Renty

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Renty
La place.
La place.
Blason de Renty
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Saint-Omer
Canton Fauquembergues
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de Fauquembergues
Maire
Mandat
Christophe Grare
2014-2020
Code postal 62560
Code commune 62704
Démographie
Population
municipale
595 hab. (2011)
Densité 38 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 35′ 02″ N 2° 04′ 25″ E / 50.5838888889, 2.0736111111150° 35′ 02″ Nord 2° 04′ 25″ Est / 50.5838888889, 2.07361111111  
Altitude Min. 77 m – Max. 186 m
Superficie 15,67 km2
Localisation

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Renty est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Nord-Pas-de-Calais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Renty
Ruminghem Thiembronne Fauquembergues
Renty
Verchocq Coupelle-Vieille Audincthun

Toponymie[modifier | modifier le code]

Renty s'est appelé Rentiacum : domaine de Rentius. Son nom est donc d'origine gallo-romaine.
Rentica (XIe siècle), Renthi (1155), Renthy (1174), Renti (1175), Rentiacum (1320).
Renteke en flamand[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

On raconte que saint Omer y fonda deux églises au VIIe siècle. La présence ancienne de saint Bertulphe, administrateur du comte Wambert de Renty, devint ensuite évangélisateur local et fondateur d'une abbaye mérovingienne. Wambert avait une sœur, Angadresme, qui après être devenue sainte est devenue la sainte patronne de la ville de Beauvais. Bertulphe s'en va ensuite fonder l'abbaye basse de Saint-Omer autour de laquelle s'établira la ville. Plus tard, lors du haut Moyen Âge à Renty, le château-fort est construit au pied de la butte, en deçà de l'endroit où se trouve l'église actuelle. À l’époque, c'est un grand quadrilatère de forme rectangulaire, en pierre granitique et mélange de briques comme beaucoup d'habitations seigneuriales de l'époque. La terre cuite sous forme de briques et de tuiles existe dans la région depuis les Romains. Néanmoins, le château de Renty a près d'une mesure et demie de superficie (soit environ 4.800 m²). Quatre-vingts mètres de long par soixante mètres de large, avec une tour à chaque angle et deux autres de moindre diamètre encadrant l'entrée principale où se trouve le pont-levis. Les murs de Renty ont d'ailleurs été élevés sur les fondations d'une ancienne villa gallo-romaine "Praedium Rentica", comme l’indiquent des relevés cadastraux sur la Morinie. Renty était alors visiblement le centre d’une implantation d’habitats dans le canton. Après sa destruction au IXe siècle par les vikings, s’éleva une "ferté" (ou fère, comme on dit dans l’Est), avec des palissades et un donjon en bois.

Ce n'est que vers la moitié du XIIe siècle que Arnoult 1er de Renty décide de tout construire en "dur", c'est-à-dire en pierre. C’est lui qui fait construire deux établissements religieux dédiés à saint Bertulphe et à saint Denis en donnant au prieuré de Renty 120 mesures (38,5 ha) de terre avec terrage et dîme. Ceci a été confirmé en 1177 par le pape Alexandre III. A Renty, son petit-fils Arnoult II termine la construction qui est améliorée ensuite de génération en génération.

