Lorin Maazel

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Lorin Maazel

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Lorin Maazel en 2006.

Nom de naissance Lorin Varencove Maazel
Naissance 6 mars 1930
Neuilly-sur-Seine (France)
Décès 13 juillet 2014 (à 84 ans)
Virginie (États-Unis)
Activité principale Chef d'orchestre
Activités annexes violoniste, compositeur
Années d'activité 1939-2014
Site internet maestromaazel.com

Lorin Varencove Maazel, né le 6 mars 1930 à Neuilly-sur-Seine (France), mort le 13 juillet 2014 en Virginie (États-Unis) à l'âge de 84 ans, est un chef d'orchestre, violoniste et compositeur américain.

Après des débuts précoces d'enfant prodige aux États-Unis, il connaît une carrière de chef d'orchestre aussi bien en Europe que sur le sol américain, en tant que directeur musical de certains orchestres et opéras parmi les plus prestigieux du monde, notamment l'Orchestre de Cleveland, l'Orchestre national de France, l'Orchestre symphonique de la radiodiffusion bavaroise et l'Orchestre philharmonique de New York. Malgré un caractère autoritaire et les reproches quant à son obsession du détail au détriment de la forme et de l'expression, il reste admiré pour sa mémoire infaillible, et pour l'activité qu'il mène sans relâche jusqu'à un âge avancé. Il laisse également un important legs discographique couvrant essentiellement le répertoire orchestral romantique et post-romantique, ainsi que l'opéra, de Mozart à Puccini.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né en France en 1930, à Neuilly-sur-Seine, dans une famille de musiciens américains, il est élevé par ses parents Lincoln Maazel (chanteur et comédien, par exemple dans le film de 1977 Martin) et Marion Shulman Maazel, à Los Angeles aux États-Unis, où ils retournent dès 1930[1]. Son grand-père Isaac Maazel, juif d'origine russe, est violoniste au Metropolitan Opera. Lorin reçoit ses premières leçons de violon à l'âge de cinq ans auprès de Karl Moldrem, et de direction orchestrale à l'âge de sept ans auprès de Vladimir Bakaleïnikov (en), ami de la famille et chef associé de l'Orchestre philharmonique de Los Angeles[1],[2].

Il fait ses débuts en public à l'âge de huit ans avec l'orchestre de l'université de l'Idaho, dirigeant la symphonie Inachevée de Franz Schubert, et dirige un grand nombre d'orchestres américains entre neuf et quinze ans, notamment l'Orchestre symphonique de la NBC en 1941, à l'invitation d'Arturo Toscanini, l'orchestre philharmonique de New York au Lewisohn Stadium (en) en 1942, et l'orchestre de Cleveland en 1943[3].

Il effectue des études à l'Université de Pittsburgh où il entre en 1946, à 16 ans, et étudie les langues, les mathématiques et la philosophie, tout en jouant comme violon au sein de l'orchestre symphonique de Pittsburgh, dont il devient aussi chef assistant en 1949. Il fonde à la même époque le Fine Arts Quartet of Pittsburgh[1],[3]. Il est également invité par Serge Koussevitzky pour se produire au festival de Tanglewood, en 1951 et de nouveau en 1952.

Il bénéficie d'une bourse Fulbright qui lui permet d'achever sa formation en Italie à partir de 1951, pour étudier la musique baroque[1]. Résidant à Milan, il effectue ses débuts de chef sur le sol européen à Catane, au théâtre Bellini où il remplace un chef souffrant, le 21 décembre 1952.

Carrière de chef d'orchestre[modifier | modifier le code]

Lorin Maazel acquiert bientôt une réputation grandissante. Le 27 octobre 1955, il effectue ses débuts à La Scala de Milan, dans un concert symphonique en compagnie du violoniste Leonid Kogan. En 1960, à trente ans, il est le premier chef américain et le plus jeune chef de l'histoire à être invité au festival de Bayreuth, pour diriger le Lohengrin de Wagner. La même année il fait ses débuts à Londres avec le BBC Symphony Orchestra, dans une performance de la symphonie n° 2 de Mahler, avec Maureen Forrester[4]. L'année suivante, il est appelé à diriger le Boston Symphony Orchestra. En 1963, il est cette fois invité au festival de Salzbourg[5].

Il obtient son premier poste permanent au Deutsche Oper de Berlin en 1965, où il prend la succession de Ferenc Fricsay, ainsi qu'à la tête de l'orchestre résident, le Radio-Symphonie-Orchester, avec lequel il crée l'opéra Ulisse de Luigi Dallapiccola. Il permet aussi au Deutsche Oper de se produire au Kennedy Center de New York lors de sa dernière saison comme directeur musical, en 1975, dans une production de Lohengrin, dans la mise en scène de Wieland Wagner.

