Vimy

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Vimy
La mairie
La mairie
Blason de Vimy
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Arras
Canton Vimy (chef-lieu)
Intercommunalité Communaupole de Lens-Liévin
Maire
Mandat
Lionel Lancry
2008-2014
Code postal 62580
Code commune 62861
Démographie
Population
municipale
4 305 hab. (2011)
Densité 380 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 22′ 24″ N 2° 48′ 41″ E / 50.3733333333, 2.81138888889 ()50° 22′ 24″ Nord 2° 48′ 41″ Est / 50.3733333333, 2.81138888889 ()  
Altitude Min. 49 m – Max. 146 m
Superficie 11,33 km2
Localisation

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Vimy est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Nord-Pas-de-Calais. Elle fait partie de la Communaupole de Lens-Liévin (communauté d'agglomération) qui regroupe 36 communes et comptait 244 561 habitants en 2010. Elle est traversée par la RN 17 qui relie Arras et Lens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue depuis Farbus, avec les terrils de Loos-en-Gohelle à l'horizon.

Vimy est située à équidistance de Lens et d'Arras. Son plateau domine le bassin minier, tandis que la partie basse de la ville est située dans la plaine de la Gohelle, qui s'étend au pied de la crête de Vimy.

La côte de Vimy correspond à une faille (la faille de Marqueffles) qui a abaissé les terrains crayeux du nord par rapport à des terrains de même nature au sud[1]. Les terrains, sensibles à l'érosion, ont donc connu cette perturbation récemment (à l'échelle des temps géologiques).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Vimy
Givenchy-en-Gohelle Avion
Vimy Méricourt

Arleux-en-Gohelle

Neuville-Saint-Vaast Thélus Farbus Willerval

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Vimy possédait autrefois le château d'Adam de Vimy datant de 1249, qui s'élevait à l'emplacement de l'actuel hôtel de ville, point culminant de la partie basse de la ville. Celui-ci a notamment été utilisé comme refuge pour accueillir les blessés de la bataille de Lens du 20 août 1648. Vimy et son château furent l'enjeu de plusieurs batailles, comme en 1349, lorsque Vimy fut attaqué par les Anglais, puis entre 1708 et 1712, lors de la guerre de Succession d'Espagne. Le château fut détruit en 1833. On découvrit alors des centaines de squelettes dans l'ancienne cour du château. Leur présence fut attribuée à la bataille de Lens et à l'utilisation du château comme hôpital militaire par les troupes de Condé, mais il semblerait plutôt qu'ils proviennent d'une nécropole romaine sur l'emplacement de laquelle fut élevé le château.

La bataille de Vimy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de la crête de Vimy.

Du 9 au 12 avril 1917, les soldats du corps canadien du général Julian Byng attaquent la crête de Vimy pour la reprendre aux Allemands. Cette bataille est une victoire pour les Canadiens, qui réussissent à prendre la cote 145 et à réaliser tous leurs objectifs, au prix de 3 598 morts. Cette victoire, là où les armées britanniques et françaises avaient échoué pendant plus de deux ans, donne aux troupes canadiennes le statut de troupes d'élite, permet au Canada d'avoir une position indépendante lors de la signature du traité de Versailles, et marque l'émergence de la nation canadienne.

Séquelles de guerre[modifier | modifier le code]

Soldats canadiens avançant sous la protection d'un char, 1917

Une grande partie des mares que l'on voit bien en avion autour de Vimy sont en fait d'anciens trous d'obus, mais ce ne sont pas les seules séquelles de guerre. Le phénomène de remontée naturelle des obus (Cf. effet gel/dégel et dynamique du sol) fait qu'on trouve encore couramment des munitions non explosées dans les champs et les jardins.

Une zone boisée, interdite au public et encore non déminée existe encore sur le secteur canadien du mémorial canadien de Vimy, en partie pâturée par des moutons, avec possibilité de présence d'armes chimiques. 144 chambres souterraines et 30 tunnels ont été identifiés, et 13 effondrements ont eu lieu, rien qu'entre 2002 et 2005, date à laquelle les historiens, malgré les efforts d'une dizaine d'historiens anglais n'avaient pas encore retrouvé les plans de toutes les sapes, tranchées et tunnels du côté allemand.

Suite à un rapport d'expertise du alertant sur l'état préoccupant du stock d'obus chimiques de Vimy (jugé dans un « état de dégradation extrême », en raison du « danger d'une explosion imminente »), 12 500 habitants ont été évacués le , pour le transfert sécurisé de 55 tonnes de munitions chimiques réfrigérées, en camions blindés vers le camp de Suippes (Marne). Pour respecter les conventions internationales, les pays n'ont plus de droit de rejeter de munitions anciennes à la mer, ni de les pétarder sur la côte (comme cela s'est fait durant des décennies dans l'estuaire de la Somme).

Le projet français Séquoia de construction d'une usine de démantèlement d'armes chimiques a pris beaucoup de retard (on parle de 2008, voire de 2010 pour la fin de construction) et les capacités belges et allemandes suffisent à peine à leurs propres besoins.

Le caractère calcaire des sols de ce secteur a limité les transferts de métaux lourds issus des munitions, mais il existe des poches un peu plus acides, en forêt notamment, et l'observation des billes de plomb des obus shrapnell dans le sol montre qu'elles ont perdu une partie de leur plomb dans l'environnement. Aucune étude écotoxicologique ne semble avoir dans ce secteur porté sur le devenir du plomb et du mercure ou d'autres éléments chimiques faisant partie des séquelles de guerre. Il est possible que localement, les champignons (et, donc, certaines espèces gibier qui s'en nourrissent), ou le bois aient pu bioconcentrer certains de ces toxiques. Il serait par exemple intéressant d'analyser les foies et reins de sangliers, faisans, bécasses, écureuils ou moutons pour évaluer une éventuelle contamination de l'écosystème.

