Estevelles

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Estevelles
La mairie.
La mairie.
Blason de Estevelles
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Lens
Canton Harnes
Intercommunalité Lens-Liévin
36 communes ; 240 km²
Maire
Mandat
René Poivre
2014-2020
Code postal 62880
Code commune 62311
Démographie
Gentilé Estevellois
Population
municipale
1 894 hab. (2011)
Densité 746 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 28′ 34″ N 2° 54′ 31″ E / 50.4761111111, 2.9086111111150° 28′ 34″ Nord 2° 54′ 31″ Est / 50.4761111111, 2.90861111111  
Altitude Min. 21 m – Max. 46 m
Superficie 2,54 km2
Localisation

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Estevelles est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Nord-Pas-de-Calais. Elle fait partie de la Communaupole de Lens-Liévin (communauté d'agglomération) qui regroupe 36 communes et comptait 244 561 habitants en 2010. Elle est arrosée par la Deûle canalisée, longue de plus de 60 km. En 1931, la Compagnie des mines de Courrières y installe sa fosse no 24 - 25. Elle figure parmi les dernières fosses fermées du bassin minier.

Ses habitants sont appelés les Estevellois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation d'Estevelles dans l'arrondissement de Lens.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Estevelles
Wingles Meurchin Carvin
Pont-à-Vendin Estevelles Oignies
Annay Harnes Courrières

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Estevelles dans un temps peu éloigné s’appelait « Estèves ». Jusque dans les années 1980, les habitants âgés l’appelaient encore « Etef ». Mais son premier nom connu dans l’antiquité fut « Stabula ». Ce mot latin signifie « étable ». Il était couramment utilisé par les Romains pour désigner leurs gîtes d’étapes. Cependant, d’après les dernières recherches du breton François Falc’hum, chanoine toponymiste, il ressort que les communes dont le nom contient « st » proviennent très certainement de l’adjectif latin « aestivalis ». La traduction littérale de ce terme signifie « qui a rapport avec l’été »…d’où « lieu d’estivage ».

Estevelles serait donc un mot qui aurait ses origines depuis un dialecte de l’ancienne langue nationale de notre Gaule, patrie des Gaulois et de Vercingétorix.

Vers 628, Estèves faisait partie du Comté de Harnes, enclavé dans le bailliage de Lens. Plus tard, un des méfaits du régime féodal (et non des moindres) est d’avoir présidé au démantèlement du Carembault. Ce démantèlement a abouti au transfert en Artois des territoires de Carvin et Meurchin. Estevelles et Pont à Vendin exceptés qui se situaient en Flandre Wallonne.

Pour l’histoire, il faut ajouter que d’après certains plans de Carvin, la limite entre Estevelles et Carvin aurait été quelque peu déplacée au cours des siècles au profit d’Estevelles. Amputation de 40 à 80 mètres entre le chemin d’Epinoy et le chemin des postes. La superficie d’Estevelles est donc aujourd’hui de 245 ha 27a et 64 ca.

Les traces les plus anciennes de vie ont prouvé l’existence d’habitants vers l’an 2000 av. J.-C. Pour cela nous faisons état d’un passage du livre de Henri Couvreur (Carvin en Carembault) fascicule no 1, qui raconte à sa manière des faits ayant dû se passer à Estevelles.

Nous voici donc parvenus en l’an 2000 av. J.-C. Prenons rang dans un de ces groupes, qui venus des quatre coins du Carembault, convergent en un même point situé sur les pentes des Monts d’Estevelles. On y procède à l’inhumation d’un valeureux guerrier. Le druide en grande pompe préside la cérémonie. Déjà le cadavre du chef a été couché dans la tombe. Cérémonieusement on a déposé près de lui son couteau de silex et sa précieuse hache d’obsidienne. Le druide prononce l’éloge du défunt en évoquant très longuement « ce Monde de l’au-delà » où le héros jouira d’une vie pleinement heureuse où tous ses désirs seront satisfaits… pour toujours… C’est pourquoi ajoute t-il, sa femme et ses enfants ont voulu l’accompagner… L’épouse, en effet, s’est déjà immolée. On couche son corps à côté de l’époux. Puis au milieu des chants et de l’exaltation grandissante, chacun des enfants vient se livrer au bourreau… L’un après l’autre on leur tranchera la tête. Le druide les recueille une à une et les dépose religieusement dans une petite fosse toute proche. Pendant ce temps ses acolytes les recouvrent de terre tout en les parsemant de nombreux escargots. Ces escargots, symboles de résurrection, image de cette vie paradisiaque au sein de laquelle toute la famille réunie continuera à régner.

