Économie du Nord-Pas-de-Calais

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Nord-Pas-de-Calais

Pays France
Subdivision région
Organisations économiques 13 Chambres de commerce et d'industrie
Statistiques
Classement 4e région contributrice française (2003)
PIB (milliards) € 87 [1] (2005)
PIB par habitant € 21 555 [2] (2005)
Chômage 13[3] % (2006)
Pop. active par secteur Agriculture : 3 %
Industrie : 31 %
Services : 66 %
Pop. sous le seuil de pauvreté 10 % (2006)
Partenaires commerciaux
Exportations (milliards) € 22[4] (2005)
Principaux partenaires Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne
Importations (milliards) € 18[4] (2005)
Principaux partenaires Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne

L'économie du Nord-Pas-de-Calais est caractérisée par une implantation ancienne de secteurs d'activité important tels l'agriculture et ses dérivés (activité brasicole dès le VIIIe siècle), le textile, et le commerce en raison de sa situation géographique. La révolution industrielle donna un essor considérable à ces activités traditionnelles, et la présence de charbon permit le développement d'une industrie lourde. Après la Seconde Guerre mondiale, les centres de recherche ne furent pas reconstruits pour éviter la destruction ou l'appropriation de découvertes en cas de conflit et d'une quatrième occupation par l'Allemagne de la région. La fin des 30 Glorieuses coïncide avec le déclin des houillères, qui alimentait en énergie l'industrie lourde de la région. Ces graves difficultés structurelles s'ajoutent à la crise économique : Des trois grands secteurs qui étaient les piliers de son économie, charbon, acier, textile, seuls les deux derniers subsistent encore tant bien que mal. La dernière mine de la région a fermé en décembre 1990 et la sidérurgie a été déplacée de la Sambre et du Valenciennois sur la côte à Dunkerque pour utiliser le minerai apporté des antipodes. La pétrochimie y est aussi installée. Le textile s'est spécialisé et automatisé, pour faire face à l'importation des grandes séries. Le secteur secondaire n'occupe plus que 33,8 % de la population active (28,9 % pour la France). Son raccordement à l'Europe du Nord-Ouest lui permet toutefois de bénéficier des retombées économiques de la mise en service du tunnel sous la Manche et des LGV (TGV).

Malgré un ancien retard, la région a connu une rapide tertiarisation (62,8 % des emplois). Cette croissance a permis de combler les retards en matière de formation scolaire et universitaire. Le développement régional peut s'appuyer sur des compétences fortes comme la vente par correspondance (la Redoute, 3 Suisses, Damart), la grande distribution (Auchan), les transports et la logistique. Avec sept universités, le potentiel formation-recherche est devenu considérable. Le développement et la diversification du secteur tertiaire s'appuient sur le réseau des villes moyennes et surtout sur la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing, qui concentre près de la moitié des services supérieurs de la région.

Données générales[modifier | modifier le code]

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Cape Provence Dunkerque.JPG
Transports
Routes
Autoroutes 597 km[5]
Rail
1 444 km[6]
Voies d’eau
680 km
Ports et aéroports
Ports de marchandises Calais, Dunkerque, Boulogne,
Lille (fluvial)
Aéroports 14
avec trafic international Aéroport de Lille - Lesquin
Source : INSEE, tableaux économiques NPdC

Favorisée par sa situation de jonction entre le Royaume-Uni, l'Irlande et le continent, le Nord de la France est une région d'échanges, un carrefour de communication entre l'Europe du Nord-Ouest, le reste du pays, l'Espagne et le Portugal. Historiquement les voies d'eau étaient privilégiées pour le commerce. La présence de trois grands ports de commerce en est l'une des conséquences : le port de Boulogne, le port de Calais (premier port pour le nombre de voyageurs transmanche), et le port autonome de Dunkerque (troisième port pour le trafic pondéreux minéralier). Les fleuves ont été canalisés pour servir au transport, 680 kilomètres de voies navigables (soit 10 % du réseau français) sont actuellement disponibles, dont 575 kilomètres utiles à la commercialisation. Les voies navigables de France envisage de remettre aux normes certains canaux comme le canal de Roubaix, pour le tourisme fluvial. La Région attend surtout les travaux de construction du canal Seine-Nord, qui reliera le réseau nordiste à celui de la Seine.

