Deûle

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50° 43′ 52″ N 2° 56′ 41″ E / 50.73111, 2.94472

la Deûle
La Deûle : lagunage linéaire aux Bois Blancs.
La Deûle : lagunage linéaire aux Bois Blancs.
Caractéristiques
Longueur 58,8 km [1]
Bassin 1 071 km2
Bassin collecteur l'Escaut
Débit moyen 8 m3/s (Wambrechies)
Régime pluvial océanique
Cours
· Localisation Carency
· Altitude 79 m
· Coordonnées 50° 22′ 49″ N 2° 42′ 18″ E / 50.3804, 2.705 (Source - la Deûle)  
Confluence la Lys
· Localisation Deûlémont
· Altitude 16 m
· Coordonnées 50° 22′ 45″ N 2° 56′ 42″ E / 50.379167, 2.9451 (Confluence - la Deûle)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Nord, Pas-de-Calais
Régions traversées Nord-Pas-de-Calais

Sources : SANDRE, Géoportail

La Deûle est une rivière du nord de la France dont l'essentiel du cours est aujourd'hui canalisé (de Douai à Deûlémont).

Au XIIIe siècle, Lille est une île (insula) défendue par des fortification et le château dit de Courtrai (situé près de la porte de Courtrai), qui avait la même vocation défensive que la future citadelle de Lille construite par Vauban[2]et des fossés remplis de l'eau de la Deûle

Dans sa partie amont, elle est encore en partie à l'état naturel et connue sous le nom de Souchez.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la rivière est mentionné sous la forme Dupla en 1276, évolution phonétique d'un probable *Dubulā, basé sur le celtique (gaulois) dubu-, noir (cf. breton du, noir, irlandais dub, noir), c'est-à-dire : « la noiraude »[3]. L'accent circonflexe n'a pas d'origine étymologique (pas d'ancien S).

La Deûle se nomme Deule en néerlandais.

Selon le géologue M Meugy (1852), autrefois, une partie de la Dêule était nommée « Arbonnoise » ; « A partir de la Planche-à-Quesnoy, le canal se sépare de l'ancienne Deûle qui prend le nom d'Arbonnoise (et se dirige vers le Pont de Candeleu en traversant l'argile du limon, et ne rentre dans le marais qu'à l'écluse du faubourg de la barre. Toutefois les prairies Saint-ANdré dans lesquelles circule le canal de la Deûle à l'Ouest de la citadelle sont marécageuses en plusieurs points »[4].

Tracé et embranchements[modifier | modifier le code]

Les canaux de la Deûle, de Lens, de la Lys, d'Aire

La longueur de son cours d'eau est de 58,8 km[1]. On considérait[5] au XIXe siècle que la Deûle prenait sa source dans le Pas-de-Calais, un peu au-dessus de Carency. Elle était alors navigable à partir de Courrières.

La Deûle entre dans le département du Nord près de Bauvin (cote 23) pour se jeter dans la Lys à Deûlémont (cote 11,25). Entre Bauvin et Lille, son cours a été fortement modifié par d'importants travaux hydrauliques échelonnés sur plusieurs siècles.

Un important port fluvial y a été construit.

La Deûle sépare le plateau crayeux, qui domine sa rive droite, des sables tertiaires déposés sur sa rive gauche.

L'amont[modifier | modifier le code]

La rivière Souchez, qui constitue le cours amont de la Deûle, est formée de la réunion, dans le village du même nom, de deux ruisseaux, le Carency et le Saint-Nazaire. Elle irrigue et draine les villes de Lens, Liévin et Angres et leurs alentours.