Cette histoire, si elle n’est pas authentique, est pourtant l’interprétation la plus vraisemblable de la découverte faite en 1945 dans les carrières de la cimenterie Gambier, aujourd’hui « Vicat » de Pont à Vendin, de la tombe ci-dessus décrite, et de la fosse adjacente où étaient rassemblés quatre ou cinq crânes dont au moins deux d’entre eux appartenaient à des enfants ; D’après les estimations des historiens ces « ossements » seraient d’au moins 2000 ans av. J.-C.

Les « érudits » eux-mêmes ne sont pas « fixes » sur ces origines. Toutefois, il est admis que sur le sol de la Gaule, existait une race dominante : les « Celtes » ou « Galls ». Une nouvelle tribu vint s’y ajouter, celle des « Kymris » mêlée des « Belges ». Cette nouvelle race mélangée à celle des Celtes fonda le canton des « Atrebates » qui avait comme capitale « Némécatum » aujourd’hui Arras. Notre village, Estevelles, faisait partie de l’ «Atrebatie ». Il dépendait ainsi du pays de « l’Escrebieux » entre Lens et Douai.

En l’an 112, avant notre ère, les « Cimbres » et les « Teutons » descendirent de la Baltique pour envahir la Gaule. Mais Jules César empereur des Romains vint de la Méditerranée, et voulut empêcher que la Gaule devienne « Germaine ». Il se porta donc à leur rencontre en les mettant en pièces sur le Rhin en 58 avant JC. Mais par la suite, les Gaulois se révoltèrent contre César qui les dispersa à Pont de Sambre en l’an 55 av. J.-C. Enfin, en 52 av. J.-C, les tribus du Nord s’unirent dans un vaste mouvement de coalition, à la voix de l’un des personnages les plus extraordinaires de ce temps du nom de « Com » ou « Commius ». Il était l’un des principaux commandants de Vercingétorix, ennemi des Romains et chef de la résistance. Plus tard, après la conquête romaine, César admirant sa bravoure, chercha à gagner sa confiance en le nommant roi de notre Atrebatie. Mais au fil des années, César se brouilla avec « Commius ». Ce dernier essaya une dernière tentative d’insurrection… mais il échoua et dut se réfugier en Angleterre.

En l’an 414, Estevelles était entouré de marais, protégé en plus par une barrière naturelle qui était la rivière « la Souchez » et aussi des Monts d’Estevelles. Ceux-ci devaient se trouver sur le côté droit de la route reliant Estevelles à Pont à Vendin en direction de Meurchin. Sur le territoire de Harnes près du « Pont Maudit » ainsi appelé de nos jours s’étaient formées deux grandes îles. C’était le rendez-vous habituel des pêcheurs du marais du bois, l’une d’elle s’appelait la « grande île ». L’autre surnommée la « petite île » était plus flottante et servait de refuges aux délinquants. Il y avait encore d’autres îlots vers Courrières et le chemin d’accès s’appelle toujours comme autrefois le chemin des îles. Culminant à 36 mètres au-dessus du niveau de la mer, Estevelles dominait la région. On retrouve dans les archives de Carvin les traces d’un fief du nom « d’Arret ». L’aveu de 1424 le dit situé dans l’ « eschevinage » de Carvin. En 1521, il est dénommé « Motte d’Arret ». La motte aurait été aménagée dans les marais. On retrouve en 1670 ce fief désigné « Motte Danelle ».

Les rivières[modifier | modifier le code]

