Benjamin Britten

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Benjamin Britten

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Benjamin Britten en 1968.

Nom de naissance Edward Benjamin Britten
Naissance 22 novembre 1913
Lowestoft, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Décès 4 décembre 1976 (à 63 ans)
Aldeburgh, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activité principale compositeur, chef d'orchestre, pianiste
Style Musique contemporaine
Conjoint Peter Pears
Distinctions honorifiques Ordre du Mérite, Ordre des compagnons d'honneur, Prix Ernst von Siemens
Site internet Britten-Pears Foundation

Œuvres principales

Edward Benjamin Britten est un compositeur, chef d'orchestre, altiste et pianiste britannique, né le 22 novembre 1913 à Lowestoft dans le Suffolk et mort le 4 décembre 1976 à Aldeburgh.

Il est souvent considéré comme le plus grand compositeur britannique depuis Henry Purcell[1] (en excluant Georg Friedrich Haendel, né allemand puis naturalisé britannique à 40 ans passés).

Biographie[modifier | modifier le code]

Benjamin Britten est né le 22 novembre 1913[2]. Ses parents habitaient Lowestoft, un port de pêche d'Est-Anglie et leur maison faisait face à la mer du Nord. Mis à part un bref séjour aux États-Unis et ses différents voyages, il habitera toujours cette région anglaise qui inspirera nombre de ses œuvres. Son père, chirurgien-dentiste, interdit chez lui la radio et le gramophone de façon à inciter les membres de sa famille à pratiquer la musique. Sa mère, chanteuse et pianiste amateur, lui apprend à en jouer. À 5 ans, il compose sa première pièce musicale. Sa maîtresse d'école lui enseigne également le piano lorsqu'il a 8 ans. Les musiciens qui se produisaient dans la région venaient souvent habiter chez les Britten.

Dès 11 ans, il étudie l'alto avec Audrey Alston, future dédicataire de la Simple Symphony. À l'âge de 13 ans, Benjamin Britten est envoyé en pension à la Gresham's School de Norfolk. En 1927, il devient l’élève de Frank Bridge pour la composition, dont il avait entendu The Sea en 1924 lors du Festival de musique de Norwich, grâce à Audrey Alston. Il passe toutes ses vacances scolaires chez les Bridge. À 15 ans, il compose Quatre chansons françaises pour soprano et orchestre sur des poèmes de Victor Hugo et de Paul Verlaine, dédiées à ses parents pour leur 27e anniversaire, premier cycle de mélodies dans une langue étrangère. En 1929, à 16 ans, il étudie, en obtenant une bourse, au Royal College of Music de Londres. Son opus n°1, la Sinfonietta pour dix instruments, est créée à Londres et semble, malgré son évidente originalité, influencée par Arnold Schönberg — dont il a réclamé en vain l'achat de la partition du Pierrot lunaire par son Collège. Ayant obtenu sa licence en 1932, il veut se rendre à Vienne pour étudier avec Alban Berg, mais la direction du Collège le déconseille à ses parents, en raison de l'influence prétendument néfaste de ce compositeur moderne. Son premier ouvrage publié - la Simple Symphony - est un succès, et Phantasy, op. n°2, un quatuor pour hautbois et cordes est créé par Léon Goossens et représente en 1934 l'Angleterre au Festival de Florence organisé par la Société internationale pour la musique contemporaine[3].

De 1935 à 1939, il est engagé comme compositeur et directeur musical par la Documentary Cinema Company qui dépend de la Poste britannique. En 1936, il y fait la connaissance du poète W. H. Auden qui écrit le scénario de Night Mail (1936), puis collabore avec lui notamment sur le cycle musical Our Hunting Fathers. Pendant un voyage d'Auden aux États-Unis, en 1936, il rencontre le ténor Peter Pears, le futur compagnon de sa vie et partenaire musical, qui aura une grande influence dans sa vie musicale et à qui il dédicacera plusieurs œuvres tout au long de sa vie. La création de ses Variations sur un thème de Frank Bridge, op. 10 en 1937 au Festival de Salzbourg marque son premier succès international et son entrée dans le monde musical. En 1938, il compose la musique de scène de L'Aigle à deux têtes de Jean Cocteau et un concerto pour piano.

Vitrail à la mémoire de Benjamin Britten conçu par John Piper pour l'église de St Peter and St Paul, Aldeburgh.

En avril 1939, peu avant la Seconde Guerre mondiale, accompagné de Peter Pears, il s'exile aux États-Unis jusqu'en 1942. Il y compose Paul Bunyan, une opérette écrite pour les étudiants de l'université Columbia sur un scénario de W. H. Auden, mais également Les Illuminations. Il y termine le concerto pour violon (1939) et compose la Sinfonia da Requiem, le concerto Diversions, les Sept sonnets de Michel-Ange ainsi que son premier quatuor (ce dernier commandé par Elizabeth Sprague Coolidge). Serge Koussevitzky l'encourage à écrire son premier opéra qui sera Peter Grimes et qui deviendra l'opéra le plus populaire de la moitié du XXe siècle (terminé seulement en février 1945 et créé en juin de la même année par le Sadler's Wells Opera). Après 1942, il retourne au Royaume-Uni où il bénéficie du statut d’objecteur de conscience. Au cours de la traversée en bateau, il compose A Ceremony of Carols. Roger Lalande entreprend de faire découvrir Britten en France. Le Viol de Lucrèce un opéra de chambre où débute Kathleen Ferrier est créé lors du Festival de Glyndebourne en 1946.