Chef assistant (apprentice conductor) de Otto Klemperer au New Philharmonia Orchestra (1970-1972), Lorin Maazel obtient bientôt un poste prestigieux, à la tête de l'orchestre de Cleveland, où il succède à George Szell en 1972, après deux ans d'intérim de Pierre Boulez.

Très respecté et admiré, notamment pour sa profonde connaissance du répertoire romantique et des œuvres de Gustav Mahler, Jean Sibelius, Giacomo Puccini ou encore Richard Strauss, dirigeant toujours de mémoire, il est successivement le directeur musical de certains des plus grands orchestres du monde. Il est aussi l'un des chefs les plus souvent invités par l'Orchestre philharmonique de Vienne, qu'il dirige notamment dans onze concerts du nouvel an, entre 1980 et 2005 (dont neuf fois en dirigeant du violon)[5].

Directeur musical du New York Philharmonic à la suite de Kurt Masur, entre 2002 et 2009, Lorin Maazel crée dès son entrée en fonction la pièce On the Transmigration of Souls (De la transmigration des âmes), composée par John Adams en hommage aux victimes du 11 septembre. La composition et l'enregistrement qui découle de cette création reçoivent le prix Pulitzer, et trois Grammy Awards (meilleure composition contemporaine, meilleur enregistrement orchestral et meilleur album de musique classique) . Maazel fait de nouveau l'actualité avec l'orchestre new-yorkais en dirigeant un concert à Pyongyang, en Corée du Nord, au cours d'une tournée asiatique, le 26 février 2008. L'événement est présenté comme un acte de diplomatie culturelle, mais est fortement critiqué sur le sol américain[6]. Il quitte son poste au terme de la saison 2008-2009, et ne conserve que des postes permanents sur le sol européen, à l'Opéra de Valence et l'Orquestra de la Comunitat Valenciana, qu'il dirige depuis sa création en 2006, et à partir de 2011 à la tête de l'orchestre philharmonique de Munich.

Au cours de sa carrière, pendant 72 ans, il dirige plus de 200 orchestres différents, au cours de 7 000 concerts et représentations d'opéra[5], demeurant très actif jusqu'à la fin de sa vie avec plus d'une centaine de concerts par an[2]. Il reçoit le Prix Sibelius en Finlande, est fait commandeur de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne, et deux fois commandeur de la Légion d'honneur par le gouvernement français. Lorin Maazel a été honoré en septembre 2013 d'un buste à son effigie à l'Opéra de Vienne, aux côtés de Gustav Mahler et de Herbert von Karajan[7].

Critiques[modifier | modifier le code]

Il connaît toutefois plusieurs conflits avec les musiciens sous sa direction, notamment à ses débuts au Royal Opera House en 1978, pour Luisa Miller, et à l'Opéra d'État de Vienne, où son contrat de quatre ans est rompu après seulement deux ans, en 1984[1]. Son successeur à la tête de l'orchestre de Cleveland, Christoph von Dohnanyi, relaie également les critiques de ses musiciens, qui reprochent à Maazel son autoritarisme, et son unique souci de battre la mesure au détriment du sens du phrasé[1]. Mais sa plus grande déception concerne la succession d'Herbert von Karajan à la tête de l'orchestre philharmonique de Berlin, qu'il espérait, avant qu'elle n'aille dans une relative surprise à Claudio Abbado. Par suite, Lorin Maazel décide de ne plus se produire avec l'orchestre berlinois.

Ses performances sont également parfois critiquées, à partir des années 1980 surtout, pour un souci excessif du détail au détriment de la forme et de l'expressivité[1], reproches qui culminent notamment dans ses interprétations tardives de Mahler[8].

Mort[modifier | modifier le code]

Au printemps 2014, en raison de son état de fatigue, il est contraint de quitter son poste de directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Munich et annonce l'annulation de ses engagements pour la saison 2014-2015, afin de se reposer[9]. Il meurt le 13 juillet 2014 des suites d'une pneumonie, pendant le festival de Castleton, fondé en 2009 par le chef et son épouse, dans l'ancienne ferme où ils résident, en Virginie[2]. Il avait dirigé quelques jours auparavant, le 28 juin 2014, Madame Butterfly de Giacomo Puccini, pour l'ouverture du festival.

Postes[modifier | modifier le code]

Lorin Maazel a été directeur musical (ou poste équivalent) à la tête des orchestres suivants :

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Au cours de sa carrière, Lorin Maazel effectue plus de 300 enregistrements, consacrés notamment aux grands cycles symphoniques et œuvres orchestrales du répertoire, remportant de nombreuses récompenses, notamment dix Grands prix du disque[5].