La moyenne Deûle[modifier | modifier le code]

Rassemblement hivernal de jeunes gardons dans la partie aval de la Moyenne-Deûle - anciennement appelée canal de l'Esplanade. La présence sur quelques dizaines de mètres d'eau propre issue d'un rejet de pompage semble avoir favorisé cette micro-population qui donne une idée du potentiel écologique de la rivière si son état écologique était restauré

À Lille, entre la haute Deûle et la basse Deûle, a été creusé un canal autrefois dit Canal de l'Esplanade - Il a été creusé en 1751 presque à l'emplacement d'une ancienne « rigole » reliant autrefois le quai du Wault à l'ancien ruisseau du Bucquet (depuis longtemps comblé) et aux fortifications de la porte d'Ypres, détournant une grande partie de la rivière hors de la ville et connectant le quai du Wault (dit Haut Rivage) à la Basse Deûle (dite Bas Rivage)[6].

Les eaux du Canal de la Moyenne-Deûle reçoivent aussi depuis quelques années l'eau claire de deux pompages d'exhaure. Le premier amène de l'eau qui inonderait les caves du musée des Beaux-Arts de Lille si elle n'était pas pompée. Et l'autre est destiné à faire baisser la nappe superficielle située en aval de Lille, car depuis l'arrêt des grands pompages industriels autrefois situés à Marquette et St André cette nappe remonte en menaçant d'inonder de nombreuses caves dans des maisons construites depuis l'après-guerre. Ces eaux rejoignent aujourd'hui (un peu en aval de l'écluse du grand carré) la Deûle canalisée, via un triple bief à 3 chutes sans écluses.

Ce petit canal n'a plus d'intérêt pour la navigation, suite au creusement (au milieu du XXe siècle) du canal à grand gabarit situé à l'ouest de la Citadelle. Si ses sédiments restent pollués et défavorables à une riche flore aquatique, les apports d'eau de nappe et la présence de moules zébrée (espèce invasive, mais qui contribue à filtrer l'eau) ont récemment permis la persistance ou la reconstitution progressive d'une faune aquatique (divers poissons, petits crustacés, éponges d'eau douce, escargots aquatiques (dont la paludine européenne, le seul escargot d'eau douce vivipare en France), moules d'eau douce autochtones, etc. la faune aquatique y réapparait.

On le traverse par le « pont du Petit-Paradis » (ancien pont-levis, construit à la fin du XIX siècle, conduisant de Lille à l'actuel parking du champ de Mars).

En aval de Lille[modifier | modifier le code]

À Marquette-lez-Lille, la Deûle canalisée reçoit la Marque qui draine la colline de Mons-en-Pévèle.

La Deûle canalisée comporte trois branches :

En aval immédiat de Lens, le canal présente la particularité d'être aujourd'hui en surélévation par rapport aux terrains voisins ; c'est en fait la conséquence d'affaissements miniers. Il a dû être rehaussé pour éviter qu'il inonde la zone d'affaissement. Des pompes y rejettent les eaux qui menaceraient d'inonder ces mêmes zones.

Historique de la canalisation[modifier | modifier le code]

Premiers aménagements[modifier | modifier le code]

À la fin de l'Antiquité, la haute deule (au Sud de Lille) est déjà très occupée par l'Homme, avec un paléopaysage qui laisse supposer des ressources naturelles abondantes, comme en témoignent les études archéopaléontologiques des gisements du Luyot, du Haut de Clauwiers et de l'Epinette qui éclairent la présence humaine de la fin de la période gallo-romaine et du début de l'époque mérovingienne[7] Pour diverses raisons pour partie encore mal expliquées, la vallée subit ce que les archéologues ont appelé une crise érosive du deuxième siècle ap. J.-C. qui s'est prolongée jusqu'à l'urbanisation du lit mineur [8].

La Deûle, encore capricieuse et pleine de méandres a été naviguée au moins dès l'époque gallo-romaine entre Lille et la Lys.