Le mémorial canadien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mémorial de Vimy.

C'est sur le territoire de la commune voisine de Givenchy-en-Gohelle que se trouve le mémorial de Vimy, le plus important monument canadien aux victimes de la Première Guerre mondiale. Le monument s'élève au sommet de la cote 145 pour laquelle se sont battus les soldats canadiens en avril 1917. Il rend hommage au rôle des Canadiens lors de ce conflit, au moyen de figures de pierre symbolisant les valeurs défendues et les sacrifices faits. Érigée entre 1925 et 1936 sur le site de la bataille de la crête de Vimy, cette œuvre d'art est le fruit du travail d'artistes canadiens, l'architecte et sculpteur canadien Walter Seymour Allward.

Les deux pylônes, représentant le Canada et la France, culminent 40 mètres au-dessus de la base du monument. En raison de l'altitude du site, la figure le plus élevée - l'allégorie de la paix - domine la plaine de Lens d'environ 110 mètres.

Le terrain d'assise du mémorial ainsi que la centaine d'hectares qui l'entoure ont été donnés au peuple canadien par la France en 1922. Cela en signe de gratitude pour les sacrifices faits par plus de 66 000 Canadiens au cours de la Grande Guerre et notamment pour la victoire remportée par les troupes canadiennes en conquérant la crête de Vimy au cours du mois d'.

En s'avançant à l'avant du monument, on peut remarquer une statue de femme voilée, tournée vers l'est, vers l'aube d'un nouveau jour. Elle représente le Canada, une jeune nation, pleurant ses fils tombés au combat. L'arête de Vimy est aujourd'hui boisée, chaque arbre a été planté par un Canadien et symbolise le sacrifice d'un soldat.

Les pierres calcaires choisies par Walter Allward viennent de Croatie. Elles sont montées sur une structure en béton. Les pierres d'origine s'étant abîmées avec le temps, des travaux de restauration ont été entrepris en 2005 et se sont achevés en 2007. La reine Élisabeth II a participé à l'inauguration le .

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Vimy dans son canton et dans l'arrondissement d'Arras
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
  1959 Pierre Doré    
1959 1965 René Deligne    
1965 juin 1995 Fernand Tirtaine    
juin 1995 avril 2014 Lionel Lancry    
avril 2014 en cours Jacques Larivière    

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 305 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
935 997 1 056 1 053 1 075 1 149 1 212 1 248 1 254
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 230 1 281 1 228 1 444 1 525 1 541 1 602 1 705 1 925
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 242 2 382 2 467 1 925 2 634 2 691 2 531 2 691 2 741
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
3 009 3 272 3 316 3 621 4 581 4 675 4 495 4 305 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (21,6 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,8 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 17,3 %, 15 à 29 ans = 19,7 %, 30 à 44 ans = 18,2 %, 45 à 59 ans = 27,2 %, plus de 60 ans = 17,7 %) ;
  • 51,8 % de femmes (0 à 14 ans = 15,5 %, 15 à 29 ans = 15,9 %, 30 à 44 ans = 17,8 %, 45 à 59 ans = 25,7 %, plus de 60 ans = 25,2 %).
Pyramide des âges à Vimy en 2007 en pourcentage[4]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90 ans ou +
0,9 
4,9 
75 à 89 ans
9,7 
12,4 
60 à 74 ans
14,6 
27,2 
45 à 59 ans
25,7 
18,2 
30 à 44 ans
17,8 
19,7 
15 à 29 ans
15,9 
17,3 
0 à 14 ans
15,5 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[5]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Vimy

Les armes de Vimy se blasonnent ainsi :

« parti : au 1) d’hermine, au 2) d’argent au rameau d’érable de sinople feuillé de trois pièces de gueules ; au chef du même. »

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Une partie des tranchées de la Première Guerre mondiale a été maintenue. Le monument canadien est visité par de très nombreux touristes britanniques et canadiens. Le mémorial rend hommage aux 11 225 soldats canadiens présumés morts dans les tranchées, en avril 1917.
  • Le monument commémoratif
  • Le centre d'interprétation
  • Les souterrains

Philatélie[modifier | modifier le code]

  • En 1936, deux timbres, un de 75 centimes rouge-brun et un de 1,50 franc bleu sont émis. Ils représentent le monument canadien. Ils ont bénéficié d'une vente anticipée à Vimy le 26 juillet 1936. Ils portent les n° YT 316 et 317[6].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Abel Bergaigne (1838-1888), né à Vimy, indianiste et professeur de sanskrit à la Sorbonne.
  • Rino Della Negra (1923-1944), né à Vimy, résistant FTP-MOI / Groupe Manouchian
  • Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée (16 mai 2007-26 février 2011) puis ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration (27 février 2011-10 mai 2012) est né et a passé toute sa jeunesse à Vimy.
  • Constance Jablonski (1991-), originaire de Vimy, mannequin[7].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Ricour, Découverte géologique du Nord de la France, Éditions du BRGM,‎ 1987, 66 p. (ISBN 2-7159-0194-1)
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  4. « Évolution et structure de la population à Vimy en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 août 2010)
  5. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 août 2010)
  6. Catalogue Yvert et Tellier, tome 1
  7. Sarah Bardis, « Nouveau visage d'Estée Lauder, la jeune Vimynoise poursuit sa folle ascension au top de la mode », La Voix du Nord,‎ 2010 (consulté le 6 mai 2011)