Wardrecques

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Wardrecques
L'église Notre-Dame
L'église Notre-Dame
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Saint-Omer
Canton Aire-sur-la-Lys
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Saint-Omer
Maire
Mandat
Louis Cainne
2014-2020
Code postal 62120
Code commune 62875
Démographie
Population
municipale
1 185 hab. (2011)
Densité 319 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 42′ 40″ N 2° 20′ 41″ E / 50.7111111111, 2.34472222222 ()50° 42′ 40″ Nord 2° 20′ 41″ Est / 50.7111111111, 2.34472222222 ()  
Altitude Min. 21 m – Max. 69 m
Superficie 3,72 km2
Localisation

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Wardrecques est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Nord-Pas-de-Calais.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est bordée au Nord-Est par le Canal de Neufossé, ou canal du bassin minier, lui-même bordé d'une ancienne voie ferrée où des locomotives à vapeur ont circulé jusque vers 1965, ce qui explique l'installation ancienne d'une papeterie (« Papeterie-cartonnerie de Gondardennes », établie après la première guerre mondiale sur les ruines d'une ancienne huilerie ; Cette usine papetière est en fait la reconstruction d'une usine autrefois sise sur l'Aa dont elle a retenu le nom du lieu-dit « Gon d'Ardennes » dans son nom). On trouve aussi dans la commune voisine une tuilerie.

Les sols argilo-calcaires y sont riches, ce qui a encouragé l'agriculture, intensive depuis le XIXe siècle.

Le relief, plat dans le village s'élève progressivement et en pente douce vers le sud-ouest où culmine le Plateau d'Helfaut, qui abrite encore de précieux milieux naturels, reliques de landes acides et zone humides, ayant justifié son classement en Zone Natura 2000, et la création de quatre réserves naturelles volontaires (RNV) (mesures compensatoires au passage d'une route ; la voie nouvelle de la vallée de l'Aa dite VNVA). Ces réserves sont devenues en 2007 une réserve naturelle régionale, gérée par un syndicat mixte (Eden 62).

Le lieu-dit du pont traversant le canal est nommé « Pont d'Asquin », ou « pont Asquin ». Ce pont matérialise à la fois la frontière entre les départements du Nord et du Pas-de-Calais et entre quatre communes ; Wardrecques, Racquinghem,Renescure et Blaringhem

La commune a perdu sa gare, mais une voie ferrée longe le canal pour desservir les usines. Ses abords et ceux du canal constituent encore pour partie l'un des derniers corridors biologiques de la commune.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Wardrecques
Renescure
Campagne-lès-Wardrecques Wardrecques Blaringhem
Heuringhem Racquinghem

Environnement[modifier | modifier le code]

Le creusement du canal a marqué le paysage local et a contribué à fortement artificialiser le réseau hydraulique de la sous région. Il accueille les crues du bassin minier et des territoires intermédiaires, ainsi que de nombreux drainages agricoles. Il a forcé une réorganisation des infrastructures routières, ferroviaires et industrielles. De ce fait, la commune a beaucoup perdu de sa naturalité, bien qu'à proximité, sur les plateaux (Plateau d'Helfaut) et sur le Mont (Mont d'hiver sur la commune voisine) des paysages de qualité et une biodiversité remarquable[1] aient survécu. Par ailleurs, ce canal étant connecté à l'Aa canalisée et "rivière, il a néanmoins longtemps conservé une vocation de corridor biologique pour les anguilles et quelques petits migrateurs (épinoche).
Via ce canal, la commune est connectée à deux bassins versant ; celui de l'Aa et celui de la Lys (rivière). elle est donc concernée par deux SAGE.

La qualité des eaux du canal a été très mauvaise durant les années 1950-1990, mais s'est améliorée pour certains paramètre. Pour l'Agence de l'eau, elle reste néanmoins médiocre, notamment en raison de sédiments pollués en raison de l'industrialisation en amont de la commune du bassin minier et par les apports érosifs et les lessivages d'intrants agricoles (engrais, pesticides).

Dans les années 1960-1970 les effluents de la papèterie et de nombreuses habitations ont fortement pollué le petit cours d'eau qui longe le canal et la voie ferrée, et les usines fonctionnant au charbon puis au fioul polluaient fortement l'atmosphère. La papèterie a été la première dans la région à se doter d'une station d'épuration performante, et à s'équiper d'une turbine à gaz.

