Combat de coqs

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Combat de coqs à Tamil Nadu, en Inde
Jeunes Grecs faisant battre des coqs, peinture néoclassique de Jean-Léon Gérôme au Musée d'Orsay, (1847)
Combat de coqs au Vietnam.

Le combat de coqs séculier est une discipline qui consiste à faire s'affronter deux coqs préparés aux combats sur une aire prévue à cet effet appelée gallodrome.

Cette pratique très ancienne est devenue très controversée en raison des mutilations que subissent les coqs tant et si bien qu'elle est interdite dans de nombreux pays. Elle reste néanmoins très populaire dans différentes régions du globe et fait l'objet de paris légaux ou illicites.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le combat de coqs est aussi vieux que la domestication du coq sauvage. Le coq sauvage Gallus gallus aurait été domestiqué en Asie pour ses qualités belliqueuses. Cela date de la sédentarisation des premiers agriculteurs dans ces régions. De l'Asie, la pratique s'est répandue en Europe grâce aux Grecs, aux Romains et aux Phéniciens. Il eut beaucoup de succès en Grande-Bretagne, en Irlande, en Espagne, dans les Flandres (belge et française). Il fut tellement populaire en Angleterre, notamment dans l'aristocrat,ie que Cromwell décida de l'interdire pour éviter les rassemblements des royalistes autour des "pits", arènes. De l'Europe, il fut exporté aux États-Unis par les Anglais et Irlandais, au Brésil par les Portugais et dans le reste de l'Amérique latine par les Espagnols. Aux États-Unis, il fut pratiqué par les premiers présidents et fut tellement populaire que l'aigle américain fut préféré de justesse au coq de combat comme symbole national. Certains lui reprochaient de rappeler le colonisateur anglais puisque bon nombre de souches de coqs de combat provenaient d'Angleterre. L'Afrique l'a moins connu, mis à part Madagascar où il fut amené par les Merina de Malaisie et par les commerçants arabes. En Asie, il reste très pratiqué sauf bien sûr par les peuples nomades. En France, il est autorisé dans les localités où la tradition est ininterrompue, c'est-à-dire dans une vingtaine de gallodromes des départements du Nord et du Pas-de-Calais et dans ceux des Dom-Tom. À noter que le mot « gallodrome » utilisé dans la loi, est traduit par « pitt » dans les Antilles et « rond » à la Réunion. La même loi réglemente les courses de taureaux.

Combat de coq et sociologie[modifier | modifier le code]

Combat de coqs dans un temple balinais.

La domestication du coq sauvage (Gallus gallus) est apparue dès que l'homme s'est sédentarisé en Asie. De cueilleur-chasseur, il est devenu agriculteur. De nomade, il est devenu sédentaire. La domestication des volailles allait lui fournir des œufs et de la viande. Mais surtout cela lui permit de s'identifier à cet animal qui lui ressemblait tellement. Comme lui, il est bipède. Il a un dimorphisme sexuel bien marqué. Il apprécie les céréales tout en étant omnivore. Il défend sa famille contre les prédateurs. Et finalement, il combat avec les semblables de son sexe pour s'approprier un territoire et une ou des femelles. En organisant des combats de coqs, les premiers agriculteurs trouvaient un moyen de réguler les conflits entre eux par l'intermédiaire de leurs coqs. L'agriculture avait permis à l'homme d'avoir une abondance de nourriture mais aussi lui imposait de vivre nombreux sur un espace réduit. Les conflits virils à l'intérieur de la communauté pouvaient présenter un danger. Il fallait orienter, sublimer cette agressivité sans qu'elle ne nuise à la communauté. Les hommes d'une communauté ne pouvaient s’entre-tuer. Une solution était un sport ritualisé, telle que la lutte. Une solution encore plus efficace fut le combat de coqs qui permettaient aux propriétaires de s'affronter quel que soit leur force physique ou leur âge, et sans risquer d'estropier un membre de la communauté.

Pratique moderne[modifier | modifier le code]

La majorité des pays occidentaux condamnent la pratique des combats de coqs comme au Canada où les contrevenants sont accusés d'infliger des sévices inutiles aux animaux[1],[2].

Néanmoins, en 2008, 27 pays[3] autorisent ou tolèrent l'organisation de combats de coqs.

Combat de coqs, mosaïque romaine.
ergots naturels remplacés par des ergots métalliques.

C'est le cas en France où cette pratique est autorisée dans certaines localités des régions où elle perdure traditionnellement [4]: le Nord-Pas-de-Calais, à la Réunion, en Guyane, aux Antilles françaises et en Polynésie française, mais aussi aux Philippines, en Andalousie, aux Canaries, au Mexique, au Pérou, à Porto Rico, en République dominicaine, à Cuba, aux îles Vierges américaines, à Guam. Les combats de coqs sont interdits en Louisiane depuis août 2008[5].