Il existait aux premiers siècles, une rivière non navigable et large d’environ deux mètres. On l’appelait la petite rivière. Elle prenait sa source à deux fontaines près du village de Carency. Il en existait une seconde au pied du Mont de Vimy. Les 2 cours d’eau se réunissaient à Souchez pour former à cet endroit une seule rivière. Passant à Lens, elle devenait alors navigable et atteignait notre dépression marécageuse à la limite sud du Carembault au lieu-dit « la planche de Courrières ». Elle abandonne ensuite sa direction, se repliant en angle aigu coulant jusqu’à Estevelles pour terminer sa course en se jetant dans la Deûle à Haubourdin. C’est sans doute par inadvertance qu’elle a été dénommée « canal de la Deûle ». La rivière Deûle, su les cartes anciennes, prend sa source à Auchy la Bassée. Elle gagne ainsi Haubourdin en passant par la Bassée et Lille pour terminer sa course dans la « Lys » à Deûlémont. Il est donc permis de considérer que la Souchez (canal de la Deûle) fut la première grande voie de liaison entre les Atrebates et les Menapiens. Pour rendre cette rivière navigable, de nombreux curages et retenues d’eau furent nécessaires. Son utilisation était principalement destinée au transport de grains, de marchandises et aussi de la tourbe à destination de Lens et Douai. On y avait établi un droit de péage, qui existait déjà vers 1296. La rivière était entretenue aux frais des magistrats de Lens, depuis cette ville jusqu’à Courrières. Le reste étant à la charge du magistrat de Lille. De 1746 à 1754, on traversait le canal sur un bac. Ce n’est qu’en 1754 que furent entrepris les travaux de construction d’un pont au-dessus du canal dont le coût se serait élevé à plus de 50 000 écus de l’époque. Il était de brique et de grès, formé de trois arches cintrées. Il fut dénommé tour à tour « le Pont d’Artois » puis le « Pont Neuf » et enfin « le Pont Maudit ». Pourquoi « Maudit » ? Pendant sa construction et avant, la traversée à Pont à Vendin s’effectuait à l’aide d’un bac donnant lieu à un droit de péage. Une fois ce « passage » abandonné le seigneur et les habitants de Pont à Vendin firent preuve d’un certain mécontentement en le surnommant de « Pont Maudit », on conserva cette appellation. On affirme aussi que l’entrepreneur de cet ouvrage rencontra beaucoup de difficultés provenant essentiellement des sables mouvants qui faisaient s’écrouler les piliers en fondation. Les réfections durent exécutées par les nommés ‘Carlier » et « Rigaud » entrepreneurs et maçons à Carvin. Il fut démoli plusieurs fois au cours des guerres. D’abord en 1918, lors du repli des Allemands, et ensuite en 1940, lors du retrait des troupes françaises. En 1944, un pont de bois construit par les troupes allemandes servait de passage. Il fut partiellement détruit quelques jours avant la libération par un groupe de résistants polonais d’Estevelles. Le virage de ce pont jusqu’à sa reconstruction était très dangereux. En effet un drame survint le 9 novembre 1944, où le Ministre des finances de l’époque, Monsieur Lepercq se rendant à Paris en compagnie de deux collaborateurs trouvèrent la mort dans un terrible accident d’automobile.

À l’histoire du Pont Maudit, on peut aussi associer celle de la première diligence. Car on y installa en 1791 le premier relais de postes. Le service était assuré par l’unique voiture de Robespierre de Harnes. Celle-ci faisait simultanément voyageurs et marchandises. Il fallait deux jours pour accomplir le voyage de Lens jusqu’à Paris. Les habitants d’Estevelles, Harnes et Pont à Vendin devaient se rendre au Pont Maudit pour y attendre la correspondance. Il est bien vrai qu’à cette époque les gens n’avaient pas peur de la marche. Ainsi les cultivateurs se rendaient à pieds au marché d’Arras distant de 25 kilomètres et qui avait lieu tous les samedis. Il leur arrivait de faire le même trajet en sens inverse dans l’après-midi, avec parfois une voire deux vaches attachées à une corde. Plus tard, on inventa le « sémaphore » appelé aussi téléphone « Chappe ». Il en existait un sur le toit de l’église de Carvin. Il était en service jusqu’en 1846. Les correspondances se faisaient entre Seclin et de l’autre côté vers Harnes et Thélus. Le responsable du sémaphore de Harnes logeait avec sa famille dans le clocher de l’église de Harnes.

Si la Souchez (canal de la Deûle) fut la première grande voie navigable entre les Atrebates et les Menapiens, la seconde que nous croyons être romaine, unissait Lens sur le voie Arras-Cassel, sur le compendium Tournai-Cassel par Pont à Vendin. Les traces restent inscrites au cadastre sous la dénomination du vieux grand chemin des postes. Elle traverse le Carembault de Pont à Vendin, Estevelles vers Gondecourt et Houplin. Elle conserve des traces non équivoques de sa création et de son établissement par des ingénieurs romains. Il existait dans les archives de la mairie d’Estevelles des notes, qui ont malheureusement disparu, faisant état du chemin des Postes à l’époque napoléonienne. Napoléon au cours de sa campagne de Russie se servait pour ravitailler ses troupes de cette « route » qui fut une des premières « autoroutes » car elle réunissait déjà Paris à Bruxelles. Une partie de cette route qui traversait la commune, était à la charge de celle-ci. Le terrain étant très marécageux par endroit, cette voie était donc formée en partie par des troncs d’arbres posés les uns à côté des autres. Pour prévenir d’une éventuelle invasion ennemie, nos ancêtres n’avaient que pour moyen de signalisation une ressource unique qui consistait à allumer de grands feux sur les points les plus hauts. Ainsi il y avait la motte de Harnes. Le même tertre se retrouve à Epinoy, hameau de Carvin, près un ancien moulin et qui se situait à proximité du château d’Epinoy.