Toponymie[modifier | modifier le code]

D'un nom de personne germanique Werrecho[2] ou Werdher.
Werdric (1096), Gueldreca (1119), Werdereke (1145), Werdreque (1334).
Werdrik en flamand[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Ce territoire autrefois riche en zones humides et pourvue de sols de qualité a connu une occupation préhistorique et des activités agricoles précoces. Une fouille de prospection faite au Pont d'Asquin en 1984 a montré dans le front de taille de la carrière de la tuilerie les restes de foyers préhistoriques, avec traces de combustion au niveau du sol holocène colluvionné, avec des tessons de poterie (non décorés à pâte évoquant le Néolithique final ou Ghalcolithique), des silex chauffés épars, de nombreux charbons de bois, des cendres, des os animaux brûlés[4].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Lors du réchauffement et de la dernière invasion marine dont le pic date environ de l'an 800, elle n'était pas située très loin de la mer (Saint-Omer était un port).

La commune est ensuite citée pour la première fois en 1096 sous le nom de Werdrica (domaine de Werdher).

Un canal fortifié comme ligne de défense : Des documents médiévaux évoquent un « fossé neuf » réalisé au XIe siècle (il y a un peu moins de 1000 ans, entre 1046 et 1054) à la demande expresse de Baudouin de Lille, comte de Flandre. Un fossé et talus ont été construits comme ligne de défense des domaines du compte contre un assaut imminent de l’empereur du Saint-Empire-Romain-Germanique Henri III, lequel venait de s'emparer de Lille et Tournai. Ce neuf-fossé était alimenté par la Lys, et joignait le bassin de la Lys à celui de l'Aa à Arques (Pas-de-Calais), coupant efficacement le nord de la France en deux parties, de Dunkerque à La Bassée sur un axe Est-Ouest.
L'ouvrage initial - renforcé d'un talus fait à partir des terres creusées - aurait été creusé sur 12 ou 16 km de long, en urgence, par toute une armée et en vingt-quatre chantiers se rejoignant les uns les autres, ou en trois nuits selon certains chroniqueurs[Qui ?]. Il semble que ce fossé fortifié ait réellement bloqué l’avancée de l’Empereur, mais Baudouin, privé de l'aide de Godefroid IV qui lui avait antérieurement permis de résister à l'Empire ne put repousser Henri III plus au nord. Ce dernier, bloqué par la résistance de Baudouin à Arques à et à La Bassée, et derrière le « Neuf-fossé » a alors ravagé la Flandre.

Un siècle plus tard, ce petit Canal "de Neuf-Fossé" a été complété de petits forts défensifs dits Boulevers ou Blocus qui ont joué un rôle dans diverses batailles sur cette frontière artificielle. Une garnison importante a longtemps été maintenue à Saint-Omer et Aire sur la Lys, avec sur le proche Plateau d'Helfaut une zone d'entraînement et de campement.

Elle a subi en 1543 les batailles qui se sont déroulées dans les régions de Thérouanne et Saint-Omer.

Wardrecques a été occupé par l'armée allemande lors des deux Guerres mondiales (zone relativement stratégique en raison de la présence du canal, de la voie ferrée, d'industries et d'un axe routier important dont l'un conduisant au Plateau d'Helfaut sur lequel les nazis ont construit la Coupole d'HelfautWizernes).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Wardrecques dans son canton et dans l'arrondissement de Saint-Omer
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1995 en cours
(au avril 2014)
Louis Cainne DVD  

