Ruisseauville

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Ruisseauville
L'église.
L'église.
Blason de Ruisseauville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Montreuil
Canton Fruges
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de Fruges et environs
Maire
Mandat
Serge Pouthé
2014-2020
Code postal 62310
Code commune 62726
Démographie
Population
municipale
173 hab. (2011)
Densité 44 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 28′ 51″ N 2° 07′ 30″ E / 50.4808333333, 2.12550° 28′ 51″ Nord 2° 07′ 30″ Est / 50.4808333333, 2.125  
Altitude Min. 122 m – Max. 145 m
Superficie 3,89 km2
Localisation

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Ruisseauville est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Nord-Pas-de-Calais.

C'est une commune à dominante rurale, autrefois connue pour son abbaye (aujourd’hui détruite).

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Ruisseauville
Coupelle-Neuve Fruges
Créquy Ruisseauville Canlers
Planques

Avondance

Azincourt

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Ruisseauville abritait autrefois une abbaye dite Abbaye de Ruisseauville (ou de Rousseauville)[1]. Elle aurait été fondée par Ramelin de Créquy[2] en 1090 et rapidement rattaché à l'ordre des Augustins d'Arrouaise (venus de Saint-Maurice-en-Valais, en Suisse).

Le 25 octobre 1415, de violents combats entre armées de France et d'Angleterre (bataille d'Azincourt) laissent sur le champ de bataille des milliers de soldats dépouillés.

C'est à l'abbé de Ruisseauville (Baudouin d'Héricourt de Canlers), que le duc de Bourgogne (le futur Philippe le Bon venu d'Aire-sur-la-Lys demande d'enterrer les morts, à ses frais. L'abbé et le Bailly d'Aire creusent trois fosses communes dans un champ de 25 verges carré acheté par eux pour cette occasion, et y enfouissent 5 800 cadavres (d'autres ayant été directement inhumés dans les bosquets d'Azincourt, ou rendus à leur famille. 12 nobles locaux ont été inhumés dans le cloître de l'abbaye. En 1816 les archéologues anglais ont fouillé le cimetière, découvrant des restes de ces soldats (côté sud d'Azincourt) En 1950, en creusant pour installer un pylône électrique, douze corps ont également été trouvés dans une cave, peut-être des douze nobles évoqués ci-dessus[3].

L'abbaye a été détruite à l'époque de la Révolution française et remplacée peu après (1796) par « une ferme de 550 mesures aux Choisnard »[4].
En mars 1789, deux députés récemment désignés (Liévin Demagny et François Petit) partent à Paris avec un cahier de doléances qui semble avoir disparu, mais dans lequel on sait que les Créquinois accusaient leurs décimateurs (l'abbaye de Ruisseauville) de prélever un impôt trop lourd[5]. Selon l'ancien château (détruit lors de la dernière guerre) installé sur le coteau était autrefois relié par un souterrain à l’abbaye de Ruisseauville[6].

L'abbaye a été détruite à la révolution et seule en subsiste une petite chapelle mise en valeur par l'office de tourisme intercommunal (OTI). Les objets du culte de l'abbaye détruits ou dispersés, mais certains sont encore visibles, dans certaines collections, et/ou ont été classés au titre des Monuments historiques ont notamment classé « l'ampoule aux saintes huiles » (objet « chrismatoire »)[7] (chrémeau) de l'église Saint-Nicaise, qui provient de l'ancienne abbaye de Ruisseauville (date de protection : 1945/05/14) et la Cathédrale d'Arras abrite la "Boîte aux saintes huiles de Ruisseauville" [8] et des sculptures provenant également de l'ancienne abbaye de Ruisseauville, dont un « Buste de Dieu le père »[9], un « buste représentant Saint-Pierre »[10], un haut relief représentant l'assomption de la vierge[11]. On trouve des restes du décor de l'abbaye ailleurs, dont dans l'église Sainte-Bertulphe de Fruges, avec la statue : sainte Monique.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Ruisseauville dans son canton et dans l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 24 juillet 2014)
Serge Pouthé   Réélu pour le mandat 2014-2020

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 173 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
333 322 316 276 273 282 283 270 274
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
251 242 235 215 237 219 198 208 216
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
223 226 210 167 167 162 168 168 166
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
157 142 147 148 147 121 143 149 173
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (24,2 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (55 % contre 48,4 % au niveau national et 48,2 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 55 % d’hommes (0 à 14 ans = 23,2 %, 15 à 29 ans = 17,1 %, 30 à 44 ans = 26,8 %, 45 à 59 ans = 11 %, plus de 60 ans = 22 %) ;
  • 45 % de femmes (0 à 14 ans = 16,4 %, 15 à 29 ans = 19,4 %, 30 à 44 ans = 20,9 %, 45 à 59 ans = 16,4 %, plus de 60 ans = 26,9 %).
Pyramide des âges à Ruisseauville en 2007 en pourcentage[14]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,0 
6,1 
75 à 89 ans
3,0 
15,9 
60 à 74 ans
23,9 
11,0 
45 à 59 ans
16,4 
26,8 
30 à 44 ans
20,9 
17,1 
15 à 29 ans
19,4 
23,2 
0 à 14 ans
16,4 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[15]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Bâtiments de l'ONG « À Petits PAS »[16] : Association pour une alternative solidaire de sensibilisation à l'environnement ; comprenant un hébergement collectif accueillant des groupes pouvant notamment explorer les thèmes de l'écotourisme, de la citoyenneté, de la création et de l'écoconstruction.
L'un des luminaires alimentés à la fois par un petit module photovoltaïque et par une petite éolienne, installés et testés par l'Association « À Petits PAS » à Ruisseauville.
Notre-Dame de Beaulieu[17] ou Abbaye de Rousseauville[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Ruisseauville.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