  • En 1244, Marguerite, comtesse de Flandre, concède l'usage des marais de la Haute-Deûle aux riverains et habitants des paroisses locales. Le lacis de chenaux et tourbières est peu à peu drainé par un canal navigable. La jeune ville de Lille achète alors la Haute-Deûle, et le châtelain fait creuser un canal de Lille à Don[9].
  • En 1271 Jean III de Lille (mort en 1272 ou 1276), seigneur de Fresnes-Lez-Condé, Blaringhem, Haubourdin et Meulebeeke, et châtelain de Lille, gagne en dot de la comtesse Jeanne de Flandre cette portion de rivière, qu'il achève de faire canaliser de Don à La Bassée, en drainant au passage les marais d'Haubourdin. La Deûle sera ensuite définitivement connectée à la Scarpe, connectant entre eux plusieurs bassins versants et commençant à devenir un nouveau facteur de fragmentation écopaysagère pour la migration de la faune terrestre.
  • Au XIIIe siècle, les eaux de la Deûle alimenteront les fossés qui protègent le château dit de Courtrai (situé près de la porte de Courtrai), créé ex-nihilo à Lille par Philippe le Bel dans le contexte des 5 ans de guerre de Flandre (guerre menée par ce roi à partir du 7 janvier 1297 pour contrôler le comté de Flandre après avoir en juin 1296, « pris sous sa garde les cinq bonnes villes de Flandre, Gand, Bruges, Ypres, Douai et Lille », fut la plus grande forteresse construite sous Philippe le Bel)[2]


Entamé après des expropriations qui ont commencé en 1299, accueillant des soldats au moins à partir de 1301[10] et en construction jusque 1339 puis précocement démantelée à partir du règne de Philippe II, roi d'Espagne pour être finalement entièrement détruit au XVIIe siècle[2].

  • Au début du XVIe siècle, la navigation est encore étendue au Sud par la canalisation de la Souchez jusqu'à Courrières et la cité drapière de Lens, aux frais des bourgeois de la ville de Lille.

Les projets de Vauban[modifier | modifier le code]

La Deûle à Courrières en 1920
La moyenne Deûle longeant l'Esplanade de Lille aux abords de la citadelle Vauban. (2012)

Après que les armées de Louis XIV se furent emparées de Lille (1667), Vauban médita un vaste projet de canalisation inter-bassins afin, non seulement de disposer d'eau pour inonder les fossés de la nouvelle citadelle de Lille, mais aussi de retarder la marche des troupes ennemies en cas de contre-invasion depuis les Pays-Bas. Ce projet comportait :

  • un canal de jonction entre la Scarpe depuis Corbehem et la Sensée à Arleux (terminé en 1690),
  • un canal à bief de partage (aujourd'hui canal de la Haute-Deûle), entre la Scarpe (depuis le Fort de Scarpe) jusqu'à Courrières (terminé en 1693). Le bief de partage étant alimenté par l'Escrébieux,
  • une déviation des eaux de la Deûle à la traversée de Lille depuis l'île Rihour (où avait été fondée la ville) jusqu'à la nouvelle citadelle, créant le « bras de la Barre ».

La ville de Lille assuma toute la charge de l'entretien de la voie d'eau depuis le Fort de Scarpe jusqu'à Deûlémont, et perçut les péages jusqu'en 1798, date à laquelle le Consulat reprit en charge l'exploitation.

Le temps de la tourbe[modifier | modifier le code]

Au cours des derniers millénaires, les marais ont produit dans la vallée alluviale de la Deûle de grandes quantité de tourbe, qui ont été exploitées du moyen-âge jusqu'à l'avènement du charbon, et même un peu plus tard pour la production de cendres de tourbe vendue comme engrai. selon le géologue M Meugy, vers 1852, il y a peu de tourbe en aval de Lille « En aval de Lille, les alluvions modernes de la Deûle sont pour ainsi dire limitées à ses deux rives. Je ne les ai observées qu'à l'intersection de cette rivière et du chemin de fer de Dunkerque où l'on a trovué à quelques mètres de la rive gauche un sable argileux noirâtre et tourbeux avec un grand nombre de coquilles (paludines, planorbes, lymnées, etc.) »[4], mais la tourbe était abondante dans Lille même (« La tourbe existe toujours sous l'ancienne butte du cirque que l'administration municipale afait raser pour donner de l'occupation aux ouvriers sans travail après la révolution de 1848. On en a rtiré 30000m3 de terre qui ont seriv à relever le sol de quelques parcelles sises en dehors des fortifications sur la commune de Saint-ANdré. Cette butte dont la forme était celle d'un cône tronqué avait 42 m de diamètre à son sommet et 9 m de hauteur. Elle provenant suivant toute probabilité d'un remblai exécuté de main d'homme à une époque très-reculée et formati au milieu des terrains bas et marécageux qui l'environnaient une espèce d'île d'où la ville a tiré son nom »[4] écrivait Meugy en 1852) et plus encore dans une grande partie du bassin.