Le nombre d’autoroutes, suivant à la fois l’axe nord-sud (A1, A2) et l’axe du littoral vers l’intérieur (A25, A26, A27), canalise un trafic régional, interrégional et international considérable. D’importants aménagements sont en cours sur le littoral et sur le site du terminal du tunnel. Un plan routier et autoroutier (A16, rocade littorale) qui est par ailleurs source de vives polémiques, les accompagne. Bien que la région comprenne 6,6 % des autoroutes françaises (majoritairement gratuites), depuis 1970, un projet d'autoroute supplémentaire est envisagé avec l'A24 pour désengorger l'A1.

Le tunnel sous la Manche, ouvert en mai 1994, dont l'axe ferroviaire (navettes pour voitures et camions ; TGV et trains classiques) relie le Kent à Sangatte, près de Calais, même s'il concurrence en partie les ports français et belges, incite à l'intensification du trafic transmanche. La mise en service du TGV entre Paris, Lille et Arras jusqu'à Londres, Bruxelles, Amsterdam et la Rhénanie a considérablement raccourci les temps de parcours entre les grandes métropoles de l'Europe du Nord-Ouest, et doivent faire de Lille et du Nord une plaque tournante européenne.

Acteurs institutionnels[modifier | modifier le code]

  • Public : Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, conseil général du Nord, conseil général du Pas-de-Calais, n intercommunalités, n Tribunaux de Commerce, n succursales de la Banque de France, Université Lille Nord de France
  • Privé : 1 Chambre de commerce et d'industrie en 1714, 13 en 2006, mais en 2007 plusieurs projets de fusion sont annoncées afin de n'en conserver que 3 ou 4. n chambres des métiers
  • Partenariat public/privé : 6 pôles de compétitivité qui sont :
    • Up Tex pour la filière textile (sur la zone de Roubaix, Cambrai et Calais),
    • Industrie du commerce (Lille Métropole),
    • Nutrition, Santé, Longévité (Lille),
    • Aquimer (anciennement filières produits aquatiques / filière halieutique) (Boulogne et Étaples),
    • I Trans pour le transport ferroviaire (Valenciennes et Lille Métropole)
    • Maud pour Matériaux et Applications pour une Utilisation Durable (anciennement Matériaux à usage domestique) (Lille Métropole, Valenciennes, Douai et Compiègne)
    • Olivier Dewet tête de mort actuellement en formation PIf à Calais il aime le veau mais déteste le coiffeur.

Énergie[modifier | modifier le code]

de la région a été rendue possible par l'abondance de charbon, au sein d'un bassin minier qui s'étend de Lens à l'ouest jusqu'à Valenciennes à l'est, avec Douai comme siège des ouillières. Les mines ont permis à l'industrie de bénéficier d'énergie à bas coût. Cependant depuis 1980 la montée en puissance de la centrale nucléaire de Gravelines a compensé la fermeture des mines (1990 dernière mine) et a permis de disposer d'énergie en abondance. Le nucléaire fournit 87 % de la production d'électricité, dont 5 400 MW pour celle de Gravelines. En 2006, la consommation de la région s'élevait à 36,3 milliards de kWh pour une production de 45 milliards de kWh[7]. De façon marginale à l'origine, l'éolien connaît actuellement un essor au sein de la région qui se hisse à la septième place avec 62 MW produit, et dont le potentiel offshore commence à être envisagé avec un objectif de 1 400 MW à terme.