Églises, abbayes, monastères[modifier | modifier le code]

La première trace d’une église à Estevelles est celle-ci : « Donation à l’Abbaye de Saint Pierre de Gand » lorsqu'en 994, Arnoul, Comte de Valenciennes, son épouse Lietgard et leur fils Adalbert donnent à l’abbaye de Saint Pierre de Gand leur « allen », terre libre de Carvin ainsi que l’église sise en cette ville. Et une autre église située près du fleuve de Vendin (Estevelles) dans le pays de Carembault… ils ne font que rendre leurs biens à leur destination première. L’endroit de cette église n’a pas pu jusqu’à présent être situé.

Il a également été retrouvé par monsieur Robert Richebourg la trace de ce qui aurait pu être une chapelle vers l’an 1915. À l’intérieur de la cour de la salle Wicart, sur le côté église, on peut encore voir la trace en brique de couleur jaune d’un ancien mur. Un socle en pierre à quelques mètres de hauteur, qui servait sans doute à supporter une statue, faisant saillie dans le mur. Le tour étant surmonté par une forme (en apparence) de toit… Mais plus curieux sont les 2 lettres « K » et « E ». Par déduction il est possible de croire que ces 2 lettres signifiaient : « Kyrie Eleison » du grec « Kurie » : Seigneur et « Eleison » : aie pitié.

L'église actuelle fut construite par les houillères en 1935. L’époque où celle-ci essayait de fixer plus « profondément » les ouvriers désirant venir s’installer près des mines. Au cours de sa construction, il y eut à déplorer la mort accidentelle d’un estevellois de 13 ans, Maurice Delvallez, qui travaillait sur le chantier comme manœuvre.

Les guerres[modifier | modifier le code]

Le récit des 2 grandes guerres est à mettre en parallèle avec nombre des noms de rues du village, nombreuses en effet sont celles qui rappellent la guerre.

Première Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Les Allemands arrivent le 3 octobre 1914 après avoir occupé Carvin, Courrières et le Pont Maudit. Le maire Alfred Théry et sa fille sont tués. Cette période prit très vite la tournure d’un désastre, remplie d’évènements douloureux avec le nombre important de victimes. Sur une population de 350 habitants, 11 militaires et 2 civils furent tués. Le front se fixa sur une ligne « Lens-La Bassée » et s’y maintint 4 années durant. Dans Estevelles occupé, ce fut « logement des troupes » et « cohabitation ». Le couvre-feu était bien évidemment de rigueur avec en plus les amendes, les menaces, les listes d’otages, sans oublier les arrestations, les déportations. Un ravitaillement de famine, sans compter les énormes dégâts causés par les bombes et les obus.

Le 14 août 1915, par ordre militaire, les fruits des jardins sont réquisitionnés. Il est strictement défendu aux habitants de les cueillir. Un autre avis donnait l’ordre de porter à la Mairie 5 kilos d’orties par ménage. 10 janvier 1918, pour la seconde fois l’ordre était de porter les matelas à la « komandature ». Seuls les vieillards et les malades sont autorisés à en garder un. Une prime est attribuée aux « soldats » qui apportent le zinc des gouttières de maisons, les tuyaux de gaz,etc.

Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Première phase[modifier | modifier le code]

À leur arrivée, les Allemands et les autorités collaboratrices révoquent le maire Alfred Loison et le remplacent par Joseph Bocquet. De même à la fosse no 24, le délégué Ferdinand Martin est révoqué et remplacé par Dorchain et son suppléant Louis Parsy. La première victime de cette guerre sera un Polonais de la rue d’Alger, un dénommé Kirchner, qui fut porté disparu lors de la bataille de Narvik en Norvège. Mais aussi plusieurs membres de la famille Deram-Dacheville tués lors de l’évacuation des civils devant l’armée allemande. Sauvagement mitraillés par l’aviation allemande sur la route à Ourton, faisant un total de 5 morts dans la même famille ainsi que 2 blessés.