Vers 1850 Les marais de la Deûle couvraient encore « 4.400 hectares environ », « à la côte moyenne de 21 mètres. Ils s'étendent sur les communes de La Bassée, Salomé, Hantay, Bauvin, Annoeullin, Marquillies, Sainghin-en-Weppes, Wavrin, DOn, ALlennes-les-marais, Herrin, Gondecourt, Seclin, Houplin, Sante, Noyelles, Wattignies, Emmerin, Haubourdin, Sequedin, Lomme, Loos, Esquermes, Wazemmes et Lille. On extrayait anciennement de la tourbe dans presque toutes ces communes pour le chauffages domestique. Aujourd'hui l'usage de ce combustible devient de plus en plus restreint et on ne l'exploite plus qu'accidentellement »[11]

Toujours selon M Meugy (1852) Haubourdin et Emmerin ont intensément exploité la tourbe qui s'est lentement autrefois formée dans les vastes marais de l'ancienne vallée alluviale de la Deûle, « principalement dans le but d'utiliser la cendre de tourbe comme engrais. La tourbe se trouve souvent à la surface du sol dans les localités où elle forme une couche de 1 à 3 m d'épaisseur reposant sur un lit d'argile blanche. On l'extrait à la drague. La tourbière d'Haubourdin occupe ving-cinq ouvriers pendant cinq à six mois. Elle produit journellement 20 mètres cubes de tourbe humide ou 20 mètres cubes de toube sèche pesant 600 kil. le mètre cube. 10 ares fournissent au moins 30 000 tourbes équivalent chacune à 2 décimètres cubes et valant 6 Fr?50 le mille. Les cendres se vendent 0,75 l'hectolitre. » En 1850, la tourbe n'est plus exploitée pour le chauffage dans le département du Nord, car l'industrie minière fournit en abondance un charbon vendu à moindre coût[11].

Le temps du charbon[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, pour améliorer l'approvisionnement en charbon de la ville de Lille depuis le bassin de l'Escaut, un groupe d'investisseurs obtient l'adjudication du canal de Roubaix entre l'Escaut et la Marque, affluent de la Deûle dont le confluent est à Marquette-lez-Lille. En 1880, le gouvernement décide d'homogénéiser les caractéristiques du réseau français au gabarit Freycinet, correspondant au transit des spits flamands, circulant déjà sur les canaux du Nord de la France.

L'aménagement à grand gabarit[modifier | modifier le code]

Le canal à grand gabarit à Wavrin: le pont du bac, en amont de Lille
travaux de confortement de berges (près du bois de la Citadelle de Lille, en 2012) avec pose d'une seconde rangée de palplanches

Par suite des deux guerres mondiales, des dommages consécutifs et des moyens consacrés à la reconstruction, la situation du gabarit n'évolue plus sur la Deûle jusqu'en 1954 : cette année-là, la Conférence Européenne de Paris envisage de promouvoir les voies navigables de l'Escaut, la Deûle et la Lys en vue de la navigation des chalands de plus de 1 000 t.