Elle consiste à mettre deux coqs dans une sorte de ring circulaire au centre d'une salle appelée gallodrome. Les deux coqs, suivant leur instinct, se battent, des paris étaient faits sur le vainqueur. Dans un espace plus grand, le coq perdant fuirait mais dans le ring, les coqs de combats, issus de sélection génétique rigoureuse, se battent longtemps, ce qui peut entraîner de graves blessures ou la mort, les ergots étant parfois remplacés par des lames en acier (voir illustration).

Cette pratique est actuellement devenue marginale en occident mais elle subsiste dans certains pays d'Asie, où, support de paris, elle constitue un véritable secteur économique avec sélection génétique des animaux, voire dopage[réf. nécessaire].

Diversité des types de combats de coqs[modifier | modifier le code]

Le combat de coq est une pratique diversifiée. Les règles et le profil des coqs varient d'une région à l'autre. Il existe néanmoins trois grands types de combat de coqs :

  • Le combat de vitesse pratiqué avec des ergots artificiels en métal, soit une lame ou une pointe. Ce type de combat ressemble à un duel à l'épée. Il est très court et expéditif. Les combats se déroulent généralement sous la forme d'un face à face sans prise de bec, le coq s'élevant le plus haut ayant un avantage. Une autre façon plus prudente d'aborder ce type de combat, consiste à esquiver par quelques pas de côté la charge adverse et à riposter au moment où l'adversaire touche le sol. Quel que soit le style des coqs, en combat de vitesse, la cible principale est le corps. Pour les coqs de combat de vitesse, on recherche les mêmes qualités que celles d'un escrimeur : l'explosivité et la coordination.
  • Le combat d'endurance pratiqué avec l'ergot émoussé ou recouvert de bandes de tissu ou d'un capuchon. Ce type de combat ressemble à un combat de boxe. Le combat est long et l'issue est habituellement l'abandon ou le KO. Pour les combats d'endurance, les coqs sont sélectionnés pour les mêmes qualités que doit posséder un boxeur : la force, la précision, l'endurance, la résistance aux coups, la coordination. Les styles de combats adoptés par les coqs sont plus variés et dépendent de la taille de l'arène qui peut varier de 1,5 m à quelques dizaines de mètres de diamètre. Les grands espaces permettent à certains coqs de se battre par escarmouches : ils frappent quelques coups puis s'éloignent. D'autres se battent de face soit en se collant à l'adversaire, soit sans se coller et alors le coup peut être donné sans prise de bec ou en reculant légèrement après chaque coup. Lors des corps-à-corps, certains coqs passent soit sous l'aile, soit sous les pattes. D'autres coqs encore essayent tout en luttant de contourner leur adversaire ou de pousser à la base de son cou pour le fatiguer. Le but est habituellement de donner un maximum de coups et de ne pas en recevoir.
  • Le troisième type de combat est un intermédiaire entre les deux précédents qui se pratique avec l'ergot naturel pointu ou avec un ergot artificiel lui ressemblant.

À la Réunion, les combats se font à l'ergot naturel. Les coqs pèsent de 2,8 kg à 4 kg. En Polynésie, également à l'ergot naturel mais les coqs sont plus légers: autour de 2,2 kg. Dans les Antilles, soit à l'ergot naturel, soit à l'ergot de métal. Poids autour de 1,5 kg. Dans le Nord Pas de Calais, à l'ergot de métal. Poids de 4 kg à 5 kg.

Caractéristiques des coqs de combat[modifier | modifier le code]

Combat de coqs dans un espace ouvert.
Combats de coqs dans un espace ouvert à Barakot, Sundargarh, Orissa, Inde

Comme on peut le voir sur les illustrations ci-contre, les coqs ont une tendance naturelle à se battre. Tout l'art des éleveurs ou coqueleux (nom donné dans le nord de la France) est d'obtenir les spécimens ayant le plus de qualités pour le combat par sélection naturelle voire par croisement avec des faisans[6]. Pour les souches de coqs les plus combatives, l'agressivité se manifeste également chez les poules et chez les poulets dès 6 semaines..
Les coqs de combat sont sélectionnés et entraînés pour développer leur ténacité au combat, que ce soit leur capacité de résister à la douleur tout comme leur volonté de battre l'adversaire. Ces caractéristiques varient d'une race de combat à l'autre, d'une souche à l'autre et bien sûr d'un individu à l'autre.

En fonction des règles employées et des régions, ils peuvent avoir un poids allant de 1 kg à 6 kg. Il existe ainsi plusieurs catégories de poids qui sont indiquées lors du combat au bord du gallodrome :

  • PR = Poids rapprochés en dessous de 7 livres
  • P=Petit
  • M=Moyen
  • ML = Mi-lourd
  • G=Gros

Toutes les couleurs de coqs de combat peuvent être rencontrées. Les coqs de vitesse sont des coqs très emplumés alors que les coqs d'endurance ont des plumes courtes et collées au corps.