Au centre de la forteresse, la cour intérieure est pavée d'un côté avec l'encart au pied du donjon en dalles calées en opus incertum, et le reste est de la terre battue. On accède à la forteresse par un pont-levis à double chaînage donnant sur la route de Fauquembergues à Verchocq. Non loin de là, sur la gauche, coule l'Aa. Cours d'eau sans affluent, trop petit pour être titré fleuve, trop indépendant pour être qualifié de rivière. Dans la cour, des bâtiments rapidement fabriqués en planches et rondins de bois abritent les écuries, la basse-cour, et quelques grandes salles construites en torchis et pierre avec des madriers pour la structure, accessibles de la cour sous de grandes voûtes soutenues par des croisées d’ogives. L’escalier extérieur est ménagé dans l’épaisseur du mur, avec des ouvertures qui permettent de surveiller chaque salle, et au besoin, de tirer sur l’assaillant. Ces salles servent à loger les réfugiés éventuels. Sur la face Est extérieure se trouve à six mètres du sol, la deuxième sortie de la forteresse. On y accède par un pont mobile. Les tours sont très saillantes. La base plus large, appelée glacis, est construite en pierres plus grosses et bien appareillées. À l’intérieur, c’est un talus plein, et les murs sont percés de meurtrières avec un angle aigu destiné à empêcher l’ennemi de s’approcher des murs. Les bases du donjon, par contre, possèdent des arcs de décharge utilisés par les Byzantins dès le VIe siècle, qui soutiennent les murs. Si l’assaillant creuse une sape, sorte de galerie sous le mur, celui-ci ne s’effondre pas. Dès le début du XIIIe siècle, c’est une nouveauté pour l’Occident, rapportée des croisades sous Philippe-Auguste. C'est dans cette vallée plate qu'est situé le village de Renty, entre deux plateaux crayeux où s'installeront et camperont nombre d'armées assiégeantes, au nord des sept vallées, traversées par sept rivières: l'Authie, la Canche, le bras de Brosne, l'Embrienne, la Ternoise, la Planquette, la Créquoise. Renty était déjà un lieu de passage obligatoire avec une voie romaine pavée encore visible non loin, au XXIe siècle, et son ancienne villa du temps où on la nommait Rentiacum. Ce qui étymologiquement signifie la demeure de Rent ou Rentius, nom d'origine saxonne, mélange de flamand et de germain, agrémenté de latin. Chacun y a trouvé une origine discutable par son appellation controversée: pour d’autres, Renty viendrait de "rent" voulant dire déchirure en saxon, parallèle de "Aa" signifiant la même chose en franc gothique. Doit-on y voir également un rapport avec les armoiries de cette famille représentées par des doloires, couteaux ou hachettes tranchants à doubles faces? Aa signifie aussi une source, un ru, en langue nordique.

Renty fut le siège d'une famille qui s'y installa il y a plus de mille deux cents ans pour y demeurer sans interruption près de six siècles jusqu’en 1354 dans la forteresse et jusqu’au XVIIe siècle sur les terres proches de Waltencheux, d’Assonval et du Cauroi. D’autres Renty resteront dans les environs comme à Verchocq, Rimboval au nord-est d’Embry, Wandonne à une lieue (environ 4 km) à l’est de Renty, Rollez à 5 km au sud de Renty, à Fasques, à Fauquembergues (Andrieu de Renty) et à Embry (Oudart 1er de Renty, voir Embry). À partir de la moitié du XIVe siècle, une famille féodale puissante et célèbre récupère en dot la baronnie. La seigneurie dépendit alors de la famille de Croÿ et des d'Egmont. A la moitié du XIVe siècle, Renty est donc passée dans les mains de Guillaume de Croÿ qui avait épousé en 1354 Isabeau de Renty et obtint par dot cette terre, forteresse et fiefs affiliés.

Renty fut érigé par Charles Quint en marquisat en 1533. Henri II y battit les Espagnols de Charles Quint le 13 août 1554. Il existe une plaque commémorative de la bataille de Renty à l'intérieur de l'église. Henri II récompensa la vaillance du maréchal de Tavannes sur le champ de bataille même, en détachant de son cou le collier de son ordre de Saint Michel pour l'en décorer.

Guerre de Trente ans

Le château a été restauré en 1630 puis rasé huit ans plus tard en 1638, lors de la guerre de Trente Ans, sous Louis XIII par le maréchal de Châtillon sur l'ordre de Richelieu qui voyait d'un mauvais œil l'influence grandissante de certains hauts seigneurs et craignait le début d'une fronde. Le siège de Renty par les Français a eu lieu le 31 juillet 1638 entre le 1er et le 9 août 1638. Le maréchal de Châtillon loge à Fauquembergues et le maréchal de la Force à Fasque. Une tranchée est ouverte dans la nuit du 2 au 3. La reddition a lieu le 9 août. La forteresse est détruite.