Deuxième phase[modifier | modifier le code]

La résistance contre l’occupant s’organisa très lentement, car malheureusement aidés par la police et les autorités françaises, les Allemands procèdent à l’arrestation des premiers résistants connus. Seront donc arrêtés : Bonnet, Breton, Durot, Fauvet, Martin, … D’autres FTP seront pris au cours de sabotages, puis fusillés. Ils avaient pour nom Carette, Pauwels, Carolus, Delvallez. Il faut aussi mettre à l’honneur le groupe de Polonais résistants, qui durant cette guerre organisa une grande partie des sabotages de la région. Leur chef, Wladislaw Mazur, habitait rue d’Alger, responsable départemental FTP, groupe polonais PKWN. Il fut arrêté par les Allemands (aidés par la police française). On le fusilla à Arras en 1942. Dans ce groupe où nous étions quelques Français figuraient aussi des Russes évadés des camps de prisonniers.

Troisième phase[modifier | modifier le code]

D’autres victimes devaient encore « allonger » cette triste liste. C’est ainsi que vers la fin de la guerre, répondant à « l’appel du Général De Gaulle », plusieurs jeunes qui partaient pour rejoindre la résistance du maquis, furent tués au combat ou fusillés. Ce sont : Delanghe, Tournemine, Deradt, Rybak,… Comme pour 1914, beaucoup de produits manquèrent. Une grand nombre d’habitants souffrit de faim.

Quatrième phase[modifier | modifier le code]

Enfin vint la libération. Les premières troupes américaines arrivent à Estevelles. Ces troupes libératrices suivaient l’armée allemande qui battait en retraite depuis Falaise en Normandie où avait lieu une grande bataille de chars. Devant eux et jusqu’en Alsace, ils ne rencontrèrent aucune résistante. Car les Allemands craignaient avant tout le harcèlement des « patriotes ». Pour l’histoire, il nous faut ajouter qu’Estevelles eut le triste privilège de recevoir sans doute, quelques-unes des premières bombes de la Seconde Guerre mondiale… un avion en difficulté pendant un vol de nuit, fut pris dans les faisceaux de la « DCA ». Le pilote allemand largua son chargement de bombes tuant quelques animaux se trouvant dans les près d’Estevelles. Plus dramatique encore, le même jour, le curé d’Annay sous Lens fut tué dans son église alors qu’il essayait de mettre à l’abri quelques reliques de valeur.

Exploitation charbonnière[modifier | modifier le code]

La tourbe, le charbon[modifier | modifier le code]

Il est impossible de parler d'Estevelles sans aborder la question du charbon. Avant ce combustible, il y eut la tourbe. Cette tourbe a été très largement exploitée dans notre région. Son extraction remonte à des temps très reculés. Elle était utilisée comme combustible de ménage dans notre département et ceci jusqu’à la découverte du charbon. Elle était tout d’abord découpée en blocs, genre de briquettes, que l’on mettait en « meule » en vue du séchage durant l’été. Déjà en 1704 l’intérêt pour la tourbe provoqua des excès, des rivalités même des violences. Nombreux furent les abus à cette époque, où les étrangers venaient chez nous, faisant un véritable commerce de produit du sol. Pour remédier aux plaintes et empêcher la ruine entière des terrains tourbeux, il est dit dans un acte daté de 1720 trouvé aux archives, que les États d’Artois décidèrent que la tourbe devait uniquement servir à l’usage commun pour le chauffage des habitations du lieu.

Fosse 24 d'Estevelles en activité (A)

Des arrêtés sévères interdirent donc de faire commerce de la tourbe avec les étrangers. Puis arriva l’ère du charbon. Charbon qui contribua à la prospérité de notre région. Estevelles a vu sa population doubler, quand la fosse 24 qui est sur notre territoire commença à extraire du charbon.

Après 1929, Estevelles a connu un important bond lors du creusement du puits no 24. Cette fosse fut creusée lors de la crise de 1929 et représenta un bol d'air économique pour le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Dès le creusement du puits no 24, la construction d'une cité minière fut entreprise par la Compagnie des mines de Courrières. La cité s'est étendue sur un axe principal, « l'avenue de la Fosse 24 », qui mène à l'entrée principale de la fosse. Les deux autres rues ont été baptisées par les noms de villes d'Algérie, du fait de la forte immigration algérienne qu'a connu Estevelles : celle d'Alger, longeant le parc à matériel de la fosse et celle de Constantine, menant au village. Une autre cité est construite pour les mineurs de la fosse 24, au hameau de Saint-Paul à Carvin.

