Le Veilleur de Notre-Dame, musique pour le cabaret, pour orchestre
Je quitte avec Bonheur ce Monde étincelant, pour chant et piano
Assumpta est, pour baryton solo, chœur mixte et orchestre
  • 1903
Le Cid, pour orchestre (manuscrit perdu)
Miserere, fragment du Psaume I, pour chœur et orchestre
  • 1904
L'Oncle, musique humoristique pour une pièce de théâtre
Soir, pour soprano solo et chœur mixte
  • 1905
Adagio pour violon et piano (versions pour alto ou violoncelle et piano en 1910)
Valsette, pour piano
Intermezzo, pour violon, alto et violoncelle
  • 1906
Soir d'été, pour orchestre
Chants populaires hongrois, pour chant et piano, en collaboration avec Béla Bartók
  • 1907
Méditation sur un Motif de Claude Debussy, pour piano
Quatre mélodies, pour chant et piano
  • 1908
Deux chansons populaires de la région de Zobor, pour chœur de femmes
  • 1907-1909
Énekszó (op. 1), 16 mélodies sur des textes de chansons populaires, pour chant et piano
  • 1908-1909
Quatuor à cordes n°1 (op. 2)
  • 1909
Musique pour piano (op. 3)
  • 1909-1910
Sonate pour violoncelle et piano (op. 4),
  • 1914
Duo (op. 7), pour violon et violoncelle
  • 1915
Chant de Himfy, pour chant et piano
Sonate pour violoncelle seul (op. 8)
Capriccio, pour violoncelle seul'
  • 1912-1917
Mélodies tardives (op. 6), pour chant et piano
Deux Chants (op. 5), pour une voix d'homme basse et piano ou orchestre
Deux chœurs d'hommes
  • 1917
Rondo hongrois, pour violoncelle et piano (ou pour orchestre)
Stefan Kádár, pour chant et piano
Musique de scène pour la pièce Le Chant de l'Alouette, de Zsigmond Móricz, pour orchestre
« Grave et désolé », pour la pièce Le Chant de l'Alouette, pour chant et orchestre
  • 1917-1918
Sept pièces pour piano de Kodály (op. 11)
  • 1915-1918
Cinq mélodies (op. 9)
  • 1916-1918
Quatuor à cordes n2 (op. 10)
  • 1919-1920
Sérénade (op. 12), pour 2 violons et alto
  • 1923
Nuits sur la Montagne I, pour chœur de femmes, sans texte
Psalmus Hungaricus (op. 13), psaume 55 (Mihály Kecskeméti Vég), pour ténor solo, chœur mixte, chœur d'enfants, orchestre et orgue.
  • 1924
Trois préludes de choral de Jean-Sébastien Bach, transcription pour violoncelle et piano
  • 1925
Deux chœurs d'enfants d'après des mélodies populaires hongroises, pour chœur d'enfants ou de femmes
Musique de ballet, à l'origine pour Háry János, réduction pour piano
  • 1926
La Saint-Grégoire, pour chœur d'enfants
  • 1925-1927
Háry János (op. 15), réduction pour piano
  • 1927
Háry János, suite pour orchestre
Ouverture de théâtre, pour orchestre
Danses de Marosszék, pour piano
László Lengyel, pour chœur d'enfants
Jésus s'annonce
  • 1928
Cinq «Tantum ergo», pour soprano et alto (n°1, 2 et 5 avec orgue ou harmonium)
Chanson de Berger, pour chœur d'enfants
Canticum Nuptiale, pour chœur d'hommes
  • 1924-1929
Trois chants (op. 14), pour chant et piano
  • 1929
La Cigogne, Pour la Pentecôte, Chansons à danser, Compliment pour le Nouvel-An, pour chœur d'enfants
Pange Lingua, pour chœur mixte et orgue (ou chœur mixte à 3 voix)
  • 1930
Danses de Marosszék, pour orchestre
Appel du feu de camp, pour clarinette
  • 1931
Bonjour de Nagyszalonta, pour chœur mixte
Prélude pour orgue
Tableaux de Matra, pour chœur mixte
  • 1924-1932
La Veillée des Fileuses Sicules, singspiel en un acte, sur des textes populaires
Musique populaire hongroise, 57 ballades et chansons populaires en 10 cahiers, pour chant et piano
  • 1932
Quatre madrigaux italiens, pour chœur de femmes
  • 1933
Danses de Galánta, pour orchestre (ou réduction pour piano)
Les Vieux, pour chœur mixte
Epiphanie, pour chœur d'enfants
  • 1934
Chants de Karád, pour chœur d'hommes
Qui dois-je épouser ?, pour chœur d'hommes
Plainte sicule, Jésus et les Marchands, pour chœur
Ceux qui sont en retard, pour chœur mixte
Le Levraut, pour chœur d'enfants
Horatii Carmen II. 10, pour chœur mixte
Chant de soldat, pour chœur d'hommes, trompette et tambour
  • 1935
Contes des Kouroutzes, ballet sur la musique des Danses de Marosszék et de Galánta
Ave Maria, pour chœur de femmes
Horatius : Justum et tenacem, pour chœur d'hommes
Rorate, pour chœur d'enfants et de femmes
  • 1939
Peacock Variations, pour orchestre sur une mélodie populaire hongroise « La paon s'est envolé »
  • 1942-1948
Missa Brevis pour solistes, chœur et orgue
  • 1960
Symphonie, pour orchestre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in livret du disque Music for Cello, Kodály, chez Naxos (8.553160).
  2. http://www.allmusic.com/composition/missa-brevis-for-soloists-chorus-organ-mc0002361684

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