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 185 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
208 244 316 353 404 418 421 394 379
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
383 347 344 378 417 424 445 383 390
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
360 320 362 502 506 513 554 520 562
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
518 530 541 946 1 034 1 068 1 153 1 185 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (10,7 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,6 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,4 % d’hommes (0 à 14 ans = 24 %, 15 à 29 ans = 18,8 %, 30 à 44 ans = 22,1 %, 45 à 59 ans = 25,6 %, plus de 60 ans = 9,5 %) ;
  • 50,6 % de femmes (0 à 14 ans = 23,2 %, 15 à 29 ans = 16,8 %, 30 à 44 ans = 23,3 %, 45 à 59 ans = 24,9 %, plus de 60 ans = 11,9 %).
Pyramide des âges à Wardrecques en 2007 en pourcentage[7]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90 ans ou +
0,2 
3,0 
75 à 89 ans
5,0 
6,0 
60 à 74 ans
6,7 
25,6 
45 à 59 ans
24,9 
22,1 
30 à 44 ans
23,3 
18,8 
15 à 29 ans
16,8 
24,0 
0 à 14 ans
23,2 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Notre Dame, dont la nef achevée en 1524 s'appuie sur un cœur roman, la tour et le clocher étant plus récents (XIXe siècle).
  • Chapelle « Quénivet », datant du XVIIIe siècle
  • Bâtiment et parc boisé dit de l'Avé Maria, appartenant au diocèse et qui a longtemps accueilli des retraites et activités religieuses

Patrimoine commémoratif[modifier | modifier le code]

  • Le monument aux morts du marbrier Ernest Rabischon d'Aire-sur-la-Lys, inauguré en 1920, commémore les victimes des guerres 1914-1918 et 19939-1945.
  • Au cimetière à coté de l'église se trouve la tombe d'un soldat britannique de la Commonwealth War Graves Commission

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Intégrité écologique[modifier | modifier le code]

Faute de gués et d'écoducs, en raison de berges particulièrement artificielles (béton et/ou palplanches) et de par sa vocation première (il s'agissait de construire un mur infranchissable par les armées), le canal de neufossé est un facteur de fragmentation écopaysagère majeur et supplémentaire pour cette région par ailleurs très fragmentée par un réseau routier particulièrement dense.
Il fut néanmoins un des axes de remontée de l'Anguille, espèce aujourd'hui menacée de disparition.
Une petite expérimentation de restauration de berges écologiques a été réalisée à Renescure dans les années 1990 près du pont qui mène à Wardrecques. Une partie des berges pourraient jouer un rôle dans le cadre de la trame verte régionale. En tant que cours d'eau artificiel il est intégré dans les Sages de l'Aa et de la Lys, sous le contrôle de l'état, avec l'aide de l'Agence de l'eau Artois - Picardie.

Pollution[modifier | modifier le code]

Ce canal a été considéré par les Agences de l'eau comme l'un des plus pollués de France en raison de l'industrie lourde qui s'est installées sur ses berges aux XIXe et XXe siècles et à cause des apports du Bassin minier.
Il a subi les séquelles de deux guerres (apports d'eaux polluées à la suite des bombardements et incendies).
Deux problèmes importants sont la gestion des boues de curage et la remise en suspension de polluants lors du passage de grosses péniches ou lors de crues majeures. Les pollutions industrielles ont significativement diminué, soit grâce aux stations d'épuration, soit à la suite de la fermeture des usines les plus polluantes, mais les pollutions d'origine agricole ont augmenté, et la turbidité et l'eutrophisation sont devenus un problème chronique dans tous les canaux navigués, exacerbé par la puissance croissante des moteurs de péniches, depuis l'abandon du halage.

C'est un axe de pénétration d'espèces invasives, dont la moule zébrée.

Linguistique[modifier | modifier le code]

Le canal, ancien fossé défensif est longtemps aussi resté une frontière linguistique et culturelle ; Le néerlandais (en dialecte flamand occidental) dominant au nord, côté Renescure/Hazebrouck) alors que le Picard persistait au sud côté Wardrecques/Thérouanne.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Monsieur Meens Philippe président du cyber centre de la commune.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Wardrecques

Les armes de Wardrecques se blasonnent ainsi :

de gueules à la gerbe de blé d’or, à la bordure du même chargée de huit tourteaux du champ.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François et Guy Caron, Une sucrerie, une distillerie, une cartonnerie, ou l'histoire d'un site industriel à Wardrecques, Généalogie 62, no 98, 2008, [1].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ces territoires sont retenus par l'Atlas régional des paysages et les zonations Natura 2000 et/ou ZNIEFF
  2. Toponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes - Ernest Nègre
  3. Centre de Recherche généalogique Flandre-Artois
  4. Pierre Leman, Circonscription du Nord-Pas-de-Calais, t. 29-2, Gallia préhistoire,‎ 1986 (lire en ligne), p. 381-390
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  7. « Évolution et structure de la population à Wardrecques en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté en 29 août 2010)
  8. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté en 29 août 2010)