Emploi[modifier | modifier le code]

Secteur Établissement salariés !Poids/Salariés France
Transports 5 489 49 078 6,2 %
Activités financières 4 726 29 165 5,0 %
Activités immobilières 4 344 12 390 3,8 %
Services aux entreprises 20 263 169 224 5,8 %
Services aux particuliers 26 181 57 205 4,6 %
Éducation, santé, action sociale 29 998 102 515 7,0 %
Administration 12 686 29 982 6,0 %
Total Services 103 687 449 559 5,7 %

Secteur primaire : Pêche, Agriculture[modifier | modifier le code]

La région a une image de région industrielle fortement peuplée, cependant une part importante du territoire est consacrée à l'agriculture (71 % de la surface de la région), le Pas-de-Calais étant plus rural que le Nord. La façade côtière a permis également l'émergence d'une activité halieutique fort ancienne (le Carnaval de Dunkerque rendait ainsi, à l'origine, hommage au départ des pêcheurs pour cinq mois en mer par un lancer de harengs du haut du beffroi). L'abondance de matières premières explique le développement d'une industrie agroalimentaire, dont certaines entreprises sont leaders dans leurs domaines.

Pêche[modifier | modifier le code]

La proximité de la mer du Nord a suscité l'essor d'une pêche industrielle concentrée à Boulogne-sur-Mer. La pêche régionale est depuis de nombreuses années en crise en raison de la baisse des quotas de pêche et petit à petit les ports régionaux se sont spécialisés dans un type d'activité. Ainsi Boulogne-sur-Mer est devenu le premier port français pour le volume des débarquements et le premier centre de transformation du poisson. Il existe cependant encore des petits ports de pêche comme Étaples à vocation régionale.

  • Port de Boulogne-sur-Mer
    • 1er port de pêche français en volume et en chiffre d'affaires jusqu'en 2004
    • 1er port de pêche français en volume et 2e en chiffre d'affaires (derrière Lorient) depuis 2005
    • Principal centre européen du traitement des produits de la mer

Agriculture[modifier | modifier le code]

Agriculture
Emploi 38 444 salariés
Chiffre d'affaires 2,53 milliards €
Exploitations 18 035
Rang national e
Source : Chambre Régionale d'Agriculture (2005)
Article connexe : Agriculture en France.
Article détaillé : Agriculture du Nord-Pas-de-Calais.

Les industries, l'urbanisation et les autres contraintes n'ont pas étouffé l'agriculture. Le nombre d'exploitants est en constante diminution, ce qui permet d'assurer une forte productivité (avec un certain risque de fragilité cependant). Elle représente 3,9 % de la production nationale, et 15 % des effectifs salariés de l'industrie régionale.

Élevage[modifier | modifier le code]

Bovins : Les principales races bovines représentées sont la blanc bleu belge et la bleue du Nord. Les exploitations d'élevage laitier et d'élevage à viande se concentrent dans l'Avesnois, le Boulonnais et la Thiérache et permettent d'alimenter 9 abattoirs régionaux.
Volaille [8]: Avec près de 31 millions de vollailles en 2004, la région ne représente que 2 % de la production nationale. Les éleveurs se situent soit autour de la région de Licques, où 270 élevages de plein air bénéficient d'un label, soit en Flandre où 150 élevages de plein air sont regroupés sous le label Lionor, ou encore dans la vallée de la Lys, mais cette production labellisée ne constitue que 5 % de la production avicole (contre 16 % pour la moyenne nationale). La production de poulet industriel constitue près de 90 % de l'activité.

Culture[modifier | modifier le code]

Les exploitations agricoles sont à la fois destinées à alimenter le secteur alimentaire traditionnel par le biais du Marché d'Intérêt National de Lomme (2e de France après celui de Rungis), mais aussi destinées à fournir l'importante industrie agro-alimentaire régionale. La Flandre intérieure se caractérise par des zones de polyculture intensive (avec élevage industriel), l'Artois et le Cambrésis par des zones de grande culture céréalière et betteravière. Les cultures légumières (chicons, petits pois, pommes de terre) se retrouvent sur l'ensemble du territoire. Néanmoins, l'agriculture souffre de la concurrence des producteurs belges et néerlandais voisins.

Céréale

Pomme de terres : la culture de la variété 'Bintje' dans la vallée de la Lys bénéficie d'une indication géographique protégée sous l'appellation « pomme de terre de Merville ».

Betterave : La production est liée à l'industrie sucrière régionale dont les concentrations successives ont amené en 2006 à la fusion des deux dernières entreprises. Aujourd'hui, cette production souffre de la libéralisation du marché mondial du sucre et de la baisse du prix garanti par la Politique agricole commune.