Il enregistre également en tant que violoniste, notamment l'intégrale des cinq concertos de Mozart, avec l'English Chamber Orchestra placé sous sa direction.

Maazel dirige également la partition de trois adaptations cinématographiques : Don Giovanni de Mozart réalisé par Joseph Losey (1979), Carmen de Bizet réalisé par Francesco Rosi (1984), et Othello de Verdi réalisé par Franco Zeffirelli (1986).

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Les principaux enregistrements de Lorin Maazel primés ou recommandés par les critiques sont les suivants :

Autres activités[modifier | modifier le code]

En 2001, en compagnie du philanthrope Alberto Vilar, Lorin Maazel fonde un concours pour les jeunes chefs d'orchestre, le concours Maazel-Vilar, dont la première finale se déroule au Carnegie Hall de New York en septembre 2002. Il est également le président du jury du concours Malko de Copenhague, en 2012[5].

Il fonde la Châteauville Foundation, et crée à travers elle en 2009 un festival qu'il accueille dans sa ferme de Castleton, en Virginie, de même qu'une académie pour les jeunes musiciens[5].

Également compositeur, Lorin Maazel enregistre ses concertos pour violoncelle, flûte et violon en 1996, en compagnie de Mstislav Rostropovitch et James Galway. Il adapte aussi à la scène le roman de George Orwell, 1984, créé le 3 mai 2005 au Royal Opera House de Londres, sous sa propre direction et dans la mise en scène de Robert Lepage. La production est ensuite reprise à La Scala de Milan[2]. Il est critiqué autant pour avoir « acheté » l'ensemble de la salle pour la première, que pour le résultat superficiel et simpliste de son adaptation, peu fidèle à l'original[1].

Lorin Maazel s'associe avec des organisations pour contribuer à lever des fonds, notamment l'Unesco, la Croix-Rouge et le World Wide Fund for Nature.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Lorin Maazel se marie une première fois, en juin 1952, avec la pianiste américano-brésilienne Miriam Sandbank, dont il a deux filles, Anjali Maazel et Daria Maazel Steketee. Après un divorce, il se remarie avec la pianiste Israela Margalit, dont il a une fille, Fiona Maazel romancière, et un fils, Ilann Maazel[14],[15].

Il épouse ensuite Dietlinde Turban Maazel, comédienne allemande, qui fonde et dirige avec lui le festival de Castelton. Ils ont ensemble deux fils, Orson et Leslie, et une fille, Tara[14],[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (en) David Nice, « Lorin Maazel obituary », sur The Guardian,‎ 13 juillet 2014 (consulté le 13 juillet 2014)
  2. a, b, c et d (en) « Maestro Lorin Maazel, 1930-2014 », sur Festival de Castelton,‎ 13 juillet 2014 (consulté le 13 juillet 2014)
  3. a et b « Lorin Maazel », sur Radio France (consulté le 14 juillet 2014)
  4. (en) « Derick Cooke Archives Concert Programmes », sur concertprogrammes.org.uk (consulté le 13 juillet 2014)
  5. a, b, c, d, e et f (en) « Biography », sur Site officiel,‎ 13 juillet 2014 (consulté le 13 juillet 2014)
  6. (en) Anne Midgette, « The N.Y. Philharmonic in North Korea: Symbology and the Music », sur Washington Post,‎ 26 février 2008 (consulté le 14 juillet 2014)
  7. « Un buste de Lorin Maazel à l’Opéra de Vienne », sur francemusique.fr,‎ 27 septembre 2013 (consulté le 14 juillet 2014)
  8. (en) Tom Service, « LSO's winning CD, plus how not to play Mahler », sur The Guardian,‎ 13 avril 2011 (consulté le 14 juillet 2014).
  9. (en) Anne Midgette, « Maazel prepares for Castleton, leaves Munich », sur Washington Post,‎ 11 juin 2014 (consulté le 14 juillet 2014)
  10. a, b et c (en) « Conductor Lorin Maazel Has Died », sur Gramophone.co.uk,‎ 13 juillet 2014 (consulté le 14 juillet 2014).
  11. (en) « Prokofiev Romeo & Juliet », sur Gramophone.co.uk (consulté le 14 juillet 2014).
  12. « Les Diapason d'or », sur diapasonmag.fr,‎ septembre 2009 (consulté le 14 juillet 2014).
  13. (en) « Mahler's Symphony No 4 », sur Gramophone.co.uk (consulté le 14 juillet 2014).
  14. a et b (en) http://www.maestromaazel.com/home
  15. (en) « Lorin Maazel », sur NDDB (consulté le 14 juillet 2014).
  16. (en) Ralph Blumenthal, « Maazel Is To Lead Philharmonic », sur New York Times,‎ 30 janvier 2001 (consulté le 13 juillet 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]