Il crée l'English Opera Group en 1947 avec l'objectif de la renaissance de l'opéra anglais. En 1948, il crée à Aldeburgh (Suffolk), où il réside[4], un festival auquel il associe pendant les années 1960 l'English Chamber Orchestra, notamment lors de la création de plusieurs œuvres, telles Le Songe d'une nuit d'été, Owen Wingrave ou Curlew River (« La Rivière aux Courlis »). Britten y invite ses amis, Mstislav Rostropovitch et Sviatoslav Richter notamment. Il devient également ami de Dmitri Chostakovitch qui lui dédicacera sa 14e Symphonie. De nombreux enregistrements de concerts ont été édités par la BBC, avec Britten à la direction ou en soliste (au piano plus souvent).

Il est anobli par la reine en 1973 (baron) et devient Lord of Aldeburgh. Il a été décoré de l'Ordre du Mérite et de l'Ordre des compagnons d'honneur. En 1974, il reçoit le Prix Ernst von Siemens.

Importance critique[modifier | modifier le code]

Dans la préface d'André Tubeuf à la biographie de Xavier de Gaulle, intitulée Benjamin Britten ou l'Impossible Quiétude (Actes Sud) :

« Britten […] quand il est mort, n’était toujours qu’un outsider, le marginal que d’emblée il était, et qu’il a mis son courage, sa fierté à demeurer, malgré la reconnaissance publique qui lui venait. […] Un musicien qui s’exprime par la musique de chambre, par l’intimité chorale et par des opéras où la voix n’a pas à briller, mais à toucher, et où les personnages seuls comptent, pas l’affiche, comment deviendrait-il mondial ? Et simplement public ? C’était déjà beaucoup qu’au moment de sa mort Britten fût sorti du cercle de suspicion où l’avaient enfermé d’abord toutes ses indomptables indépendances : de goût, d’humeur et, par-dessus tout, de convictions. Au moins le message de Peter Grimes, de The Turn of the Screw, du War Requiem avait été perçu, fût-ce par un public lui-même avant-coureur. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

La Coquille Saint-Jacques de Maggi Hambling sur la plage d'Aldeburgh, reprenant les paroles de Peter Grimes : « I hear those voices that will not be drowned. »[5].

L'œuvre de Britten est considérable avec une inspiration toute personnelle, à distance des compositeurs de musique atonale qui révolutionnèrent l’époque, préférant rendre hommage aux musiques du Moyen Âge et au bel canto, tout en introduisant de la modernité (gamelan indonésien par exemple). Ses compositions principales concernent essentiellement la musique vocale (notamment pour chorales d'enfants), et surtout l’opéra, dont il écrivit quelques pièces majeures de la seconde partie du XXe siècle, ce qui ne l'empêche pas d'avoir réalisé des œuvres instrumentales ou de la musique de chambre. Son œuvre a été principalement éditée chez Faber Music.

Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer :

Opéras
Œuvres vocales
Œuvres chorales
  • Friday Afternoons, op. 7 pour voix d'enfants et piano (1935)
  • Hymn to St Cecilia, op. 27, pour chœur a cappella (1942)
  • A Ceremony of Carols, op. 28, pour chœur d'enfants et harpe (1942)
  • War Requiem, op. 66, pour solistes, chœur et orchestre (1961) - une œuvre très diffusée, considérée comme son œuvre majeure
Œuvres orchestrales
Œuvres instrumentales
Musique de chambre

Discographie[modifier | modifier le code]

Benjamin Britten a enregistré plusieurs disques de ses œuvres ainsi que d'autres de compositeurs classiques (ex : Billy Budd, A Ceremony of Carols, etc).

Britten par Britten[modifier | modifier le code]

ainsi que tous ses opéras.

Autres compositeurs[modifier | modifier le code]

En 1967, Benjamin Britten et Sviatoslav Richter enregistrent un disque microsillon à deux pianos comprenant :

En 1968, Benjamin Britten et Mstislav Rostropovich enregistrent un disque violoncelle-piano, considéré aujourd'hui comme majeur[8] dans lequel ils interprètent :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Pitt, Benjamin Britten, catalogue de l'exposition au théâtre national de l'Opéra de Paris, 1er trimestre 1981.
  2. Jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens.
  3. C'est pendant ce festival que son père meurt de maladie (il l'apprend par télégramme lors de son voyage retour), ce qui change sa situation financière de façon dramatique.
  4. Éric Dahan, « Le Monde cruel et lyrique de Britten », Libération, no 9936,‎ 15 juin 2013, p. 19 pages (ISSN 0335-1793, lire en ligne)
  5. « J'entends ces voix qui ne seront jamais noyées. »
  6. Ircam
  7. Ircam
  8. Critique, Telerama n° 2982, 10 mars 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]