Chicon : La culture de l'endive remonte au milieu du XIXe siècle, mais c'est à partir de 1919 que sa production se développe autour de Camphin-en-Pévèle et s'intègre à la gastronomie régionale (endive à la flamande, ...). Après une baisse de consommation, les producteurs créent en 1980, le label « Perle du Nord » afin de promouvoir le légume, qui est devenu depuis le troisième légume le plus consommé en France. Sa production se concentre en Pévèle, Cambrésis et Vallée de la Lys.

  • Production annuelle (2005) : 200 000 tonnes (dont 60 000 t de Perle du Nord) soit 80 % de la production française et 55 % de la production mondiale.

Houblon : La production est liée à l'industrie brassicole régionale (voir ci-dessous), et est concentrée en Flandre intérieure (visible le long de l'A25). La filière houblonnière dépend aujourd'hui d'une coopérative appelée Coophounord regroupant les neuf derniers producteurs pour une surface totale de production de 32 hectares. Ce déclin est dû à la concurrence de la production belge de la région du Westhœk (Poperinge)

Ail : Arleux

Secteur secondaire : Industrie[modifier | modifier le code]

Secteurs en crise[modifier | modifier le code]

La désindustrialisation recouvre des réalités très diverses. Auparavant produite à partir du charbon, l'électricité provient aujourd'hui pour 80 % de la centrale nucléaire de Gravelines. La multiplication des friches industrielles (10 000 ha) et la difficulté de supprimer les terrils traduisent le problème économique de la région.

Textile[modifier | modifier le code]

Textile
Emploi 21 800 salariés
Chiffre d'affaires milliards €
Entreprises 1 200
Rang national 2e
Source : année 2005

Ancien pilier de l'économie régionale, le secteur connait de profondes difficultés : de 1993 à 2003, le textile et l'habillement ont perdu respectivement 37 % et 68 % de leurs emplois, avec une accélération du phénomène (30 500 salariés en 2002, 21 800 en 2005). Cependant en 2006, la région obtenait un pôle de compétitivité baptisé Up-Tex, qui a pour but de renforcer le secteur dans le domaine de niches d'activité, principalement les produits techniques. Le Centre des textiles innovants prévu à Roubaix en 2007 est le fer de lance du projet.

Métallurgie, sidérurgie[modifier | modifier le code]

Métallurgie
Emploi 39 000 salariés
Chiffre d'affaires milliards €
Entreprises 1 300
Rang national 1re
Source : Chambre Régionale de Commerce et d'industrie

La disparition en 2003 de Metaleurop Nord, producteur de plomb et de zinc puis celle de la Comilog productrice de ferromanganèse à Boulogne-sur-mer (principal client du port de commerce avec plus de 50 % de l'activité du site avant la fermeture) l'année suivante montre la difficulté actuelle du secteur. Cependant le bassin dunkerquois résiste et continue d'investir, Alcan développe son usine d'aluminium de Loon-Plage, Arcelor la production d'acier à Mardyck, qui fournit en tôle la production automobile régionale. Le sort de l'industrie sidérurgique dépend de la négociation du prix de l'énergie négocié auprès d'EDF.

Chimie[modifier | modifier le code]

Chimie
Emploi 15 000 salariés
Chiffre d'affaires milliards €
Entreprises 250
Rang national 2e
Source : Chambre Régionale de Commerce et d'industrie

Historiquement, la chimie nordiste s'est développée pour répondre aux besoins des houillères (carbochimie dès 1860, exploitation des gaz de houille), puis de l'industrie sidérurgique et textile. Les volumes de cette chimie de base (eau de Javel, sulfate de potassium, chlorure ferrique ou acide chlorhydrique) ont atteint des records en 2005, mais cela compense à peine la baisse de prix. La chimie fine à plus forte valeur ajoutée(pour la pharmacie ou la cosmétique) connait également des problèmes vis-à-vis de la concurrence mondiale, parfois moins confronté aux normes de la directive Seveso (27 sites dans le nord pour la chimie). Depuis 1990, aucune nouvelle implantation n'a eu lieu dans la région, mais certains des 149 sites de productions prospèrent (Roquette à Lestrem, Air liquide, Laboratoires Anios à Hellemmes ou AstraZeneca à Dunkerque). Toutefois malgré les difficultés, l'industrie chimique reste au deuxième rang en France pour l'importation et l'exportation de produits chimiques et parachimiques.