de gueules à la fasce d’argent accompagnée de trois merlettes de sable. * Il y a là non-respect de la règle de contrariété des couleurs : ces armes sont fautives.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bille, Jean « Les biens de l'abbaye de Ruisseauville au XIVe siècle », dans Bulletin historique du Haut-Pays, n° 2, 1973, pages 38-39
  • Champagne, Michel, « Abbaye de Ruisseauville (62) ». Actes et documents 1127-1795. (Aire-sur-la-Lys, Ambricourt, Azincourt, Canlers, Créquy, Ergny, Fruges, Saint-Omer, Verchin), Groupement Généalogique de la Région du Nord, collection Collection de travaux et études généalogiques, 1999, 139 pages.
  • Courtin, Pierre ; Courtin, Christophe ; Minet, Bruno, « À propos d'un registre de comptes de l'abbaye de Ruisseauville (1622-1623) », dans Bulletin historique du Haut-Pays, tome VII ; n° 28, 1984, pages 79-82.
  • Dard, Camille, « Notice sur le refuge de l'abbaye de Ruisseauville à Aire, 1632-1785 ». Signé Bon Dard.
  • Delétoille, Nestor, « Travaux exécutés dans mes quatre églises (Canlers, Ruisseauville, Avondances et Planques) de 1938 à 1944 », Saint-Omer : Impr. Loiez de St Omer, 1944, 47 pages.
  • Gosse, Antoine-Alexandre-Joseph (prieur d'Arrouaise), « Histoire de l'abbaye et de l'ancienne congrégation des chanoines réguliers », 1786, imprimé par Léonard Danel à Lille - page 352 (Archive de l' Université du Michigan, numérisé par Google Livres
  • Henguelle, Georges, « Un registre de l'abbaye de Ruisseauville pour le XVIIIe siècle », dans Bulletin historique du Haut-Pays, tome II, n° 15, 1978, pages 254-259.
  • Henguelle, Georges, « Liste des abbés de l'abbaye de Sainte-Marie-au-Bois et liste des curés de Ruisseauville de 1656 à 1902 », dans Bulletin historique du Haut-Pays, tome VI, n° 25, 1983, pages 7-11.
  • Lesage, René « Documents anciens concernant Ramelin de Créquy et la fondation de l'abbaye de Ruisseauville », dans Bulletin historique du Haut-Pays, tome VII, n° 29, 1985, pages 156-159
  • Macé de Lépinay, François, « Restauration d'une chape et chasuble » (Ruisseauville), Document conservé à la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont)
  • Raphaël, Clotuche, « Abbaye Sauvetage urgent ; Abbaye. RD 928 (Ruisseauville) » ; Ministère de la culture, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine (Saint-Cyr), 2005. - Source : Médiathek

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Champagne, [Abbaye de Ruisseauville (62): actes et documents, 1127-1785 : Aire-sur-la-Lys, Ambricourt, Azincourt, Canlers, Créquy, Ergny, Fruges, Saint-Omer, Verchin], GGRN, Groupement généalogique de la Région du Nord, 1999 - 139 pages
  2. Tombeaux et épitaphes en l'abbaye de Ruisseauville, L'illustre famille de Créquy
  3. C. Vergeot, La Route de la pierre livre encore ses mystères, Journal La Voix du Nord
  4. F. Mrugala, Le Moyen Âge et l'Histoire médiévale, Azincourt
  5. Article de René LESAGE, Créquy, série du 12 janvier 1980 au 1er Mars 1980
  6. Abbé Seesing (né en 1923 à Vorden aux Pays-Bas et nommé curé de paroisse à Radinghem en 1956), Un curé en campagne ; Mémoires croisées : La Mémoire source de lien social, consulté 2012-09-16
  7. Fiche ampoule aux saintes huiles, base de données "Mémoire" du Ministère de la Culture
  8. Fiche Boîte aux saintes huiles de Ruisseauville, base de données "Mémoire" du Ministère de la Culture
  9. Fiche « Buste de Dieu le père », base de données "Mémoire" du Ministère de la Culture
  10. Fiche du « buste représentant Saint-Pierre», base de données "Mémoire" du Ministère de la Culture
  11. fiche sur le haut relief "l'assomption de la vierge" de l'abbaye de Ruisseauville, aujourdh'ui conservée à Arras, base de données "Mémoire" du Ministère de la Culture
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  14. « Évolution et structure de la population à Ruisseauville en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 28 août 2010)
  15. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 28 août 2010)
  16. Portail de l'ONG "A Petits pas"
  17. Antoine-Alexandre-Joseph Gosse prieur d'Arrouaise ; Histoire de l'abbaye et de l'ancienne congrégation des chanoines réguliers, 1786 - imprimé par Léonard Danel à Lille - page 352 - archive de l'Université du Michigan - numérisé par Google Books
  18. Eugéne Van drival, Histoires des Évêques de Boulogne - page 108 - édité chez Berger Frères en 1852 - archive de Harvard - numérisé par Google Livres