La fosse 24 fut un siège de production important pour la Compagnie des mines de Courrières. Le charbon étant de bonne qualité, l'essentiel de la production fut dirigé vers les fours à coke de Harnes, situés sur le site des fosses 21 et 22 de Courrières. Une voie ferrée est donc construite pour relier les deux sites.

En parallèle du puits no 24 est construit le puits no 25 en 1935.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Général de Gaulle décida de nationaliser les Houillères pour favoriser le redémarrage de l'économie française, ruinée par des années de guerre. Les Charbonnages de France furent ainsi créées. La Compagnie des mines de Courrières disparut et devint « le Groupe d'Hénin-Liétard ». La fosse 24 fut choisie pour devenir un siège de concentration vis-à-vis de la production des puits voisins, et reçut de nouveaux équipements pour augmenter sa production. Jusqu'en 1956, de nombreuses modifications furent apportées à la fosse 24 : modification du chevalement, changement de machines ou remplacement de moteurs, construction d'un nouveau lavoir pour le traitement de la production, mécanisation des chantiers du fond… Cet âge d'or se répercuta sur Estevelles, fort de commerces, vivant indirectement grâce au monde de la mine.

Le déclin s'amorça dans les années 1960, fruit de la baisse de la consommation. Peu à peu, les mines et les usines disparaissent. En 1971, la fosse 24 fut concentrée sur le siège d'Oignies, et cessa toute production de charbon. Cependant, la fosse n'abandonna pas toutes ses activités, les mineurs et le matériel continuant à y descendre pour abattre le charbon dans des quartiers éloignés des puits. Finalement, la fosse 24 ferma le 3 février 1989. Le puits no 24 fut remblayé, mais le puits no 25 fut conservé pour l'aérage jusqu'en 1991. Il sera d'ailleurs le dernier puits ouvert du bassin nordiste.

Estevelles - Terril n° 98, 24 Nord de Courrières (02).JPG

En 1992, le réalisateur Claude Berri tourna une scène de son film Germinal dans la salle abandonnée des compresseurs de la fosse 24. Lors du dernier semestre 1992, la démolition des bâtiments commença. Les chevalements des puits 24 et 25 furent abattus respectivement en décembre 1992 et février 1993.

Dernières marques de l'activité minière du village, les bureaux, les bains de douches pour ouvriers, la salle de paye, l'infirmerie, les ateliers-magasins et l'imposant terril subsistent encore actuellement.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Estevelles dans son canton et son arrondissement
Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1792-1809 Jean-François Huttin
1809-1825 Adrien Delvalley
1825-1855 Jean-Robert Courtecuisse
1855-1871 Antoine Decarnin
1871-1880 Nicolas Druelles
1880-1919 Alfred Théry
1919-1929 Camille Delvalley
1929-1941 Maurice Loison
1941-1945 Joseph Bocquet
1945-1947 Séraphin Pennequin
1947-1979 Robert Rickelynck
1979- mars 1989 Narcisse Lepreux
mars 1989- juin 1995 Daniel Frémaux
juin 1995- mars 2008 Léon Boutillier PCF
mars 2008-en cours René Poivre Ancien Premier adjoint
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 894 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
65 95 96 120 131 134 129 136 136
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
134 166 182 172 181 208 221 205 240
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
304 341 336 442 433 561 832 1 176 1 183
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 225 1 237 1 183 1 151 1 629 1 687 1 715 1 719 1 894
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (14,7 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,8 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 21,3 %, 15 à 29 ans = 23,4 %, 30 à 44 ans = 20,1 %, 45 à 59 ans = 23 %, plus de 60 ans = 12,2 %) ;
  • 50,8 % de femmes (0 à 14 ans = 20,2 %, 15 à 29 ans = 21,1 %, 30 à 44 ans = 21,8 %, 45 à 59 ans = 19,9 %, plus de 60 ans = 17,1 %).
Pyramide des âges à Estevelles en 2007 en pourcentage[3]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,0 
3,8 
75 à 89 ans
6,9 
8,4 
60 à 74 ans
10,2 
23,0 
45 à 59 ans
19,9 
20,1 
30 à 44 ans
21,8 
23,4 
15 à 29 ans
21,1 
21,3 
0 à 14 ans
20,2 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[4]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

"d’azur aux trois gerbes de blé d’or"

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame-de-la-Paix d'Estevelles.
Monument aux morts d'Estevelles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Ressources et productions[modifier | modifier le code]

  • Céréales, endives, betterave.
  • Ovins, porcins.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]