Ferragus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ferragus (homonymie).
Ferragus
Image illustrative de l'article Ferragus
Louis Édouard Fournier

Auteur Honoré de Balzac
Genre Étude de mœurs
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Charles-Béchet
Collection La Comédie humaine
Date de parution 1834
Série Scènes de la vie parisienne
Chronologie
Précédent Histoire des Treize La Duchesse de Langeais Suivant

Ferragus est un roman d’Honoré de Balzac paru en 1833 dans la Revue de Paris, édité en 1834 chez madame Charles-Béchet.

Le titre complet de l’ouvrage, dédié à Hector Berlioz, était Ferragus, chef des Dévorants. Une contrefaçon belge publiée en 1833 chez Méline annonçait déjà le premier épisode d’un ensemble.

Thème[modifier | modifier le code]

L’action se situe aux environs de février 1819. Auguste de Maulincour, jeune officier de cavalerie, se promenant dans un quartier mal famé de Paris, aperçoit au loin la jeune femme mariée dont il est secrètement amoureux, se contentant de l’adorer de loin. Il la voit disparaître dans une maison sordide comme toutes celles du quartier. Quel est le secret de cette femme, reconnue dans le grand monde parisien comme un modèle de vertu conjugale ? Retrouvant Clémence Desmarets le soir même chez Madame de Nucingen, il tente de lui arracher son secret. Mais la jeune femme prétend qu’elle n’est pas sortie de chez elle de la soirée. Auguste décide alors d’espionner la maison où il l’a vue entrer. Réussissant à y pénétrer, il découvre la jeune femme en compagnie d’un personnage inquiétant : Ferragus.

Dans les jours qui suivent, le jeune homme échappe de peu à plusieurs accidents qui s’avèrent être des tentatives répétées d’assassinat car il a surpris les secrets de gens puissants et mystérieux. Manquant d’être écrasé par une grosse pierre de chantier, victime du sabotage de l’un de ses essieux, provoqué en duel par le marquis de Ronquerolles qui le blesse grièvement, finalement empoisonné par les cheveux lors d’un bal, Auguste révèle au mari de Clémence, Jules Desmarets, très riche agent de change, le détail de ses découvertes à propos de sa femme et de Ferragus qui n’est autre qu’un ancien forçat. Le soupçon s’installe alors dans un ménage jusque-là admirable de passion partagée. Jules surprend les petits mensonges de son épouse qui le font terriblement souffrir et qui le conduiront à détruire sa femme adorée. La vérité éclate trop tard car Clémence a succombé au chagrin de ne pouvoir se justifier auprès de son mari, ses visites à Ferragus étant dictées par son amour filial, puisque le forçat était son père.

De son véritable nom Bourignard, Ferragus XXIII a été ouvrier, puis entrepreneur en bâtiment. Il était à l'époque (avant 1806, date de son emprisonnement) très riche, joli garçon, compagnon de l'ordre des Dévorants dont il est devenu le chef. Condamné à vingt ans de bagne en 1806, il s'échappe et retourne à Paris où il vit sous divers noms d'emprunt et déguisements.

Vers 1815, il est mêlé à plusieurs sombres affaires, dont celle de l'expédition d'Henri de Marsay à l'hôtel San Real pour tenter d'enlever Paquita, la Fille aux yeux d'or.

Le marquis de Ronquerolles est un de ses complices et lui apporte son aide à sa sortie de bagne. Le marquis fait partie d'une société secrète à laquelle appartient aussi Henri de Marsay et qu’Honoré de Balzac décrit dans la préface de l’Histoire des Treize[1] comme un monde « …à part le monde, n’en reconnaissant aucune loi, ne se soumettant qu’à la conscience de sa nécessité... agissant tout entier pour un seul de ses associés quand l’un d’eux réclame l’assistance de tous ; cette vie de flibustier en gants jaunes et en carrosse, cette union des gens supérieurs, froids et railleurs... cette religion du plaisir fanatisa treize hommes qui recommencèrent la société de Jésus au profit du diable. »

Le récit se termine comme une tragédie avec la mort d’Auguste et de Clémence, le désespoir de Jules et la décrépitude physique de Ferragus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hachette 1980, p. 18. Préface signée Paris. 1831

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Anne-Marie Baron, « Statut et fonctions de l’observateur », l'Année balzacienne, 1989, no 10, p. 301-316.
  • (en) David F. Bell, « Balzac with Laplace: Remarks on the Status of Chance in Balzacian Narrative », One Culture: Essays in Science and Literature, Madison, U of Wisconsin P, 1987, p. 180-199.
  • Eric Bordas, « La Composition balzacienne dans Ferragus et La Fille aux yeux d'or : de la négligence à l’ambivalence », Orbis Litterarum: International Review of Literary Studies, 1994, no 49 (6), p. 338-47.
  • Nathalie Buchet Rogers, « Indiana et Ferragus : fondements de l’autorité narrative et esthétique chez Sand et Balzac », George Sand Studies, 1999, no 18 (1-2), p. 47-64.
  • (en) Diana Festa-McCormick, « Paris as the Grey Eminence in Balzac’s Ferragus », Laurels, Spring 1980, no 51 (1), p. 33-43.
  • Chantal Massol-Bedoin, « L’Énigme de Ferragus : du roman noir au roman réaliste », L’Année balzacienne, 1987, no 8, p. 59-77.
  • (en) James Mileham, « Labyrinths in Balzac’s Ferragus », Nineteenth-Century French Studies, 1995, no 23 (3-4), p. 356-64.
  • Henri Mitterand, « Formes et fonctions de l’espace dans le récit : Ferragus de Balzac », Le Roman de Balzac : recherches critiques, méthodes, lectures, Montréal, Didier, 1980, p. 5-17.
  • (en) Henri Mitterand, « Place and Meaning : Parisian Space in Ferragus, by Balzac », Sociocriticism, 1986-1987, no 4-5, p. 13-34.
  • (de) Wolfram Nitsch, « Vom Mikrokosmos zum Knotenpunkt: Raum in der Kulturanthropologie Leroi-Gourhans und in Balzacs Ferragus », Von Pilgerwegen, Schriftspuren und Blickpunkten: Raumpraktiken in medienhistorischer Perspektive, Würzburg, Königshausen & Neumann, 2004, p. 175-85.
  • Adélaïde Perilli, « La Sirène et l’imaginaire dans Ferragus », l’Année balzacienne, 1993, no 44, p. 229-59.
  • Claude Pichois, « Deux hypothèses sur Ferragus », Revue d’Histoire Littéraire de la France, 1956, no 56, p. 569-572.
  • (en) Søren Pold, « Panoramic Realism: An Early and Illustrative Passage from Urban Space to Media Space in Honoré de Balzac’s Parisian Novels, Ferragus and Le Père Goriot », Nineteenth-Century French Studies, 2000 Fall-2001 Winter, no 29 (1-2), p. 47-63.
  • Alan Raitt, « L’Art de la narration dans Ferragus », l’Année balzacienne, 1996, no 17, p. 367-75.
  • (en) Nigel E. Smith, « The Myth of the City in Balzac’s Ferragus », Romance Notes, 1993 Fall, no 34 (1), p. 39-45.