Papeterie[modifier | modifier le code]

Secteur en reconversion, développement et croissance[modifier | modifier le code]

Automobile[modifier | modifier le code]

Automobile
Emploi 55 000 salariés
Chiffre d'affaires 9,3 milliards €
Entreprises
Rang national 2e
Source : Chambre Régionale de Commerce et d'industrie
Article connexe : Construction automobile.

Autrefois marginale, l'industrie automobile est devenue un acteur majeur de l'économie régionale : La politique de «réindustrialisation», amplifiée par les fonds structurels européens a permis depuis 1970 à l'industrie automobile de se doter d'une dizaine d'usines modernes pour des constructeurs comme Renault à Douai, PSA Peugeot Citroën et Fiat ou plus récemment Toyota à Onnaing, et leurs sous-traitants. Les embauches régulières constituent une exception dans le paysage industriel du Nord-Pas-de-Calais, où les effectifs fondent dans quasiment tous les secteurs.En 2002, 667 millions d'euros ont été investis par les différentes entreprises dans la région, pour une production de 820 000 véhicules. Ces investissements ont permis d'augmenter la production à 1 million de véhicules en 2005 (27 % de la production nationale). Les équipementiers qui représentent 32 000 emplois (soit plus que les constructeurs réunis) suivent les investissements des constructeurs, ainsi Toyota Boshoku et Toyotomi Kiko se sont implantés en 2005 après l'ouverture de l'usine Toyota, mais l'ouverture du marché aux pays d'Europe centrale rend difficile le maintien de la compétitivité dans un secteur où la baisse des coûts et l'innovation sont permanentes.

Ferroviaire[modifier | modifier le code]

Ferroviaire
Emploi 11 000 salariés
dont 4 500 dans la construction, maintenance et entretien
Chiffre d'affaires milliards €
Entreprises 150
Rang national 1re
Source : Chambre Régionale de Commerce et d'industrie

L'industrie ferroviaire (près de cent-cinquante entreprises comme Alstom à Petite-Forêt, Bombardier à Crespin, Arbel Fauvet Rail à Douai représentant environ 10 000 emplois directs ou indirects (soit 25 % des effectifs nationaux), notamment dans le Valenciennois avec 3 300 postes), est également en crise : cette activité qui représentait en 1990 près de 50 % de la production nationale est tombée, en 2000, à 30 % à cause des fermetures des sites Remafer en 1994, et Marly Industrie en 1995. L'implantation à Petite-Forêt du Centre d'essais ferroviaire, équipé d'un circuit de km de voies, destiné à tester l'endurance et les performances des matériels urbains et suburbains, et celle du Centre technologique en transports terrestres (C3T) ne suffisent pas à compenser cette perte d'activité. Cependant l'implantation de l'agence ferroviaire européenne à Lille le 16 juin 2005 puis l'obtention du pôle de compétitivité I-Trans en 2006 (basé sur les industries du valenciennois et les écoles d'ingénieurs de Lille) devraient permettre de rallonger la boucle d'essai de Petite-Forêt de 25 km afin de la rendre compatible avec des essais à plus de 200 km/h. Parallèlement l'activité de rénovation des TGV basée à Hellemmes-Lille profite de l'agrandissement continu de la flotte de rames à grande vitesse.