Sur la Deûle, après la reconstruction de l’écluse à grand gabarit de Don (1959), la mise à grand gabarit (3 000 t) de la section Bauvin-Marquette est déclarée d'utilité publique. Les travaux commencent en 1968 par la section les Ansereuilles-Haubourdin, et se terminent avec la construction de la nouvelle écluse du Grand Carré à Lille (1974-1977). Par suite de restrictions budgétaires, les travaux ne se poursuivent de Lille jusqu'à Marquette qu'avec un gabarit réduit de 1 350 t, et ce n'est que par un programme de financement régional (1978-1982) que le gabarit est porté de 350 t à 800 t entre Marquette et Deûlémont.

Les travaux d'élargissement ne reprennent qu'en 1993 avec la démolition de l’écluse de Deûlémont qui entraîne un abaissement de 1,83 m du plan d’eau à l’amont de la confluence avec la Lys. Après une décennie de travaux, la Deûle a été ouverte au gabarit de 1 350 t à l'aval de Lille en juin 2004.

Environnement et qualité de l'eau[modifier | modifier le code]

La Deûle est comme d'autres canaux européens et de la région, victime de l'expansion de la moule zébrée (espèce invasive), ici sur la rive droite en aval de l'écluse du Grand carré sur le secteur Lille/Lambersart/Saint André
La présence des hérons et cormorans est un des indicateurs de la réapparition de populations significatives de poissons, en dépit de la forte turbidité de l'eau et d'une qualité biologique encore mauvaise à médiocre selon l'Agence de l'eau

Après avoir été - à partir de la révolution industrielle - l'une des rivières les plus polluées de France, notamment par les métaux lourds[12],[13],[14],[15],[16] (et notamment par le zinc et plomb d'Umicore et Métaleurop-Nord[17],[18], la Deûle, bien que ses berges et son bassin-versant soient très artificialisés renaît peu à peu : poissons, poules d'eau et oiseaux piscivores sont de retour jusqu'à Lille, mais avec également diverses espèces invasives (Renouée du Japon et surtout moule zébrée).

Le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) Marque-Deûle est en cours d'émergence. Le comité de bassin Artois-Picardie, dans le cadre de la Directive cadre sur l'eau l'a regroupée avec la Marque dans un bassin dit « Deûle-Marque » (de 1 100 km²) drainé et irrigué par 160 km de cours d'eau principaux avec pour exutoire la Lys, puis l'Escaut belge.

Pour l'état des lieux imposé par la Directive DCE (en 2008) :

  • le Canal de la Deûle jusqu’à la confluence avec le canal d'Aire (code : AR17) est trop artificialisé et trop pollué pour présenter un bon potentiel écologique. Son état physico-chimique est jugé mauvais, mais son état biologique « bon ».
    L'état chimique reste cependant très préoccupant (classé "mauvais" en raison notamment des Nonylphénols et HAP (Hydrocarbure aromatique polycyclique). en 2010, un arrêté préfectoral a recommandé aux pêcheurs de ne pas manger les poissons pêchés dans la Deûle[19].
  • la Deûle canalisée de la confluence avec le canal d’Aire à la confluence avec la Lys (code AR32) est de même considéré comme ayant un mauvais potentiel écologique et un « mauvais » état physico-chimique et un état biologique « pas bon ». Son état chimique est classé « mauvais » en raison notamment du Plomb, nonylphénols et HAP (Hydrocarbure aromatique polycyclique) qui polluent l'eau, les sédiments et leurs organismes vivant. Les métaux et autres toxiques piégés dans ses sédiments sont susceptibles d'être remobilisés lors de travaux, de crues, ou par les organismes fouisseurs puis filtreurs[20],[21],[22]. Le comité de bassin a proposé à l'Europe de repousser le bon état écologique à 2027 au lieu de 2015 en raison de l'ampleur et de la durée des travaux de restauration à entreprendre[23].
  • En 2008, l'Agence de l'eau classait la Deûle canalisée comme de mauvaise qualité après la confluence avec le canal de Lens et passe en très mauvaise qualité au sortir de l'agglomération lilloise. Une légère amélioration n'était constatée en amont qu'à Courrières (gain d’une classe de qualité)[24].
    Un des paramètres pénalisants est la teneurs très élevée en nitrites (ex. : 1,1 mg/l dle 23 mai 2008 à Haubourdin, alors que le seuil du « très mauvais » est 1 mg/L)[25].
  • Le parc de la Deûle, créé au sud de Lille pour protéger les champs captant irremplaçables a entrepris de nombreux travaux de dépollution et de renaturation. Il contribue à inscrire la Deûle dans la Trame verte régionale, ce cours d'eau étant l'une des dernières connexions biologiques (ou en tenant lieu) possibles avec le bassin minier et sa trame verte.
  • En outre, la partie urbaine de la rivière canalisée est localement fortement affectée par la pollution lumineuse, en particulier à l'entrée de Lille où deux grands mâts équipés de dizaines de grosses lampes sont disposés de part et d'autre de la Deûle pour éclairer, toute la nuit, avec une forte intensité, des bretelles routières

