Théorie de la musique

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Une théorie de la musique est un ensemble des règles abstraites, indépendantes de la pratique, formant un système musical particulier[1].

Chaque type de musique possède son propre langage déterminé principalement, selon la théorie de la musique occidentale, par le rythme, la mélodie et la polyphonie[2], et selon elles-mêmes, par un ensemble de notions concernant la production et l'organisation de leurs sons, qui ne définissent pas nécessairement le temps, le caractère distinctif de chaque son, et les relations entre sons successifs ou simultanés de la même façon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une théorie de la musique possède nécessairement un point de départ religieux, philosophique, ou magique ; il prend la forme, dans la musique européenne moderne, d'une réflexion scientifique.

Par exemple, la théorie musicale de la Grèce antique est mise en relation avec l'arithmétique, les dieux, l'univers, l'Harmonie des sphères. Celle d'Hermann von Helmholtz, en Europe au XIXe siècle, prétend se fonder sur la physiologie et l'acoustique.

Musiques de tradition orale[modifier | modifier le code]

La plupart des musiques, dans le monde, n'ont pas de théorie écrite. Elles sont le fruit d'une tradition orale. Établir leur théorie, à partir de l'enseignement par leurs maîtres de musique est un des objectifs de l'ethnomusicologie[3].

Musiques savantes[modifier | modifier le code]

Les musiques savantes sont celles qui ont forgé leur théorie à partir de l'écriture[réf. souhaitée].

Une théorie est fréquemment codifiée sous la forme d'un ensemble de règles destinées à soutenir l'enseignement de la pratique musicale. Les concepts de base d'une culture musicale restent cependant en général implicites, et ne ressortent que par comparaison.

Article détaillé : Théorie de la musique occidentale.

La musique occidentale savante moderne considère la musique comme un objet. Elle privilégie la composition musicale, qui fixe les caractères jugés principaux de chacune des instances de cet objet, le rythme, la mélodie, l'harmonie. Les compositeurs en sont bien définis. Les ouvrages d'enseignement définissent souvent explicitement ces bases idéologiques. L'enseignement renforce, par l'ordre des apprentissage, ses hiérarchies de valeurs. On peut distinguer l'enseignement du solfège — c'est-à-dire, l'enseignement musical général, dans lequel la notion de hauteur a une place prépondérante —, du contrepoint, de l'orchestration, de la compositionetc.

La musique indienne savante a généré un grand nombre de traités théoriques. Pour elle, la musique se définit comme une interaction entre musiciens, et éventuellement entre musiciens et danseurs, excluant l'écriture de partition. Les musiciens doivent maîtriser les règles et les codes, mais choisissent l'orientation mélodique et rythmique parmi les possibilités ouvertes par ces codes.

Les musiques savantes chinoise, arabes, persane, japonaiseetc. possèdent elles aussi des théories, toutes articulées sur une définition de la musique, soit comme objet sonore construit, soit comme interaction entre musiciens, ou entre musiciens et danseurs, ou entre musiciens et cosmos, soit de toute autre façon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Brisson, La musique, Paris, Belin,‎ 1993, 544 p. (ISBN 978-2-7011-6121-1)
  • Claude Abromont et Eugène de Montalembert, Guide de la théorie de la musique, Paris, Fayard,‎ 2001, 610 p. (ISBN 978-2-213-60977-5)
  • Robert de Kers, Harmonie et orchestration pour orchestra de danse, Bruxelles, Éditions musicales C. Bens,‎ 1944, vii, 126 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trésor de la langue française : « Théorie ».
  2. Brisson 1993, p. 16
  3. Voir par exemple « Introduction », (en) Gerhard Kubik, Theory of African Music, vol. 1, University of Chicago Press,‎ 2010.