Ce château n’était plus qu’une ruine en 1775. Il en existe encore des traces au centre du village. Des monticules recouverts de terre et de végétation, bordés de petits étangs destinés actuellement à la pèche, derrière un premier rang de bâtiments à droite de la route allant à l’Aa, témoignent encore en 2009 de la présence ancienne de ses murs. Les petits étangs (domaine privé) sont aménagés dans une partie des anciennes douves.

Seconde Guerre mondiale

Durant la Seconde Guerre mondiale, des habitants de Renty et en particulier Norbert Fillerin organisent le réseau Pat O’Leary. Norbert puis Marguerite Fillerin seront arrêtés, déportés et reviendront des camps nazis[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Renty dans son canton et dans l'arrondissement de Saint-Omer
La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1989 2014 Jean Vielliard    
2014 en cours Christophe Grare    

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 595 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
503 644 682 662 878 904 891 857 841
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
803 818 802 755 770 741 728 706 706
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
658 592 535 513 504 519 519 493 547
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
525 484 429 448 463 439 514 536 595
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (21,3 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,5 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 22,3 %, 15 à 29 ans = 16,2 %, 30 à 44 ans = 23,8 %, 45 à 59 ans = 18,8 %, plus de 60 ans = 18,9 %) ;
  • 51,5 % de femmes (0 à 14 ans = 24,3 %, 15 à 29 ans = 12,7 %, 30 à 44 ans = 22,5 %, 45 à 59 ans = 17 %, plus de 60 ans = 23,5 %).
Pyramide des âges à Renty en 2007 en pourcentage[5]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
1,8 
7,7 
75 à 89 ans
6,5 
11,2 
60 à 74 ans
15,2 
18,8 
45 à 59 ans
17,0 
23,8 
30 à 44 ans
22,5 
16,2 
15 à 29 ans
12,7 
22,3 
0 à 14 ans
24,3 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[6]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

d'argent à trois doloires de gueules, deux du chef adossées et une en pointe.

Économie[modifier | modifier le code]

Elle a été liée aux moulins, le moulin Cocatrice et le moulin à foulon, devenu moulin à papier, puis moulin à farine, et enfin scierie Grioche

, et à la brasserie-malterie qui a fermé en 1920[7]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Ier, seigneur de Croÿ, de Seneghen (Seninghem aujourd'hui), baron d'Araines et de Renty, mort le 25 octobre 1415 durant la bataille d'Azincourt. Il s'est marié en 1384 à Marie de Craon, fille de Jean I de Craon, seigneur de Domart-en-Ponthieu et de Marie de Châtillon sur Marne, vidamesse de Laonnois et Glacy.
  • Guillaume de Croÿ, seigneur de Chièvres, né le 1er décembre 1327 à Binch et décédé le 1er août 1365 au château de Renty. Il fut le mari de Isabeau de Renty et mélangea ses propres armoiries avec celles de Renty, ce qui existe toujours aujourd'hui depuis tant d'années. Ce fut une condition sine qua non pour les épousailles. Une autre condition fut de rendre aux seigneurs de Renty un quint des terres et dîmes annexées.
  • Saint Bertulphe de Renty (qui n'était pas de la famille de Renty mais a vécu dans le village) ou "Bertoul", fondateur de l'Abbaye de Renty, mort le 5 février 705. Il était originaire de l'Est et du fameux foyer monastérin de Remiremont en Belgique actuelle, d'où vinrent bon nombre de seigneurs locaux, francs et saxons avant de s'installer à la cour des rois mérovingiens et ensuite de Charlemagne.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]