Plasturgie[modifier | modifier le code]

Agroalimentaire[modifier | modifier le code]

Agroalimentaire
Emploi 39 000 salariés
Chiffre d'affaires 11 milliards €
Entreprises 3 700
Rang national 3e
Source : Chambre Régionale de Commerce et d'industrie

À l'exception de la vigne, toutes les filières de l'agroalimentaire sont représentées dans la région, mais leurs situations sont contrastées.
Brasserie : La tradition brassicole de la région remonterait à la domination romaine, puis Charlemagne lors de son passage à Valenciennes en 770 aurait mis en place la première réglementation brassicole en instaurant le monopole de la production aux monastères à l'origine des bières d'Abbaye, mais la trace effective la plus ancienne remonte en 967 avec la brasserie d'Esquermes. À partir du XIIIe siècle, les brasseries laîques apparaissent, la culture du Houblon s'intensifie durant les siècles suivants avec l'apparition de l'ordre du Houblon d'Or à Lille (créé par Jean sans Peur) et la politique favorable de Charles Quint. Avec la révolution industrielle combinée aux travaux de Louis Pasteur à Lille (1876 : étude sur la bière), la région connaîtra un essor des brasseries : 1 386 brasseries en 1890 puis l'apogée avec 1929 brasseries en 1910 (soit plus de 66 % des brasseries françaises de l'époque). Une École de Brasserie voit le jour en 1890 et existe toujours aujourd'hui au sein de l'Institut Supérieur de l'agriculture de Lille qui continue à former maître brasseurs et goûteurs. Cependant, à la suite des destruction des deux guerres mondiales, puis de la lutte contre l'alcoolisme, le nombre de brasseries descend à 179 en 1957 pour atteindre aujourd'hui après faillites (la Brasserie Terken par exemple) ou rachats, Brasserie Motte-Cordonnier par Inbev), brasserie Heineken (site de 24 ha à Mons-en-Barœul, avec une production annuelle d'environ 3 millions hectolitres), le nombre de 25 (principalement des micro-brasseries):

Industrie sucrière : La production régionale vise la transformation de la betterave en sucre et en alcool. Depuis de nombreuses années, les entreprises de la région se sont rassemblées, mais le mouvement s'est accéléré à partir de 1994. D'abord Les sucreries de Lillers fusionnent avec celles d'Attin et deviennent les Sucreries et Distilleries des Hauts de France (siège social à Lillers) regroupant 14 500 associés producteurs dans la région et en Picardie, puis en 2003 l'Union Sucre et Distillerie de l'Aisne (siège social à Origny-Sainte-Benoite) rachète Béghin-Say sucre (siège social à Lille) et devient Tereos (siège commercial à Lille et siège logistique à Origny Sainte Benoîte) le deuxième groupe mondial de la filière sucrière, enfin en 2006 Tereos et les Sucreries et Distilleries des Hauts de France fusionnent. La production d'Éthanol n'est pas envisagée dans la région : le groupe possède déjà une usine d'Éthanol dans l'Aisne et envisage la construction d'une seconde pour 2007 en Seine-Maritime.

Conserverie et produits frais : Bonduelle, florette (entreprise normande leader sur laitue emballée) en Cambrésis

Confiserie

Produits semi-fini (Levure, Amidon, ...)

Secteur tertiaire : Commerces et Services[modifier | modifier le code]

Logistique[modifier | modifier le code]

Logistique
Emploi 58 000 salariés
Chiffre d'affaires milliards €
Entreprises 5 600
Rang national 3e
Source :

Le secteur d'activité profite de la situation stratégique de la région, et de l'importante infrastructure de transport de la région. Le développement de ce secteur est lié à l'origine à celui de la distribution textile, puis industrielle et grande distribution (Hypermarchés et vente à distance). Aujourd'hui plus de vingt plates-formes multimodale sont implantées, elles combinent toutes un accès à au moins deux réseaux ; par exemple à Dunkerque port et autoroute, à Lesquin aérien et autoroute, Lomme rail et autoroute, Dourges rail autoroute et voies fluviales... Le fret routier, malgré un contexte difficile pour les entreprises régionales, continue de se développer, et reste en 2005 le mode de transport dominant avec 95 millions de tonnes transportées, contre 42,5 millions de tonnes pour le rail (1re région française de fret ferroviaire), et 55 787 tonnes pour l'aérien. Le fret maritime profite de la mise en place de l'autoroute de la mer qui relie Santander (espagne) à Drammen (Norvège), avec la façade marimime régionale comme escale malgré l'attrait de ports plus importants que sont Zeebruges, Anvers et Rotterdam. Les ports fluviaux (20 ports) connaissent un nouveau départ depuis 2000 avec une croissance de 22 % en volume jusqu'en 2005 (soit 2 % du total transporté dans la région). Le port de Lille et celui de Béthune ont inauguré de nouveaux terminaux de conteneurs en 2004, mais c'est la plateforme trimodale de Dourges inaugurée en 2003 qui connaît la plus forte croissance, en attendant 2012 et l'inauguration de la liaison Seine-Nord.