Études et Recherche[modifier | modifier le code]

Les données archéologiques sont parfois difficiles à exploiter en raison des séquelles industrielles et de guerre, mais un travail interdisciplinaire est en cours, qui associe les paléontologues, archéologues, historiens, géographes et écologues pour mieux comprendre l'évolution de la rivière au cours des âges et pour la période récente. Ces travaux peuvent maintenant s'appuyer sur des référentiels de plus en plus précis et un Système d'information Géographique (SIG) pour l'étude des relations rivière-nappe, rivière-écopaysage, et homme-milieux[26]. En 2003, un dossier de la Revue du Nord Archéologie publiait « une première série d’articles rassemblés sous le titre Vallée de la Deûle, paléoenvironnement et occupations humaines. Ce dossier, émanant d’un atelier du centre de recherches Halma-Ipel, UMR 8164, réunissait un premier ensemble de données issues principalement de découvertes anciennes »[27].

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
Références
  1. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - Canal de la Deule (E3--021-) » (consulté le 27 janvier 2013)
  2. a, b et c Blieck G (1997) Le château dit de Courtrai à Lille de 1298 à 1339: une citadelle avant l'heure Bulletin Monumental, 155(3), 185-206
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance.
  4. a, b et c Essai de géologie pratique sur la Flandre française, par M Meugy, Membre résident, in Mémoires de la Société royale des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille ; imprimerie L. Danel, 1852 (Livre numérique Google : [1])
  5. , Arbres et arbrisseaux d'Europe et leurs insectes, par J. Macquart, Membre résident dans les Mémoires de la Société des sciences de l'agriculture et des arts de Lille, 1851 (page 186)
  6. Histoire de Lille - L'ère des révolutions (1715-1851) - Tome 3 - Privat - page 33
  7. Revillon S & Bouche K (2003) Architecture de terre et de bois dans la vallée de la haute Deûle, de la fin de l'Antiquité au début de l'époque mérovingienne. Apports des gisements du «Luyot», du «Haut de Clauwiers» et de «l'Epinette» à Seclin (Nord). Revue du Nord, 85(353) (résumé Inist-CNRS).
  8. Deschodt L, Boulen M, Cercy C, Dessaux N, Gardais C, Oueslati T, ... & Delepierre G (2006) Archéologie de la Métropole de Lille. Revue du Nord, 88(368), 7-125 ([résumé Inist-CNRS])
  9. PLU de Lille Métropole (version 2004)
  10. cf attestation de paiement par Andrieu d'Autreche, chevalier, pour des arriérés de gages de dix sergents de pied en service au château de Lille en l'an 1299, jusque au merkedi après la saint Denis (9 octobre). Bibl. nat. de France, Clairambault 8, p. 451, n° 94
  11. a et b Essai de géologie pratique sur la Flandre française, par M Meugy, Membre résident, in Mémoires de la Société royale des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille ; imprimerie L. Danel, 1853 (Livre numérique Google : [2])
  12. A. Boughriet, N. Proix, G. Billon, P. Recourt, B. Ouddane ; Environmental impacts of heavy metal discharges from a smelter in Deûle-canal sediments (Northern France): concentration levels and chemical distribution. ; Water, Air & Soil Pollution, 180 (2007) 83-95.