Préparation des coqs au combat[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, les œufs sont couvés par une poule. Les poussins sont élevés en liberté sous la conduite de la couveuse. Les mâles sont séparés plus ou moins tôt en fonction de leur souche, parfois dès 6 semaines alors que pour d'autres souches moins belliqueuses, cela peut attendre 7 mois tout en gardant, néanmoins, un coq adulte pour mettre de l'ordre dans le groupe. Chaque jeune coq est isolé dans une volière, dans un cageot, ou dans une panier tressé en claire-voie et en forme de cloche. Dans ces deux cas, chaque coq est relâché dans un plus grand espace tous les jours. Selon les coutumes locales, le coq sera sans poule, avec une poule ou avec un petit groupe de poules.

Entraînement[modifier | modifier le code]

Les coqs de combat commencent leur carrière à un âge qui dépend de leur souche. En général, plus le coq est petit et plus il est précoce. De plus, un coq d'endurance aura une maturité plus lente qu'un coq de vitesse. Pratiquement, un coq espagnol de 1,5 kg sera au combat à 10 mois et un coq indien d'endurance de 6 kg à 2 ans. La préparation physique sera aussi différente en fonction de son utilisation. Pour l'endurance, la préparation sera nettement plus longue. Elle commence par de la course et des exercices de musculation, et est suivie par des combats d'entraînement avec les ergots recouverts d'un matériau absorbant les chocs, pour éviter les traumatismes inutiles. La base de la nourriture consiste en céréales et diffère en fonction des régions: les Américains utilisent le maïs, les Européens l'avoine et le blé, les Indiens le millet et les Asiatiques le riz.

Les jeunes poulets sont placés dans des enclos séparés à des âges différents en fonction de leur niveau d'agressivité. Parfois ils doivent être isolés à 2 mois, et dans d'autres souches, vers 6 mois. Leur premier combat d'entraînement commence en général vers 8 mois pour les coqs d'endurance. L'essai est court et comme pour tous les combats d'entraînement, les ergots sont bien protégés. Le but de cet essai est de savoir si le sujet est assez doué que pour poursuivre une carrière complète. S'il passe ce premier test, le deuxième test se fera à 10 mois et puis tous les quinze jours jusqu'au premier combat officiel. La durée de ces combats de préparation augmentera progressivement, passant de 5 minutes à une trentaine de minutes. Contrairement à ce que les activistes de la protection animale peuvent affirmer, les adversaires lors de cette préparation ne sont jamais des coqs ordinaires de basse-cour, qui s'enfuirait au premier coup, mais bien d'autres coqs de combat qui par contre, sont du même poids et du même âge. Le but est que le jeune coq améliore sa technique de combat et sa gestion de l'effort. Des séances plus longues vont d'ailleurs l'inciter à ne pas jeter toutes ses forces au début du combat.

Critique de la pratique moderne des combats de coqs[modifier | modifier le code]

Outre les souffrances infligées aux coqs de combat, les pratiques d'élevage de ces coqs sont régulièrement dénoncées comme contre nature. Ainsi, l'isolement modifie chez l'animal la notion d'espace vital individuel et lui fait perdre ses capacités de communication ritualisée. La violation de cet espace et le changement d'environnement (dimensions réduites du « parc » où il se bat, lumières, bruits de la foule) lors des combats plongent les coqs dans un état de stress. Cela provoque une forte sécrétion de corticostérone qui rend les coqs particulièrement intolérants à leurs congénères. Se sentant menacés, ils attaquent.

Un coq qui fonce aveuglément sur ses congénères, et même sur sa propre image reflétée dans un miroir, est un coq perturbé. Certes, les coqs domestiques ou sauvages se battent entre eux mais uniquement dans le cadre de rituels sociaux qui ne vont pas jusqu'à la mort d'un des combattants.

Il est régulièrement dénoncé, également, l'utilisation de moyens biochimiques (injection d'hormones mâles) ou le recours à des coqs domestiques comme victime lors des entraînements afin d'affuter l'agressivité des coqs de combat.

Législation[modifier | modifier le code]

Combat de coqs en Flandres - peinture de Rémy Cogghe - 1889

En France, les combats de coqs sont interdits excepté dans certaines localités du Nord-Pas-de-Calais et des régions d'outre-mer (la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe). Les contrevenants s'exposent à deux ans de prison et 30 000 € d'amende[4].

Représentations artistiques de combats de coq[modifier | modifier le code]

Peinture
Littérature
Autres

Notes et références[modifier | modifier le code]

http://www.flickr.com/photos/brizzlebornandbred/10239406194/

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Génie des combats de coqs, J. de Witt, Didier et Cie, 1868.
  • Coqs de combats et combats de coqs dans le Nord et le Pas-de-Calais, Roger Delannoy, Foulon, 1948.
  • Combats de coqs en Polynésie française, Jean Vonsy, École Nationale Vétérinaire, 1975.
  • Les Pitts et combats de coqs aux Antilles, Yves-Marie Séraline, Désormeaux, 1978.
  • Combats de coqs, Olivier Danaë, ACCT-L'Harmattan, 1990.
  • « Dominicans Say Cockfighting Is in Their Blood », Kathie Thomas, The New York Times, 13 février 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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