Marché transmanche (2005)
Passagers Poids lourds
Ferries 15 millions 1,73 million
Eurotunnel[9] 7,8 millions 1,29 million
Eurostar[9] 7,8 millions
L'activité portuaire régionale
Trafic de marchandises Classement
Dunkerque 53,4 millions de tonnes (2005) 1er port sidérurgique français,
1er port en marchandises sèches français,
3e port de commerce français
Calais 38,3 millions de tonnes (2005) 1er port de voyageurs de l'Europe continentale avec plus de 13,7 millions de voyageurs
4e port de commerce français
Boulogne-sur-mer 0,85 million de tonnes (2005) 21e port de commerce français
Lille 6,7 millions de tonnes en (2002) 3e port intérieur de commerce français

Commerce[modifier | modifier le code]

Distribution
Emploi 115 000 salariés
Chiffre d'affaires 38,8 milliards €
Entreprises 12 744
Rang national 2e
Source : CCI données 2004
  • Commerces de détail
  • Grande distribution :
    En 2004, avec 977 magasins généralistes dont 66 hypermarchés et 358 hard discounters, la région était l'une des régions les plus équipées de France, depuis les ouvertures ont continué. La raison principale est la présence de longue date d'enseignes qui ont été créées dans la région et dont les sièges sociaux y sont restés ; la plus ancienne est « Docks du Nord » (aujourd'hui connue sous le nom de Match) née à La Madeleine en 1934 par un membre de la famille Delhaize, grande famille du monde de la distribution belge, mais depuis les années 1960, c'est surtout les créations de la famille Mulliez qui a modifié le paysage avec des enseignes généralistes comme le groupe Auchan, mais aussi spécialisés comme Décathlon par exemple. Si les différentes sociétés de la famille Mulliez devenaient un groupe, celui-ci serait le premier employeur de la région avec plus de 14 000 employés.
  • Vente par correspondance/Vente à distance :
    Berceau de la vente à distance, les entreprises de la région représentent 80 % du chiffre d'affaires du secteur, et 55 % des emplois en 2004. L'essor de ces entreprises est dû à l'origine à la proximité des usines des fournisseurs textiles (ou simplement à la reconversion d'industrie textile) combinée à l'importance du réseau logistique créé pou l'industrie. La ville de Roubaix et ses environs constitue le cœur de cette activité avec la présence des sièges sociaux de La Redoute, des 3 Suisses, de la Blancheporte ou encore de Quelle France.

Finance et Banque[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Article connexe : Santé en France.

CHRU est le premier employeur de la région.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 86,747 milliards d'euros, données provisoires de l'Insee
  2. Données provisoires de l'Insee
  3. au premier trimestre 2006, source Direction Régionale du Travail de l'Emploi et de la Formation Professionnelle
  4. a et b Source : Direction générale des Douanes et Droits indirects - répertoire BEAXNET
  5. Source : Ministère du transport, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer - Service d’études techniques des routes et autoroutes, données au 31/12/2004
  6. Source : SNCF - Direction du Contrôle de gestion, données au 31 décembre 2004
  7. Interview de Georges Orain, chef du service développement et optimisation du patrimoine à Réseau de Transport d'électricité (RTE) à Nord Éclair, le 27 avril 2007
  8. Rapport Agreste Nord sur l'état de la filière avicole en 2005
  9. a et b Source : Eurotunnel, données au 31 décembre 2006

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Allart M.-C., 2007, Les industries agroalimentaires du Nord-Pas-de-Calais aux XIXe et XXe siècles : une histoire occultée, Paris, L'Harmattan, 187 p.  Mailly Stephane, 1996 : "L'implantation de la Succursale de la Banque de France sur la place de Bethune et ses consequences economiques sur l'industrie locale 1912-1940, 206p"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]