  13. A. Boughriet, G. Billon, N. Proix, M. Leermakers, J.C. Fischer and B. Ouddane ; Fractionation of anthropogenic lead and zinc in Deûle river sediments. , Environmental Chemistry, 4 (2007) 114-122.
  14. L. Lesven, B. Lourino-Cabana, G. Billon, N. Proix, P. Recourt, B. Ouddane, J.C. Fischer and A. Boughriet ; Water-quality diagnosis and metal distribution in a strongly polluted zone of Deûle river (northern France). , Water, Air & Soil Pollution, 198 (2009) 31-44.
  15. B. Lourino-Cabana, L. Lesven, G. Billon, N. Proix, P. Recourt, B. Ouddane, J.C. Fischer and A. Boughriet, Water, Air & Soil Pollution, 198 (2009) 31-44. ; Impacts of metal contamination in Deûle river (France): water quality and thermodynamic studies on metallic mobility.
  16. L. Lesven, B. Lourino-Cabana, G. Billon, P. Recourt, B. Ouddane, O. Mikkelsen and A. Boughriet.  ; On metal diagenesis in contaminated sediments of Deûle river (northern France). Applied Geochemistry
  17. Boughriet, A., Billon, G., Proix, N., Leermakers, M., Fischer, J.C., Ouddane, B., 2007. Fractionation of anthropogenic lead and zinc in Deûle river sediments. Environ. Chem. 4, 114–122.
  18. Boughriet, A., Proix, N., Billon, G., Recourt, P., Ouddane, B., 2007. Environmental impacts of heavy metal discharges from a smelter in Deûle-canal sediments (northern France): concentration levels and chemical distribution. Water Air Soil Pollut. 180, 83–95.
  19. FLUVIALNET 21/09/10, PCB- Poissons poisons dans les canaux du Nord
  20. Lesven L., Louriño-Cabana B., Billon G., Proix N., Recourt P., Ouddane B., Fischer J.C. & Boughriet A., 2009. Water-Quality Diagnosis and Metal Distribution in a strongly polluted zone of Deûle River (Northern France). Water Air Soil Pollut, 198: 31-44.
  21. Louriño-Cabana B., Lesven L., Billon G., Proix N., Recourt P., Ouddane B., Fischer J.C. & Boughriet A., 2010. Impacts of metal contamination in Deûle river (France): water quality and thermodynamic studies on metallic mobility. Water, Air & Soil Pollution, 206: 187-201.
  22. Louriño-Cabana B., Lesven L., Charriau A., l Billon G., Ouddane B. & Boughriet A., 2011. Potential risks of metal toxicity in contaminated sediments of Deûle river in Northern France. Journal of Hazardous Materials, 186: 2129-2137.
  23. Fiche territoire Deûle-Marque, établie par l'Agence de bassin Télécharger (version consultée le 2009 02 21 22:57)
  24. (station 77000, avant la confluence avec le canal de Lens)
  25. Annuaire de la qualité de l'eau - 2008 (Agence de l'eau Artois-Picardie, consulté 2010/05/08)
  26. Franchomme M, Salvador PG & Kergomard C (2003) Conception et utilisation d'un SIG pour l'étude des données (paléo-) environnementales et archéologiques dans le bassin versant de la haute Deûle. Revue du Nord, 85(353), 35-45 (fiche Inist-CNRS).
  27. Leman-Delerive G (2009) La vallée de la Deûle: un programme de recherche diachronique et pluridisciplinaire. Revue du Nord, (5), 13-17 ([Leman-Delerive, G. (2009). La vallée de la Deûle: un programme de recherche diachronique et pluridisciplinaire. Revue du Nord, (5), 13-17. (résumé).